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Verobisson
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4,0
Publiée le 27 mai 2024
Bon film franco-belge, comme on les aime : un thriller particulièrement réaliste avec la vie de la PJ française. On est loin de la fureur des Américains. La mise en scène, basée sur des séquences en temps réel, reproduit par son montage la dynamique de la PJ sans cesse brisée dans son élan Bastien Bouillon donne une force mystérieuse au personnage de Yohan, hanté, au côté d'un Bouli Lanners désemparé. Le réalisateur revisite adroitement le polar en un plaidoyer vif contre le féminicide et pointe une PJ encore trop masculine et misogyne Au-delà du propos, la transposition des faits réels de l’Ile de France dans les paysages de la Vallée de la Maurienne et la bande son ne pouvaient pas illuminer Cannes, mais les Césars. Logique
Je me souviens d'avoir été surpris. Parce que le film, dont je pensais avant coup qu'il serait un chouette polar, qui me permettrait à Cannes d'enfin passer une séance de fin de festival à ne pas me forcer à ne pas dormir, est en fait plus que ça. Son intrigue en zigzag est certes maligne et efficace comme ce que l'on attend de ce type d'oeuvres, mais a contrario des polars lambda qu'on croise un peu partout, sa sous-couche est plus intéressante encore que l'enquête menée. Et la résolution laisse de sacrées traces, ouvre la discussion. Et puis moi, je sais qu'il ne fait pas l'unanimité, mais Bastien Bouillon, l'acteur principal, ben il m'a complètement conquis, sur ce rôle. Et j'ai hâte de voir la suite pour lui.
Voila un policier qui est intelligent et qui sort des sentiers battus Loin de Bac Nord la vie d'une brigade de flic ancré dans le réel avec toutes sa misère administrative, son manque de matériel adéquate pour une ambition et une volonté de rendre justice aux victimes....mais 20% des homicides ne sont pas résolus et certaines affaires vous marque a jamais. Une réalité sans fioritures, dépeinte telle quelle ...sans rajouts ...a la limite du Publi reportage...plus vrai que nature. Les sentiments, les interrogations, les espoirs sont ici les principaux moteur des enquêteurs ...et tout cela est finement joué (Duo Bastien Bouillon/Bouli Lanners absolument au top) et on se laisse a compatir autant pour la famille des victimes que pou cette brigade de flics . Un thriller dense autour d'un féminicide et d'une enquête aux multiples facettes.Bravo a Dominique Moll....un sacré bon polar
La Nuit du 12 de Dominik Moll Un très bon polars très réaliste dans la complexité du système global actuel, de notre pays et du monde actuel… Du cinéma français comme on l’aime, parfaitement joué, juste, complexe de simplicité. À voir. 16/20
Le talent de Dominik Moll n'est plus à démontrer. Seules Les Bêtes (2019) était un film impressionnant par sa structure dramatique et la richesse de son histoire. Ici avec La Nuit Du 12, la ligne dramatique du film est plus directe, traditionnelle. Avec un féminicide, l'enquête, les suspects, les flics et leurs problèmes. Le film est incarné par ses personnages, c'est-à-dire par ses acteurs qui donnent les formes requises, d’abord aux policiers avec Bastien Bouillon tout en puissance rentrée, Bouli Lanners plutôt en mode nominal (il fait le même personnage dans beaucoup de films), mais aussi et surtout les actrices de complément, toutes des personnages qui existent et amènent beaucoup d'émotions et ceci de manière naturelle. Cette manière naturelle donne une patine documentaire au film, que nous imaginons bien documenté.
La tonalité du film, toute en description objective de la réalité et mettant en valeur la nature humaine, est ce qui rend le film passionnant malgré son sujet, sombre, tout comme le photographie du film. En particulier cette photographie est sombre et granuleuse. Elle incarne le climat, la noirceur, le fait divers horrible, et l'histoire sombre, surtout dans la teneur de la fin et de la recherche éperdue du coupable très difficile à identifier.
Le film policier est dramatique, tout comme cette histoire lorsque l'on apprend comment cette histoire se termine. D'ailleurs, une des gageures du film est de le relancer avec le personnage de la juge qu'interprète Anouk Grinberg. Personnage inexistant avant dans le film, mais qui le rend encore plus hypnotique.
