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Eric Dugelay
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3,5
Publiée le 9 janvier 2025
Est-ce une bonne idée de passer des vacances entre amis au bord d'un lac canadien ? La critique du Monde de Comme le feu, film canadien de Philippe Lesage, m’avait convaincu de le voir. À huis clos, dix personnes rassemblées autour de deux anciens amis proches devenus collaborateurs de cinéma puis séparés, tentent d’oublier dans le vin et la palabre que le temps a passé. Comment cet Into the wild canadien tournera-t-il mal comme le suggère la bande annonce ? Il faut deux heures trente-cinq de visionnage pour obtenir la réponse. J’ai beaucoup aimé l’idée et les personnages de ce film et ai retrouvé intact l’esprit de ces lieux dans la forêt canadienne où la convivialité sert de rempart aux non-dits et aux descentes d’ours. #commelefeu #philippelesage #intothewild Plus de critiques sur www.ericdugelay.com
Le film se déroule au nord du Québec, au milieu des lacs et des forêts mais l'oxygène se raréfie très vite à mesure que les frustrations et les conflits s'exacerbent. Chasse, pêche et discussions : le programme est alléchant mais Lesage étire certaines scènes à l'envi (la durée globale de 2 heures 40 est excessive), tire un peu trop sur les ficelles du symbolisme, néglige un certain nombre de ses personnages et finit par ennuyer avec cet entre-soi épuisant. Et puis, le film manque d'humour, une quasi anomalie dans le cinéma québecois, et ne saurait par conséquent se comparer aux œuvres de Denys Arcand.
Je n'ai pas du tout adhéré à ce film! On nous parle, dans les critiques, de grands espaces canadiens, mais la plupart du temps, l'action se déroule autour du dîner, ou la nuit. Les joutes entre les deux “amis” sont certes bien construites, mais elles n'ont pas réussi à accrocher mon attention.
Les films d’aujourd’hui font souvent 2h30. Quelle prétention ! lit-on. Que de silences perdus ! Pas en visionnant « Comme le feu » : silences et étirements révèlent davantage que dialogues et actions.
Deux cinéastes se retrouvent après des années de brouille. Depuis que l’un a quitté la fiction pour le docu, se marginalisant. Depuis que l’autre a trahi ses principes idéalistes et écrit des films d’animation pour la télé, s’embourgeoisant. Le premier invite le second, accompagné de sa fille, Aliocha, son fils et un copain du fils, dans son chalet retiré au cœur de la forêt canadienne, inamicale. L’affiche présente le film comme l’alliance entre Rohmer et Délivrance. Moi je dirais : un mix de Festen et de Délivrance. Dès le premier souper, les rancœurs et les ressentiments se déversent. Bientôt un couple du même écosystème rejoint le chalet. Témoins passifs en apparence, ils deviennent un nouvel enjeu. Le premier étant Aliocha : le maillon faible. Naïve et jeune, la belle écrit, espère devenir écrivain, observe et s’encanaille : une proie livrée sur un plateau. On ne lui demande pas son consentement, on la manipule pour mieux atteindre le père, pour mieux humilier. C’est l’escalade. Toute la noirceur des sentiments humains défile : jalousie, orgueil, luxure, colère, gourmandise, avarice, paresse.
Paysages somptueux, bande-son lyrique et rock'n'roll : un film sophistiqué et anxiogène, qui donne à réfléchir, lentement, en pleine conscience, porté par des acteurs qui rivalisent d'excellence. Et après, que que retient-ton de ces combats de coqs enflammés ? La littérature (Dostoïevski), le cinéma (Ingmar Bergman), la poésie (Émily Dickinson).
Je comprends les réserves: on peut ne pas entrer et s’ennuyer. Si on adhère vous êtes happé par une tension permanente basée sur ces riens qui font les relations, les amours, la vie en somme.
J’ai découvert ce film au festival de La Rochelle, où je suis allé le voir attiré par son casting et par la réputation du réalisateur dont j’avais entendu parler à l’occasion de la sortie de son précédent film, Genèse. Et je n’ai pas été déçu, voir j’ai été impressionné ! Mise en scène somptueuse en même temps que radicale dans ses partis pris,, dialogues au cordeau, direction d’acteur remarquable, interprétation puissante et nuancée, et avant tout une sensibilité réelle qui affleure tout au ont du film pour n’exploser qu’à la fin, nous gardant ainsi sous tension émotionnelle tout au long de ce film extrêmement touchant. Une réelle découverte, si ce n’est une réelle confirmation. Le film a été montré la première fois à la Berlinale où il a été primé, il y a fort à parier qu’on retrouvera son réalisateur Philippe Lesage en haut d’autres marches !
une impression de malaise dans une atmosphère lourde, pesante et écrasante. L'hypocrisie y est reine dans ce milieu de bobos parvenus qui pensent détenir la science infuse et font étalage de leur pseudo culture. Bizarre.
J'en sort et je sais que je ne suis pas prête d'oublier ce que j'ai vu : un chef d'oeuvre <3 Les acteurs sont exceptionnels, drôles et touchant à la fois
Je n’avais pas lu les critiques avant d’aller voir ce film . Seul le sujet m’a motivé. A la sortie, un sentiment partagé. En positif, la première composante du scénario qui porte sur la dimension amour/haine qui peut caractériser des relations amicales de longue date , qui parviennent à dépasser les mesquineries, l’égocentrisme des protagonistes et les méchancetés ordinaires ( hypocrisie des relations sociales ?). Positif également le second propos relatif à la relation amoureuse non partagée entre l’ami du fils et la sœur qui, avec la frustration née du rejet et la jalousie qui en découle, conduit à l’envie d’éliminer physiquement le rival, un « vieux » qui ne résiste pas à se prouver qu’il peut encore séduire une jeune femme. La psychologie des personnage est restituée avec subtilité et avec une progressivité et un crescendo qui frise au suspens … on imagine une fin terrifiante qui est abordée et qui est le climax de cette tension. L’ensemble des personnages est bien campé par des acteurs très justes. En négatif : à part quelques longueurs qui ne m’ont pas trop gênées, c’est la fin du film et sa conclusion qui m’apparaissent ratées. Les dernières scènes voient certains personnages disparaître, des situations soulignées sans suite et une scène finale chez le veto difficile à rattacher à l’histoire sauf à y voire une signification primaire entre les deux rivaux en amour qui se retrouvent autour d’un chien qui va mourrir. Dommage !
Immersion dans la nature splendide et activités sauvages, chasse, canoë, hydravion Tous boivent et s' engueulent au lieu de déguster les excellents plats qu'on nous montre. MAIS , vu l'accent canadien à couper à la hache, on n'a rien compris aux dialogues mais ça n'a pas l'air très original .Il faudrait des sous-titres
Ce film explorant les méandres des humains et le flux de le émotions est très intéressant. Dans un décor canadien qui participe à l'ambiance et est magnifiquement photographié se retrouvent un groupe . Des tensions naissent où on ne les attends pas. Les braises se ravivent, s'éteignent, et reprennent en feu...qui s'éteindra au cours d'une formidable sortie sur l'eau. Le film pourrait sembler brouillon à première vue mais il be l'ai pas et ses feux forêts qui se rallumant et s'éteignent : amour naissant, amour contrarié, manipulation, amitié aussi perverse que sublime , liens de paternité...sont vus avec une acuité bouleversante..un grand film dont la longueur sert la profondeur. Il me trotte dans la tête et m'apporte son lot de questions...et la rédemption finale de deux de ses personnages nous offre une réflexion sur la richesse du pardon ...mine de rien ...fort !