C’est présenté comme un thriller. On y va donc pour une intrigue forte, des fausses pistes et des rebonds jusqu’à résolution. Sauf qu’ici ce n’est pas exactement un thriller, en tout cas pas comme ça. Car le crime restera non élucidé. C’est spoiler que d’écrire ça mais c’est tellement une ligne directrice forte de ce scénario qu’autant l’annoncer (d’autres rédacteurs de critiques l’ont déjà fait, alors...). Il restera donc le quotidien d’un service de police judiciaire mandaté pour mener une enquête sur un territoire relevant normalement de la gendarmerie (petite guerre des polices en arrière-plan). L’enquête qui tourne en rond, les suspects qui défilent, l’absence de conclusions, les nerfs des enquêteurs mis à dure épreuve. De ci de là, quelques piques sur le fonctionnement quotidien et le manque de moyens : la photocopieuse qui ne fonctionne pas alors qu’il faut tout photocopier dans les procédures, les heures supplémentaires qui sont faites, il faut bien, mais qui ne sont pas comptabilisées, les moyens matériels et budgétaires qu’il faut quémander... Et l’affaire criminelle qui, trois ans plus tard (c’est la durée de cette narration) se retrouve enfouie sous une pile d’autres dossiers, n’évoluant plus mais hantant l'esprit des enquêteurs autant en raison de la nature du « fait divers » (violent, cru, sans atténuation à l’image) que de l’échec de l’enquête.
DOMINIK MOLL nous fait à nouveau du très grand polar après l'excellent "seules les bêtes" qui m'a rappelé aussi un genre comparable par exemple au film "Zodiac". Dans le cadre magnifique des vallées alpines, ici des flics de Grenoble s'enlisent inexorablement dans une affaire criminelle qui restera désespéramment irrésolu. La magie du film tient grâce à une mise en scène et au jeu des acteurs principaux tout simplement diaboliquement bon et intense de justesse (dialogue super bien écrit). Leur travail illustre avec effroi, une réalité dans l'univers de la justice des hommes. La nuit du 12 laissera peu de personnes indifférentes, quoi qu'on en disent. La mélancolie qui s'en dégage peu aussi en dérouter plus d'un.
"La nuit du 12" est un polar signé par Dominik Moll, s'appuyant sur une affaire ayant eu lieu à Saint-Jean-de-Maurienne en Savoie, où le corps d'une jeune fille a été retrouvé brûlé. Le film suit donc l'enquête visant à identifier le coupable de cette atrocité. Avec une approche s'approchant des codes du documentaire, dans lequel on assiste aux différents interrogatoires menés par la PJ, le film ne manque pas de nous intéresser. Il manque tout de même un peu de suspense à cette intrigue puisque l'on sait d'entrée que le coupable final ne sera jamais identifié. Le propos du film tient surtout à montrer des portraits d'hommes qui paraissent tous suspect, montrant ainsi la brutalité du genre masculin, et abordant avec pas mal d'adresse le sujet des violences faîtes aux femmes. "La nuit du 12" mérite d'être vu.
La nuit du 12 est un ovni dans le genre du thriller français. Dès les premiers instants, la finalité de l'histoire nous est énoncée : spoiler: nous allons assister à une enquête qui n'a jamais été résolue . Et malgré cela, Dominik Moll parvient à nous surprendre, au travers d'un ensemble de personnages très bien caractérisés et très bien interprétés, ainsi qu'une mise en scène toujours très prenante et étouffante. Le message éminemment féministe du film en heurtera plus d'un, notamment les défenseurs du #notallmen. Mais c'est justement cela qui rend cette œuvre indispensable.
Un inspecteur taiseux et apathique, un coéquipier bouleversé par sa vie privée, une enquête annoncée non élucidée, une photographie un peu laide, des musiques minimalistes : briques d'un potentiel navet! Mais le réalisateur est astucieux quant au déroulement de cette enquête : il arrive à nous pousser à vouloir aider la PJ, à scruter comme eux les moindre détails, à croire avec eux dans les différentes pistes et à partager avec eux l'inéluctable. La piste du vélodrome tourne en rond en même temps que l'enquête piétine. Et le dernier quart d'heure est implacable lié aux faux espoirs : scène magistrale entre la juge et l'inspecteur et dénouement qui nous échappe.
