La radio locale Radio Pomski est menacée de disparition à cause de la fermeture du camping. Les habitants de ce lieu se croisent, et semblent à la fois attaché à leur intimité et leur communauté. Malheureusement, rien ne fonctionne vraiment : ni le scénario, ni la réalisation, ni les dialogues, ni le rythme.
Quel ennui total. Il ne caricature du film français, vide, creux et foutraque et pourtant je suis très ouverte et curieuse de ce genre de film. Le seul intérêt c'est Quentin Dolmaire
ce film bric à brac, n'est pas vraiment maîtrisé ni dans son montage ni dans son histoire. en fait c'est plutôt un film choral fait de la rencontre de quelques hurluberlus, mais il faut souligner une très belle plume dans les dialogues surtout vers la fin.
C'est l'histoire, en quatre chapitres et un épilogue, au bord d'un petit lac des Alpes de Haute Provence, des derniers jours d'un camping menacé de fermeture par un projet de construction d'une base nautique. Sept personnages y habitent encore : Serge, un vieux libertaire qui anime une radio libre (Philippe Rebbot), Raymond, un quadra timide, conducteur d'un camion poubelle (Grégory Montel) amoureux de Jocelyne (Florence Loiret Caille), un couple à la recherche d'un second souffle (Estelle Meyer et Oussama Kheddam) et un jeune idéaliste qui rêve de se construire une maison dans les bois (Quentin Dolmaire) et qui a le coup de foudre pour une amazone à cheval (Kim Higelin lancée par "Le Consentement").
Voici un film étonnant. Etonnant par son titre d'abord que n'aurait pas renié les surréalistes. Etonnant par son cadre : un camping perdu au milieu de la nature, dont on ne sortira quasiment pas, donnant ainsi l'impression paradoxale d'un huis clos théâtral dans un décor naturel ouvert aux grands vents. Etonnant par son scénario qui raconte à quatre reprises à la Rashōmon la même journée envisagée de quatre points de vue différents.
Alain Raoust avait réalisé en 2019 "Rêves de jeunesse", dans un décor similaire, celui d'une casse perdue au cœur des Alpes à la morte saison. Son film suivant, son troisième long-métrage seulement en plus de trente ans de carrière, est un film qui se mérite. L'absence de stars à l'affiche, la distribution timide en salles le condamnent à l'invisibilité. Pour autant il mérite le détour. Même si son scénario refuse tout sensationnalisme - et à ce titre la première séquence avec le kidnapping de Serge par des maquisards encagoulés façon Ku Klux Klan n'est pas la plus réussie - on finit par s'attacher aux personnages et à leurs destins minuscules.
Ce film est un merveilleux kaléidoscope émotionnel: le spectateur regarde les habitants d'un camping abandonné au beau milieu d'une nature poétique et immobile, tour à tour, comme d'un côté d'un tube, alors que la lumière entre de l'autre et se réfléchit sur les facettes intimes, et tourmentées par la vie, des différents personnages, tous fêlés, un peu, beaucoup, mais émouvants, vrais, authentiques - cet adjectif devenu si galvaudé -, brisés parfois, attendrissants et touchants. Un brin déjanté, délicieusement décalé, un cinéma intense, loin des têtes d'affiche vues et revues dont on ne veut plus voir les mimiques contrôlées, les mines figées par le botox. Une brise de fraîcheur et d'humanité dans ce monde d'apparences, de fric et de performance.
Rien à voir avec les Beatles, malgré son titre, Un champ de fraises pour l'éternité folâtre entre poésie et fantaisie, cheminant avec une certaine mollesse parmi une petite communauté installée dans un camping définitivement fermé. Ils s'appellent Raymond, Jocelyne et Serge, et au son d'une radio libre sans auditeurs aux allures de confessionnal vivent plus ou moins sereinement leur existence marginale, êtres en attente d'une histoire d'amour qui pourrait redonner des couleurs à leur quotidien. Ces personnages sont plutôt attachants, car maladroits, et bourrés d'humanité blessée, mais le film n'approfondit pas tant que cela leurs états d'âme, pas plus qu'il ne développe sa critique sociale outre mesure. Le film ne s'assume pas comme drame et serpente plutôt comme une comédie légère, avec quelques embardées oniriques pour donner un supplément de créativité à un récit qui peine cependant à s'élever, à cause d'un scénario trop enfermé sur lui-même et à une mise en scène sans flamme particulière. Alors, l'on se contente des prestations de Florence Loiret Caille, de Philippe Rebbot, de Grégory Montel et de leurs petits camarades, dont le plaisir de jouer n'est pas contestable. "Nothing is real and nothing to get hung about", effectivement.
