Compliqué. C’est quoi le sujet d’ailleurs ? Toutes les scènes sont allongées, délayées, augmentées… sans raison narrative. Ceci, dès la première : un long trajet en voiture. Vous savez ce que ça fait parfois quand vous êtes le passager ? Vous somnolez en attendant d’être arrivé à destination. Au total 161 minutes, oui ça fait 2 heures et 41 minutes. Si à me lire les spectateurs à venir ne se rendent pas compte ils finiront par comprendre en salle par leur ennui. Et puis c’est canadien avec l’accent de nos cousins qu’on aime bien mais à vrai dire l’intonation est souvent peu compatible avec notre propre sens de l’ouïe. Souvent les dialogues de ces films-là sont sous-titrés d’ailleurs. Ce n’est pas le cas ici.
L’impression de voir enfin un vrai film de cinéma. Bien sûr le propos est assez alambiqué, certains personnages sont étranges mais j’ai été captivé de bout en bout par le décor, les prises de vue et la bande-son. Un propos globalement moins hermétique aurait été bienvenu mais j’ai passé un excellent moment malgré tout.
Une sensation de sale ,de mal aisance, de deja vu. Un scénario inexistant, des personnages qui apparaissent puis disparaissaient sans savoir pourquoi . Le pire étant le cadrage : on est éloigné de tout, comme si on était tenu à distance de personnages pour lesquels j'ai eu du mal à ressentir quoi que ce soit.
Film intéressant bien qu'un peu longuet de Philippe Lesage qui réalise là un Huit-Clos dans un chalet entouré d'une nature splendide ! Entre marivaudages , mesquineries et règlements de comptes le réalisateur explore là les passions humaines en passant par les batailles d'ego et la tension est bien palpable ! Ceci dit certaines scènes auraient méritée d'être écourtée puisque de mon avis ces dernières n'apportent rien de plus au film !
Les engueulades qui sont de plus en plus hystériques et donc irritantes se succèdent entrecoupées de chasse et d'un ado excité par la soeur de son meilleur ami. On se demande encore plus pourquoi il ne repart pas après le second ou troisième accrochage ?! On ne sent aucune force dans les liens amicaux, tout sonne faux et on a donc du mal à s'attacher aux uns et aux autres dont le seul dénominateur commun reste leur ego. Par contre les personnages sont magnifiquement joués par des acteurs impressionnants et talentueux, surtout Arieh Worthalter Aurélia Arandi-Longpré. Le récit devient long et redondant, mais on apprécie la mise en scène avec le plan-séquence fixe des dîners qui accentue la tension et le côté anxiogène, et le mise en valeur des décors et paysages sublimes du fin fond du Canada. Puis arrive la dernière partie qui accumule les maladresses à tel point qu'on devine que de trouver une "bonne" fin a été laborieux... Parfois on a l'impression d'être dans une variation de "Le Diner de Cons" (1998) en version très sérieuse du psycho-drame sur fond de rancoeurs. Un film à ne pas mettre devant un dépressif ! Une déception mais à conseiller tout de même. Site : Selenie.fr
Je dois être ronchon mais ce qui me rassure c’est que les spectateurs interrogés après la séance partageaient mon avis … donc un huis clos dans une très belle cabane au Québec. Engueulades et parties de chasse et de pêche. Plans interminables dès le début avec une ballade en bagnole qui n’en finit pas . C’est quoi le propos au juste ? C’est quoi l’histoire ? On a l’impression de voir défiler des scènes qui s’étirent à l’infini et ne sont reliées par rien. Pour les connaisseurs les scènes de chasse sont loupées. Si on prenait une paire de ciseaux et que l’on coupe une heure on aurait pu en tirer quelque chose. Un critique a dit que c’était Rohmer plus Délivrance. En fait c’est Rohmer plus Rohmer plus Lexomil.