Bof. Bof bof. Un bon téléfilm, pas plus. De là à lui donner 15 césars... Ah mais ça dit "les hommes, ces cons" ! Ah bon ; ah ben filez-lui le meilleur film alors
Pour être totalement direct, je suis un peu déçu par ce film car je m’attendais vraiment à une dinguerie dramatique ; toujours inspiré de faits réels d’ailleurs. Mais en fait, il y a trop de choses qui ne vont pas malgré l’histoire plutôt intéressante. En tout cas, je trouve “La nuit du 12” assez moyen.
Tout d’abord, la réalisation respire l'amateurisme mais pas dans le sens charmant mais plutôt dans le sens déplaisant car elle est trop impersonnelle. Dans sa globalité, les mouvements de caméra sont extrêmement simples et ils sont presque saccadés : il n'y a pratiquement que des panoramiques et quelques zooms. Ensuite, les musiques sont un petit peu prenantes mais parfois elles sont un aspect kitsch à la séquence, sans compter que les décors ne sont pas assez minimalistes et pour les agents de la PJ ont l’air de travailler dans placard à balai délabré au centre de Paris.
Par rapport au scénario, à première vue, il peut paraître très prenant car suivre une enquête non résolue est super intéressant même si on connaît déjà la fin ; malheureusement, on s’ennuie beaucoup trop rapidement. D’abord, on nous donne des informations personnelles sur des agents de la PJ dont on se fout royalement, et justement certains agents sont vraiment stupides. Mais le récit de base sur l’enquête du meurtre est plus que captivant et on en oublie presque que ce n’est pas résolue. Par contre, les acteurs sont vraiment à revoir car par moment, ça devient cringe comment il joue mal. Sans oublier que le film cale des ellipses sans qu’on le sache, ça perd le spectateur et on a peu de notion temporel.
J’aurais aimé conseiller ce film mais pour son manque de clarté dans la narration, et le fait que le film soit trop long et trop chiant rapidement, j’aurais du mal à recommander.
Si vous avez du sommeil en retard allez voir ce film car ni le dialogue, ni l'action ne vous empêcheront de dormir. C'est lent, les acteurs sont insipides et pourtant le sujet aurait pu être passionnant.
C'est le récit d'une enquête de police qui n'a pas permis d'arrêter le coupable. Mais ce n'est pas ce qui intéresse Dominik Moll. Le réalisateur se sert de l'odieux assassinat comme prétexte à l'analyse du trauma qui frappe le groupe de policiers à chaque crime qu'ils doivent élucider : comment chacun d'entre-eux s'accommode de l'horreur ? comment le groupe humain parvient à garder - ou non - sa cohésion ? C'est tout en subtilité que sa caméra filme les tourments des protagonistes, scrute l'explicite et le non-dit. Le propos est pessimiste mais frappe par sa justesse : le crime aussi a un sexe. Très bon film.
Largement plébiscité par la critique professionnelle, ce long-métrage de Dominik Moll a remporté six César dont celui du meilleur film en 2023. Inspiré d’un fait réel de féminicide, on assiste à une enquête policière jamais résolue. Ce postulat étant annoncé dès le début du générique, on s’affranchit de tout suspense pour s’intéresser uniquement au travail quotidien de la PJ de Grenoble. La grande sobriété d’interprétation des acteurs principaux (Bastien Bouillon et Bouli Lanners notamment), garantit un regard sans concession sur leur engagement, leurs doutes et leur impuissance face à cette sombre affaire. Sur ces thèmes, la comparaison avec « Zodiac » de David Fincher peut être établie. Néanmoins, il manque une véritable étincelle pour permettre à ce long-métrage d’atteindre les sommets. Bref, une production qui oscille entre documentaire et fiction moralisatrice avec un souci évident de réalisme.
