Philippe Lesage est un grand cinéaste, il l'a notamment prouvé avec le formidable Genèse. Le problème est qu'il semble en être persuadé lui-même, une impression ressentie devant Comme le feu, qui reprend son sujet de prédilection, le récit d'apprentissage. A partir d'un souvenir d'adolescence, que lui a conté son frère, documentariste, le film confronte cette fois des jeunes gens à des adultes qui s'affrontent à fleurets pas toujours mouchetés, dans un esprit de compétition alourdi par son content de mesquineries et d'invectives qu génèrent de fortes tensions, en particulier pendant les repas. Le film se déroule au nord du Québec, au milieu des lacs et des forêts mais l'oxygène se raréfie très vite à mesure que les frustrations et les conflits s'exacerbent. Chasse, pêche et discussions : le programme est alléchant mais Lesage étire certaines scènes à l'envi (la durée globale de 2 heures 40 est excessive), tire un peu trop sur les ficelles du symbolisme, néglige un certain nombre de ses personnages et finit par ennuyer avec cet entre-soi épuisant. Et puis, le film manque d'humour, une quasi anomalie dans le cinéma québecois, et ne saurait par conséquent se comparer aux œuvres de Denys Arcand. En revanche, l'interprétation, en tous cas pour les rôles principaux, est impeccable. S'il ne fallait citer qu'un seul acteur, ce serait Arieh Worthalter, presque aussi fascinant que dans Le procès Goldman.
Je dois être ronchon mais ce qui me rassure c’est que les spectateurs interrogés après la séance partageaient mon avis … donc un huis clos dans une très belle cabane au Québec. Engueulades et parties de chasse et de pêche. Plans interminables dès le début avec une ballade en bagnole qui n’en finit pas . C’est quoi le propos au juste ? C’est quoi l’histoire ? On a l’impression de voir défiler des scènes qui s’étirent à l’infini et ne sont reliées par rien. Pour les connaisseurs les scènes de chasse sont loupées. Si on prenait une paire de ciseaux et que l’on coupe une heure on aurait pu en tirer quelque chose. Un critique a dit que c’était Rohmer plus Délivrance. En fait c’est Rohmer plus Rohmer plus Lexomil.
Une sensation de sale ,de mal aisance, de deja vu. Un scénario inexistant, des personnages qui apparaissent puis disparaissaient sans savoir pourquoi . Le pire étant le cadrage : on est éloigné de tout, comme si on était tenu à distance de personnages pour lesquels j'ai eu du mal à ressentir quoi que ce soit.
L’impression de voir enfin un vrai film de cinéma. Bien sûr le propos est assez alambiqué, certains personnages sont étranges mais j’ai été captivé de bout en bout par le décor, les prises de vue et la bande-son. Un propos globalement moins hermétique aurait été bienvenu mais j’ai passé un excellent moment malgré tout.
Les engueulades qui sont de plus en plus hystériques et donc irritantes se succèdent entrecoupées de chasse et d'un ado excité par la soeur de son meilleur ami. On se demande encore plus pourquoi il ne repart pas après le second ou troisième accrochage ?! On ne sent aucune force dans les liens amicaux, tout sonne faux et on a donc du mal à s'attacher aux uns et aux autres dont le seul dénominateur commun reste leur ego. Par contre les personnages sont magnifiquement joués par des acteurs impressionnants et talentueux, surtout Arieh Worthalter Aurélia Arandi-Longpré. Le récit devient long et redondant, mais on apprécie la mise en scène avec le plan-séquence fixe des dîners qui accentue la tension et le côté anxiogène, et le mise en valeur des décors et paysages sublimes du fin fond du Canada. Puis arrive la dernière partie qui accumule les maladresses à tel point qu'on devine que de trouver une "bonne" fin a été laborieux... Parfois on a l'impression d'être dans une variation de "Le Diner de Cons" (1998) en version très sérieuse du psycho-drame sur fond de rancoeurs. Un film à ne pas mettre devant un dépressif ! Une déception mais à conseiller tout de même. Site : Selenie.fr
Compliqué. C’est quoi le sujet d’ailleurs ? Toutes les scènes sont allongées, délayées, augmentées… sans raison narrative. Ceci, dès la première : un long trajet en voiture. Vous savez ce que ça fait parfois quand vous êtes le passager ? Vous somnolez en attendant d’être arrivé à destination. Au total 161 minutes, oui ça fait 2 heures et 41 minutes. Si à me lire les spectateurs à venir ne se rendent pas compte ils finiront par comprendre en salle par leur ennui. Et puis c’est canadien avec l’accent de nos cousins qu’on aime bien mais à vrai dire l’intonation est souvent peu compatible avec notre propre sens de l’ouïe. Souvent les dialogues de ces films-là sont sous-titrés d’ailleurs. Ce n’est pas le cas ici.
