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Alain
2 abonnés
28 critiques
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4,5
Publiée le 11 avril 2023
Un Grand film qui comble toutes mes espérances à commencer par le jeu exeptionnel des comédiens. Un scénario captivant et une fin immorale qu’on adore.
La Rebecca Marder enchaîne les succès avec ce nouveau film convainquant bien joué bien filmé bien conçu avec presque 3 Histoires en une : politique, fait divers et amour...
Très belle surprise que ce film dont le synopsis ne me laissait pas en attendre autant. Le suspens est bien là, tout au long du film et ne nous lâche plus jusqu'à l'épilogue. L'interprétation des acteurs est à la hauteur des enjeux : Rebecca Marder, dont le sang froid n'a d'égal que l'intelligence, Benjamin Lavernhe, parfaitement odieux, et l'excellente Emmanuelle Bercot, en femme politique tentant de rester fidèle à ses convictions. Encore un film à ne pas laisser passer !
Beaucoup de clichés ou les pauvres sont gentils et idéalistes et les riches désabusés et manipulateurs...les acteurs pourtant bons d'habitude sont ici peu convaincants ....bref...pas terrible !
Sur la forme, pas grand chose à redire. Des actrices - acteurs de bonne facture, une mise en scène honnête mais pas très novatrice. Par contre, sur le fond, enfer et damnation. Tous les éléments de langage sont réunis pour vous faire avaler un maximum de couleuvres bobo. Le cinéma, j’adore. Le militantisme, ça me hérisse. Les deux ensemble, c’est le pire combo.
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3,0
Publiée le 24 juillet 2023
Les plus grandes déceptions viennent des plus grandes attentes que ce soit sur un plan privé ou professionnel. Pour Madeleine, tout se passe à merveille. Elle est heureuse avec son copain et sur le point d'intégrer l'ENA, mais un événement dramatique va venir tout chambouler. "De grandes espérances" est un drame politique flirtant par moment avec le thriller même si cet aspect n'est hélas jamais poussé. Après l'événement en question, on pense voir une sorte de descente aux enfers accentuée par la paranoïa des personnages, mais il n'en est rien. Le drame est en réalité un élément déclencheur pour étudier les relations humaines et proposer une immersion dans ce milieu politique. En ce sens, le film est parfois hésitant et a du mal à se situer, mais reste accrocheur jusqu'au bout en posant des questions intéressantes sur la culpabilité et sur la nécessité d'avoir les mains propres pour agir pour le bien collectif. En somme, c'est plutôt pas mal avec une formidable Rebecca Marder qui est bien plus convaincante que son partenaire.
“De grandes espérances” de Sylvain Desclous démontre avec force et brio qu’il est encore possible de produire et de réaliser en France des films passionnants qui ne soient pas complètement imprégnés ou asservis à l’idéologie dominante actuelle qui ne raisonnant plus qu’en termes de quotas et d’interdits fait tranquillement le ménage par le vide, peut-être de manière encore plus radicale que le fameux code Hays sévissant à Hollywood à partir des années 1930. Aux côtés d’autres jeunes réalisateurs sous-employés comme Emmanuelle Cuau (“Pris de court” en 2007), Hubert Charuel (“Petit paysan” en 2017), Bertrand Bonello (“L’Appolonide” en 2012), Arthur Harari (“Diamant noir” en 2016), Raphaël Jacoulot ( “Coup de chaud”en 2015), Frédéric Mermoud (“Moka” en 2016), Gérard Pautonnier (“Coup de froid” en 2017) et Rebecca Zlotowski (“Grand central” en 2013), Sylvain Desclous fait de la résistance, tentant de faire survivre le cinéma des générations de réalisateurs qui les ont précédés où prévalaient une certaine liberté de ton mais aussi un peu de nuance salvatrice Combat méritoire qu’il convient ici de saluer quand on imagine à l’aune de quels critères sont attribués les budgets depuis une petite dizaine d’années. Le scénario écrit par Sylvain Desclous avec Pierre Erwan Guillaume emprunte très habilement et de biais la voie du thriller pour interroger sur le rapport à la vérité et à la morale des élites françaises qui pourtant ne jurent plus que par la transparence. Ici