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Pierre Kuzor
182 abonnés
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3,5
Publiée le 6 septembre 2023
Ai vu le film de Fredric Mermoud "La voie royale", chaudement recommandé par "Le masque et la plume" et une bonne partie de la critique. Je n'ai pas été déçu. Sophie Vasseur, fille d'éleveurs de porcs est une excellente élève et obtient son bac avec la mention Très Bien. Elle s'inscrit en classe de Prépa mathématique à Lyon pour passer des concours d'entrée dans de grandes écoles. Elle se confronte à la lutte des classes, au sexisme, au bizutage, à une charge de travail phénoménale, à une lutte à l'excellence, la condescendance.... Film emphatique et anxiogène au plus haut point (surtout pour moi qui ne sait pas compter...) nous suivons donc Sophie sur une année scolaire entière. Si au niveau cinématographique rien n'est vraiment original, c'est le scénario qui l'emporte. Très juste dans ses dialogues, ses situations dramatiques rien ne parait jamais exagéré ou caricatural. Tous les personnages sont très travaillés et creusés, et nous nous attachons très vite à Sophie. D'autant plus que son interprète Suzanne Jouannet est excellente. Elle donne beaucoup de sens aux doutes, à l'énergie, à la désillusion, au combat de Sophie. La tension, on pourrait même dire le suspens, devient de plus en plus prégnante au fur et à mesure que les mois et les épreuves s'écoulent. Film qui fait réfléchir sur les jeunes issus de milieu favorisés et qui ont une soif, à peine la Bac en poche, de pouvoir et d'argent... et sur le fait qu'il est bien difficile en France de franchir le plafond de verre et de s'extraire de son milieu, encore plus quand on est une fille. Assurément à voir.
Film très déprimant mais qui malheureusement semble correspondre à une réalité. En gros, on vous explique que si vous n'êtes pas issu des élites, il vous en cuira d'avoir pensé que vous pouviez vous hisser jusqu'à une classe sociale qui n'est pas la votre. Tout sur le plan pédagogique est fait pour décourager les parvenus. Les grandes écoles, c'est l'entre soi. On se sent très "untermenchen" quand on sort de ce film.A éviter si vous n'avez pas le moral. Mais sinon le film en lui-même est plutôt bien fait. C'est ce qu'il raconte qui ne plaît pas.
J'avais peur d'un film un peu trop téléphoné en mode téléfilm TF1 mais ce ne fut pas le cas. Le film dépeint bien le rythme démesuré des prépas mais les bénéfices en termes de capacité d'apprentissage qui en découle Un bon moment
Je vais faire une "critique" un peu spéciale. Si un futur taupin se demande ce qu'il y a dans ce film est globalement représentatif de la prépa (sans donner d'élément important, mais en étant obligé de spoiler un peu certains passages, mais je ne vais pas mettre tout en gris).
Oui, globalement, c'est très réaliste. MAIS il faut garder en tête que c'est une prépa parisienne, avec un "bizutage" peut-être un peu plus fort (le mien était vraiment plus marrant et léger), et une grosse différence de classes. Dans une prépa hors Paris ce phénomène est moins présent, beaucoup de fils d'enseignant peut-être, mais ce n'est pas de la haute bourgeoisie...
On peut avoir des professeurs comme la prof de physique, surtout au début de sup, pour insister sur l'importance de l'apprentissage du cours, mais ce n'est pas la norme, surtout maintenant.
Sur la quantité de travail et les abandons, c'est à peu près ça...Même si c'est rare que des personnes en tête de classe quittent la prépa (ça peut arriver, pour diverses raisons).
Sur les exercices/contenus des cours, c'est vraiment ça, excepté à un moment un calcul de transformée de Fourier qui se fait seulement en L3/1ere année d'école d'ingénieur et pas en sup. Tout le reste me paraît valide, certains exos sont même des classiques, et l'oral à la fin du film est aussi très crédible.
Un dernier point très réel, l'obsession de beaucoup d'élèves pour l'X, sans vraiment savoir pourquoi ou ce que c'est. Juste parce que tout le monde dit que c'est "la meilleure". A la limite il y a l'X, (les) Centrale, les (différentes écoles des) mines, mais on oublie qu'il y a plein d'autres bonnes écoles. Et c'est un problème en prépa. Ce qui fait que beaucoup d'élèves vont dans des écoles 'parce qu'elles sont prestigieuses' et non pas pour leur cursus
Très bon film. Un sujet que l'on voit rarement. On se laisse porter par les comédiens (belle prestation) Nous sommes allés voir La Voie Royale en famille et nous avons tous adoré. Pour une fois qu'on est sans effets spéciaux... on peut apprécier le jeu d'acteur.