Monsieur Moll (et son compère de toujours monsieur Marchand) n'est pas un poseur. Pas un causeur. Il n'est pas avide de lumière. "Juste" un authentique artisan de cinéma, amoureux de son art, auquel avec beaucoup d'humilité, il travaille à apporter sa pierre depuis de longues années. C'est un évidence au regard de sa filmographie, éclectique (il a l'appétit des amoureux) mais cohérente ne serait ce pour l'application invariable qu'on retrouve dans la manufacture de ses oeuvres. Tout est exemplaire dans ce dernier projet. La juste mesure partout. Du vrai cinéma (en opposition à ce certain laisser aller dans une partie de la production française, comme ces films sans projet sérieusement travaillé où l'on compile les improvisations d'acteurs non professionnel pour produire un métrage sans trop d'efforts), travail de caméra, photo, montage, musique, exemplaire à chaque poste. Du cinéma premier, mais sans affèterie, sans esbroufe. Et que dire du casting, de la direction d'acteur/trice. Exemplaire, on l'a déjà écrit. Chacun. Le plaisir de revoir la très rare et magnifique Anouk Grimbert. Monsieur Lanners parfaitement tenu, et donc parfait. Et ultime intelligence de casting tant celui ci semblait à jamais cantonné à certain rôle, un Bastien Bouillon en premier plan dont l'apport, pour l'économie apparente de son jeu, sa diffuse singularité finit d'emporter le tout. Exemplaire. Sur le fond (remarquable lui aussi) comme sur la forme.
Ce film est une petite pépite !!! Tu as beau savoir dès le début que c'est une enquête non élucidée, c'est passionnant de bout en bout et extrêmement maitrisé (avec notamment une très belle photographie).
Mais ce qui fait que le film atteint des sommets, c'est clairement grâce à son casting et aux dialogues souvent percutants. C'est interprété à la perfection jusqu'au moindre second rôle.
C'est clairement féministe, creusant à chaque scène un peu plus la misoginie, mais ça le fait tellement bien. Au final le film devient un reflet de la société qui fait froid dans le dos.
Il y a un côté ENGRENAGES tellement tout sonne vrai, ou MEMORIES OF MURDER pour la façon dont le film risque de vous hanter...
Vraiment une bonne surprise, un très grand polar, obsédant et d'une grande profondeur.
PS : Dominik Moll avait déjà réalisé SEULES LES BÊTES qui était passé inaperçu mais valait déjà vraiment le détour et que je vous invite aussi à découvrir.
Aucun véritable rythme. Que des longueurs. Un film dont le seul message est de dire. La victime est une femme, c'est la faute des hommes. Et la bien pensance va considérer que ce navet est un bon film.
Je n'en avais pas vraiment entendu parler lors de sa sortie. Mais alors, quel matraquage lors de sa diffusion dimanche 26 mai 2024 ! Alors j'ai voulu voir et je n'avais aucun a priori ! Quelle déception ! ça, un film avec autant de félicitations, d'étoiles, quelle honte selon moi. Il a eu un césar ? !!! Film soporifique où le scénario semble pas plus épais qu'un papier de cigarette ! C'est l'un des pires vus dans ma vie ! Inutile même, il n'apporte rien, il effleure des sujets et ça tombe à plat. Même et surtout la fin, on reste sur sa faim ! Ah si, j'ai appris quelque chose : on peut faire du vélo sur la route et pas seulement sur un circuit ! Instructif, non ? C'est souvent mal joué, casting discutable aussi et trop caricatural. Des personnages peu fouillés et une histoire avortée et c'est ça qui plait. Il y a plein de séries télévisées et de téléfilms qui font bien mieux avec moins de moyens ! Et moins d'ambitions méprisantes ....
plombant. le film est très long il commence à terminer vraiment il y a plus de choses sur la ville de la police que une vraie enquête et le thriller ne nous tient pas du tout en haleine