La Nuit du 12
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Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

146 abonnés 2 088 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 septembre 2022
Réalisé par Dominik Moll, le cinéaste à l’origine de Harry, un ami qui vous veut du bien (2000) et Lemming (2005), ce faux polar est d’abord une plongée très documentée dans l’univers de la police judiciaire (PJ) française, s’appuyant sur un livre de Pauline Guéna qui relatait une année passée aux côtés des officiers de la PJ à Versailles. Porté par des acteurs au top (Bastien Bouillon, Bouli Lanners…) et des seconds rôles marquants (citons Anouk Grinberg, éblouissante dans son rôle de juge opiniâtre), La nuit du 12 est aussi une photographie de notre époque, prise sous l’angle de la violence omniprésente dans les rapports entre les femmes et les hommes. Avec en prime, une superbe musique signée Olivier Marguerit.
Sébastien B.
Sébastien B.

24 abonnés 146 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 26 février 2023
Vu il y a plusieurs semaines et récompensé aujourd’hui d’une pluie de Césars. Annonçant d’entrée la non résolution de l’enquête qu’il suivra, le film passionne instantanément et continue à hanter longtemps, très longtemps. Une interprétation saisissante, un montage brillant, un travail très réussi sur le son et surtout un propos percutant et ancré dans le constat ahurissant du réel des féminicides. Un grand film entre thriller, investigation et chronique policière, un immense film contemporain.
Bdfoucher
Bdfoucher

69 abonnés 94 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 février 2023
Six césars dont celui du meilleur film et de la meilleure réalisation. C'est mérité car La nuit du 12 de Dominik Moll est un excellent film, bien écrit, tiré aussi du non moins excellent "18-3- Une année à la PJ" (ndr de Versailles ) de Pauline Guéna (2019) dont le dernier chapitre relate cette affaire non élucidée de meurtre d'une jeune femme, Clara Royer dans le film, Maude dans la réalité.

En revoyant ce film hier, je ne peux m'empêcher d'y voir comme l'écho de cet autre excellent ouvrage, "Laëtitia", de Ivan Jablonka (Prix Médicis 2019), également porté à l'écran, qui relate un autre féminicide et dont l'objet était de ne pas réduire la vie et l'épaisseur humaine de la victime à sa seule mort, horrible.

La vie de Clara était sans histoire et sans déraison. Elle vivait de l'air du temps. Joyeuse et "pas compliquée". Son assassinat paraît en regard juger l'ensemble de ses actes et ce regard, m-accusateur, I'm-voyeur, pèse lourd dans l' évocation de cette jeune femme de 21 ans dont on apprend rien ou presque.

Sa meilleure amie, Stéphanie, est très sensible à cette déviance et le dit à Yohan (Bastien Bouillon ) que cette affaire commence à obséder et à lui tourner dans la tête comme il tourne sur un vélodrome à ses heures perdues pour se vider l'esprit.

Mais dans La Nuit du 12 il y a autre chose et l'angle principal vient du regard policier qui interroge sans commenter les témoignages pitoyables des ex, tous dépourvus de sentiments, comme Clara apparemment. L'amour n'est en fait pour tous ces jeunes qu'un brassage des corps qui a ses règles, ténues. Il est réduit à une multitude d'interconnections sans lendemain, apparemment sans risque et sans conséquence aussi, sauf... qu'il y a justement la nuit du 12 pour venir le contredire.

Il faut l'arrivée d'une nouvelle juge d'instruction (Anouk Grinberg) pour dire que certaines choses ne peuvent pas s'oublier, faute de preuves. La justice est , même non rendue, une question de mémoire.

Le film concentre aussi son regard sur la psychologie du policier, seul devant les faits qui deviennent des rapports , devant les arrangements peu ragoûtants des uns et des autres pour dépasser cette mauvaise affaire, des hypothèses qui finissent par hanter les nuits et les jours, où les raisonnements qui sont tenus achèvent de se réifier quand tout piétine. Je sais car ca m'est arrivé . Et c'est effectivement le moment où il faut passer la main. C'est bien vu et on sent bien que tout le film est bien sourcé.

On sort du film sans avoir, comme Johan, la moindre piste et où tous pourraient être coupables, comme tous hommes pourraient l'être. "L'inconnu de la poste" de Florence Aubenas (2021) montre comment une enquête peut soudainement voir son cours changer. Mais là, rien de tel encore. On y croit pourtant jusqu'à la fin. Il n'y a pas prescription de toute façon.

