Past Lives – Nos vies d’avant
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Paulin S.
Paulin S.

10 abonnés 46 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 février 2024
Céline Song nous offre un petit bijou de douceur et d'amertume pour son premier long-métrage.
Film évoquant les regrets, l'impossibilité d'un amour, un amour qui transpire de tous les bords de l'écran pour venir nous toucher en plein coeur.
Une certaine vulnérabilité et tristesse nous assaille au visionnage de Past Lives.
Film d'une grande sensibilité qui a réussi à m'attraper. On espère que Céline Song nous propose des oeuvres de cette trempe là dans le futur.
RedArrow

1 884 abonnés 1 687 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 février 2024
"I missed you."

Après douze ans de séparation, Hae Sung parvient à renouer le contact via Facebook avec Na Young (devenue Nora Moon), son amour d'enfance partie du jour au lendemain s'installer à Toronto en compagnie de sa famille, puis à New-York pour s'y épanouir en tant qu'auteure.
En un instant, leurs sentiments enfouis se ravivent derrière leurs écrans malgré les milliers de kilomètres qui les séparent. Devant nous, l'émotion retenue mais palpable de ces retrouvailles traverse l'image pour nous toucher en plein coeur par les détails les plus simples et poignants qui composent son aura irrésistible. Un regard complice échangé, un sourire de Nora, l'évocation brève d'un souvenir commun, un "I missed you" révélateur de Hae Sung auquel un autre de Nora répond de façon désarmante... Les trop nombreuses années les ayant séparés s'évaporent subitement pour se muer en trait d'union à ces retrouvailles virtuelles, auxquelles de longues conversations Skype vont succéder pendant ce que l'on imagine aisément être des semaines, des mois...
Mais, avec tous les efforts qu'elle a fourni pour concrétiser ses ambitions, Nora espère avant tout avoir la place qu'elle pense être la sienne dans son pays d'adoption et, ne voulant pas être monopolisée comme elle l'est par ces discussions qui ne peuvent manifestement pas déboucher sur quelque chose de concret, sa rationalité la pousse à y mettre un terme au grand dam de l'esprit pétri de rêves romantiques de Hae Sung. Néanmoins, la promesse d'une rencontre future devient le phare du devenir de leur lien.
Douze ans plus tard à nouveau, Hae Sung part à New-York pour enfin y revoir Nora, aujourd'hui mariée...

Cette dernière phrase sur la réunion physique tant attendue entre Hae Sung et Nora vous fait peut-être dire que vous avez tout deviné des évènements sur la tournure prise par leur relation, que le film va sans doute être une romance prévisible où il suffit de balayer les obstacles d'un revers de main scénaristique pour faire roucouler deux âmes soeurs sur un déferlement de violons dans les dernières minutes... Le premier film de Celine Song vous avait pourtant averti via son excellent prologue, en vous plaçant dans la peau d'inconnus cherchant à deviner le rapport qui relie les personnages à l'écran: "Past Lives" vous emmènera bel et bien au-delà des apparences et des jugements hâtifs pour toucher au plus près de la vérité forcément complexe des sentiments engendrés par une telle situation.

C'est d'ailleurs parce qu'il est peut-être en grande partie autobiographique que le long-métrage parvient à traduire avec une si grande puissance l'indicible du bouleversement émotionnel de son couple par une forme de justesse tout autant fragile que terrassante. La réalisatrice ayant probablement aujourd'hui le recul nécessaire vis-à-vis de son propre vécu, l'approche de ses personnages en est ici imprégnée, Nora est ainsi à la fois consciente de l'épisode existentiel décisif qu'elle est en train de vivre et fébrile à l'idée de s'y laisser perdre alors que Hae Sung, lui, se confronte à des espérances dont il connaît au fond de lui le potentiel destructeur si elles n'avaient pas la chance de se concrétiser.
Ces retrouvailles sont donc celles de deux êtres placés sur la corde raide, avançant à tâtons, dans le dénuement total face à quoi ils se retrouvent submergés, accompagnés de leurs propres interrogations sur ce qui pourrait en être les conséquences -d'autant plus que, du côté de Nora, s'y ajoutent la question des répercussions sur son mariage et ce que Hae Sung peut réveiller chez elle de ses racines sud-coréennes avec lesquelles elle a rompu il y a fort longtemps.
Enfin, dans cette équation vibrante où l'inconnue est totale, se glisse justement le personnage ô combien tout aussi réussi du mari de Nora, Arthur, bien entendu désemparé par les évènements, vivant soudainement sa plus grande crainte (exposée lors d'un face-à-face nocturne par des dialogues à la finesse on ne peut plus touchante) pour devenir malgré lui un spectateur de quelque chose sur lequel il ne peut avoir aucun contrôle.

