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Passé une première partie dont la retenue frôle la froideur, Past Lives dévoile une délicatesse bouleversante.
Les ricochets d’une idylle enfantine continuent, des décennies plus tard, à faire naître des ondes et des remous dans la vie de deux belles âmes devenues adultes. Un amour impossible, non parce qu’il ne pourrait exister, mais parce que les choix, les silences et les chemins empruntés l’ont rendu inaccessible.
Une œuvre d’une infinie pudeur sur la mélancolie des vies que l’on n’a pas vécues.
On ne pleure pas toujours ce que l’on a perdu. Parfois, on pleure ce qui n’a jamais eu la chance d’ ne pleure pas toujours ce que l’on a perdu. Parfois, on pleure ce qui n’a jamais eu la chance d’exister.
Les ricochets d’une idylle enfantine continuent, des décennies plus tard, à faire naître des ondes et des remous dans la vie de deux belles âmes devenues adultes. Un amour impossible, non parce qu’il ne pourrait exister, mais parce que les choix, les silences et les chemins empruntés l’ont rendu inaccessible.
Une œuvre d’une infinie pudeur sur la mélancolie des vies que l’on n’a pas vécues.
On ne pleure pas toujours ce que l’on a perdu. Parfois, on pleure ce qui n’a jamais eu la chance d’ ne pleure pas toujours ce que l’on a perdu. Parfois, on pleure ce qui n’a jamais eu la chance d’exister.
Past Lives nous fait un checkpoint tous les 12 ans, où l’on voit l'evolution de la relation entre Na Young (Nora) et Hae Sung. Ils ont une complicité indéniable, mais leur amour est impossible à cause des circonstances, et notamment du
spoiler:
changement de vie de Nora en Amérique. Car oui, ce film évoque surtout la dualité de la double culture à laquelle fait face Nora, ce qui est une part autobiographique de la réalisatrice Celine Song. Elle est toujours dans le doute sur son identité, et aussi bien Hae Sung que son mari Arthur ne la comprennent pas à 100 %. Arthur, conscient de la barrière qu’il représente entre les deux, verbalise ce que le spectateur pense, en étant très compréhensif. D’ailleurs, le film a un côté méta : son introduction, où les personnes mettent des hypothèses sur le trio au bar, représente le spectateur qui se questionne sur leur relation. C’est très contemplatif et lent, dans un New York calme. La fin est déchirante : Nora ne dit pas seulement adieu à Hae Sung, mais aussi à son dernier lien avec la Corée. La Na Young qu’a connue Hae Sung n’existe que dans ses souvenirs, et c’est là qu’est rappelé le concept d’« inyeon », avec ses connexions entre les vies antérieures, qui donne son titre au film.
spoiler:
C'est l'histoire d'un film qui nous prouve qu'au cinéma, une histoire (pas) d'amour peut être encore plus belle et touchante.
- Cette critique contient des spoilers -
Des triangles amoureux on en a vu des tas: des beaux et Twillight. L'histoire de Past lives est tout sauf original et en plus, se refuse au spectaculaire. Mais la réalisation est dingue : c'est juste vrai, et beau.
L'avantage des films coréens on sait pas si les gamins ont 7 ou 14 ans, on sait pas si c'est mal joué ou normal d'être aussi rigide, on sait pas si "on se prend la tête car on est débile" se traduit vraiment par une inspiration philo-poétique : "It's like planting two trees in one pot. Our roots need to find their place". On sait par contre qu'un mec qui t'explique qu'il est ordinaire et gagne mal sa vie alors qu'il est le 2e de sa classe et fini ingénieur est forcément asiat'.
Dès la première scène j'ai dit à ma femme : c'est un bon film. Sa capacité à nous projeter dans la vie des personnages (qui ne s'est pas imaginé la vie d'inconnus dans un bar ?) la performance d'actrice dans une sensibilité qui habitera tout le film et surtout la capacité de la caméra à saisir les sentiments qui traversent ses deux personnages principaux...