Dernier point enfin... tout la technique filmique est mis au service du ton du film. Le meurtre lui même sans son direct et tout le reste, les gros plans (très majoritaires), la musique, l'absence de recherche d'effets spectaculaires qui font précisément l'intérêt du narratif, sobre et triste, comme un jour de deuil.

A revoir donc .
Christoblog
Christoblog

929 abonnés 1 816 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 juillet 2022
On peut regarder le dernier film de Dominik Moll sous deux angles.

Le premier est l'enquête policière qui décrit la quête longue et infructueuse d'un jeune commissaire, joué avec beaucoup de finesse par l'excellent Bastien Bouillon.

Sous cet angle le film est très réussi. Il est à la fois très réaliste dans sa description du travail ingrat des policiers (la photocopieuse est souvent en panne) et dans sa façon de décrire leur espoir obsessionnel de trouver une réponse à leur question. La psychologie des différents protagonistes est formidablement creusée. Bien sûr, il est difficile de ne pas songer à un Zodiac savoyard.

Le deuxième angle sous lequel on peut envisager le film, c'est sa dénonciation de la violence endémique qu'exercent les hommes envers les femmes, ou que les hommes pensent pouvoir exercer envers les femmes. Il le fait sans vulgarité et avec beaucoup de subtilité, montrant comment ce machisme atavique finit par infuser dans beaucoup d'esprits, y compris des femmes. Dans La nuit du 12, la masculinité est intrinsèquement toxique.

Un des meilleurs films français de l'année.
arthur44
arthur44

53 abonnés 55 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 juillet 2022
Enfin un excellent thriller de "cold case " dans le désert des programmations depuis des semaines...! Bouli Lanners et Bastien Bouillon sont prodigieux de sincérité.
Jules gregoire
Jules gregoire

10 abonnés 39 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 juin 2024
"Dominik Moll, avec 'La Nuit du 12', nous livre un polar haletant qui s'empare d'une affaire non résolue pour plonger dans les méandres de la police judiciaire. Ce thriller sombre, qui explore avec brio la vie d'un groupe d'enquêteurs, interroge subtilement la relation hommes-femmes dans un contexte professionnel souvent dominé par la masculinité. La réalisation est impeccable, soutenue par des performances remarquables, notamment celle de Bastien Bouillon, dont l'interprétation du policier principal est à la fois taiseux et tourmenté. Bouli Lanners, quant à lui, offre une prestation tout aussi convaincante, apportant une profondeur inattendue à son personnage. Le film brille par sa capacité à maintenir une tension constante, tout en posant des questions pertinentes sur la violence et ses répercussions. Sans jamais tomber dans le moralisateur, 'La Nuit du 12' réussit à être un miroir de la société, reflétant les aspects sombres d'une réalité souvent ignorée. En somme, c'est un film puissant et émouvant, qui mérite amplement sa note de 4 sur 5."
weihnachtsmann
weihnachtsmann

1 636 abonnés 5 786 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 janvier 2024
Il y a un air de twin peaks dans ce film d’enquête.
Les lieux donnent une épaisse certaine à la recherche
On reste dans les hypothèses mais on est happé dans cette affaire sordide par le talent des interprètes.
On comprend aussi l’implication et le peu de recul que peuvent avoir les policiers.
Très bon film.
Cinememories
Cinememories

605 abonnés 1 677 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 septembre 2022
Il nous avait déjà convaincu avec « Seules les bêtes », Dominik Moll, à qui l’on doit également « Harry, un ami qui vous veut du bien », ne renonce pas dans sa quête des disparus. S’il s’éloigne du cadre enneigé et hivernale du Causse Méjean, il reste pourtant proche de ces plateaux qui surplombent des hommes et des femmes, qui se trompent dans leur petit monde. En relocalisant son récit sur Grenoble, il se rapproche l’atmosphère souhaitée, proche du rapport de police sordide qui l’a inspiré et qui a été reporté par l’écrivaine Pauline Guena, durant une année à la Police Judiciaire de Versailles. Ce polar ne viendra donc pas déjouer nos attentes autour du scénario, car l’affaire n’est toujours pas résolue. C’est bien autour de l’équipe d’enquêteurs qu’on se plonge, au gré de leurs doutes et de leurs pulsions, humaines après tout.

