La Nuit du 12
Note moyenne
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Cinephile6759
Cinephile6759

36 abonnés 92 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 15 juillet 2022
Ça faisait longtemps qu'un film ne m'avait pas donner autant de suspens et de tension. Bref un long métrage puissant et émouvant que je n'oublierai pas de si tôt. Le casting est incroyable.
À voir sans hésitation.
SUZY AND MEE
SUZY AND MEE

159 abonnés 114 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 juillet 2022
Film loin de tout tape à l'oeil et qui sonne toujours juste !
Les acteurs, les scènes, les décors... tout est très vrai et rend hommage à nos flics même si...
ConFucAmuS
ConFucAmuS

657 abonnés 1 049 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 septembre 2022
D'emblée, La Nuit du 12 s'affranchit d'une convention. L'affaire dont on va suivre le déroulement ne trouvera pas de résolution. Une sacrée audace, la note d'intention est intégrée : l'important est à chercher ailleurs. Dominik Moll ne joue pas les tortionnaires, le crime abominable sera le seul évènement vu à travers les yeux de sa victime, une jeune femme. À partir de là, la mécanique d'une lente et douloureuse remise en question se met en place. Comme son personnage principal, l'inspecteur Yohan (Bastien Bouillon, magnétique) féru de cyclisme, on ne fait que tourner en rond.

Ne vous méprenez pas, on peut accoucher d'un chef-d'œuvre absolu sans offrir de dénouement clair (Zodiac de David Fincher). Sans aller jusque-là, le film de Moll a largement de quoi devenir un petit classique. La Nuit du 12 parvient à accrocher son public après une ouverture qui pourtant ne laisse place à aucun doute. Impasse ? Qu'à cela ne tienne, on assistera religieusement aux interrogatoires, on suivra avec dévotion les nouvelles pistes, on soutiendra jusqu'au bout le duo de policiers dont l'équilibre moral est tout près de tanguer. Parce qu'un spectateur un tant soit peu attentif scrutera chaque intonation, expression faciale ou déclaration pour trouver la faille ? Sûrement. Pour y parvenir, il faut arriver à rendre chaque étape de cet échec captivante. C'est le cas ici.

Le choix d'une mise en scène épurée raccorde parfaitement avec l'écriture sensible, cruelle (parfois même drôle) mais gravement belle. Pas de cinéma vérité, mais un cinéma qui la cherche, une grosse nuance. Le "parler vrai" n'est en rien gage de pertinence, les mots (ou les silences) doivent être soigneusement sélectionnés. D'où l'émotion qu'ils créent, par exemple lors d'une entrevue déchirante avec la meilleure amie de la défunte (Pauline Serieys, émouvante). Comme nos héros, on réalise que plus on croit avancer plus on se coince.

Une femme tombe dans l'obscurité, les hommes se révèlent en plein jour. Moll ne joue pas du manichéisme, son œuvre dévisse certains archétypes (Marceau, campé avec génie par Bouli Lanners) pour mieux rendre son état des lieux limpide. Le film à enquête se métamorphose en introspection d'un mal(e) qu'on est bien en peine de couper à la racine. Par hypocrisie, lâcheté ou sauvagerie. De tout cela, on en retrouve des bouts avec tel suspect ou chez tel agent de police, au détour d'une remarque chargée de sous-entendus de sens ou d'une attitude lourde de sens. Il n'est pas anodin de finir sur une note plus lumineuse par l'entremise d'un nouveau personnage qui, à défaut de débloquer l'investigation, pourrait bien entrouvrir une nouvelle perspective à ces hommes dévorés.
Naughty Doc
Naughty Doc

1 051 abonnés 540 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 mai 2022
Une réussite bien éclatante que ce retour en force de Dominik Moll (Harry, un ami qui vous veut du bien, Seules les Bêtes)


Une enquête policière dans les environs de Grenoble renvoyant à la fois à Memories of Murder qu'au style brut de décoffrage d'un Polisse.

