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Dik ap Prale
304 abonnés
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4,0
Publiée le 3 mai 2025
Plongée dans une enquête sans réponse, sans issu possible, cette brigade nous atteint autant pour sa détermination que pour sa défectuosité. Pourtant déjà habitué au genre, cette nuit du 12 nous amène à camper dans un quartier, en planque et exposé, on vie suspendu au dossier.
DOMINIK MOLL nous fait à nouveau du très grand polar après l'excellent "seules les bêtes" qui m'a rappelé aussi un genre comparable par exemple au film "Zodiac". Dans le cadre magnifique des vallées alpines, ici des flics de Grenoble s'enlisent inexorablement dans une affaire criminelle qui restera désespéramment irrésolu. La magie du film tient grâce à une mise en scène et au jeu des acteurs principaux tout simplement diaboliquement bon et intense de justesse (dialogue super bien écrit). Leur travail illustre avec effroi, une réalité dans l'univers de la justice des hommes. La nuit du 12 laissera peu de personnes indifférentes, quoi qu'on en disent. La mélancolie qui s'en dégage peu aussi en dérouter plus d'un.
La nuit du 12 est un ovni dans le genre du thriller français. Dès les premiers instants, la finalité de l'histoire nous est énoncée : spoiler: nous allons assister à une enquête qui n'a jamais été résolue . Et malgré cela, Dominik Moll parvient à nous surprendre, au travers d'un ensemble de personnages très bien caractérisés et très bien interprétés, ainsi qu'une mise en scène toujours très prenante et étouffante. Le message éminemment féministe du film en heurtera plus d'un, notamment les défenseurs du #notallmen. Mais c'est justement cela qui rend cette œuvre indispensable.
C'est le récit d'une enquête de police qui n'a pas permis d'arrêter le coupable. Mais ce n'est pas ce qui intéresse Dominik Moll. Le réalisateur se sert de l'odieux assassinat comme prétexte à l'analyse du trauma qui frappe le groupe de policiers à chaque crime qu'ils doivent élucider : comment chacun d'entre-eux s'accommode de l'horreur ? comment le groupe humain parvient à garder - ou non - sa cohésion ? C'est tout en subtilité que sa caméra filme les tourments des protagonistes, scrute l'explicite et le non-dit. Le propos est pessimiste mais frappe par sa justesse : le crime aussi a un sexe. Très bon film.
Monsieur Moll (et son compère de toujours monsieur Marchand) n'est pas un poseur. Pas un causeur. Il n'est pas avide de lumière. "Juste" un authentique artisan de cinéma, amoureux de son art, auquel avec beaucoup d'humilité, il travaille à apporter sa pierre depuis de longues années. C'est un évidence au regard de sa filmographie, éclectique (il a l'appétit des amoureux) mais cohérente ne serait ce pour l'application invariable qu'on retrouve dans la manufacture de ses oeuvres. Tout est exemplaire dans ce dernier projet. La juste mesure partout. Du vrai cinéma (en opposition à ce certain laisser aller dans une partie de la production française, comme ces films sans projet sérieusement travaillé où l'on compile les improvisations d'acteurs non professionnel pour produire un métrage sans trop d'efforts), travail de caméra, photo, montage, musique, exemplaire à chaque poste. Du cinéma premier, mais sans affèterie, sans esbroufe. Et que dire du casting, de la direction d'acteur/trice. Exemplaire, on l'a déjà écrit. Chacun. Le plaisir de revoir la très rare et magnifique Anouk Grimbert. Monsieur Lanners parfaitement tenu, et donc parfait. Et ultime intelligence de casting tant celui ci semblait à jamais cantonné à certain rôle, un Bastien Bouillon en premier plan dont l'apport, pour l'économie apparente de son jeu, sa diffuse singularité finit d'emporter le tout. Exemplaire. Sur le fond (remarquable lui aussi) comme sur la forme.
Ce film est une petite pépite !!! Tu as beau savoir dès le début que c'est une enquête non élucidée, c'est passionnant de bout en bout et extrêmement maitrisé (avec notamment une très belle photographie).
Mais ce qui fait que le film atteint des sommets, c'est clairement grâce à son casting et aux dialogues souvent percutants. C'est interprété à la perfection jusqu'au moindre second rôle.
C'est clairement féministe, creusant à chaque scène un peu plus la misoginie, mais ça le fait tellement bien. Au final le film devient un reflet de la société qui fait froid dans le dos.
Il y a un côté ENGRENAGES tellement tout sonne vrai, ou MEMORIES OF MURDER pour la façon dont le film risque de vous hanter...
Vraiment une bonne surprise, un très grand polar, obsédant et d'une grande profondeur.