À l'intelligence d'écriture pour aborder ces interrogations sentimentales sous un angle profondément humain et réaliste, dépouillé de toute mécanique artificielle, répond une mise en scène au diapason, où, notamment, un remarquable jeu de cadrage vient sans cesse amplifier la bulle intime reformée par son couple lors de ce séjour new-yorkais tout en en éliminant ceux qui ne peuvent surpasser la force de ce qui s'y vit.
Outre une subtile B.O. et une interprétation complètement en harmonie avec la direction de l'ensemble (quel trio d'acteurs !), "Past Lives" nous met définitivement à genoux avec sa dernière partie, un sommet tout bonnement sidérant de toutes les qualités qui nous avaient séduit jusqu'alors, nous laissant aussi dévastés que ses protagonistes, dépassés par une charge émotionnelle mise en scène à la perfection, et nous emportant sans mal, le cœur à vif, dans un torrent de larmes au moins aussi important que ce qui transpire à travers les regards de Hae Sung et Nora lors de ces ultimes instants...

Si le In-Yun souvent évoqué par le film, cette chance de recroiser l'être aimé d'une précédente vie sur sa route, devait devenir cinématographique, nul doute que notre rencontre avec "Past Lives" s'y apparenterait fortement.
Un des grands films de 2023.
Edouard64
Edouard64

8 abonnés 46 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 juin 2024
C'est un film touchant, mais trop simple. Qui ne sait qu’un amour de jeunesse est un souvenir figé ? Bien sûr, ce souvenir interroge le présent, et la nostalgie qu’il induit est un bon marqueur de la fragilité de notre relation du moment. Quel dommage que nous ne connaissions des trois personnages que leurs fonctions sociales : deux écrivains à succès et un ingénieur, et rien de ce qui les fait vibrer et vivre. Ce sont des ombres qui ne parlent jamais que de leurs sentiments, jamais du sens qu'ils donnent à leur vie. Un seule échange attire vraiment l’attention : « Tu as rendu ma vie tellement plus grande », glisse le mari à son épouse coréenne. - Moi aussi. - Comme j’aimerais que tu le montres plus ». S’impose peu à peu l’impression – qu’on espère fausse – que l’essentiel des relations entre les êtres réside dans le désir, ou plutôt dans l’envie plus ou moins prononcée qu'ils ont de se revoir, ou plus exactement dans la chaleur plus ou moins marquée de leurs premiers mots, quand après une journée de travail on se retrouve…
Omg151
Omg151

84 abonnés 75 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 février 2024
Joli film mélancolique comme le cinéma indépendant américain sait le faire.
A la limite du formatage Sundance, le film a une vraie sensibilité et une justesse originale dans la
description du sentiment d'exil. Les trois acteurs principaux sont remarquables.
La fin simple et très bien écrite vous tirera des larmes.
Pierre Kuzor
Pierre Kuzor