Alors le mini tout petit bémol viendra peut-être d'une toute première partie avec une photographie digne d'un film TF1, mais le tout est toujours maitrisé dans la mise en scène, le choix des cadres, le sound design (même en terme de sonorités on dirait du Trent Reznor/Atticus Ross par instants) et surtout une écriture imparable.


On enchaine les suspects, et avec eux une désillusion toujours plus grande de savoir quia immolé la victime la nuit du 12.

Le casting est super (Bastien Bouillon en tête, ainsi que Bouli Lanners), et le film,outre l’obsession, aborde avec pertinence le regard posé sur les femmes (vivant dans "unmonde d'hommes"). Un film féministe qui n'a pas de seconde lecture à ce niveau, mais amené là encore avec sens et pertinence.


Bref un très bon film,passionnant de surcroit !
miouze
miouze

69 abonnés 164 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 juillet 2022
Je n'ai pas trouvé si flagrante que ça la misogynie-blabla annoncée, en revanche beau film sur une enquête désespérément non résolue, l'implication psychique de chacun des enquêteurs, chacun différemment. On sent bien l'emprise de l'échec, et l'impuissance qui y mène.
On reconnaîtra l'horrible assassinat de Maud à Lagny-sur-Marne en 2013, dont le coupable court toujours.
Côté casting, ce choix d'acteurs qui ne sont pas des stars bling-bling ajoute à l'immersion, c'est bien.
selenie
selenie

7 491 abonnés 6 727 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 juillet 2022
Le film débute sur un vélodrome où un flic se défonce sur un vélo comme pour se vider la tête, évacuer le stress. Un lieu épuré de toute beauté, terne, impersonnel qui annonce d'emblée un film clinique, précis, immersif. Les grands films s'affirment dans les détails, et c'est justement dans ces détails policiers qui indiquent un réel travail de documentation, un réel soucis du détail justement, un réel respect du travail et du monde policier. Ca change des clichés et des raccourcis de 99% des films. Mais ce qu'on aime aussi c'est cette immersion à la fois simple et primaire au sein d'une enquête qui tourne en rond (vélodrome !), qui mène nulle part et qui par conséquent crée des tensions et des crises. L'enquête montre aussi la routine, les heures de rédactions puis en parallèle du monde policier le propos de fond repose pourtant et surtout sur les rapports hommes-femmes sans jamais jouer la morale même si le capitaine semble évoluer à ne pas juger les moeurs de la défunte. Puis arrive la fin, le vélodrome laisse place aux grands espaces, ça ne tourne toujours pas rond on tente de boucler la boucle autrement, on pousse, on avance, on évolue... A voir et à conseiller.
Site : Selenie
velocio
velocio

1 561 abonnés 3 547 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 juillet 2022
Parmi les thrillers, il y a ceux qui se concentrent sur une enquête policière menée pour découvrir le, la ou les coupables d'un crime. Dans ce type de thrillers, il y a ceux où le spectateur est en avance sur la police ou la gendarmerie : il connait très vite le, la ou les coupables alors que la police ou la gendarmerie cherche jusqu'au bout. Il y a ceux où le spectateur est à égalité avec les enquêteurs qui finissent par découvrir le, la ou les coupables. Et puis, il y a ceux, plus rares, où le spectateur est à égalité avec les enquêteurs qui n'arrivent jamais à découvrir le, la ou les coupables. "La nuit du 12" fait partie de cette dernière catégorie. Ce film n'est pas qu'un thriller, par ailleurs passionnant, c'est aussi un état des lieux sur la "misère" des services publics (ici, la police) et, surtout, une réflexion sur la masculinité et sur les rapports entre les hommes et les femmes. On y prend conscience que si "compliqué" est un antonyme de "facile" ce qui laisserait penser que "facile" et "pas compliqué" veulent dire la même chose, eh bien il faut se mettre dans la tête qu'une "fille pas compliquée" n'est pas forcément ce que certains appellent une "fille facile" ! Dans une distribution très solide, Bastien Bouillon et Bouli Lanners sont remarquables dans des rôles de flics de la PJ, mais que dire d'Anouk Grinberg, plus que remarquable (comme d'hab !) dans le rôle d'une juge ?
Dois-Je Le voir ?
Dois-Je Le voir ?