Très bon scénario sur un fait terrible .... très bonne interprétation toute en justesse le cinéma est aussi la pour ça pour dénoncer les atrocités mais aussi pour nous faire reflechir
Dominik Moll, le réalisateur de Harry, un ami qui vous veut du bien, revient sur les écrans avec ce polar de 114 minutes qui, c’est très à la mode, tente de revisiter – comme on dit – le genre. Le roumain Dédales ou le coréen Decision to leave en sont des exemples très récents. Cette fois, c’est français – en fin franco-belge -, et bien de chez nous. À la PJ chaque enquêteur tombe un jour ou l’autre sur un crime qu’il n’arrive pas à résoudre et qui le hante. Pour Yohan c’est le meurtre de Clara. Les interrogatoires se succèdent, les suspects ne manquent pas, et les doutes de Yohan ne cessent de grandir. Une seule chose est certaine, le crime a eu lieu la nuit du 12. C’est solide, quasi documentaire sur le travail de fourmi des enquêteurs de la PJ, - on pense au formidable L.627 de Bertrand Tavernier -, bien filmé, bien écrit, bien joué… mais hélas, un énorme bémol gâche tout le plaisir qu’on devrait prendre à ce film. Aussi, ne vais-je rien vous divulgâcher, puisque l’erreur majeure de ce scénario intervient avant même la 1ère image… un bandeau de texte nous apprend que 20 % des meurtres commis en France ne sont jamais élucidés. OK ! Mais là, on a cru bon d’ajouter, c’est le cas dans cette histoire… Avouez que c’est ballot. Alors, on regarde avec intérêt mais sans passion, ce polar désormais sans suspense. Bien sûr, je le répète l’aspect reportage sur le travail de la police est remarquable, - lourdeur de la procédure et des PV, les relations au sein d’un groupe, le contraste entre la tension des interrogatoires et la trivialité des moments de relâchement qui permettent d’évacuer la pression -, il faut dire que le scénario est inspiré par le livre de Pauline Guéna 18.3 - une année à la PJ, (Ed. Gallimard 2021), ou plus précisément, d’une trentaine de pages de cet ouvrage qui en fait plus de cinq cents. Dominik Moll a choisi une des affaires traîtées dans le bouquin et c’est surtout intéressé au rapport d’un des flics avec ladite affaire. Le livre disait que chaque enquêteur tombe un jour sur un crime qui fait plus mal que les autres, que pour une raison mystérieuse, il se plante en lui comme une écharde, et que la plaie n’en finit pas de s’infecter. Le film raconte donc le film pouvait l’obsession et le trouble grandissant d’un enquêteur scrupuleux face à un crime irrésolu. Une belle idée toutefois : celle du vélodrome, un défouloir pour le personnage central, où il y évacue ses tensions, mais c’est aussi un lieu où il tourne en rond… et pour cause. Ce film serait une pleine réussite sans ma grosse réserve du début de chronique. Pour la 1ère fois, Bastien Bouillon, un spécialiste des séries télé et des seconds rôles, tient le haut de l’affiche avec une belle présence. Il est accompagné par les excellents Bouli Lanners, Anouk Grinberg ou Mona Soualem. Reste de ces presque deux heures un travail méticuleux très bien écrit et qui constitue un formidable plaidoyer contre les violences faites aux femmes. Il faut donc se faire à l’idée qu’ici, l'enquête importe finalement moins comme pur récit policier que comme véhicule permettant de dresser le constat lucide d'une toxicité masculine malheureusement inscrite dans les gènes de nos sociétés influencées par une idéologie patriarcale particulièrement tenace. Un des grands films français de l’année.
Vraiment un très beau film! Une ambiance et une image de film noir moderne. On y est plongé de bout en bout! L'équipe d'acteur nous emportent. La réalisation est très efficace. Le sujet est violent mais cette belle œuvre nous ravit!
Il paraît que Demi Moore s’est mariée avec Dominik Moll. Voilà.
Comme beaucoup, j’avais laissé Dominik Moll il y a bien bien longtemps, pas par choix cependant. Et après de multiples RDV ratés avec La Nuit du 12 l’été dernier, ces Césars m’ont poussé à forcer le destin.
Dans une station de montagne, une jeune femme est brûlée vive. La PJ de Grenoble est chargée de l’enquête. Celle-ci sera longue, difficile, éprouvante.