Je me trouve souvent très mauvais pour apprécier la qualité de jeu des acteurs mais ici la réalisatrice permet une subtilité dans le jeu d'Hae Sung et Nora qui m'a bouleversé. J'ai aimé les 3 personnages, J'ai aimé l'idéalisme de Hae Sung, l'expression de ses émotions et sa douleur de perdre Nora à nouveau. J'ai aimé qu'Arthur soit lui aussi peu sûr de lui. J'ai aimé son honnêteté :
"Our story's just so boring. We met at an artists' residency. Slept together because we both happened to be single. We realize we both live in New York, so we move in together to save money on rent. We got married so you could get a green card. So..."
J'ai aimé les dialogues ceux dans la salle de bain, au lit et au bar. Qui ne s'est pas demandé et si ? "What if I'd come to New York twelve years ago? What if you had never left Seoul? If you hadn't just left like that, and we just grew up together... would I still have looked for you? Would we have dated? Broken up? Gotten married? "
J'ai aimé le rythme. J'ai aimé me demander si moi aussi je rendais la vie de ma femme aussi grande qu'elle le faisait pour moi "you make my life so much bigger and i’m just wondering if I do the same to you…"
A la fin j'ai espéré que Hae Sung propose à Nora d'avoir à nouveau 8ans pendant quelques instants seulement. Mais non, ce film est un adieu à l'enfance, aux histoires qui n'auront pas été vécues et nous partagerons comme nos héros cette absence. Ce manque. Ce final est brillant, tellement bien joué, bien pensé et si justement non dialogué. J'avais déjà aimé que les mots ne sortent lors du face à face d'au-revoir à 12 ans.
J'aime quand le cinéma magnifie les moments de vie. L'humain est beau dans ses failles et j'ai vu assez de tirades romantiques ampoulées ou bouleversantes pour apprécier aussi les silences.
This is where I ended up. This is where I'm supposed to be.
- Cette critique contient des spoilers -
Des triangles amoureux on en a vu des tas: des beaux et Twillight. L'histoire de Past lives est tout sauf original et en plus, se refuse au spectaculaire. Mais la réalisation est dingue : c'est juste vrai, et beau.
L'avantage des films coréens on sait pas si les gamins ont 7 ou 14 ans, on sait pas si c'est mal joué ou normal d'être aussi rigide, on sait pas si "on se prend la tête car on est débile" se traduit vraiment par une inspiration philo-poétique : "It's like planting two trees in one pot. Our roots need to find their place". On sait par contre qu'un mec qui t'explique qu'il est ordinaire et gagne mal sa vie alors qu'il est le 2e de sa classe et fini ingénieur est forcément asiat'.
Dès la première scène j'ai dit à ma femme : c'est un bon film. Sa capacité à nous projeter dans la vie des personnages (qui ne s'est pas imaginé la vie d'inconnus dans un bar ?) la performance d'actrice dans une sensibilité qui habitera tout le film et surtout la capacité de la caméra à saisir les sentiments qui traversent ses deux personnages principaux...
Je me trouve souvent très mauvais pour apprécier la qualité de jeu des acteurs mais ici la réalisatrice permet une subtilité dans le jeu d'Hae Sung et Nora qui m'a bouleversé. J'ai aimé les 3 personnages, J'ai aimé l'idéalisme de Hae Sung, l'expression de ses émotions et sa douleur de perdre Nora à nouveau. J'ai aimé qu'Arthur soit lui aussi peu sûr de lui. J'ai aimé son honnêteté :
"Our story's just so boring. We met at an artists' residency. Slept together because we both happened to be single. We realize we both live in New York, so we move in together to save money on rent. We got married so you could get a green card. So..."
J'ai aimé les dialogues ceux dans la salle de bain, au lit et au bar. Qui ne s'est pas demandé et si ? "What if I'd come to New York twelve years ago? What if you had never left Seoul? If you hadn't just left like that, and we just grew up together... would I still have looked for you? Would we have dated? Broken up? Gotten married? "
J'ai aimé le rythme. J'ai aimé me demander si moi aussi je rendais la vie de ma femme aussi grande qu'elle le faisait pour moi "you make my life so much bigger and i’m just wondering if I do the same to you…"
A la fin j'ai espéré que Hae Sung propose à Nora d'avoir à nouveau 8ans pendant quelques instants seulement. Mais non, ce film est un adieu à l'enfance, aux histoires qui n'auront pas été vécues et nous partagerons comme nos héros cette absence. Ce manque. Ce final est brillant, tellement bien joué, bien pensé et si justement non dialogué. J'avais déjà aimé que les mots ne sortent lors du face à face d'au-revoir à 12 ans.