182 abonnés 590 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 12 février 2024
A vu "Past lives" premier film de la réalisatrice Coréenne-Américaine Celine Song. Sur un sujet que l'on devine très autobiographique puisqu'elle en a écrit aussi le scénario, la metteur en scène propose un film sur 3 époques et 2 continents. He et Hae sont amis d'enfance et rêvent même de se marier quand ils seront adultes, mais les parents de la jeune fille décident d'émigrer au Canada. 12 ans plus tard les deux enfants ont une vingtaine d'années et se retrouvent via Facebook et communiquent par Skype (scènes insupportables de dialogues creux par écrans interposés et anti-cinématographiques). 12 années à nouveau plus tard Bae qui a maintenant 34 ans décide d'aller à New-York retrouver Nora (prénom américain de He) qu'il n'a jamais revue en vrai depuis qu'elle a quitté la Corée. Mais elle est mariée à un écrivain. C'est lent, c'est long, les conversations par internet plombent définitivement le film dès son premier quart. Il n'y a aucune sensualité dans cette histoire d'amour contemporaine uniquement platonique. Le succès de ce film doit être générationnel, la longue file d'attente de spectateurs étant principalement composée de très jeunes adultes. Ce qui est probablement une des raisons pour lesquels le sujet du film m'a totalement laissé de marbre. Je me suis même surpris, ce qui ne m'arrive strictement jamais, à m'endormir, il faut dire que la musique originale envahissante est digne d'une salle d'attente d'un spa. Le sujet aurait peut être mérité un traitement littéraire où le choix des mots peuvent donner la possibilité d'une ouverture sur l'imaginaire du lecteur, là où les images banales (pont de Brooklyn, buildings de Seoul, restaurants asiatiques, Statue de la Liberté...) de cette histoire d'amour sans histoire devient sur l'écran rapidement un pensum
OceanShadow
OceanShadow

9 abonnés 79 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 février 2024
Une belle claque !

Past Lives c'est un mélange entre Un Jour et la série des Before mais à la sauce coréenne. C'est à dire avec des acteurs qui ne semblent pas être des acteurs mais de vraies personnes vivant réellement les événements que l'on voit.
Tout semble incroyablement réel. Mais au delà de ça, Past Lives a une réalisation magnifique ! Les plans sont sublimes ! Les cadres, les jeux d'ombre et de lumière, les contrejours, tous les plans sont parfaits.
Et les silences, les longueurs, sont incroyablement remplis, les vides sont pleins. Tant d'émotions, tant de poids. C'est juste sublime.

J'en pleure encore / 20
Yannick DOS SANTOS
Yannick DOS SANTOS

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 novembre 2024
Film très agréable à regarder, les visuels y sont très soignés.
Le côté multilingue rend le film plus vivant
Camille Clément
Camille Clément

4 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 février 2024
Ce film est sublime dans sa réalisation, dans ses plans, dans la scénographie et dans son histoire.
Une belle leçon de vie qui nous rappelle justement que l'on a qu'une seule et qu'il faut dire à une personne qu'on l'aime avant qu'il ne soit trop tard. Merci pour ce doux voyage.
VLM
VLM

1 abonné 16 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 31 janvier 2024
Film intéressant et plutôt bien filmé. Un amour à 12-24-36 ans... comme les saisons d'une vie entre Corée du Sud, Canada et États-Unis.
Nic R.
Nic R.

43 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 janvier 2024
La réalisatrice sait nous embarquer dans cette bluette qui devient l'amour d'une vie. C’était pas gagné pourtant !
Juan 75
Juan 75

79 abonnés 502 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 janvier 2024
Un film discret et délicat qui touche au cœur à mesure qu'il avance. Un film sur le hasard de la vie et les trajectoires du destin. Les acteurs jouent en finesse et lManhattan en toile de fond évoque l'immigration et le rôle des racines dans nos existences. Très émouvant et subtil.
Jipéhel
Jipéhel

37 abonnés 195 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 janvier 2024
Le inyeon