Ça commence fort et c’est peu dire. Et la tension ne redescendra pas. Pour un peu, ce climat tendu pourrait rappeler Fincher ce qui ne serait pas surprenant quand on sait que le réalisateur américain et Dominik Moll ont en commun un vif intérêt pour l’œuvre de Hitchcock. Et comme chez le maître, le mystère est ici entretenu savamment. Mais au-delà du thriller efficace, il y a aussi une dimension sociétale évidente. C’est un film d’aujourd’hui qui traite des violences que subissent les femmes et de ce qu’on appelle maintenant les féminicides. C’est une des forces du film que de montrer sans gros sabots la réalité du phénomène, par l’exemple. Moll, Marchand et Guéna tentent de déconstruire la réflexion autour du meurtre d’une femme, expliquant comment les uns ont facilement tendance à juger la victime autant que le coupable pour trouver une explication plausible. Plausible dans une tête d’homme. C’est l’homme qui tue, c’est l’homme qui juge. Car ici, la question de point de vue est importante et la confrontation avec les amies de la victimes et avec les suspects mâles aide à comprendre comment cette violence est perçue comme banale. Et finalement, le traitement de la question par la société semble être une autre forme de violence. Un deuxième acte de violence à l’encontre de la femme victime. Par chance, les personnages sont finement écrits et à aucun moment ils ne paraissent reposer sur des clichés éculés. Par chance aussi, le décor est réaliste. Ni l’idyllique quartier bourgeois parisien à la décadence chabrolienne, ni la zone de non-droit dans laquelle il est facile de mettre en scène la déviance pour mieux s’en laver les mains. Non. C’est ici, dans ta rue. Cette femme est ta voisine et son meurtrier pourrait être le gentil gars que tu viens de croiser à la boulangerie. Par chance enfin, toutes ces réflexions ne prennent jamais le pas sur l’intrigue et ne viennent jamais dire que cette histoire est un prétexte. A la mise en scène, la sobriété est de mise mais on perçoit très bien la lumière du lieu et le poids du minéral ambiant. Les plans serrés enferment chacun de ces flics dans des songes qui les rongent.
En clair, une véritable réussite sur tous les plans. Un grand polar. Un grand film sociétal. Un moment fort. Tout à fait conseillé donc.
Le capitaine à la jeune recrue beurre, dans l’intimité d’une planque : «Pourquoi t’as choisi la pj t’aurais pu prendre du galon dans un commissariat ? » La jeune recrue : « On m’avait dit que la crim c’était le haut du panier… les mecs sont un peu moins racistes, ok, mais ça reste très potache… ». Elle poursuit «: « vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi ce sont toujours des hommes qui enquêtent sur un féminicide ? ». La procureure au capitaine «: « cela fait des décennies que je fais ce métier, et oui je vous confirme qu’il y a un problème entre les hommes et les femmes ». Des remarques simples, distillées au compte-goutte le longe de l’enquête, des évidences criantes de vérité qui doivent nous maintenir en état d’alerte sur les maux de notre société. L’humanité et la persévérance des policiers mise à jour sans artifice. La bêtise abyssale du mâle alpha, tournée en dérision, ou brute et condescendante. Tout cela nourrit en nous une empathie profonde, d’un côté, et un sentiment d’injustice rageur de l’autre. Une réflexion profonde et juste sur l’éducation des hommes et leur rapports avec les femmes.
Un très bon film français qui raconte l'histoire d'un meurtre d'une jeune femme. Du suspens jusqu'au bout. Les acteurs sont très bons et nous apprenons la complexité d'une enquête meurtrière au sein de la PJ. A voir !
Un film policier qui s’avère passionnant alors qu’il nous annonce d’emblée que l’enquête qu’il va suivre n’aboutira pas. Car la nuit du 12 c’est avant tout une étude de cas et de personnages. Une étude de cas en nous dépeignant une société ou les violences aux femmes sont minimisées, ou la victime est elle aussi jugée, ou le manque de moyen de la police qui enquête est criant. Et enfin un film où le « Not All Men » en prend un sacré coup. C’est aussi une étude de personnages, l’écriture et l’interprétation de ces derniers sont remarquables et la crédibilité du film tient tout autant à ses caractéristiques qu’a sa réalisation froide et clinique. C’est très triste car pessimiste, mais passionnant et je dirais même utile.
À travers cette enquête sur le meurtre sordide d’une jeune femme, Dominik Moll va confronter ses personnages à différents portraits d’une masculinité toxique. La quête du coupable n’est pas tant l’objet du récit que la démonstration que chacun a sa part de responsabilité.
Chaque piste, chaque indice m'a captivée. Grosse frustration tout de même, spoiler: car c'est une enquête non résolue et on le sait dès le début du film, mais on vit chaque interrogatoire, chaque scène avec cette équipe de flics, le scénario est intelligent et la mise en scène au top.