Derniers Avis : La Prisonnière de Bordeaux - Page 6
La Prisonnière de Bordeaux
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Iver C.
11 critiques
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4,5
Publiée le 30 août 2024
Très beau portrait de femmes. On retrouve la mise en scène acérée de Patricia Mazuy sur un sujet plus universel que Bowling Saturne. J'ai été pris par cette histoire d'amitié inattendue.
Je suis rentré immédiatement dans ce film avec ce formidable duo d'actrices, Huppert est une équilibriste bringuebalée par sa vie, et arrive à nous faire rire de sa situation, tandis que Hafsia Herzi est d'une justesse absolue. Mention spéciale pour la musique.
Un film exceptionnel, couleurs, musiques, rythmes variés avec subtilité. L'humour est aussi de la partie de ce cocktail parfait pour cette rentrée. Isabelle Huppert imprévisible face à Hafsia Hertzi: deux diamants bruts mis en lumière sous de multiples facettes grâce au talent toujours renouvelé de Patricia Mazuy. Un grand film pour tous ceux qui aiment aimer et être aimé.
A vu « La prisonnière de Bordeaux » de Patricia Mazuy (dont j’adore le travail) avec Isabelle Huppert (l’actrice dont je vois absolument tous les films) et Hafsia Herzi (pour laquelle j’ai une grande admiration). J’étais très impatient de découvrir le travail de ces trois artistes passionnantes et le résultat a été à l’inverse de mes attentes probablement trop grandes. Une bourgeoise de Bordeaux rencontre une prolétaire de Narbonne dans la prison où sont enfermés les maris de chacune. Expérience scientifique on prend deux animaux dissemblables, on les enferme dans la même cage et on voit qui a dévoré qui au bout de quelques jours. Sans surprise Isabelle Huppert est cantonnée dans le rôle de la Bourgeoise dépressive qui compense par l’humour, et l’ouvrière qui galère entre les relations louches de son mari, ses deux enfants et son boulot éreintant est Hafsia Herzi. L’inverse aurait été bien évidemment mille fois plus intéressant et moins attendu. La photographie de Simon Beaufils est de toute beauté, la mise en scène est fluide et parfois originale. Les deux actrices excellent dans des performances qu’elles connaissent par coeur, et qu’on a déjà vu et revu donc nous ne sommes jamais surpris, admiratif, ému, bousculé. Même si leur plaisir de jouer ensemble est palpable leur duo ne fait jamais les étincelles qu’il devrait donner tant les deux actrices ont un jeu très personnel et puissant. C’était de même dans le film d’André Téchiné sorti il y a un mois « Les gens d’à coté » avec exactement le même duo, car on cantonne Huppert et Herzi dans des personnages qui se regardent mutuellement vivre en constatant avant tout les millards de choses qui les séparent et non qui les rassemblent. Paresse scénaristique évidente. Quel dommage ! « La prisonnière de Bordeaux » fait parti de ses films d’eau tiède qui ne laisse pas beaucoup de trace après la séance et dont on a complètement oublié l’existence quelques jours après sa vision. C’est un crime quand on a Huppert et Herzi sous la main et devant la caméra.
Les chemins d’Alma (Isabelle Huppert), une grande bourgeoise bordelaise, et de Mina (Hafsia Herzi), une modeste employée d’un pressing dans l’Aude, n’auraient jamais dû se croiser. Elles se rencontrent pourtant au parloir de la prison où leurs maris sont emprisonnés : celui d’Alma, un neurochirurgien, a fauché en état d’ivresse deux piétonnes, celui de Mina a braqué une bijouterie. Alma, qui s’ennuie dans sa maison trop grande, propose à Mina d’y emménager avec ses enfants.
Quelques semaines à peine après "Les Gens d’à côté", Isabelle Huppert et Hafsia Herzi se retrouvent. Leur binôme inspire décidément le cinéma français. Il incarne à merveille deux générations d’actrices (Isabelle Huppert a 71 ans, Hafsia Herzi 37) si différentes. L’une a grandi dans les beaux quartiers parisiens ; l’autre est née à Manosque d’un père tunisien et d’une mère algérienne.
"La Prisonnière de Bordeaux", un titre au singulier pour un film pourtant dual, imagine leur rencontre. Elle est pour le moins improbable. Et c’est là la première incongruité d’un film qui en compte beaucoup. Certes, le parloir est un lieu d’attente, essentiellement féminin, où des personnes se croisent que rien n’aurait dû rapprocher. L’idée avait inspiré Rachida Braki qui en avait fait un film en 2017, De sas en sas. On pourrait peut-être imaginer qu’Alma, attendrie par Mina, propose de la raccompagner jusqu’à la gare. Mais de là à lui proposer de l’héberger ! [On me rétorquera que j’ai le cœur bien sec et que je n’ai jamais hébergé un inconnu rencontré dans la rue. Ce qui est vrai. Mais l’avez-vous déjà fait vous-même ?].