413 abonnés 1 862 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 juillet 2022
C’est une réalisation de Dominik Moll dont le dernier polar Seules Les Bêtes avait été bien reçu par le public et la critique. Cette fois, il va adapter le roman 18.3 - une année à la PJ, de Pauline Guéna. Le scénario a été écrit avec Gilles Marchand (Seules Les Bêtes). La Nuit du 12 a été présenté au Festival de Cannes 2022.

Chaque année en France, il y a des crimes qui ne sont pas élucidés. Des cas rarement exploités au cinéma. Il est rare d'avoir un film policier sans qu'à la fin, on ne sache pas qui est l'assassin. C'est dans cette optique que La Nuit du 12 va se démarquer. Il est tout de même dommage que dès le début du film, on nous le dise. Un positionnement qui est perturbant. En effet, nous avons l'habitude justement de connaître le meurtrier. Un coup de maître qui a réussi.

L'enquête va être passionnante. Cela va être du point de vue de la PJ et on aura seulement les informations que les policiers possèdent. Il faudra, avec Yohan, tenter de savoir qui est le coupable de ce crime abject. Forcément, comme lui, on a beaucoup de doutes, de soupçons, mais jamais de certitudes. C'est une manière de faire immersive qui fonctionne parfaitement. On va être pris totalement dans l'entrain de cette enquête. Même si on n’arrive pas à trouver qui est le coupable, on aura forcément des pistes. Rien n'est évident, mais tout pourrait se tenir. C'est un moyen de nous faire comprendre comment tant d’enquêtes peuvent rester non élucides.

Il y aura aussi un gros travail sur l'ambiance. Le but étant de se projeter dans cette brigade de police judiciaire, il est important de se sentir avec eux. C'est pour cela que des scènes d'équipes viennent agrémenter le récit. Des moments d'intimité qui sont très importants, car ils rajoutent ce sentiment de faire partie de la bande. On explore, brièvement par les dialogues, la vie des policiers. On se rend compte de l'impact du métier sur eux. Au-delà de ça, l'atmosphère va être froide et sombre. Ne pas réussir à trouver le coupable va faire monter un sentiment d'impuissance.

Si toute cette mise en scène marche, c'est aussi grâce au casting qui est très réussi. Que ce soit le rôle principal de Bastien Bouillon dans la peau du responsable de l’enquête. Un homme plein de certitudes quand il prend son poste, mais que dans l'enquête va transformer son fantôme. Il y a aussi le casting secondaire notamment avec Bouli Lanners. C'est le policier qui est le plus exploré en dehors de Yohan. Il profite de chaque minute à l'écran pour nous impressionner.
Yves G.
Yves G.

1 881 abonnés 4 118 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 septembre 2022
Le capitaine Yohan Vivès (Bastien Bouillon) vient à peine d’être promu à la tête d’une équipe de la PJ de Grenoble qu’on lui confie le dossier d’un féminicide commis à Saint-Jean de Maurienne : Clara a été brûlée vive au retour d’une soirée entre amis. Avec Marceau (Bouli Lanners), un collègue expérimenté mais aigri, il mène l’enquête. Clara avait eu beaucoup d’amants qui sont passés au crible, se révèlent pour la plupart lâches et vils, mais qui possèdent tous un alibi.

Dominik Moll a passé l’âge d’être un espoir du cinéma français. À soixante ans passés, sa carrière est derrière lui. En 2000, il faisait sensation avec "Harry, un ami qui vous veut du bien". Mais il ne réussissait jamais à transformer l’essai. On le retrouvait presque vingt ans plus tard avec "Seules les bêtes", un film qui m’a enthousiasmé et que seule ma pusillanimité m’a retenu de lui donner quatre étoiles. La vérité oblige à dire qu’il devait énormément au roman dont il était tiré de Colin Niel.