Un film épatant au sortir de l'été? J'ai nommé "la voie royale" qui peut sembler de l'extérieur léger et un peu teen movie familial mais qui est autrement plus sérieux et travaillé.
Sophie est une lycéenne brillante. Encouragée par son professeur de mathématiques, elle quitte la ferme familiale pour suivre une classe préparatoire scientifique. Au fil de rencontres, de succès et d’échecs, face à une compétition acharnée, Sophie réalise que son rêve, intégrer Polytechnique, représente plus qu’un concours... un vrai défi d’ascension sociale.
Le film n'est pas sans rappeler le style des films de Laurent Cantet et également "Hippocrate" de Thomas Lilti.
Un grand coup de chapeau au Directeur de Casting qui a choisi des acteurs pour des rôles d'étudiant de classe de prépa hyper crédibles.
Quant à Suzanne Jouannet elle tient un grand rôle qui mériterait une nomination aux prochains césars.
Si vous faites confiance à mes critiques courrez voir ce film !
Le film suit le parcours d'une fille d'agriculteurs poussée un peu par hasard, beaucoup par son professeur de maths au lycée, à intégrer les plus grandes écoles d'ingénieurs. Le parcours est ardu et nombre de ses camarades abandonneront. Film engagé et donc a priori suspect, il n'en éclaire pas moins le débat sur l'égalité des chances. Certes avoir un papa polytechnicien aide en ayant les bons livres à la maison et les bonnes discussions à table. Mais plus que cela c'est la méconnaissance de l'existence des "voies royales" qui perpétue les inégalités car, finalement, le travail permet de compenser et la France reste un pays où on peut faire des études sans apport monétaire (combien de temps encore ?). Encore faut il un Monsieur Germain capable d'aider Camus donc de ne pas enfermer ses élèves dans un déterminisme coupable confit d'idéologie qu'il serait. En cela le film voit juste. On appréciera donc la pierre apportée au débat.
Chouette film sur l’élitisme et ses côtés pervers. Un ascenseur social qui ne fonctionne pas si bien que ça. La pression, l’exigence, la compétition permanente, et a l’inverse, les moyens plus ou moins honorables d’équilibrer la charge mentale.
Agréable, réaliste, attachant et pertinent. Frédériue Mermoud nous présente un univers des prépas scientifiques assez peu motivants mais plutôt réaliste. Son personnage principal est une révélation. A voir !
Une reussite!. Ce n'était pas gagné. Nous plonger dans le monde impitoyable des prépas avec des personnages odieux et prétentieux, mis à part l'héroine qui tente de survivre dans ce millieu hostile. Mais on est pris par ce film qui donne a réfléchir. La voie royale est également un film politique au meilleur sens du terme qui pose subtilement des questions essentielles. Les acteurs sont dans l'ensemble formidables. Dommage que ce film sorte au coeur de l'été.
Je ne suis pas allée en prépa même si je voulais y aller donc je ne peux pas avoir un regard objectif sur le film, sur s'il est réaliste ou non. En revanche j'ai beaucoup aimé. On voit bien que la force mentale et le niveau de confiance en soi est très important dans ce genre d'épreuves intenses. Par contre je n'ai pas aimé que spoiler: la fille brillante qui veut faire de la recherche en maths quitte la prépa pour faire du théâtre avec une fille qu'elle aime. Dans la vie, abandonner ses projets ou passions juste par amour est toujours une mauvaise idée.
Suzanne Jouannet et le reste du cast crèvent l'écran. Un film très attachant et contemporain. J'avais très envie de revoir un film de ce réalisateur, Mermoud dont j'avais beaucoup aimé les films Complices et Moka. Son nouveau film,La Voie Royale est très réussi.
Agréable à voir. Le sujet de l'ascenseur social est traité avec lucidité et sobriété, pour une jeune fille venant d'une famille d'éleveurs qui réussit le concours d'entrée à Polytechnique. Le travail, la persévérance, l'exigence, l'effort, l'autorité des connaissances sont mises en valeur. Un message de force positive en ce jour de rentrée des classes.
