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Pierre03
8 abonnés
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4,0
Publiée le 24 février 2023
Un parti pris osé pour ce thriller de Dominik Moll, le suspens est éventé puisqu'on comprend dès le début que l'on ne trouvera pas le coupable. Il n'en reste pas moins que le scénario est mené de façon très cohérente dans un style direct et réaliste. Le jeu des acteurs est tout à fait convaincant, la mise en scène rythmée et les dialogues percutants. L'atmosphère est bien rendue, angoissante, avec la tension qui monte au fur et à mesure que l'enquête piétine. La photographie est correcte sans plus, mais là n'est pas l'intérêt du film. Seul petit bémol, les allusions féministes répétées, bien dans l'air du temps, qui m'ont un peu agacé. Au final, un thriller de qualité, bien réalisé. L'immersion dans le milieu des enquêteurs est particulièrement réussie.
Le vainqueur des César est un polar sous tension qui décortique ses personnages et fait la part belle aux comédiens. L'histoire en devient même secondaire. Une belle réussite.
"Il y a dans toute carrière de policier une affaire qui vous hante" : voila comment résumer l'état d'esprit des membres de la PJ. Ici, Clara, 21 ans, est sauvagement assassinée en rentrant d'une soirée chez des amies. D'emblée, le film ne s'en cache pas en mentionnant le pourcentage (20) des homicides non élucidés. Et pourtant, Dominik Moll tient le pari durant près de deux heures de nous faire espérer une issue à ce drame. Bastien Bouillon dégage un calme olympien enchainant les tours de piste à mesure que son enquête tourne elle aussi en rond. Bouli Lanners à l'opposé est dépeint comme une véritable bombe à retardement. L'intrigue est passionnante et dans ce milieu masculin, c'est la jeune promue qui résume le mieux la situation en affirmant qu'il faut "savoir vivre avec ses fantômes". Un polar de qualité.
La façon dont est perpétré le meurtre, puis filmé, façon TV , et la manière de mener l’enquête fixent l’ambition d’un film qui se dit policier, mais qui évolue sur un tout autre registre. Dominique Moll suit au quotidien une équipe de la PJ dont l’enquête sur le meurtre d’une jeune fille, brûlée vive, piétine. On les voit d’investigation en interrogatoire vivre au jour le jour le quotidien des flics du même genre, sans que ce film soit un véritable polar. Le réalisateur se détache des codes habituels pour se consacrer avant tout aux hommes, à leurs comportements quotidiens, à leurs habitudes. Une démarche assez pragmatique à l’image de sa mise en scène au milieu de laquelle le personnage principal Yohan, le chef de groupe se pose toujours tel un homme au milieu des hommes. Bastien Bouillon l’incarne à merveille face à Bouli Lanners, une fois encore désarmant de vérité. Si l’enquête parait passer au second plan, c’est qu’elle supporte toutes les préoccupations d’un scénario riche de ses intentions. La réalisation les conforte , là où il est autant question de suspect que de respect, C’est de dignité humaine dont nous parle Dominik Moll . Son plaidoyer à l’égard des femmes est sans rature. Pour en savoir plus : lheuredelasortie
Voilà une fiction qui fait froid dans le dos, basée sur des faits réels, à partir de l’œuvre de Pauline Guena, qui a passé une année dans les rouages d'enquêtes du même ordre. C'est surtout sa réalisation, très sobre et extrêmement dénudée de Dominik Moll, qui oblige le temps de la réflexion, qui permet un regard très objectif sur des faits insupportables, et de temps en temps, non punis. Non pas faute d'enquêtes, de soupçons, de procès verbaux, mais sans preuve. Conquis par le choix des deux acteurs : Marceau (Bouli Lanners) ou Yohan (Bastien Bouillon), l'un et l'autre plus que crédibles, et particulièrement investis. J'ai adoré le personnage de B Bouillon, remarquable, et nul doute qu'il sera récompensé à juste titre pour une prestation pratiquement exceptionnelle. Bien en place, ce scénario de Gilles Marchand au cordeau, avec un dosage subtil des conséquences sur les vies personnelles de ces policiers, non neutres, montre toute la complexité de certaines enquêtes..... Le rythme n'est pas trop lent, je le trouve au contraire judicieux, de même que pour les décors, simples, bruts, illustrant avec force et profondeur, une implacable sensibilité, face à une insoutenable réalité. Je vous le recommande chaudement...!!**
Excellent film qui dénonce les feminicides et les difficultés policières pour retrouver les criminels et montre combien toutes ces affaires criminelles peuvent être dures psychologiquement.... A voir !
Un film remarquablement bien écrit et magistralement interprété. Le spectateur est tenu en haleine et considéré comme un acteur de cette enquête fort éprouvante pour les nerfs.
Polar sur le feminicide. C'est très maîtrisé, haletant et les personnages sont très bien travaillé. Grande audace d'annoncer des le début du film que l'affaire que nous allons voir ne sera pas résolu et pourtant suspense garanti. Excellent film, césar mérité.
