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4,0
Publiée le 25 novembre 2023
Une accusation peut avoir de lourdes conséquences, et ce peu importe sa nature... Proposition de l'Allemagne pour la 96e cérémonie des Oscars et déjà récompensé dans de nombreux festivals, "Das Lehrerzimmer" se déroule dans un collège qui est secoué par une série de vols... Après une scène gênante avec un élève et ses parents, Carla, une jeune professeure enthousiaste, tente quelque chose pour trouver le coupable et fait une découverte... Lorsqu'elle se décide à parler, c'est le début de l'effondrement d'un système... Une fracture alimentée par des préjugés et de la défiance qui entraine une perte de confiance totale entre les élèves et le corps enseignant tandis que ces derniers ne sont pas non plus sur la même longueur d'onde. Le coup de force d'Ilker Çatak, c'est de nous faire arrêter de penser au coupable. La situation prend tellement des proportions énormes que l'on se demande jusqu'où ça va aller. On en vient même à craindre le pire comme spoiler: lors de la scène où Oskar revient alors qu'il est suspendu pour avoir frappé son enseignante. Du stress, de la paranoïa et une tension à son comble dans ce drame qui prend des airs de thriller sous très haute tension. Un film rondement bien mené et dérangeant qui est haletant et captivant jusqu'au dernier plan. Un très bon film sur le système scolaire et la société...
Rondement mené, avec une tension de plus en plus irrespirable, au fil des minutes, le quatrième long-métrage de İlker Çatak, La salle des profs, est une franche réussite. Son parti pris est de ne rien montrer en dehors de l'enceinte scolaire, là où une série de vols va contaminer l'atmosphère générale. Une enseignante fait office de fil conducteur, idéaliste et bienveillante, elle n'a de cesse de vouloir faire les choses le mieux possible, ne se rendant pas compte qu'un effet boule de neige est très difficile à arrêter. Pour elle aussi, le film tait toute information d'ordre privé, ne la présentant que comme professeure, aux prises avec ses collègues, l'administration de son collège, les parents et les élèves. En tant que microcosme, l'école représente parfaitement la société dans son ensemble, avec ses jeux de pouvoir, ses inégalités et ses injustices, sans oublier un certain nombre de discriminations plus ou moins latentes. Le cinéaste maîtrise sa mise en scène de manière exceptionnelle, aidé par une interprétation remarquable de Leonie Benesch. Mais c'est l'ensemble des jeunes acteurs, d'une justesse sidérante, qui donne véritablement son authenticité à un film, au sein duquel la pression ne cesse de monter et qui tient en haleine jusqu'à ses dernières images, pas forcément attendues, d'ailleurs.