En étant moi-même étudiant en voyant le film au cinéma je n'ai pu que passer un bon moment. Les questions de la prépa, de l'avenir, de la pression des concours, tout le monde le vit et c'est magnifiquement bien réalisé. Sophie, intello de la classe au lycée et habitant dans une famille d'éleveurs intègre une prépa de math et physique. Comme cela arrive à beaucoup de personnes en arrivant en prépa, ses notes chutent et la déprime. Mais elle rencontre très vite Diane, sa voisine de chambre qui elle est major de leur promo. L'enjeu est donc pour Sophie de réussir sa prépa pour intégrer une grande école derrière, voire Polytechnique. A première vue, cela peut s'apparenter à quelque chose de banal, de linéaire et d'inintéressant. Évidemment ce n'est pas le cas, car l'histoire ne se résume pas que à la volonté de réussir, mais aussi de savoir ce qu'elle veut pour l'avenir, car elle ne le sait toujours pas. Sophie est dans une situation où elle intègre la prépa poussé par son prof de lycée alors qu'elle ne sait pas tellement si cela l'intéresse et va la rendre heureuse. Il y a bien-sûr les relations amoureuses qui sont évoqués en tant que jeune adulte, les soirées et la vie avec sa famille à la campagne dont elle est fière. En ce qui concerne le jeu d'acteurs, évidemment, nous avons beaucoup de jeunes adultes de 18 ans et plus qui jouent tous très bien, on y croit vraiment et on s'imagine même vivre toute cette pression avec eux.
Bref, ce film apporte un regard nouveau sur ce qu'est les études élitistes comme le montre la motivation de Sophie qu'elle va petit à petit trouver. Il parle à tout le monde mais particulièrement à ceux qui sont en ce moment dans leurs études, en prépa et on peut très facilement s'identifier au personnage.
A part Complices en 2010, le suisse Frédéric Mermoud a réalisé le gros de sa carrière dans des séries TV de qualité comme Engrenages ou Les revenants. Ici, il a écrit et filmé un drame d’une rare tension qui nous longe durant 107 minutes dans l’enfer des classes Prépa. Sophie est une lycéenne brillante. Encouragée par son professeur de mathématiques, elle quitte la ferme familiale pour suivre une classe préparatoire scientifique. Au fil de rencontres, de succès et d’échecs, face à une compétition acharnée, Sophie réalise que son rêve, intégrer Polytechnique, représente plus qu’un concours... un vrai défi d’ascension sociale. Un film qui dissèque avec habileté ce moment clé où l’on de vient acteur de sa vie et où doit faire des choix. Mais, ça ne s’arrête pas là, car bien d’autres thématiques sont abordées comme le malaise du monde rural, le choc des classes sociales, le parcours initiatique d’une jeune fille douée mais en proie au doute, et en toile de fond la crise des « gilets jaunes ». Comme vous le voyez, beaucoup de choses, mais subtilement imbriquées dans un récit haletant, nerveux et réaliste. Une excellente surprise ! On sent que Mermoud s’est parfaitement documenté – parfois même de l’intérieur -, sur les arcanes de ces fameuses classes Prépa qui font rêver, fantasmer ou cauchemarder beaucoup de lycéens – ennes -, à l’heure des choix. C’est d’ailleurs un jeune doctorant de Normal Sup qui a été le garant de tous les exercices, en vérifiant les équations écrites au tableau et surtout en aidant les acteurs à s’approprier ce langage totalement inconnu pour eux… comme du spectateur. Autre force de ce récit est de ne pas faire de la jeune héroïne, une victime, car elle se révèle romantique et réaliste à la fois, mais qui a les ressources pour se battre. On finit par se passionner pour ces « khôlles » en trinôme, de maths et physique qui se révèlent aussi difficiles à résoudre que ceux de la vie quotidienne des aspirants à cette fameuse voie royale qui mène aux plus grandes écoles. Mais, et c’est là, où le film prend un tour encore plus crucial : que vaut un enseignement aussi élitiste dans le monde d’aujourd’hui ? Entrer à l’X, est-ce pour l’argent ou pour le pouvoir ? Y a-t-il une d’autres aspirations plus nobles ? Ce film se grade bien de répondre à ces questions mais a le mérite de les poser. En petit taureau têtu à la l’énergie folle, Suzanne Jouannet, - déjà remarquée en 2021, dans Les Choses humaines - qui ne quitte pas l’écran, est tout simplement remarquable. Elle est fort bien entourée par Maud Wyler, Marilyne Canto, Antoine Chappey, Lorenzo Lefebvre et Alexandre Desrousseaux, et tout un casting digne de tous les éloges. MathSup, MathSpé , ton univers sans foi ni loi, cadre idéal pour un parcours initiatique dans son élitisme destructeur, et une réflexion juste sur la marche forcenée vers le pouvoir, le dépassement de soi et la perte des illusions. Troublant et édifiant.