«Navrant» Mené par un des 2 acteurs du très réussi « À bicyclette », j’ai tenté ce film sous l’angle « cela va peut-être culte ». J’avoue avoir duré une heure et suis sorti de la salle ne supportant plus cet univers glauque et déprimant d’un camping abandonné, de sa radio locale diffusée sur haut-parleur et des losers qui l’habitent.
Enfin des visages qui changent de nos égéries nationales, une troupe qui n'a rien à vendre sauf la joie d'être ensemble et de lutter contre la bête fachisante via la poésie des images douces. On plonge et tourne en boucle au gré des personnages qui se passent le relais d'une face d'un disque. C'est envoûtant, on voudrait prolonger avec eux à la sortie de la salle, rester avec eux, continuer de les regarder vivre. Citons-les tous: Philippe Rebbot, Florence Loiret Caille, Estelle Meyer, Oussama Khedam, Grégory Montel, Kim Higelin et Quentin Dolmaire. On ne les voit pas assez sur les écrans, ils méritent toutes notre attention et notre affection
Rien n’est forcé : les personnages existent avec une évidence rare, portés par des acteurs d’un naturel désarmant. Le film respire la simplicité, la délicatesse et une forme de spontanéité qui deviennent précieuses aujourd’hui. Il m’a rappelé ces films d’autrefois qui savaient émouvoir sans en faire trop.
Un film qui parle d'amour, de solidarité, de liberté, de dignité, de ceux que notre société a tendance à oublier et, en filigrane, de ceux qui savent exploiter les peurs pour mieux diviser. C'est drôle, poétique, très bien interprété, bref une film qui fait vraiment du bien donc A VOIR!
Un champ de ruines au ras des pâquerettes. On ne peut pas faire grand chose avec un casting si peu alléchant. Les situations, les personnages et les dialogues se veulent poétiques mais l'ensemble ne fonctionne jamais. Tout est terriblement lourdingue, indigeste, bâclé et déjà vu. On s'en tape de cette histoire éculée de camping et de radio libre. Un film artificiel, truqué, improbable qui s'évapore au bout de 10 minutes. Fermez le ban.
Avec Un champ de fraises pour l’éternité, Alain Raoust signe un drame intimiste d'une grande délicatesse. Fidèle à son cinéma contemplatif, il s'intéresse moins aux grands événements qu'aux émotions silencieuses, aux liens humains et à ces instants qui bouleversent une existence.
Le film avance à un rythme volontairement posé, laissant le temps aux personnages d'exister pleinement. À travers leurs rencontres, leurs blessures et leurs espoirs, Alain Raoust compose un récit où les non-dits sont souvent plus éloquents que les dialogues. Cette sobriété donne au film une authenticité touchante.
Philippe Rebbot livre une interprétation tout en nuances. Habitué à incarner des personnages profondément humains, il apporte ici une émotion discrète mais constante. À ses côtés, Grégory Montel confirme sa justesse, tandis que Florence Loiret Caille apporte une sensibilité qui enrichit chaque scène où elle apparaît.
La mise en scène privilégie la simplicité. Les paysages, la lumière naturelle et les silences créent une atmosphère apaisée qui accompagne parfaitement les thèmes du film : le temps qui passe, la mémoire, le deuil et la possibilité de continuer à avancer malgré les blessures.
Si cette approche contemplative pourra dérouter les amateurs de récits plus rythmés, elle constitue justement la force du film. Un champ de fraises pour l’éternité invite à ralentir, à observer et à ressentir, sans jamais chercher à provoquer l'émotion de manière artificielle.
Alain Raoust livre une œuvre sincère et profondément humaine, portée par trois interprètes remarquables et une mise en scène pleine de pudeur.