On se rapproche ainsi du thriller coréen « Memories of Murder » ou son homologue américain « Zodiac », alors que l’on découvre le corps calciné d’une jeune femme, dont on s’acharnera à évaluer sa fidélité. C’est la préoccupation première de Yohan (Bastien Bouillon), en charge d’une enquête, qui l’emmène vers des parents dévastés et d’autres témoignages plus nuancés. Chaque rencontre est évocatrice d’une nouvelle piste, afin de relancer les enjeux, de rabattre des cartes sur ce potentiel nouveau tueur masculin, qui étoffe la liste des flirts de Clara, qui en a probablement payé le prix. Moll et Guena mettent ainsi le doigt sur les méthodes des interrogatoires, qui dévorent les policiers de l’intérieur et qui en sacrifie les bienfaits d’une vie privée, quasiment hors-champ. Cela n’empêche pas le cinéaste de trouver le ton juste, pour des comédiens qui alimentent la tension au sein du groupe, entre blagues décalées et autres démonstrations d’une voix masculine, qui porte jusque dans ses fantasmes les plus fous et éphémères.

Yohan ne fait que revivre ces instants, qui l’ont parachuté chef d’équipe et seul responsable d’un crime qui n’a pas trouvé d’issu avec la justice. À la manière qu’il a de tourner en rond pour décompresser, il camoufle également une colère qui la hante, celui de ne pas pouvoir cerner son audience. Il va jusqu’à croiser sa culpabilité avec celui qu’il cherche, mais l’identité de l’assassin n’est qu’un jeu d’interprétation, qui ne cherche pas à responsabilité les choix du spectateur. Le coupable se tient autant debout dans la masse que dans un coin de vidéo trop pixelisé. L’ouverture impeccable est suffisamment puissante pour que l’on s’interroge de tout, quitte à entrer en contradiction avec des codes déontologiques, que le collègue Marceau (Bouli Lanners) peine à contenir. Le duo s’oppose ainsi par leur expérience et leur croyance, abandonnant presque les faits, que l’on ne peut obtenir, faute de subventions manquantes ou d’intérêt pour un crime aussi silencieux que son écho dans la pénombre.

Revenir sur les lieux d’un crime, c’est donc douter de nos convictions. Dans une affaire qui ne peut aboutir à une conclusion réconfortante, « La Nuit du 12 » soulève bien des conflits internes des hommes et de leur virilité, dans ce monde qui semble leur appartenir et qui les plonge dans la même obscurité de Clara, brûlée par vengeance ? Par simple malveillance ? La complexité du crime est de nature psychologique, qu’on prend un malin plaisir à tordre, à l’image de la violence, que l’on peut assumer, banaliser ou encore redouter. Tout est servi dans le même panier et dans un sens du détail qui convainc, en laissant les clichés derrière soi, jusqu’à ce que la fascination se confonde avec l'obsession.
defleppard
defleppard

493 abonnés 3 734 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 novembre 2022
Un film Français qui sort du lot, prenant dès le début, des dialogues et une réalisation de qualité. Quatre étoiles et demie.
circusstar
circusstar

170 abonnés 734 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 octobre 2022
Que s'est t'il passé la nuit du 12 ?
Un thriller passionnant qui tient en haleine. Le rythme est soutenu. J'ai vraiment aimé.
Kouto
Kouto

35 abonnés 4 815 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 28 octobre 2025
Bien plus qu’une évocation d’un tragique fait divers, le réalisateur Dominik Moll signe un thriller choc questionnant le rapport des femmes face au patriarcat et l’emprise masculine au travers l’enquête menée par la police judiciaire sur le meurtre d’une jeune femme brûlée vive. Posé et méticuleux, le cinéaste offre une approche intelligemment construite reposant sur une intrigue multipliant les zones d’ombre et les suspects mettant ainsi en exergue son sujet, le tout reposant sur des personnages fouillés affinés psychologiquement et brillamment incarné à l’écran par une solide distribution.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 20 juillet 2022
Il y a des films que l'on ne voudrait pas voir s’arrêter !
La nuit du 12 en est un.
Bravo au réalisateur et aux acteurs impeccables.
Ce très bon polar psychologique, nous tient constamment en haleine de bout en bout.
Le métier d'enquêteur est certes passionnant mais aussi usant pour les nerfs.
Les tensions, les espoirs, les désillusions et parfois même le désarroi, accompagnent ces flics tout au long du récit.
On comprend mieux pourquoi il est difficile de réussir sa vie de flic et sa vie familiale.
A voir et a revoir.
Cool_92
Cool_92