J'aime quand le cinéma magnifie les moments de vie. L'humain est beau dans ses failles et j'ai vu assez de tirades romantiques ampoulées ou bouleversantes pour apprécier aussi les silences.
This is where I ended up. This is where I'm supposed to be.
Il y a quelque chose de bouleversant dans cette idee qu’un amour de jeunesse puisse continuer d’exister sans avoir besoin d’être vécu. Un chef d’œuvre de finesse et de délicatesse.
Un film rare, un des plus beau que j'ai vu. Aborde avec finesse et une grande dignité l'itinéraire émotionnel de deux protagonistes séparé par les circonstances de la vie après une idylle enfantine. Les adultes se formant deviennent peu à peu étrangers aux enfants qu'ils étaient. Une saine maturité et la fidélité à un itinéraire de vie ne peut aller sans accepter de faire le deuil de la pureté de l'éveil émotionnel d'un individu. Se dégage de tout cela une belle et profonde mélancolie. Ce film nous parle de l'amour avec finesse dans une perspective bien trop rare.
Un film doux amer sur la vie qui passe. Des relations pseudo amoureuses de l'enfance à la réalité de chemins différents. 2 êtres qui évoluent différemment du fait de leurs décisions, de leurs rencontres,... mais c'est fait tout en douceur et on s'attache aux personnages. Un poil mélo quand même.
Ce n’est pas le premier ni le dernier film autour des amours passés et impossibles. Comme toujours, on ressent cette tension entre deux êtres qui se sont retrouvés et on espère que l’un pourra reconquérir l’autre. Ici ce n’est pas le cas, leur vie d’avant n’étant plus celle de maintenant. On est forcément déçu par cette fin. En fin de compte, un beau film sur l’amour mais c’est du vu et revu.
Sans doute le film le plus juste qu'il m'ait été donné de voir. Le rythme laisse le temps aux sentiments d'être ressentis par le spectateur. Le scénario est parfait et les acteurs d'une justesse remarquable. Un coup de cœur absolu.
Film dont la finesse est contenue dans les regards les attitudes.. L'amour dans sa complexité de l'enfance à l'âge adulte.
Au début j’ai trouvé le sujet un peu creux, et j’ai eu peur de ne pas m’intéresser, puis de fil en aiguille, au fil des belles images, de beaux portraits… je me suis attachée et la fin m’a beaucoup touché … sur la vie et les choix qu’on a pas fait, nos regrets, nos questions « et si … » .
Un film délicat et mélancolique sur le temps qui passe, les choix de vie et les amours inachevées, porté par une grande justesse émotionnelle.
PAST LIVES – Nos vies avant
Na Young et Hae Sung sont deux enfants de 12 ans inséparables, jusqu’au jour ou les parents de la fillette décident d’émigrer aux Etats Unis. Plus d'une douzaine d’années après, Na Young devenue Nora dans son nouveau pays d’accueil se souvient avec émotion de leur amitié-amoureuse enfantine. Par les réseaux sociaux elle s’aperçoit que Hae Sung a cherché à la retrouver. Une nouvelle relation se noue entre eux.
Le titre du film fait écho au mot inyeon, qui en Corée du Sud renvoie à une connexion émotionnelle qui unit des êtres, tel le fil du destin. L’équivalent n’existe pas en français pour le traduire convenablement. L’Inyeon revient à plusieurs reprises dans le film tel un leitmotiv qui viendrait surligner les liens forts qui s’imposent aux différents protagonistes de Past Lives, qui liés dans le présent se seraient déjà rencontrés dans des vies antérieures. Au sens propre comme au figuré les enfants d’hier devenus des personnes adultes auraient une destinée commune à vivre. Le propos poétique apparaît alors très romantique.
L’idée était prometteuse et le film excellement interprété tient ses promesses du fait des deux acteurs principaux. Les jeunes gens parviennent à nous émouvoir avec leurs vies d’avant et d’aujourd’hui. Mais le film eut gagné en épaisseur avec l’utilisation de procédés moins didactiques pour marquer la temporalité, et l’écriture des dialogues restent un peu superficielle.