Comme "Seules les bêtes", "La Nuit du 12" est tiré d’un livre. Il s’agit d’un essai autobiographique d’une jeune autrice, Pauline Guéna, qui a passé une année en immersion à la PJ de Versailles. De ce livre et d’une solide documentation du métier de policier, Dominik Moll a tiré un récit très charpenté qui pointe l’épuisement d’un service public, rongé jusqu’à l’os par la compression des budgets. Dans un court chapitre, Pauline Guéna évoque brièvement une affaire, le meurtre d’une jeune femme brûlée vive, et l’obsession qu’elle a suscitée chez un des inspecteurs.

C’est cette obsession qui a inspiré Dominik Moll et son co-scénariste Gilles Marchand. C’est autour d’elle qu’est construit le film remarquablement interprété par Bastien Bouillon qui creuse lentement sa place dans le cinéma français (on l’avait déjà vu dans "Seules les bêtes", "Le Mystère Henri Pick", "La Promesse de l’aube", etc.).

Mais ce polar prend une envergure inattendue en élargissant son spectre. Comme l’excellent "Laëtitia", le livre magistral que le meurtre sordide de la jeune Laetitia près de Nantes avait inspiré à Ivan Jablonka puis la remarquable mini-série qui en avait été tirée, "La Nuit du 12" part d’un fait divers pour faire le procès du masculinisme. Clara devient le symbole de ces femmes tuées par un machisme toxique, par une veulerie mâle structurée autour de l’exercice de la domination masculine.
Le propos est puissamment dans l’air du temps. Il frappe fort. Il touche juste.
Cinemadourg
Cinemadourg

921 abonnés 1 819 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 juillet 2022
Alors qu'elle vient de passer une soirée chez des amis, Clara rentre chez elle à pied à la nuit tombée dans la région de Grenoble.
Surprise par un(e) inconnu(e) qui l'asperge d'essence avant d'y mettre le feu, sa jeune vie se termine là, de façon ignoble, odieuse et injuste.
Ce thriller franco-belge nous propulse au sein d'une brigade de la Police Judiciaire en charge de cette affaire terrible, délicate et sordide.
J'ai tout simplement adoré cette plongée intimiste, réaliste et minutieuse dans le quotidien de ces hommes et ces femmes dévoués corps et âmes à leur rôle de gardien de la paix et de la justice de notre société.
L'atmosphère est tranchante et hyper immersive, les 114 minutes de ce film policier passent à une vitesse folle tant on se sent absorbé par cette enquête douloureusement bouleversante.
Le duo de flics joué par Bastien Bouillon et Bouli Lanners est tout bonnement excellent.
Une superbe introspection au coeur d'une affaire criminelle, réalisée de façon subtile, intelligente et séduisante par Dominik Moll, déjà aux manettes dans "Harry, un ami qui vous veut du bien" (2000) ou "Seules les bêtes" (2019).
Site CINEMADOURG.free.fr
tixou0
tixou0

793 abonnés 2 047 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 juillet 2022
On le sait d'emblée (adresse au spectateur), ce crime de "La Nuit du 12" n'a pas été élucidé. Pour autant, les scénaristes (adaptant un livre-document - la scène étant en Isère, et non à Versailles, comme dans celui-ci) savent passionner ce dernier, en narrant par le menu l'enquête spoiler: (initiale, puis 3 ans plus tard, quand rouverte par un nouveau magistrat instructeur).
L'important en effet, c'est la "pâte humaine", pour le réalisateur (et coscénariste) de "Harry, un ami qui vous veut du bien", Dominik Moll... Ni "thriller" classique, ni documentaire donc : un récit psychologique plutôt. Charpenté sur le plan dramaturgique, autant que filmé avec une opportune sobriété. On partage les doutes et la frustration du chef de groupe (Bastien Bouillon, alias "Yohan Vivès"), et ceux de "Marceau" (le toujours excellent Bouli Lanners). Mais pas que...
Derrière le flic, l'homme... Et la victime ("Clara", 21 ans, morte brûlée vive) n'est bien sûr pas qu'une statistique "cold case"...
norman06
norman06