PS : Dominik Moll avait déjà réalisé SEULES LES BÊTES qui était passé inaperçu mais valait déjà vraiment le détour et que je vous invite aussi à découvrir.
16 228 abonnés
13 201 critiques
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4,0
Publiée le 28 février 2023
Mais qui est coupable de cet assassinat terrible la nuit du 12 et qui signale dès son introduction que l'on ne trouvera pas le criminel ? Plusieurs suspects mais aucune preuve à l'appui! Dominik Moll brouille les pistes, explore nos obsessions, pose un ensemble de questions (notamment sur la violence des hommes envers les femmes) dans une enquête policière qui ne rèpond pas à des codes ètablis! Le cinèaste porte le regard ailleurs, sur d'autres choses pourtant essentielles, dans un rèel violent et difficile! Le rythme est lent mais la tension est constante! Une vèritable rèussite à tous les niveaux! Le choix des interprètes l'atteste avec une justesse sans pareil! De Bastien Bouillon en policier hantè par cette enquête d'homicide non rèsolue à Bouli Lanners qui s'offre ici l'un de ses plus beaux rôles, en passant ègalement par tous les autres rôles secondaires! Triomphe aux Cèsar avec pas moins de 6 rècompenses dont le meilleur film de l'annèe 2023! On prendrait presque ça pour un coup de maître à ce stade! En tout cas ça fait plaisir de voir Dominik Moll au mieux de sa forme! il mèriterait qu'on le salue, comme nous saluons celui qui fut cèsarisè pour "Harry, un ami qui vous veut du bien" (2000). Images magnifiques du Vèlodrome d'Eybens en nocturne et de la montèe du Col de la Croix de fer depuis Saint Jean de Maurienne...
J’ai toujours bien aimé les films de Dominik Moll. Même Le moine ou Des nouvelles de la planète Mars trop sous-estimés à mon goût. Son dernier opus Seules les bêtes était un bijou de thriller. Il nous offre aujourd’hui un polar sombre et tout aussi glaçant. Inspiré de faits réels La nuit du 12 nous faut froid dans le dos d’entrée. La tension va monter crescendo au cours d’un récit aussi sombre que mystérieux où la psychologie des personnages (surtout des policiers) prévaut plus que l'enquête elle-même (on sait d’entrée qu’elle n’aboutira jamais). Même si celle-ci est palpitante. Une fois de plus la direction d’acteurs est impeccable. Bastien Bouillon est parfait en chef de groupe bien secondé par un Bouli Lanners très en forme. Et c’est un réel plaisir de retrouver la trop rare Anouk Grinberg un juge d’instruction. Bref, encore une réussite pour Dominik Moll. Voilà un des films français les mieux écrit et mis en scène de l’année. Un polar noir et glauque à ne pas rater.
On peut l’affirmer d’emblée, même si « Harry un ami qui vous veut du bien » était un excellent thriller qui a d’ailleurs permis de le faire découvrir au grand public, Dominik Moll réalise avec « La nuit du 12 » son meilleur film. Et de loin. Un très film grand policier et un très grand film tout court. Il nous était déjà revenu plutôt en forme il y a trois ans malgré, il faut l’avouer, une filmographie en dents de scie. C’était grâce au thriller enneigé aux multiples personnages « Seules les bêtes ». Mais son nouveau film est milles lieux au-dessus. C’est simple, on a rarement vu au cinéma un film policier français aussi magistral et impressionnant. Pourtant, on n’y trouve pas de fioritures, pas plus qu’une mise en scène prétentieuse, ostentatoire ou m’as-tu-vue et encore moins de scènes musclées pour agrémenter une bande-annonce destinée à plaire aux amateurs de films policiers sous testostérone. Non, ici on a droit à une enquête sobre, factuelle et dont le réalisme frôle la perfection à tous les niveaux. C’est du grand cinéma avec un sujet qui hantera nos esprits bien longtemps après le visionnage du film, notamment parce qu’il est tiré d’un faits divers réel.
