Derniers Avis : Past Lives – Nos vies d’avant - Page 17
Past Lives – Nos vies d’avant
Note moyenne
4,1
3904 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
247 critiques spectateurs
5
50 critiques
4
112 critiques
3
58 critiques
2
19 critiques
1
6 critiques
0
2 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Henrico
233 abonnés
1 461 critiques
Suivre son activité
5,0
Publiée le 22 novembre 2023
Certes certaines scènes sont un peu trop étirées, et ralentissent un peu le rythme. Certes, on peut également noter quelques ellipses peu pertinentes, car ne permettant pas une lecture toujours aisée de l'intrigue. Ainsi, les circonstances où la jeune Coréenne et son mari se rencontrent pour la 1ère fois sont floues. Il manquait, de toute évidence, une scène préparant la rencontre. Montrer silencieusement le jeune Coréen faisant son service militaire, puis lui faire avouer, longtemps après dans l'intrigue, qu'il avait ressenti, durant ces moments-là, l'absence de celle qu'il aime, n'est pas très heureux. Une scène suivant les exercices militaires, le montrant nostalgique, aurait tout de suite donné du sens aux images, et préparé la confession ultérieure. Mais tout cela mérite notre plus grande bienveillance car l'excellence technique de Celine Song, à filmer les choses et les gens, est exceptionnelle. On pardonne les quelques lenteur, car la poésie contemplative qui se dégage des lieux, des visages, des répliques, des uns et des autres, nous submerge d'émotions. Et si le spectateur avait le cuir trop épais pour se laisser toucher par une sensibilité aussi subtilement déployée, Song, a pris soin de dégoupiller une grenage émotionnelle permanente. Ses deux acteurs principaux coréens. Ces derniers rivalisent de génie, tout simplement! En plus de toutes ces qualités, plastiques et dramatiques, le film amène une réflexion essentielle sur le destin, sur l'amour, et la distinction entre deux concepts: celui de l'homme ou la femme de sa vie, et celui de l'Âme-Sœur. Lors de l'avant-Première d'allo ciné, un présentateur s'est interrogé de savoir pourquoi ce film n'avait pas reçu la moindre récompense à Cannes. Face à toutes les qualités de "Past Lives", la seule réponse imaginable est de douter de l'état d'éveil du jury durant la projection.
Céline nous offre un film que l'on pourrait presque qualifier de chef-d'œuvre. Past lives est l'histoire de Nora une enfant sud coréenne qui a émigré aux Etats Unis avec sa famille laissant derrière elle une amitié très forte avec un garçon. L'histoire se déroule sur 24 ans et raconte les retrouvailles après 12 ans sans s'adresser un mot. Mais évidemment beaucoup de choses chamboulent leur histoire. Le film fait preuve d'une certaine lenteur mais très maîtrisé et belle qui raconte beaucoup de choses. Les actions disent bien plus que les mots. J'ai envie de dire que tout est maîtrisé, on a de magnifiques plans que l'on retiendra longtemps, par conséquent une direction artistique irréprochable, des scènes de dialogues qui changent, qui brisent les codes et les tabous. On peut tous se reconnaître dans ce film, car il évoque l'importance des choix dans la vie, mais aussi des répercussions qu'il y a derrière. "Inyen" est le mot à retenir et celui qui peut résumer le film. C'est un mot coréen qui veut tout simplement dire destin mais dans le sens des relations entre personnes. C'est tiré du bouddhisme avec la réincarnation. Les personnages sont persuadés que si deux personnes se rapprochent, c'est qu'il se connaissaient dans une vie antérieure. En bref, c'est un film que je recommande vivement pour passer un superbe moment de douceur, de calme mais aussi de tristesse et de remise en question.
Mon coup de coeur 2023. Une parenthèse poétique dans laquelle on savoure chaque moment. L'histoire se concentre uniquement autour de 3 personnages et suit la relation qui lie "Nora" à Hae Sung. Une belle surprise tant ce film est émouvant et en retenu.
J'adore... La vie simple d'amoureux séparés par la vie et par une pointe d'orgueil... Un suspens extra à la fin... Bref j'ai adoré. Ces histoires que toutes les personnes de mon age connaissaient plus ou moins car il y avait un peu plus de romantisme qu'aujourd'hui... Ça avait clairement son charme...