432 abonnés 1 846 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 juillet 2022
Très bon polar, à la fois explicatif et laissant des zones de mystère, avec une mise en scène maîtrisée de Dominik Moll. Malgré une ou deux répliques néoféministes maladroites, inutiles au récit, l'ensemble est de haute tenue.
Chris58640
Chris58640

262 abonnés 835 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 juillet 2022
Avec ce film noir d’un tout petit peu moins de 2 heures, Dominik Moll affiche la couleur avant même le premier plan, avant même la toute première image, spoiler: cette enquête échouera, cet assassin restera impuni. Il choisit d’emblée de ne pas tromper le spectateur. Avec « La Nuit du 12 », pas de révélation finale ni de coup de théâtre, ce film est un long métrage sur la frustration d’une enquête de police qui échoue et qui mine la vie et l’esprit des enquêteurs qui pourtant, font tout comme il faut.
Du coup, passé les premières minutes très éprouvantes (car le meurtre n’est pas suggéré, il est montré, tout comme le cadavre ensuite), Dominik Moll déroule son enquête. Il explore ce fait divers qui n’a pas d’autre nom qu’un féminicide et qui met les enquêteurs, tous des hommes, en face de leur propre attitude envers les femmes. Ce que le scénario de Dominik Moll montre avec beaucoup de pertinence, c’est que même si c’est bien un homme qui a tenu le briquet (encore que, ça pourrait être une femme, factuellement, mais allez savoir pourquoi personne n’y croit !), sa motivation est à chercher du côté de tous les hommes. Moll filme des enquêteurs chez qui cette vérité s’impose doucement, les mettant de plus en plus mal à l’aise, spoiler: au point même d’en faire craquer un
. Il y a peut-être des spectateurs qui trouveront le propos exagéré, caricatural, les rôles masculins improbables de bêtise, d’arrogance, de violence. Même si c’est vrai que la jeune Clara ne tombait pas sur la crème de la crème point de vue bonhomme, pour moi le scénario ne tombe pas à côté de son sujet. Il faudrait être aveugle et sourd aux faits d’actualité pour penser que Dominik Moll ne transpose pas au cinéma une réalité bien tangible et bien cruelle. Quand il montre une brochette d’hommes toxiques (et violents et/ou arrogants et/ou immatures), ça sonne vrai. Tout comme ça sonne vrai quand il montre une police dénuée de moyens qui travaille avec du matériel dépassé, tout comme ça sonne vrai quand il montre des enquêteurs à la vie personnelle ravagée par leur métier, tout comme ça sonne vrai quand il montre une enquête qui piétine spoiler: et qui ne sera peut-être jamais élucidée
. Parce que la vie ce n’est pas comme dans les romans noirs, spoiler: parfois l’assassin reste impuni, quelle que soit l’abomination de son crime
. C’est insupportable, c’est injuste, mais c’est comme ça. Là où je trouve qu’il fait un très bon travail de réalisation, spoiler: c’est que même connaissant d’emblée l’issue de l’enquête, on marche avec la police, on cherche avec elle, on se prend à espérer quand même un petit rien du tout qui va enfin ouvrir la bonne porte. Susciter le suspens en ayant donné au départ le résultat, c’est un petit exploit quand même !
Son film est très réussi, bien filmé, les paysages sont magnifiques et la musique, discrète, bien calée sur les images. Pas de temps morts, quelques scènes clefs (dont la troisième audition de le meilleure amie de Clara, pour moi une des plus belles scènes du film point de vue dialogue), pas de pathos, un très bon équilibre. Le casting est dominé par des comédiens assez formidables, Bastien Bouillon d’un côté en jeune chef de groupe, tout en colère rentrée, c’est le personnage chez qui on sent très vite le chemin intérieur que cette affaire suscite, de son point de vue d’homme. Bastien Bouillon, que je ne connaissais pas, est étonnant de justesse. Et puis Bouli Lanners, dont on connait la puissance de jeu et qui trouve ici, dans le rôle de Marceau, je trouve un de ses plus beau. Il disparait dans la deuxième partie du film (car le film se divise en partie, la dernière demi-heure se situant en 2019) spoiler: car son personnage craque. A fleur de peau à cause d’une vie personnelle en lambeau, ce féminicide lui est insupportable quasiment le premier jour, et sonnera le glas de sa carrière de policer
. Les autres comédiens sont très bien mais Anouk Grimberg, par exemple, n’a que 2 petites scènes pour s’exprimer, ce qui n’est quand même pas beaucoup. Mention spéciale pour Pierre Lotin, dans le rôle pour le coup d’une vraie ordure, et qui, en une minute montre en main, nous donne furieusement envie de le mettre dans une cage et de jeter la clef. Susciter autant de dégout en si peu de seconde, c’est assez rare. « La Nuit du 12 » n’est pas un film facile, agréable et qui « passe crème ». Il remue des vilaines choses, il apporte beaucoup de frustration et de colère. « Il y a quelque chose qui cloche entre les Hommes et les Femmes », le film de Dominik Moll met le doigt dessus et appuie, peut-être un peu fort, mais qui peut dire qu’il est dans l’erreur.
Lorry M
Lorry M

