Le septième long-métrage de la réalisatrice argentine Paula Hernández, El viento que arrasa, ne serait sans doute pas aussi remarquable sans les prestations formidables de l'immense Alfredo Castro et d'un étonnant Sergi López, l'un en missionnaire évangélique, l'autre en mécanicien bourru, aux confins du nord de l'Argentine. Mais on a d'abord envie de retenir le jeu tout en finesse de la jeune Almudena González, la fille du pasteur, dont il s'agit seulement de la deuxième apparition au cinéma, après Argentina, 1985. En grande partie road-movie sur des routes défoncées, à bord d'une voiture dont Dieu seul sait comment elle peut encore avancer, le film évoque une relation père/fille très particulière, dans le sens où la seconde est l'assistante du premier, de plus ou moins bon gré. Subtilement agencé pour nous faire comprendre ce qui bouillonne sous le crâne de la jeune femme, El viento que arrasa soigne son atmosphère et délivre un portrait très contrasté d'un soldat de Dieu, en évitant la charge grossière. Le film capte l'imminence d'un orage avec finesse et laisse au spectateur décider de ce qui relève de l'aliénation des âmes et de la liberté de penser. Et même la dernière scène pourra être interprétée de différentes manières, selon la "religion" de chacun.