Trois journées de vacances cauchemardesques dans un cadre naturel idyllique. Le cinéaste parvient à cerner les rancœurs humaines avec acuité. Les séquences de repas sont éblouissantes d'oppression. On regrettera toutefois un dénouement au goût d'inachevé.
J'en sort et je sais que je ne suis pas prête d'oublier ce que j'ai vu : un chef d'oeuvre <3 Les acteurs sont exceptionnels, drôles et touchant à la fois
J’ai découvert ce film au festival de La Rochelle, où je suis allé le voir attiré par son casting et par la réputation du réalisateur dont j’avais entendu parler à l’occasion de la sortie de son précédent film, Genèse. Et je n’ai pas été déçu, voir j’ai été impressionné ! Mise en scène somptueuse en même temps que radicale dans ses partis pris,, dialogues au cordeau, direction d’acteur remarquable, interprétation puissante et nuancée, et avant tout une sensibilité réelle qui affleure tout au ont du film pour n’exploser qu’à la fin, nous gardant ainsi sous tension émotionnelle tout au long de ce film extrêmement touchant. Une réelle découverte, si ce n’est une réelle confirmation. Le film a été montré la première fois à la Berlinale où il a été primé, il y a fort à parier qu’on retrouvera son réalisateur Philippe Lesage en haut d’autres marches !
Vu en avant-première. Commençons par les points positifs : La première heure et demie est très bonne, généreuse dans ce qu’elle nous propose. Le casting est également excellent, mention spéciale à Arieh Worthalter et Paul Ahmarani. La mise en scène est globalement de qualité, avec de belles idées en termes d’image et de réalisation, notamment cette volonté de travailler avec des plans longs, surtout durant les scènes de repas, ce qui crée un malaise et une intensité incroyables !
Cependant, le film a un grand défaut de genre : dans la deuxième partie, on est perdu entre le thriller psychologique, la comédie et le drame. C’est assez embêtant car cela perturbe la façon dont on perçoit les scènes (notamment les scènes de rêves qui m’ont fait complètement sortir du film). Le film se perd également sur ses thématiques : il aborde au début des relations complexes, toxiques, mêlant le rapport à la célébrite, l’amitié, les faux semblants, les ambitions professionnelles… pour finalement nous servir une histoire d’amour assez basique, entre un jeune homme sans confiance en lui et une fille artiste / reac perturbée par "la menace" d’un homme hypocrite et manipulateur.
Autant dire que mon intérêt pour le film est vite retombé… Dommage, je sors assez frustré de la séance car il y avait moyen de faire beaucoup mieux.
Philippe Lesage est un grand cinéaste, il l'a notamment prouvé avec le formidable Genèse. Le problème est qu'il semble en être persuadé lui-même, une impression ressentie devant Comme le feu, qui reprend son sujet de prédilection, le récit d'apprentissage. A partir d'un souvenir d'adolescence, que lui a conté son frère, documentariste, le film confronte cette fois des jeunes gens à des adultes qui s'affrontent à fleurets pas toujours mouchetés, dans un esprit de compétition alourdi par son content de mesquineries et d'invectives qu génèrent de fortes tensions, en particulier pendant les repas. Le film se déroule au nord du Québec, au milieu des lacs et des forêts mais l'oxygène se raréfie très vite à mesure que les frustrations et les conflits s'exacerbent. Chasse, pêche et discussions : le programme est alléchant mais Lesage étire certaines scènes à l'envi (la durée globale de 2 heures 40 est excessive), tire un peu trop sur les ficelles du symbolisme, néglige un certain nombre de ses personnages et finit par ennuyer avec cet entre-soi épuisant. Et puis, le film manque d'humour, une quasi anomalie dans le cinéma québecois, et ne saurait par conséquent se comparer aux œuvres de Denys Arcand. En revanche, l'interprétation, en tous cas pour les rôles principaux, est impeccable. S'il ne fallait citer qu'un seul acteur, ce serait Arieh Worthalter, presque aussi fascinant que dans Le procès Goldman.