Mais le jeune homme dont le visage s’illumine sur un sourire candide et enfantin, est magique dans ce qu’il parvient à véhiculer à l’écran d’émotions face à son amour d’enfance retrouvé. Elle lui donne le change avec beaucoup de charme. Leurs personnages semblent un peu s’être échappés d’un manga qui aurait été transposé au cinéma, du fait de la délicatesse de leurs relations policées.
Celine Song réalise ici son premier film, et parvient à donner l’envie d’attendre le second.
Past Lives (USA - 1h46) de Céline Song avec Greta Lee, Yoo Teo, John Magaro...
Na Young et Hae Sung sont deux enfants de 12 ans inséparables, jusqu’au jour ou les parents de la fillette décident d’émigrer aux Etats Unis. Plus d'une douzaine d’années après, Na Young devenue Nora dans son nouveau pays d’accueil se souvient avec émotion de leur amitié-amoureuse enfantine. Par les réseaux sociaux elle s’aperçoit que Hae Sung a cherché à la retrouver. Une nouvelle relation se noue entre eux.
Le titre du film fait écho au mot inyeon, qui en Corée du Sud renvoie à une connexion émotionnelle qui unit des êtres, tel le fil du destin. L’équivalent n’existe pas en français pour le traduire convenablement. L’Inyeon revient à plusieurs reprises dans le film tel un leitmotiv qui viendrait surligner les liens forts qui s’imposent aux différents protagonistes de Past Lives, qui liés dans le présent se seraient déjà rencontrés dans des vies antérieures. Au sens propre comme au figuré les enfants d’hier devenus des personnes adultes auraient une destinée commune à vivre. Le propos poétique apparaît alors très romantique.
L’idée était prometteuse et le film excellement interprété tient ses promesses du fait des deux acteurs principaux. Les jeunes gens parviennent à nous émouvoir avec leurs vies d’avant et d’aujourd’hui. Mais le film eut gagné en épaisseur avec l’utilisation de procédés moins didactiques pour marquer la temporalité, et l’écriture des dialogues restent un peu superficielle.
Mais le jeune homme dont le visage s’illumine sur un sourire candide et enfantin, est magique dans ce qu’il parvient à véhiculer à l’écran d’émotions face à son amour d’enfance retrouvé. Elle lui donne le change avec beaucoup de charme. Leurs personnages semblent un peu s’être échappés d’un manga qui aurait été transposé au cinéma, du fait de la délicatesse de leurs relations policées.
Celine Song réalise ici son premier film, et parvient à donner l’envie d’attendre le second.
Past Lives (USA - 1h46) de Céline Song avec Greta Lee, Yoo Teo, John Magaro...
Tout y est si vrai et si pur. Sans chichis, sans actions, réactions et sentiments qu'on ne voit que dans les films, sans le surplus romantique qu'on aimerait tous connaître. Pas de gestes ou de mots en trop, la moindre retenue et le moindre silence parlent tant. Et c'est justement ça qui en fait un film si beau et si profond émotionnellement. Voir le réel dans ce genre d'histoires bouleversantes procure une intense sensation de mélancolie qu'on a tous vécu à un moment ou un autre dans nos vies passées.
Magnifique film plein de poésie qui explore deux relations ancrées dans deux cultures, et le choix qui fait renoncer et rêver.
J’aurais aimé que les sentiments de la protagoniste envers son copain américain soient peut-être plus clairs/ verbalisés.
J’aurais aimé que les sentiments de la protagoniste envers son copain américain soient peut-être plus clairs/ verbalisés.
Un film qui prend son temps, des séquences qui s'éternisent avec parfois une absence de parole qui interloque.
Le concept des retrouvailles m'avait séduit mais force est de constater que ça baille dans la salle et que les paupières se font lourdes.
Bref, du cinéma contemplatif qui finit par être touchant mais certainement pas captivant.
Le concept des retrouvailles m'avait séduit mais force est de constater que ça baille dans la salle et que les paupières se font lourdes.
Bref, du cinéma contemplatif qui finit par être touchant mais certainement pas captivant.
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