La suite du film est mollement construite sur ce postulat improbable. Le sommet du ridicule est atteint dans une soirée donnée par Alma avec quelques amis proches. L’associé de son mari joue quelques notes de saxo [vos amis jouent spontanément du saxo dans vos soirées ? les miens pas !] Mina déboule, que l’avocat de Alma prend pour la nouvelle femme de ménage. façon lourdingue de souligner la différence de classes sociales entre les deux femmes. Dans une autre scène, on voit Mina jeter son téléphone par la fenêtre de sa voiture [Ca vous arrive souvent ? Moi pas !].
Ceux d’entre vous qui me connaissent un peu savent mon allergie pour Isabelle Huppert. Ceux qui me connaissent très bien savent que j’en pense autant de Hafsia Herzi. Autant dire que j’ai été servi avec ces deux actrices ! L’honnêteté m’oblige à reconnaître qu’Isabelle Huppert joue très bien, même si décidément ses efforts pour lutter contre l’âge se voient trop et que son hystérie sautillante m’exaspère. Mais c’est à Hafsia Herzi que je veux réserver mon fiel. Depuis la folle énergie dont elle faisait preuve dans "La Graine et le Mulet", je ne l’ai jamais trouvée convaincante. Je trouve son jeu monocorde et monotone. Dans "Borgo", dans "Les Gens d’à côté" ou ici, elle est la même : même expression, même diction, même présence anesthésiée…
L’antipathie que m’inspire ces deux actrices aurait pu être compensée par un scénario intelligent. Mais hélas, trois scénaristes ont beau s’être attelés à la tâche, le résultat, lui non plus, ne m’a pas convaincu et m’a semblé bien pauvre : une sororité – le mot est tellement à la mode qu’il en devient suspect – de deux femmes que tout oppose et qui vont trouver grâce à l’autre la voie de leur libération.
Isabelle Huppert si solaire et généreuse, amie d'une Hafsia Herzi toute en subtilité. Deux femmes sublimées dans leur galère. A voir absolument en cette rentrée !
Si le nouveau film de Patricia Mazuy n'a pas la sidérante noirceur de "Bowling Saturne", ni l'étrangeté bourrue de "Paul Sanchez et revenu" et qu'il déploie un scénario plus linéaire, on y retrouve néanmoins l'acuité du regard, tranchant comme une lame, le goût du pays, pas trop chabrolien pourtant (quand bien même on peut furtivement penser à "La Cérémonie"), le théâtre humain y est trop ouvert et trop grave, sans nul effet de mode, ni clin d'œil, ni second degré. À cette aune, le jeu de Hafsia Herzi impressionne durablement, tout en droiture butée, comme un scandale pétrifié de l'injustice sociale.
Très bon film qui aurait pu s'appeler l'argent ne fait pas le bonheur, c'est un film assez dur psychologiquement qui est bien interprété par les deux actrices principales chacune bien dans leur rôle.... Un vrai bon film sur le mal intérieur si commun que l'on soit riche ou pauvre
Verdict : oui mais ! Oui c'est un bon film sur ce qui rapproche deux êtres que tout en apparence sépare. Mais le film souffre de longueur et manque d'OGM (originalité, groove, musique), ce qui fait que parfois, on s'ennuie fermement. Dommage, mais une résussite tout de même. Bravo à la réalisatrice !
j’ai senti comme un passage de relai d’actrice à actrice...Isabelle Huppert passant le flambeau à Hafsia Herzi…..Une chose m’ a frappé, Isabelle Huppert sait parler aux gens, même si elle vit sur une autre planète ….Pour en revenir au film, peut être que la forme est trop classique, on ne peut pas dire « peu importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse » Ici pas d’ivresse, le film est très classique formellement, ( caméra téléfilm, musique minimaliste et simpliste)??Par contre c’est vrai qu’en dépit du scénario, le film raconte une vraie histoire, une histoire d’insertion, d’amitié pour des femmes dont les maris sont en prison….. Donc il faut peut être voir ce film pour le questionnement social et le couple d’actrice...à vous de voir…l’affiche est trompeuse je trouve
Très belle histoire de femmes réalisé par Patricia Mazuy à qui l'on doit notamment Bowling Saturne ou Sport de filles. Duo Huppert - Herzi qui fait du bien !