Dans « La nuit du 12 », on aura donc droit à deux heures de reconstitution très précise où ne seront présentés que les faits, avec un peu de fiction, car il est bien sûr impossible de faire revivre au spectateur un tel homicide suivi de l’enquête qui a suivi trait pour trait. Et forcément, on a le droit et avant tout à beaucoup de cinéma. Du bon et du beau cinéma. D’ailleurs, tout cela n’aurait pas été aussi réaliste et suintant de vérité sans des acteurs de talent. La bonne idée de Dominik Moll est d’avoir choisi des comédiens moyennement connus plutôt que des acteurs célèbres ou que l’on voit trop souvent tels que, au hasard, François Cluzet et Benoit Magimel, par exemple. Son choix s’est porté sur Bastien Bouillon dans le rôle-titre et c’est un coup de maître. Le jeune acteur à la tête d’ange et au visage poupin semble tenir là, si ce n’est le rôle d’une vie, en tout cas celui de la consécration. En flic taiseux, mutique et empathique, il est d’une crédibilité sans faille. Et faire du génial comédien et réalisateur belge Bouli Lanners son partenaire, un flic plus impulsif et sanguin proche du point de rupture est tout aussi malin. Leur duo fonctionne à merveille et leurs échanges, notamment le dernier, sont d’une puissance émotionnelle incroyable grâce à de merveilleux dialogues plein d’acuité (le film, tiré d’un ouvrage a été parfaitement adapté).
Moll a cherché la vérité sur chaque scène concernant, que ce soit un interrogatoire, la découverte d’un nouvel indice ou lors des recherches sur le passé de la victime. On est en totale immersion avec ces policiers, on veut connaître la vérité bien qu’un encart en début du film nous prévienne que ce souhait restera malheureusement non exaucé. Le sans faute est que cette volonté d’objectivité et de vrai se retrouve également dans la description de ce commissariat et des relations personnelles de ses membres. Les problèmes de moyens, les vies privées ratées de ces policiers ou encore leur envie de justice se ressentent comme jamais à travers le grain de la pellicule grâce à une mise en scène sobre et chirurgicale qui prend continuellement leur pouls. Lorsque dans le dernier virage on sent un coup de mou, l’arrivée de deux nouveaux personnages féminins redonne un peu de lumière de belle manière. Et, pour une fois, la morale sur la masculinité toxique très à la mode en salles en ce moment (de « Men » à « Les nuits de Mashad ») est distillée avec tact et beaucoup d’efficacité. Un grand film sur la police (plus que « Polisse » d’ailleurs qui s’apparentait davantage à une chronique de mœurs) et un grand film sur les relations souvent problématiques entre les hommes et les femmes, où les scènes à la fois humbles mais puissantes s’enchaînent sans discontinuer pour un résultat magistral et implacable.
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Le film policier peut facilement tomber dans la caricature. Heureusement, il arrive par moments que certaines œuvres du genre évitent cela et offrent une véritable impression de réalité. Avec La Nuit du 12, Dominik Moll réussit cela et nous plonge dans une enquête sur un assassinat mystérieux. Nous sommes face à une immersion avec les policiers chargés de cette affaire et partageons leur quotidien partagé entre la tentative de résolution de celle-ci et leurs problèmes personnels pouvant influer sur leur travail (et inversement). Servi par un casting d’une grande justesse (parmi lequel on est heureux de revoir Anouk Grinberg dont la carrière était plus confidentielle depuis sa séparation avec Bertrand Blier), le cinéaste nous montre la complexité de cette enquête en faisant rencontrer les différentes relations de Clara, la victimespoiler: : elle multipliait les amants de passages qui, comme l’indique le héros, auraient pu commettre ce crime horrible (on pourrait même par moments penser à la Laura Palmer de Twin Peaks dans une optique plus réaliste puisque le long-métrage est tiré d’un livre qui s’inspire d’une histoire vraie) . La Nuit du 12 est donc une œuvre réellement prenante, brillamment interprétée, écrite et mise en scène qui nous permet en plus d’assister à la description tout à fait crédible d’une affaire policière extrêmement complexe.
Le nouveau long-métrage de Dominik Moll est un thriller pas comme les autres. D’abord parce qu’on nous annonce, dès le début, que le film va nous parler d’une affaire non résolue. On se demande alors ce que le scénario va pouvoir nous raconter pendant près de deux heures. Après la dure scène introductive de présentation du crime, le long-métrage narre donc l’enquête policière, comme le font chaque film du genre. Sauf que les potentiels coupables sont nombreux et indissociables. Le récit va alors se pencher sur les tourments du flic en charge de l’enquête. Mais il va surtout nous proposer une réflexion puissante sur les relations hommes-femmes dans notre société. C’est donc bien le thème du féminicide qui se trouve être le cœur du film, ce qui donne une ampleur toute particulière à ce thriller d’une intelligence rare. Bastien Bouillon incarne le premier rôle, ce chef de groupe de la police judiciaire tourmenté par cette affaire. Son interprétation nous laisse, au début, un peu dubitatif. En effet, il est peu expressif, semble froid et détaché. Mais son personnage s’étoffe au fil du récit, et on finit par être en symbiose avec ses émotions. Second rôle de choix, l’excellent Bouli Lanners, aide à briser sa carapace, pour mieux nous permettre de se projeter dans ses questionnements. Mais cette enquête n’est menée que par des hommes et ce n’est que vers le final que des femmes interviennent enfin dans l’enquête. Sans doute trop tard. La Nuit du 12 nous offre tout de même une réflexion brillante sur les féminicides et sur ceux chargés d’élucider ces crimes.