Le drame de l’américaine Celine Song croûle sous les nominations – 5 aux Golden Globes, 8 à Berlin, 5 à Deauville… sans jamais recevoir aucun prix -, ce qui prouve qu’il n’est pas passé inaperçu. A 12 ans, Nora et Hae Sung sont amis d’enfance, amoureux platoniques. Les circonstances les séparent. A 20 ans, le hasard les reconnecte, pour un temps. A 30 ans, ils se retrouvent, adultes, confrontés à ce qu’ils auraient pu être, et à ce qu’ils pourraient devenir. 106 minutes après, la seule question que je me pose, c’est pourquoi ? Pourquoi ce film poétique, admirable et d’une folle originalité scénaristique n’a reçu aucune récompense ???
C’est le premier long-métrage de Celine Song, qui a quitté la Corée à l’âge de 12 ans pour Toronto, avant de s’installer à New York quand elle a eu vingt ans. Elle s'est inspirée d'une expérience où elle s’est retrouvée assise dans un bar entre deux hommes issus de périodes très différentes de sa vie : son mari, originaire de New York, et son amour de jeunesse, qui venait de Corée et visitait la ville. Il y avait quelque chose de l’ordre de la science-fiction là-dedans, dit-elle. Le inyeon de mon sous-titre désigne en coréen le fil du destin. C’est lui qui relie de façon subtile, très ténue ce triangle amoureux pas comme les autres. Ce qui unit ces trois personnages ne se résume pas en un mot ou une expression. Leur relation est un mystère, et le film ose une réponse à ce mystère. Ce drame léger n’est pas un film sur la relation amoureuse mais un film sur l’amour même. La cinéaste réussit parfaitement le mélange entre les cinémas asiatique et américain, Comme, d’ailleurs l’interpénétration des deux cultures. Un bijou de délicatesse qui parle avec acuité, certes d’amour, mais surtout de déracinement.
Greta Lee, Yoo Teo, John Magaro et Seung-ha Moon, sont en tous points parfaits et font vivre sans effets ni artifice cette recherche du temps perdu d’une grande émotion, dans laquelle, au XXIème siècle on ose encore parler d’amour platonique sans s’attirer les railleries habituelles. Voilà un film qui nous révèle une réalisatrice à surveiller de près. Le romantisme n’est pas mort et la douceur dans le relations humaines non plus. Rassurant. Amoureux éternels, ne ratez pas ce bijou.
Chloedpl
Chloedpl

1 critique Suivre son activité

4,5
Publiée le 23 janvier 2024
Ce film m'a émerveillée du début à la fin. Je suis sortie du cinéma complètement chamboulée en remettant mon existence en question.
Chaque scene est un tableau et enjolive notre banalité quotidienne. Il nous fait comprendre que le destin est universel mais que les vies antérieurs sont présentes dans certaines cultures. La douceur de ce film s'oppose a la dur réalité de notre vie que nous pouvons relié sur certains plans.
spoiler: Un amour qui aurait du naitre dans cette vie, mais par les alinéas de la vie ne se déroulera pas dans celle la.

En bref Past Lives est une oeuvre d'art, dans ses plans, dans les paroles et dans les différentes morales que ce film exprime. Ces morales qui exprime d'abord qu'il faut accepter que des choses ne se sont pas faite dans cette vie-ci.
MarcelBobJoe
MarcelBobJoe

3 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 24 janvier 2024
Plat. Froid. Peu d'emotions perceptible. En fait, typique d'une intimite relationelle inexistante en asie: tres pudiques, au point qu'il n'y a que peu de difference entre un ami et un amant. Des robots emotionnels, et en ca, le film donne une image assez reelle.
Techniquement, le scenario sent le rechauffe', la mise en scene est plate, les acteurs sont incomfortables, la photographie banale (en considerant qu'on s'attend a' un peu plus original qu'il y a 20 ans). On s'ennuit.

NY ne suffit pas à faire un bon film, et tout le monde n'est pas Akerman, Mme Song! Il n'y a qu'un pas a faire entre le film lent, et le film chiant. C'est fait.
Gentilbordelais

404 abonnés 3 584 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 18 mars 2025
Par de là les contients (Asie et Amérique), une évocation du temps qui passe, de la nostalgie d'antan, conséquence de choix de vie. Jusqu'où le passé peut-il interférer avec le présent? Il y a un air charmant dans ce récit qui pourtant s'étiole notamment dû à un déséquilibre dans les séquences (dont certains plans sans intérêt) et à un rythme lent. Une histoire un peu trop en surface, qui manque de conviction pour vraiment émouvoir, bien que la dernière scène soit lourde de sens.
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