10 618 abonnés
11 772 critiques
Suivre son activité
3,5
Publiée le 24 août 2023
« Quand on abandonne quelque chose, on gagne aussi quelque chose. » La vie est faite de choix, dont certains nous sont parfois imposés, et c'est ce qu'à vécu Nora lorsqu'elle a quitté la Corée avec ses parents. Et si elle était restée ? Qu’elles soient importantes ou non, chaque décision impacte d'une manière ou d'une autre notre vie. Sous la forme d'un triptyque, "Past Lives" évoque la relation entre Na Young (Nora) et Hae Sung alors qu'ils reprennent contact douze ans après que Nora est partie pour le Canada. De la nostalgie, des questions, des regrets, chaque partie se présente sous la forme d'une tranche de vie réaliste qui a au moins un point culminant avec un moment ou un échange déchirant. Un drame romantique subtil, nuancé, mélancolique, pudique et émouvant qui est comme une spoiler: lente mort d'une relation amoureuse qui n'a finalement jamais existé. En ce sens, la conclusion est très touchante spoiler: lorsque les deux réalisent que cela n'arrivera pas dans cette vie. C'est certes inégal, mais c'était un beau moment.
Il y a des œuvres dont on sait qu’elles vont nous plaire dès les premiers instants. « Past lives, nos vies d’avant » est clairement de cette catégorie. Mieux, elle nous cueille dès le départ pour ne plus jamais nous lâcher. C’est ce qui s’appelle un véritable coup de cœur. Et il faut souligner que c’est un premier film, ce qui rend cet essai poétique et parfaitement maîtrisé encore plus louable. La réalisatrice et scénariste Céline Song a bien sûr mis beaucoup de son expérience dans cette histoire presque autobiographique, ce qui est souvent l’apanage des premières œuvres. Cette immigrée nord-américaine (ou émigrée sud-coréenne selon d’où on se situe) a donc réalisé un film qui lui ressemble. Elle y fait un parallèle fort avec sa propre histoire, nous la fait presque partager, et nous gratifie d’une passionnante et sublime histoire d’amour pas comme les autres. Elle se caractérise par un amour d’enfance qui se transforme en une sorte de relation manquée qui s’étire sur près de trois décennies. Et que c’est beau, que c’est juste, que c’est pur...!
On sort du film plein de baume au cœur. On n’a pas vu le temps passer (hormis quelques minuscules petites longueurs au milieu du film) et on a assisté à quelque chose de presque magique. Quelque chose qui nous fait encore croire à l’amour sous toutes ses formes même quand il n’est pas consommé. Le titre fait référence à une sorte de légende bouddhiste prônant les âmes liées à travers la réincarnation mais n’a pour autant rien de surnaturel, de spirituel ou de métaphysique. Au contraire, il n’y a pas plus terre à terre. C’est juste l’hypothèse invoquée par les personnages, comme une sorte d’espoir ou la promesse de se retrouver dans une autre vie. Song déjoue tous les clichés propres aux films sentimentaux en choisissant le réalisme et la justesse de ton et de point de vue. C’est doux comme une caresse, tendre comme une étreinte et beau à se damner. Elle parvient même à rendre les échanges virtuels de la seconde partie intéressants et cinégéniques. « Past lives, nos vies d’avant » a l’effet d’une séance de bien-être qui réchauffe l`âme et le cœur. Le trio de de comédiens qui incarne ce film sublime est du même acabit. Sans leur précision de jeu, le long-métrage n’aurait pas le même impact...
Mais au-delà de la puissance simple des sentiments qu’elle convoque, à travers de simples discussions et la dissection d’un amour qui ne dit pas son nom et ne se réalisera pas, Song nous met une claque de mise en scène encore plus impressionnante puisqu’il s’agit d’un coup d’essai. Sans jamais être prétentieuse ou ostentatoire, sa réalisation est dans la même lignée que le fond de son film : belle, pudique, simple voire parfois majestueuse. Un plan sur une flaque de pluie à la magie éthérée, un autre d’une pureté aseptisée où on voit le personnage principal assoupi tandis qu’en second plan flouté arrive un homme qui deviendra son mari ou encore celui qui voit deux enfants prendre deux ruelles différentes, symbole d’une séparation qui les marquera à vie. Même sa façon de filmer New York est pleine de goût.
La séquence initiale est aussi fûtée et originale que le film est bon. On y voit nos trois personnages principaux dans un bar tandis que la discussion de deux personnes qu’on ne verra pas tente de savoir quelles sont leurs liens, ce qui amorce un petit suspense en plus bien vu en plus d’être une idée judicieuse. Et, enfin, cette fin déchirante de simplicité, bouleversante de tristesse et flirtant avec la nostalgie et la mélancolie des plus grands films romantiques achève de nous convaincre. « Past lives, nos vies d’avant » est un grand film d’amour du même niveau que « N’oublie jamais » ou « In the Mood for love ». Un petit chef-d’œuvre qu’on vous enjoint d’aller découvrir sans plus tarder.
Plus de critiques cinéma sur ma page Facebook Ciné Ma Passion.