deux candidats à l’ENA issus de deux classes sociales très différentes. Antoine (Benjamin Lavernhe) fils d’un avocat (Pascal Elso) et d’une ancienne ministre socialiste (Emmanuelle Bercot) et son amoureuse Madeleine (Rebecca Marder)spoiler: d’extraction populaire qui vont se trouver par un malencontreux accident, impliqués dans la mort d’un homme à quelques jours d’un oral engageant leur destin et mettant durement à l’épreuve leurs convictions politiques très orientées à gauche. Le choix est bien sûr cornélien de devoir commencer sa prometteuse carrière sur un terrible mensonge. Fort de ce dilemme majeur, le réalisateur s’évertue à observer Madeleine et Antoine face à la culpabilité qui ronge . Les réflexes de classe vont rapidement ressurgir et interférer sur la suite des évènements. Sylvain Desclous articulent les enjeux qui scandent l’intrigue de manière très subtile très loin de l’artillerie lourde des thèses "wokistes" et mondialistes qui inondent aujourd’hui les scénarios. Aux côtés des interprètes principaux remarquables, Emmanuelle Bercot, Marc Barbé et Pascal Elso sont parfaits. Sans doute le dénouement aurait pu facilement être mieux orchestré pour gagner en crédibilité. Mais ne faisons surtout pas la fine bouche en ces temps de disette partis pour s’éterniser. A chaudement recommander.
Voici un exemple quasiment parfait de scénario très intéressant, platement mis en scène, et peu incarné.
Sur le papier, De grandes espérances est en effet très prometteur : une histoire complexe, une description de plusieurs milieux dont la confrontation est intéressante (les étudiants de l'ENA possédés par la politique, une jeune femme issue d'un milieu très modeste, une famille bourgeoise), des évolutions de personnages sur la durée, un cas de conscience qui tourne au thriller psychologique, un beau casting.
Bref, quelque chose qui pourrait ressembler, dans l'idéal, à un épisode de Baron noir réalisé par Krzysztof Kieslowski.
Mais hélas, si le film se laisse regarder, il déçoit un peu par sa platitude atone. Le sentiment de réalité ne s'impose jamais avec force, et j'ai eu l'impression étrange de suivre la mise en image d'un scénario écrit, à l'image de la scène décisive se déroulant en Corse, manquant de souffle et de tension.
Je n'ai pas trouvé le couple Rebecca Marder / Benjamin Lavernhe très convaincant, et si Emmanuelle Bercot est excellente en femme cherchant à devenir ministre, il m'a semblé que les dialogues en rapport avec la politique sonnaient souvent un peu faux.
Pas désagréable et très bien écrit, mais trop appliqué pour convaincre totalement.
Madeleine est jeune, brillante, et sort tout juste de Sciences Po avec les honneurs. Elle est idéaliste et pense refaire le monde : un drame va pourtant faire voler en éclats toutes ses belles résolutions de justice et d'intégrité... Le duo Rebecca Marder / Benjamin Lavernhe, appuyé par une Emmanuelle Bercot inspirée, fait mouche et nous embarque dans une sorte de thriller psychologique dans lequel tous les coups sont permis. Du bon cinéma français comme on l'aime : simple, efficace, séduisant, doté d'un casting impeccable... Foncez ! Site CINEMADOURG.free.fr
Oscillant entre plusieurs genres, la narration passe du récit initiatique marqué par un drame impactant la romance à l'intrigue politicienne avec en arrière-fond la tension du thriller. Voulant traiter de la culpabilité (excellente Rebecca Marder), de la vengeance dépitée (incarnée par toute la veulerie de Benjamin Lavernhe - cependant un peu âgé pour le rôle), de l'échelle sociale (sarcasme délectable du père rappelant que ceux qui combattent le système en profitent), de la corruption politique (autour d'une parfaite Emmanuelle Bercot), des antagonismes familiaux (complexe Marc Barbé), le scénario prend trop de directions, perdant en efficacité alors que la gestion du suspense était manifestement maîtrisée, jusque dans son dernier tournant. On perçoit ainsi la volonté du cinéaste de traiter de sujets sensibles, enrobés dans un habillage plus grand public - qui aurait dû rester le corps du métrage. Intéressant psychologiquement mais maladroit.
