Scénario qui peine à décoller, scènes cousues de fil blanc, monocordes, qui manquent souvent d’enjeux, longueurs, H.Herzi est parfois fausse, le plus souvent monocorde. Isabelle Huppert est remarquable, touchante, pour une fois elle n’abuse pas des moues dont elle a l’habitude. Son jeu est fragile, c’est peut être la seule chose qui nous tient un peu éveillés.
Sur un improbable scénario (une bourgeoise et une prolo se rencontrent en visitant en prison leurs maris, la bourgeoise se prend d'affection pour la prolo) et dans une réalisation qui prouve décidément que Patricia maguy est une des réalisatrices les plus surcotées (on se souvient de son gerbant Bowling Saturne où sous prétexte de dénoncer les violences faites aux femmes, elle signait une des plus insoutenables et putassières scène de violence et meurtre comme sur une femme). Ici, l'image et la lumière sont grises chez la prolo, chatoyantes et contrastées chez la bourgeoise. Huppert et Hefzi, LA rencontre ? Alors qu'Huppert libère son jeu (puisque ce qu'elle a à jouer n'est pas toujours très clair, elle fait la fofolle assez souvent), Hefzi enfonce le clou de ses précédentes prestations. J'avais trouvé très intéressant sans l'avoir vue beaucoup avant ce qu'elle faisait dans "Borgo". le problème est qu'elle fait toujours pareil. La gueule, texte atone, visage inexpressif, jeu à la limite du faux. C'est bien joli d'invoquer l'ombre de Chabrol (dès qu'il y a un bourgeois dans un film, toute la presse invoque Chabrol qui n'a pas fait que des chefs d'oeuvre), encore faudrait-il être digne de cette ombre. C'est loin d'être le cas.
Après s'être attaquée à la figure du mâle dans Bowling Saturne, Patricia Mazuy revient avec un film qui peut paraître en apparence plus sage et porté cette fois sur la lutte des classes. On a une variation, en réussi, des films où un riche bourgeois va se mettre à prendre sous son aile un jeune de banlieue prometteur. C'est réussi parce que la bourgeoise jouée par Isabelle Huppert est une victime de la bourgeoisie, de son système patriarcal, mais malgré cela elle reproduit les codes de la bourgeoisie et notamment son racisme et son mépris de classe.
Certes de prime abord on a un film assez gentil où la bourgeoise aide la pauvre prolétaire arabe à s'en sortir, mais si on écoute ce qu'elle dit, si on voit ce qu'elle fait, on voit que derrière l'altruisme il y a malgré tout des réflexes racistes. Le film commence et on voit le mari de Huppert qui est en prison dire être attristé par la mort du chat et qu'il faut que sa femme en prenne un autre... Juste après elle récupère, parce qu'elle s'ennuie, une dame (jouée par Hafsia Herzi, impeccable, comme toujours) qui dort dans un abri bus et qu'elle a croisé un peu plus tôt. Difficile de ne pas faire le lien, plutôt que d'un chat elle va s'occuper de cette femme et de ses enfants, parce que pourquoi pas ? De la même manière lorsqu'elle lui annonce lui avoir trouvé un travail à l’hôpital, elle ne peut s'empêcher de préciser que sa nouvelle protégée n'a pas fait d'études... Elle sait jouer de sa position de classe lorsque ça l'arrange. J'aime tout particulièrement la scène où les deux filles ont un différend, Huppert tout de suite, alors qu'elle pourrait s'en foutre, demander ce qui se passe, avoir mille réactions différentes, par réflexe reprend sa position de dominante instaurée par la société (et ses représentants).
Le film va encore plus loin dans l'exposition du pouvoir bourgeois, puisque l'on comprend bien que ce n'est pas une question d'individus, mais bien de système tout entier et notamment lorsque l'on nous montre explicitement que les bourgeois ont des passe-droit.
Le personnage est ambigüe, bien que présenté comme sympathique mais un peu excentrique, sans doute pour cacher son mal-être, mais il y a quelque chose d'un peu pourri en elle. Elle ne sait rien faire puisqu'elle a une domestique (vive la dialectique du maître et de l'esclave), elle n'a finalement aucune contrainte, elle fait ce qu'elle veut quand elle veut, elle impose ce qu'elle veut à sa nouvelle amie et pourtant elle est profondément malheureuse... Néanmoins elle ne peut pas imposer quoique ce soit à son mari, elle n'a pas l'ascendant sur lui comme elle l'a sur le personnage de Hafsia Herzi.
Donc si en apparence on a un genre de Intouchables féminin, en réalité on a un film bien plus intéressant sur les rapports sociaux entre les gens et lorsque l'on traite des différences sociales entre deux personnages, c'est quand même un tantinet important.
Mais surtout le film se permet de respirer, il n'est pas lourd, certes Huppert joue une bourgeoise qui se comporte comme tel avec son syndrome du sauveur, mais il y a quelques moments de grâce... Des moments où l'on voit les personnages passer réellement du bon temps et s'amuser.
De la même manière que Huppert est prisonnière de sa classe, Hafsia Herzi elle aussi se voit rattraper par sa condition d'origine. On est dans quelque chose de plus ouvertement mafieux, de plus ouvertement violent, mais dans les deux cas on n'arrive pas à s'en défaire.