UN GRAND FILM !!! un film policier pas comme les autres…..On recherche le coupable, bien sûr ! Mais l’essentiel est ailleurs……..
Les raisons du meurtre; c’est sans doute notre quête et cette ambiguïté qui nous vient à l’esprit, malgré nous: « avec sa vie dissolue, ne l’a t’elle pas, un peu cherché » ?
On a un peu mauvaise conscience…… Et puis, il ne suffit pas d’avoir un mobile, pour être « l’assassin » ……. On rentre dans l’intimité de ces policiers; leurs problèmes personnels, leurs fragilités.
D. Moll parvient à nous entraîner dans sa quête d’humanité…on se sent, plus que « spectateur » ; pris parfois, dans un raisonnement « macho » ?
La frustration, l’incompréhension des policiers, de ne pas découvrir les « raisons » de l’assassinat! L’opposition entre problèmes professionnels et problèmes personnels pour les policiers est abordée avec subtilité
Cette sensation de "cinéma vérité" parce que les comédiens (hors Bouli Lanners) ne sont pas si connus ? Joie de retrouver si longtemps après Blier, Anouk Grinberg!!!
Faut il ajouter la qualité de l’image et l’opposition entre « pureté » de la montagne et atmosphère glauque du commissariat
Au-délà de l'enquête policière totalement captivante, dépeinte sur un rythme d'une extrême précision qui alimente la tension dramatique, ce film soulève de manière subtile une réflexion plus profonde sur les rapports hommes-femmes et les biais psychologiques des uns envers les autres. Bastien Bouillon, magistral, peut enfin exprimer son talent dans un premier rôle d'envergure.
"Il est des crimes qui vous habitent ; des crimes qui font plus mal que les autres et vous ne savez pas toujours pourquoi. Vous êtes cueilli par surprise, au moment où vous vous y attendiez le moins, par un détail qui vous laissera le coeur en pièces ».
Tiré du résumé du livre 18.3 - une année à la PJ, dont le film est adapté, ces quelques phrases résument parfaitement La Nuit du 12. Thriller coup de poing qui traite d’une affaire de meurtre on suit un chef de brigade de la Police Judiciaire qui vas être petit à petit rongé par cette affaire. Et c’est toute la force de ce film, au-delà de l’enquête, déjà captivante c’est une histoire d’Hommes, une tranche de vie qui va nous amener à nous poser beaucoup de questions. Car La Nuit du 12 n’est pas un simple Thriller, c’est une réflexion sur tout un modèle de société, un monde où des hommes tuent des femmes où d’autres hommes enquêtent sur les premiers, comme le dit si bien une protagoniste « un monde d’hommes ». Car La Nuit du 12 est profondément féministe et porte son propos et sa réflexion d’une manière remarquable, moi qui ne suit pas particulièrement sensible à cette question ça m’a pourtant touché.
La Nuit du 12 porte son propos, comme son histoire avec une grande finesse, une véritable intelligence et beaucoup de psychologie. Parfois émouvant, brutal sans pourtant rien montrer ou presque, le film est à l’image de ses protagonistes : pudique et attachant. Très vite on s’attache au duo principal porté de façon excellente par le duo Bouillon, Lanners et on se trouve à partager leurs angoisses, leurs doutes, leurs peines. Profondément humain, c’est aussi la force de ce film, montrer comment de simples individus sont amenés à lutter (sans beaucoup de moyen) contre le « mal », pas le mal absolu (car il n’y a rien de manichéen dans ce film), non le mal ordinaire qui peut pousser aux pires atrocités. Le film le dépeint bien avec l’ensemble des suspects avec toujours cette justesse, cette finesse, ce réalisme qui le caractérise et qui en fait un film assez dur finalement, car pouvant clairement se transposer dans notre vie.
Bien écrit, bien construit, bien joué, le film évite en plus le piège d’une fin précipitée ou trop facile comme le font trop souvent trop souvent les films du genre, la fin particulièrement amer mais à l’image du film, tout en nuance vient clore une œuvre réussie de bout en bout qui s’apprécie encore plus avec du recul. A voir.
Un fait divers scandaleux, une enquête facile à suivre mais qui piétine, le film n'accuse aucune longueur et ne pêche que par le jeu de certains acteurs qui ne sont pas tous bons.
Film sans fioritures, quasi pas de musique, pas de dialogues superflus... assez austère mais pas dépourvu d'émotion. La nuit du 12 est le récit de ceux qui conduisent une enquête sans solution, espèrent, s'obstinent, désespèrent. Mais ce n'est pas seulement une enquête dans tout son réalisme. C'est aussi le regard que portent les policiers sur eux-mêmes, pourquoi ils font ce travail, jusqu'à où. Et c'est là où le film devient quelque chose de particulier et qui en fait un film réussi.
Passionnant. La Nuit du 12 est non seulement un thriller palpitant mais également un documentaire sur les conditions de travail des policiers et enfin une photographie des moeurs de nos plus jeunes. Un film multi-thémes donc, totalement maitrisé et d'une grande fluidité. Casting de quasi inconnus tous parfaits. Puissant, rageant et émouvant.