C'est un film très solide, du début jusqu'à la fin. L'histoire est assez classique dans son ensemble. Toutefois, ce qui fait la force des films et sa mise en scène, et ce côté assez nerveux que l'on peut ressentir quasiment tout au long du film. Le casting est de qualité temps dans les acteurs principaux que secondaires.
Gonflé d’annoncer en préambule que, comme 20% des homicides, celui-ci ne sera pas résolu. L’accroche a tout du suicide et pourtant, « La Nuit du 12 » est un grand et singulier polar, inspiré d’un fait réel, captivant de bout en bout et impeccablement interprété notamment par Bastien Bouillon, Bouli Lanners ou encore Anouk Grinberg. Dominik Moll signe un film remarquable à la fois fort, réaliste et désespéré avec, en substance, un message politisé sur le monde de la PJ.
« La nuit du 12 » est un film sur une enquête, celle du meurtre horrible d’une jeune femme brûlée vive. Mais c’est aussi un constat sur ces policiers qui travaillent dans des conditions difficiles en plus d’œuvrer sur un cas délicat à résoudre. En effet, sont abordés ici : le manque de moyens de l’équipe n’ayant même pas une imprimante digne de ce nom, des procédures et PV à remplir étant chronophages, le travail de nuit pas forcément payé en heures supplémentaires, les planques et autres enquêtes de voisinage peu concluantes. Alors du coup, cela joue sur le moral des troupes car en plus, les événements se déroulent dans la région de Grenoble, pas connue pour être un lieu d’amusement hyper fun ! Les personnages sont alors comme prisonniers devant les investigations qui piétinent et devant leur vie ratée. Marceau, (formidable Bouli Lanners) dont la femme est partie et Yohan (superbe Bastien Bouillon, tout en retenue), solitaire qui fait des tours de vélo sur un vélodrome comme un acharné mais le ramenant à chaque fois au même point de départ, en sont la preuve vivante. Dominik Moll arrive alors parfaitement ici à créer une ambiance dépressive à souhait et son dernier film est un terrible constat sur la profession des policiers parfois complétement démunis, mais également sur cette société d’hommes qui jugent, condamnent et enquêtent sur des crimes de femmes mortes parce qu’elles étaient justement des femmes ! Malgré cela, la fin pourrait être perçue comme une lueur d’espoir ou plutôt l’acceptation de vivre dans ce monde incompréhensible pouvant, malgré tout, changer peut-être grâce aux femmes, comme semble l’évoquer l’arrivée de Nadia au sein de l’équipe. Un très grand film malgré son délicat sujet porté par des acteurs investis tous très bons.
Ai vu "La nuit du 12" de Dominik Moll assurément un des meilleurs films de l'été si ce n'est de l'année. Une maitrise parfaite de la mise en scène, un scénario précis qui allie enquête policière et analyse sociologique. Une équipe uniquement d'hommes de la Police Judiciaire de Grenoble enquête sur le meurtre d'une jeune femme brulée vive. Ces hommes se connaissent depuis longtemps et partagent leur passion pour leur métier, leurs divorces et leurs histoires de couples compliquées, le peu de moyen dont ils disposent pour travailler, leurs désillusions., leur beaufitude...Ils ont entre 26 et 60 ans et enquêter sur le meurtre de Clara est aussi enquêter sur la jeunesse, un monde qu'ils ne comprennent pas, et sur une jeune femme dont aucun n'a la finesse d'esprit pour comprendre la psychologie féminine. Le spectateur est tenu en haleine et certaines scènes sont parfois bouleversantes tant ces hommes sont désarmants. Bouli Lanners est exceptionnel (comme souvent) et Bastien Bouillon (que je ne connaissais pas) tient le film de bout en bout. Quel bonheur de revoir Anouk Grinberg au cinéma toujours aussi émouvante et dans une grande économie de moyen. La cadrage très précis en lui-même est souvent facteur d'émotion. Dominik Moll sait créer une atmosphère rien que par le cadre et c'est saisissant. La photographie est très soignée. Les Alpes qui entourent Saint Jean de Maurienne étouffent littéralement le contexte et les personnages de cette histoire. "Vous ne trouvez pas ça bizarre, que ce soit majoritairement les hommes qui commettent les crimes, et que ce sont majoritairement les hommes qui sont sensés les résoudre... ça doit être ça un monde d'hommes" ? Toute l'essence du film découle de cette problématique. Passionant. A voir absolument