Donc contrairement où dans Bowling Saturne le mâle était un mal en soi, là on a la masculinité et ses désagréments pour la vie des compagnes qui se trouve mêlé à la classe sociale.
En somme si ce n'est sans doute pas le meilleur Mazuy, le film vaut le détour, rien que sa façon de nous offrir un anti-Intouchables.
Je manque un peu d’objectivité concernant les films avec Isabelle Huppert. Je pense que je pourrais la regarder manger un yaourt pendant 2h. Elle forme ici un duo magistral avec Hafsia Herzi. Un duo que ses origines culturelles et sociales éloignent, mais qui naît et s’épanouit pourtant de la solidarité, l’amitié et la quête d’émancipation féminine. Et que seul l’instinct de survie, matériel pour l’une et mentale pour l’autre ne surpasse finalement. Un peu ennuyeux par moment mais tellement juste dans son traitement des rapports humains qu’on lui pardonne. Et puis Isabelle Huppert…
"La Prisonnière de Bordeaux" met en scène Isabelle Huppert et Hafsia Herzi dans le rôle de deux femmes dont les maris sont détenus dans la même prison. De milieux et classes sociales différentes, elles vont pourtant s'unir dans l'amitié et le soutien. Si l'intrigue souffre parfois d'irréalisme, "La Prisonnière de Bordeaux" est avant tout une œuvre portée à merveille par ses interprètes.
Film sortant totalement des sentiers battus,le personnage d'Huppert est criant de vérité,prisonnière de sa belle maison et de son époux qu'elle n'arrive pas à larguer.Celui de la jeune mère n'a rien à lui envier!Pas une seule note politiquement correct,fin totalement inattendue pour moi,une heureuse surprise!Les deux actrices principales sont excellentes!Un bémol,la musique n'est pas à la hauteur du film,sauf les dernières minutes.
Encore une interprétation décalée de HUPPERT qui multiplie les rôles de femme ambiguë (cf. le récent « Les gens d’à côté » de Téchiné). Elle hébergera HERZI dans sa belle demeure et naîtra une improbable complicité entre ces 2 femmes. Les maris sont en prison mais pas dans les mêmes catégories. Etrangeté du comportement de HUPPERT, désabusée et résignée, face à cette petite garce de HERZI qui ne respecte rien. Le grand intérêt de ce film sera la confrontation entre ces 2 talentueuses actrices...
Nous ne savons pas qui est la prisonnière de Bordeaux. Isabelle Huppert dans un rôle de femme de chirurgien. Où est-ce Hafsia Herzi qui se retrouve hébergée par Isabelle Huppert afin de pouvoir visiter son mari en prison. Toutes deux ont un mari emprisonné et c'est comme ça qu'elles se rencontrent : lorsqu'elles vont visiter leurs maris, elles se croisent, et se nouent une relation. Nous comprenons bien que le personnage d'Isabelle Huppert s'ennuie dans sa vie courante bien que très aisée. Et Hafsia Herzi est de niveau social différent et se bat pour gagner sa vie, et s'occuper de ses enfants ; mais elle doit aussi s'occuper des camarades de son mari qui sont des voleurs ou des médiocres. Ce qui va introduire une histoire de butin volé non encore retrouvé. Le film a le mérite de montrer les procédures pour aller visiter une personne en prison. Chose rarement montrée ou en tout cas nous n'en sommes pas encore familiers. Le film n'aborde pas les problématiques d'hébergement au sein des prisons. Qui est un problème sociétal en tout cas en France. Le sujet est cette prisonnière de Bordeaux qui peut être un de ces deux personnages féminins, où le personnage d'Isabelle Huppert est prisonnier de sa bourgeoisie et de son train de vie médiocre ; cela peut être aussi le personnage de Hafsia Herziqui est quelque part prisonnière de l'hébergement que lui propose Isabelle Huppert, mais aussi de toutes les composantes de sa vie personnelle (enfant, maris, accointés). Les deux actrices sont formidables et les deux personnages sont bien brossés et suscitent tous les deux une empathie du spectateur pas forcément pour les mêmes raisons.
Un film de femmes militantes, parcours sociétal d'en bas et du haut. Amitié improbable qui va se construire au fil des visites au parloir des hommes. Qui est le plus en prison ? Inscription pour les visites, ballade sac de linge, assurer l'intendance, les enfants et l'amour... Hafsia Herzi et Isabelle Huppert jouent leur rôle respectif avec conviction leur solitude. Réflexion sur notre société, le sujet est sérieux, un drame en fait ! La sortie très proche de celui de Téchiné éteint un peu l'histoire de ces 2 femmes.
Très belle histoire de femmes réalisé par Patricia Mazuy à qui l'on doit notamment Bowling Saturne ou Sport de filles. Duo Huppert - Herzi qui fait du bien !
Récit sensible mais trop prévisible de l’amitié improbable et ambiguë entre deux femmes que tout oppose mais dont les maris sont incarcérés, porté par l’interprétation pleine de justesse du duo Isabelle Huppert/Hafsia Herzi. 2,75
Déçu par le manque d'intensité du récit, parsemé de scènes assez peu vraisemblables : la fin, notamment, part un peu en sucette... L'opposition entre Huppert et Herzi n'est pas inintéressante mais on peut préférer nettement ce qu'en fait Téchiné dans les "Les Gens d'à côté". Le personnage de Mina est au bord de la caricature. Pas au niveau des précédentes réalisations de la cinéaste.