Thriller tendu, drame humain abouti, peinture de notre société très juste, ce film est vraiment réussi et absolument captivant. Scénario sans (trop de) facilités et bien construit, réalisation nerveuse et fluide avec par dessus tout une remarquable interprétation de Rebecca Marder admirable de force et de fragilité, d’ambiguïté et de finesse. Et la réplique est parfaitement donnée par les autres rôles, y compris les seconds (la séquence de la syndicaliste et du ministre est fantatstique); Merveille d’équilibre, peinture précise de notre société peu reluisante mais qui pourtant mérite le titre du film.
Contrairement à son titre, c'est sans espérances particulières que je suis allé voir ce film et ce fut au final une belle surprise !
Efficace. Typiquement le genre de films dont on sait pertinemment qu'il ne s'agit pas d'un chef d'oeuvre et sur lequel on est bien conscient qu'il y aurait à redire mais que l'on prend du plaisir à regarder et au jeu duquel on finit par se prendre, notamment grâce à une atmosphère oppressante, particulièrement réussie, qui maintient l'attention et l'intérêt du début à la fin.
Un plaisir également dû en grande partie à la qualité des acteurs principaux.
En fils à papa pas très courageux qui peine à s'émanciper et à exister par lui-même, @benjaminlavernhe est absolument parfait. Jamais dans la caricature, capable d'apporter variations et ambiguïté à son personnage, quel acteur !
La performance d'@emmabercot est également à saluer, d'autant plus que les scènes traitant de politique sont toujours particulièrement périlleuses car pouvant vite tomber dans l'outrancier et le cliché. Contrairement à La Syndicaliste, où tout sonnait faux selon moi, le film trouve ici un ton juste et mesuré, en grande partie grâce à l'actrice qui n'en fait jamais trop.
Enfin, je m'arrêterai bien entendu sur @rebeccamarder, que l'on voit à peu près partout en ce moment, et qui, film après film, me convainc de plus en plus. Ici, elle incarne de manière extrêmement convaincante ce personnage toute en ambivalence, partagée entre les valeurs qu'elle défend et son ambition personnelle.
En résumé : des acteurs particulièrement bien dirigés, une mise en scène plutôt ambitieuse, un scénario qui parvient à nous tenir en haleine de bout en bout, Sylvain Desclous signe un troisième long métrage de très bonne facture et prometteur.
Quel scénario ! Pourtant, le démarrage ne présageait rien de bon, avec cette « masturbation » sur les études à l’ENA. Puis le décor, si on peut dire, a été vite planté, avec au passage de splendides vues de la Corse. Le reste du film tourne autour du jeune couple étudiant, remarquablement interprété par Rebecca Marder et Benjamin Lavernhe, qu’on peut juger mal assorti, tant les évènements dramatiques s’enchaînent pour se retourner contre celui qui pensait maîtriser la situation. Emmanuelle Bercot est également excellente en députée du Nord, et les seconds rôles sont aussi très bien réussis. Les pérégrinations politiques sont particulièrement réalistes, notamment dans une usine où les salariés aimeraient racheter l’entreprise au détriment des solutions capitalistes que d’aucuns tentent de leur imposer. Bref un film réellement à voir , avec la découverte d’une actrice, Rebecca Marder, sans doute promise à une belle carrière.