377 abonnés 725 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 juillet 2022
Un vrai polar bien noir, bien haletant. On a tellement envie de connaître la résolution de cette enquête qu'on est aussi frustré que le duo de policiers. Oui, il y a des facilités et des clichés. Mais le film est très bon.
Arthur Brondy
Arthur Brondy

311 abonnés 1 537 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 juillet 2022
Dans ce film, on se retrouve au cœur de la PJ de Grenoble qui va enquêter sur le meurtre de Clara. Au fil de l’enquête, les policiers vont explorer la vie intime de la jeune fille sans trouver de piste sérieuse. On y suit le déroulé de l’enquête, la réflexion et le regards des policiers. Un film fort et puissant qui montre un sujet délicat. Un grand film.
kieran_h3ld
kieran_h3ld

39 abonnés 680 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 août 2022
La Force du nouveau film de Dominik Moll, c'est son récit ultra linéaire : dès le début on nous annonce que ce que l'on va voir est une enquête (réelle) non élucidée. Autant dire que les retournements de situation ou autre n'auraient pas fonctionnés. En plus quelques instants plus tard on y voit un jeune capitaine tout récemment promu à la PJ de Grenoble pédalant sur son vélo autour d'une piste. Mais on ne s'attend pas à voir ces officiers tourner autant en rond. Les suspects, les interrogatoires, les pistes s'enchaînent, mais rien, ça n'avance pas. Comme le prononce bien le personnage interprété par l'excellent Bastien Bouillon, chaque homme qu'ils ont rencontré aurait pu commettre cet acte (l'immolation d'une jeune femme), mais au finale pas de coupable. C'est bien ce sentiment d'impuissance total qui rend ce film bouleversant.

Ce qui est aussi particulièrement réussit ce sont les 2 principaux personnages. Déjà dotés de portait bien différents, leur approche de l'enquête l'est aussi. L'un est le jeune un peu parfait, très pro, perfectionniste, carré, presque froid. Le second plus âgé, c'est un peu le bourrin qui rentre dans le tas, et qui surtout se laisse dépasser par ses émotions et ses problèmes de l'extérieur.

A travers tous les interrogatoires auxquels nous auront droit, avec tous ces hommes bizarre, détestable pour la plupart, le portait de la victime est dressé. Une jeune adulte, perdue, qui switch entre plusieurs mecs. Il décrit par la même occasion une jeunesse de province indécise, qui se cherche en faisant des expériences à risque. Et c'est l'incompréhension pour les plus âgés. D'ailleurs cette confrontation, ou cette fracture est toujours présente. Pas que entre générations, mais face au monde en général.

La plus grande fracture est sûrement entre les hommes et les femmes. "Il y a quelque chose qui cloche entre les hommes et les femmes" dit un enquêteur. La meilleure amie de la victime assure que sa copine est morte simplement car c'est une femme. Oui c'est clair, le message féministe est parfois amené avec de trop gros sabots, mais déjà il a le mérite d'être présent et de faire réfléchir. Mais surtout il est cohérent avec le voeu de la police a trouver un constat à toute cette affaire.

Tout cette enquête aura forcément des répercussions sur les enquêteurs. Elle les bouffe de l'intérieur, les hante, ça devient une obsession, ça révolte, il y a de la haine. Mais au bout du compte on est obligé d'abandonner, de passer à autre chose, de se dire que c'est la vie, pour se libérer. Le film le montre via le personnage de Bastien Bouillon qui arrête de tourner en rond autour de sa piste de vélo, il a écouté les conseils de son amie (ex collegue qui à explosé pendant cette enquête) et il fait désormais du vélo sur route, en explorant les différents cols alpestre.

La Nuit du 12 c'est l'anti thriller, un récit sans aucune révélation, sans véritable découverte, mais qui tente toujours de se relancer. Chacune de ses relances sonnent comme un bouleversement supplémentaire.
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