La Bataille de Gaulle - Partie 2 : J’écris ton nom est le second volet d'un diptyque consacré au célèbre général français. La première partie, La Bataille de Gaulle : l'âge de fer, est sortie trois semaines plus tôt.
Initialement prévu pour une sortie le vendredi 3 juillet, soit un mois jour pour jour après la première partie, L'âge de fer sortie le 3 juin, La Bataille de Gaulle : J'écris ton nom a été avancé au vendredi 26 juin. Un changement qui permet au long-métrage de bénéficier de l'opération La Fête du cinéma, qui permet aux spectatrices et spectateurs d'aller au cinéma à tarif préférentiel dans toutes les salles de France.
Intéressé par de Gaulle depuis l'adolescence, Antonin Baudry a découvert grâce à la biographie de Julian Jackson le général sous un nouvel angle, "peut-être parce que l’auteur était anglais et que son livre échappait au côté “monument national français”. De plus, il recelait de nombreux témoignages de première main, rédigés à l’époque, en direct, et non reconstitués après coup [...]".
Le réalisateur explique son choix de se concentrer sur les années 1940-45 de la vie du général de Gaulle : "C’est la période de de Gaulle qui m’intéresse. On pourrait la résumer par “l’imagination au pouvoir”. Il fallait être un peu spécial, un peu allumé, pour se retrouver dans le bureau de Churchill dès le lendemain de la capitulation de la France."
Il voulait aussi se pencher sur une époque où la relation entre les Etats-Unis et la France se structure : "J’ai vécu cinq ans aux États-Unis, j’ai beaucoup aimé ce pays, puis je suis rentré en 2015, et j’ai eu le sentiment en revenant en France d’atterrir dans une colonie ! Dans l’espace public, la moitié des mots étaient en mauvais anglais, les préoccupations des élites consistaient à ne pas déplaire aux Américains, à les imiter, à être bien vus d’eux, à faire comme eux tout en les critiquant… Je n’avais jamais perçu mon pays comme cela."
Pour filmer les scènes de bataille, l'équipe utilisait trois vrais tanks ("Un tank consomme mille litres à l’heure, c’est délirant", précise le réalisateur). 80% de ce qui compose le cadre a été fait grâce aux effets spéciaux, en post-production. Antonin Baudry détaille : "Il faut arriver à faire un effort d’imagination. C’est intéressant, et pas désagréable du tout, sachant que les effets spéciaux numériques ne marchent que s’ils s’appuient sur du réel. Par exemple, on filme une explosion, puis on filme le tank qui est censé exploser, ensuite il faut bien coordonner ces deux plans pour qu’on ait l’illusion que le tank explose. On ne va pas se mentir, c’est un peu moins jouissif que de filmer deux grands acteurs."
Pour Antonin Baudry, le choix de Simon Abkarian pour incarner le général était une évidence : "Simon était le meilleur acteur possible pour ce rôle et sa ressemblance suffisait pour qu’on puisse se projeter dans le personnage. Ça s’est passé merveilleusement. Il a énormément travaillé pour trouver les postures, la diction, la musique de de Gaulle, et même sa façon de penser."
L'acteur reconnaît qu'il était un peu intimidé par le rôle : "Au début, un rôle pareil fait peur. Mais j’aime travailler, j’aime Antonin Baudry et c’est en lisant le scénario que j’ai pris la mesure du projet. De Gaulle est entré dans le panthéon de l’immortalité, ce n’est pas n’importe quel bonhomme. Il avait une passion : la France. Et finalement, sa personnalité me facilitait un peu la tâche parce que ses sentiments étaient clairs, héroïques, grands : pour un acteur, cela donne une latitude de jeu extrêmement stimulante. Travailler ce rôle était une belle épreuve."
"J’ai fait ce film pour les jeunes générations, pour mes enfants et leurs amis, des ados de 15-16 ans à une vingtaine d’années. Ce n’est pas facile d’être adolescent aujourd’hui, on se sent impuissant par rapport aux grands évènements du monde, les forces agissantes nous dépassent", souligne le réalisateur.
Thierry Lhermitte fait son apparition dans ce deuxième volet dans le rôle de Giraud, "ce grand général qui s’est perdu dans la politique" décrit le réalisateur. Antonin Baudry ajoute : "C’est l’autre France, celle qui est passée à côté de l’Histoire. Giraud a été le jouet d’une équation qui le dépassait. Là encore, je ne juge pas, on est tous un peu comme ça, dépassés par des évènements trop gros pour nous."
Le film consacre quelques scènes au Débarquement mais le réalisateur a choisi de ne pas en faire une séquence spectaculaire : "d’une part, ça a déjà été fait, et d’autre part, ce n’est pas le sujet de mon film, de Gaulle n’ayant pas joué de rôle majeur dans le Débarquement."