Vu dans un cinéma Art et Essai, un samedi soir de aout 2024, une salle où il faisait très chaud. J'ai cru que ce film apporterait un peu de fraicheur par son intrigue autant que ses paysages. J'ai surtout cru que la durée de ce film était moins de 4 heures (je n'avais pas vérifié la durée avant, elle est de 2 heures 35, mais j'ai parfois pensé que c'était le double) En gros, quelle satisfaction quand ce fut terminé, le moment de dire OUF quand le générique est apparu. Je décide néanmoins de mettre la note de 3 et de déclarer que ce film est PAS MAL
Pas mal pour l'interprétation. Plus que pas mal pour celui qui se nomme Paul Ahmarani qui joue Albert, un atrtiste égocentrique. Pas mal pour les partis pris de tournage, plans longs et aussi ambiance huis clos. Pas mal pour les paysage et les décors. Pas mal pour le coté exotique, c'est profondément canadien, enfin me semble t'il.
J'ai cru par moment revoir "le déclin de l'empire américain" , l'humour en moins. J'ai cru par moment revoir "Délivrance", la violence moins bien narrée. J'ai presque cru voir par moment "le diner de cons" avec les états d'âmes des adolescents en plus. J'ai cru par moment retrouver un Woody Allen qui serait parti en weekend dans le grand nord canadien.
Au final, je le recommande, mais seulement si vous êtes dans le mood de prendre une dose d'exotisme, seulement si vous n'êtes pas effrayés par les longueurs, seulement si le fait que des personnages apparraissent et disparaissent sans comprendre pourquoi, je parle du couple français joué par Irène Jacob et Laurent Lucas, spoiler: sans même savoir s'il est mort ou pas en ce qui concerne le personnage atroce de Eddy, joué de manière admirablement cynique par Laurent Lucas ne vous dérange pas. Et je le recommande aussi, si l'absence d'une fin, d'un dénouement, digne de ce nom ne vous dérange pas non plus.
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3,5
Publiée le 11 janvier 2025
Des personnes se rendent dans une cabane isolée pour une semaine de détente... Un début digne d'un film d'horreur, mais même si "Comme le feu" n'en est pas un, le séjour n'en sera pas moins épouvantable... Parmi eux, il y a deux cinéastes, de fortes personnalités pour beaucoup trop d'ego pour un endroit aussi restreint que celui-ci malgré l'immensité de la forêt québécoise qui les entoure. De la fierté mal placée, des remarques cyniques et cinglantes, des mensonges, des secrets, des règlements de comptes, on peut dire que Philippe Lesage se fait plaisir et nous fait plaisir. C'est tellement amusant et parfois jouissif d'observer le comportement souvent puéril et tordu de ces gens. J'ai adoré la mise en scène, la complexité de ces relations, l'intégration de la musique, la beauté de l'environnement, et même si la dernière demi-heure est un peu en dessous du reste en plus d'être très bizarre, c'est un bon film avec un malaise palpable, une tension omniprésente et de très bons acteurs.
Vu uniquement grâce à la présence de Arieh Worthalter, Irène Jacob et Laurent Lucas au générique. Malheureusement ce dernier ne dit pas trois et la belle Irène n’est que second, voir troisième rôle. Tandis que le lauréat du dernier César du meilleur acteur a, lui, un rôle un peu plus consistant. Le tout est bien filmé, bien écrit, très bavard, ambigu, souvent cruel et prenant à la fois. On suit avec autant d’intérêt les états d’âme et les règlements de compte des adultes, que les affres des plus jeunes. Une belle, troublante voir dérangeante chronique sur l’amitié sur fond de vacances dans les splendides paysages de la foret québécoise. Une curiosité.
Trois journées de vacances cauchemardesques dans un cadre naturel idyllique. Le cinéaste parvient à cerner les rancœurs humaines avec acuité. Les séquences de repas sont éblouissantes d'oppression. On regrettera toutefois un dénouement au goût d'inachevé.
Blake (Arieh Worthalter), un riche réalisateur, invite son vieil ami Albert (Paul Ahmarani) à passer quelques jours dans un chalet qu’il possède au cœur de la forêt québécoise. Albert fut longtemps le scénariste des films de Blake avant que les deux hommes prennent des chemins différents. Albert est accompagné de sa fille, Aliocha et de son fils, Max, et du meilleur ami de celui-ci, Jeff, qui se consume d’amour pour Aliocha.
