Il arrive parfois qu'un premier film sorte un peu de nulle part (autrement dit, qu'il n'ait pas été à Cannes) et enthousiasme par sa fraîcheur et sa profondeur.
C'est le cas de ce premier film de Celine Song, américaine d'origine coréenne, qui avait frappé les esprits à Berlin et Deauville, et qui rencontre un fort joli succès en salle depuis sa sortie en France.
L'histoire est simple, assez peu originale, et aussi peu spectaculaire que possible. Elle se déroule en trois temps : une petite fille et un petit garçon s'aiment en Corée à l'âge de neuf ans, les deux protagonistes se retrouvent par internet douze ans après, puis encore douze ans plus tard, à New-York, alors qu'elle a construit sa vie là-bas, avec un mari américain, et que lui est ingénieur en Corée.
Il ne se passe quasiment rien en dehors du résumé que je viens d'en faire. Tout l'intérêt du film réside uniquement dans la fine captation par la caméra des infimes mouvements psychologiques qui traversent les deux personnages principaux, superbement joués par Greta Lee et Yoo Teo.
Il y a quelque chose de vraiment bouleversant dans ce qui se joue entre ces deux-là, qui dépasse de très loin le cadre de l'attirance ou même de l'amour, pour aborder des contrées encore plus intéressantes : l'adieu à l'enfant qu'on a été (c'est d'ailleurs probablement le thème central du film, comme le montre le sublime flash-back nocturne de la fin), le respect envers les autres (les incroyables échanges entre Arthur et Hae Sung) et enfin, l'examen des fines ridules du temps à la surface de nos existences.
Si doux, si beau, si sobre! Une merveille d'émotions tout en retenue! Les acteurs sont brillants, les regards sublimes qui parlent mieux que les longs discours! Une nostalgie si justement dosée dans ce qu'elle a de doux et d'amer!
Beau, délicat certes, mais bien trop creux. Je ne comprends pas l’engouement de la presse et des spectateurs pour ce film que j’ai trouvé très moyen pour ma part. Une espèce de sous W.Allen avec bien moins de génie dans les dialogues et le scénario. Les personnages manquent de consistance et le film traîne inutilement en longueur.
Ah que voilà un film qui fait du bien ! Plein de douceur et de délicatesse, il réconcilie le spectateur par une parfaite adéquation entre une forme fluide et un fond d'une exceptionnelle intelligence. Au carrefour de deux cultures, la coréenne au départ puis l'américaine ensuite après la migration de la petite Nora et de sa famille de leur pays natal vers le Canada puis aux USA, la réalisatrice qui semble s'être fortement inspirée de sa propre biographie, nous expose avec une grande sensibilité ce grand écart qui reste le fondement de sa personnalité. L'histoire de cet impossible amour d'enfance est finalement assez accessoire et ne servira qu'à explorer les douleurs de l'émigration et de la recherche des racines. Mais peu importe, c'est la petite musique doucement fredonnée par Nora qui restera dans notre tête longtemps après avoir quitté le cinéma. Le cinéma coréen est encore plein de ressources jusqu'à rejoindre les sommets - c'est pourtant un premier film ! - d'un Woody Allen de sa meilleure période ( Manhattan ou Annie Hall, au hasard...).
Un très joli film. Les transitions entre les différentes âges des personnages est très réussie et leur histoire d'amour/amitié est touchante bien que restant dans la retenue. Seul bémol, il ne se passe pas grand-chose et à la fin, le temps se fait long alors que le film fait à peine 1h45.
Un film sur les choix de vie et la nostalgie, ce fantôme en chair et en os qui ne peut finalement rien. Et c'est cette vérité qui entrave la philosophie de la réalisatrice, à moins qu'elle n'ait seulement voulue dire qu'il faut un jour rompre une fois pour toute avec ses racines.
Très belle photographie , bande-son délicate, jolie actrice coréenne qui éprouve une certaine nostalgie de sa grande amitié avec son copain de classe de ses douze ans, nostalgie partagée par le copain qui la retrouve 12 ans plus tard sur internet et qui la reverra douze ans encore plus tard. Il s’agit donc d’une histoire d’amour platonique et manquée. C’est un peu lent et long mais ne manque pas de charme et de romantisme. Tout en délicatesse et nuances. J’ai aimé l’originalité de ce scénario.
Comment faire tenir un film en équilibre sur un fil aussi ténu que l'idée, toute banale, qu'une autre vie aurait été possible ? Qu'à un moment la vie réelle - le destin, votre destin - vous a conduit, enfant, sur le même chemin qu'un autre enfant, et qu'à un autre moment cette même vie réelle a conduit ces deux enfants sur des chemins séparés (le plan de la séparation est superbe dans son admirable et bouleversante simplicité) ? Mais que cette autre vie n'existe pas, n'est même pas une chimère, seule existe l'idée de cette autre vie imaginable et pourtant impossible, qui flotte et qui parfois, vous submerge d'émotion ? C'est le miracle réussi par ce film, tout en légèreté profonde, en émotion contenue, en douceur, en silences, ... Les décors, ce sont Séoul et New York, magnifiquement filmées. Il ne se passe rien, et on ne s'ennuie pas un instant. La bande son est parfaite. Magique.
J'aime bien ce "genre de film" avec une ambition simple, un sujet bien défini et une attention visuelle. Je ne crois jamais à cette pseudo histoire d'amour et les réflexions trop appuyées sur la destinée. Le seul aspect qui me touche vraiment est le rapport de la réalisatrice à l'identité et l'intégration; en effet, même si le personnage est l'exemple même d'une émigration réussie et d'une personne bien construite et heureuse, il y aura toujours une douleur.
Tendre drame sentimental, tourné autour de l'épineux et suffocant questionnement sur ce qui aurait pu se passer si... À la recherche d'un imaginaire temps ressenti parfois comme perdu, le film évite l'écueil du pathos outrancier et propose nuance et intelligence, mais souffre à mon sens d'un côté trop ordinaire, tant sur le fond que sur la forme.