13 abonnés 12 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 juillet 2022
En points positifs : il y a du suspense et l'histoire est terrifiante. L'enquête dépeint aussi les relations amoureuses sans amour, décomplexées mais aussi déshumanisées entre une fille "pas compliquée" et des garçons "pas très romantiques". Cette triste réalité, le réalisateur s'en saisit pour faire passer son message : si l'on ne trouve pas le coupable dans cette affaire, c'est parce que tous les hommes se comportent mal et qu'ils sont tous, à cause de leur comportement, de potentiels suspects.
En points négatifs : Est-ce qu'on adhère à ce message plutôt féministe ? Des scènes redondantes, toujours le même profil de suspect, rien d'original dans l'enquête et personnellement je ne suis pas fan du jeu de Bastien Bouillon qui manque un peu de charisme, à mon goût, pour jouer un capitaine plein de mystère.
Redzing
Redzing

1 464 abonnés 4 990 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 février 2023
Aux environs de Grenoble, Clara, 21 ans, est brûlée vive alors qu’elle rentre chez elle de nuit. La police judiciaire tentera de démêler l’affaire, plongeant dans la vie privée tentaculaire de la jeune fille.
Dominik Moll prévient d’emblée son spectateur : inspirée d’un fait divers, cette enquête ne sera pas élucidée ! Un postulat gonflé pour un polar, et pourtant on se prend au jeu.
« La Nuit du 12 » est tout d’abord une vision dramatique presque documentaire sur le métier de policier. Interrogatoires, rédaction de procès-verbaux, détricotage de vie privée… Et surtout dégoût face à des crimes sordides, vie privée difficile à gérer, et frustration d’interagir avec types louches (au mieux) ou des crapules (au pire).
Et, à l’image des jolis paysages montagnards qui tranchent avec ce crime atroce, la déconnexion entre deux mondes. Celui des policiers, qui tentent de maintenir des valeurs morales pour faire leur travail. Et celui des plus jeunes, où le sexe est facile et la notion de fidélité n’a pas beaucoup de sens.
L’occasion d’aborder aussi le rapport entre les hommes et les femmes. Vu ici de manière pertinente, certains rétrogrades ne se cachant pas de penser que si Clara a été brûlée, c’est « qu’elle l’a cherché » par ses mauvaises et nombreuses fréquentations.
Le tout mis en scène de manière sobre et calculée par Dominik Moll (caméra souvent statique, grand angle oppressant dans les bureaux…). Et en s’appuyant sur l’interprétation froide, subtile, et tout en retenue de Bastien Bouillon. Dont la prestation rappelle par moment les rôles tenus par Laurent Lucas il y a 20 ans chez le même réalisateur ! Bouillon incarne ce capitaine de PJ, hanté par le fait que malgré les efforts déployés, il tourne (littéralement !) en rond.
Un drame policier pertinent et intelligent.
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