Un dîner entre amis qui dégénère, les contentieux passés pas encore tout à fait soldés et les secrets enfouis remontant sournoisement à la surface, les convives qui par convenance feignaient de s’apprécier s’affrontant de moins en moins courtoisement. La formule a été utilisée jusqu’à la corde au théâtre comme au cinéma. Elle l’a été pas plus tard que le mois dernier avec "Dîner à l’anglaise" ou le mois d’avant avec "Et plus si affinités".
Philippe Lesage, le réalisateur québécois de "Genèse", la recycle dans son deuxième film. À la structure-type du dîner entre amis, il apporte trois variations. La première est que l’action se déroule non pas en un seul repas, mais l’espace de trois journées ponctuées par plusieurs repas, filmés en longs plans-séquences, et entrecoupés par plusieurs activités de plein air : une journée à la pêche, une autre à la chasse, une descente en canoë… La deuxième est que ce huis-clos étouffant entre « amis » se déroule dans un environnement aussi majestueux qu’angoissant : l’immense forêt canadienne, coupée du monde, ses lacs et ses rivières, qu’on imagine volontiers couverte de neige l’hiver venu. La troisième est que ce film dure deux heures quarante.
Rien ne justifie cette durée hors normes. Le tout premier plan le montre. On y voit, sur une route déserte , la Mercedes que conduit Albert et les trois ados vers le point de rendez-vous où les attend l’hydravion de Blake, seul moyen d’accès à sa cabane. Le plan aurait pu durer dix secondes à peine. Il s’étire inutilement sur plus d’une minute sans que l’utilité d’une telle longueur saute aux yeux.
Mais cette durée hors normes a néanmoins un avantage. Elle permet de creuser jusqu’au malaise les relations entre les convives. D’un côté, les adultes, Albert et Blake, bientôt rejoints par un couple d’amis parisiens (Irène Jacob & Laurent Lucas en guest stars françaises) s’abîment dans des querelles rances. De l’autre, les adolescents, brûlants de désir, s’attirent et se repoussent. Jeff se révèle être le personnage clé du film, à l’intersection des deux mondes : sa passion pour le cinéma le rapproche de Blake dont il admire les films ; ses sens en émoi en font la proie idéale du charme incandescent exercé par la séduisante Aliocha.
Une amourette contrariée, des débats interminables autour d'une bouteille de bon (ou mauvais) vin, ou encore des parties de pêche et de chasse, voilà ce qu'il faut se farcir pendant les 2h35 de ce film interminable. L'accent du coin et les beaux paysages québécois ne suffisent pas à combler ce sentiment de vide chez ces intellectuels susceptibles. C'est lent, ennuyeux et même notre amoureux transit n'arrive pas à susciter des émotions ou une quelconque empathie. Les premières minutes donnent le ton de ce qui ressemble à un voyage au bout de l'ennui.
Trois repas impressionnants qui mettent en évidence des égos démesurés plombés par des rancoeurs, des ressentiments et beaucoup d’immaturité. Les dialogues entre WORTHALTER et AHMARANI sont criants de vérité. En revanche, il faut se coltiner d’innombrables longueurs inintéressantes surlignées par une musique obstinée. Le malaise grandit au fur et à mesure des scènes tendues : entre les 2 jeunes, entre les 2 adultes amis. Un drame surviendra dont on ne connaîtra pas l’issue (choix étrange du réalisateur). Merci pour les grands espaces canadiens !
Vu en avant-première. Commençons par les points positifs : La première heure et demie est très bonne, généreuse dans ce qu’elle nous propose. Le casting est également excellent, mention spéciale à Arieh Worthalter et Paul Ahmarani. La mise en scène est globalement de qualité, avec de belles idées en termes d’image et de réalisation, notamment cette volonté de travailler avec des plans longs, surtout durant les scènes de repas, ce qui crée un malaise et une intensité incroyables !
Cependant, le film a un grand défaut de genre : dans la deuxième partie, on est perdu entre le thriller psychologique, la comédie et le drame. C’est assez embêtant car cela perturbe la façon dont on perçoit les scènes (notamment les scènes de rêves qui m’ont fait complètement sortir du film). Le film se perd également sur ses thématiques : il aborde au début des relations complexes, toxiques, mêlant le rapport à la célébrite, l’amitié, les faux semblants, les ambitions professionnelles… pour finalement nous servir une histoire d’amour assez basique, entre un jeune homme sans confiance en lui et une fille artiste / reac perturbée par "la menace" d’un homme hypocrite et manipulateur.
Autant dire que mon intérêt pour le film est vite retombé… Dommage, je sors assez frustré de la séance car il y avait moyen de faire beaucoup mieux.