La radio locale Radio Pomski est menacée de disparition à cause de la fermeture du camping. Les habitants de ce lieu se croisent, et semblent à la fois attaché à leur intimité et leur communauté. Malheureusement, rien ne fonctionne vraiment : ni le scénario, ni la réalisation, ni les dialogues, ni le rythme.
Un champ de ruines au ras des pâquerettes. On ne peut pas faire grand chose avec un casting si peu alléchant. Les situations, les personnages et les dialogues se veulent poétiques mais l'ensemble ne fonctionne jamais. Tout est terriblement lourdingue, indigeste, bâclé et déjà vu. On s'en tape de cette histoire éculée de camping et de radio libre. Un film artificiel, truqué, improbable qui s'évapore au bout de 10 minutes. Fermez le ban.
Un film qui parle d'amour, de solidarité, de liberté, de dignité, de ceux que notre société a tendance à oublier et, en filigrane, de ceux qui savent exploiter les peurs pour mieux diviser. C'est drôle, poétique, très bien interprété, bref une film qui fait vraiment du bien donc A VOIR!
Enfin des visages qui changent de nos égéries nationales, une troupe qui n'a rien à vendre sauf la joie d'être ensemble et de lutter contre la bête fachisante via la poésie des images douces. On plonge et tourne en boucle au gré des personnages qui se passent le relais d'une face d'un disque. C'est envoûtant, on voudrait prolonger avec eux à la sortie de la salle, rester avec eux, continuer de les regarder vivre. Citons-les tous: Philippe Rebbot, Florence Loiret Caille, Estelle Meyer, Oussama Khedam, Grégory Montel, Kim Higelin et Quentin Dolmaire. On ne les voit pas assez sur les écrans, ils méritent toutes notre attention et notre affection
Rien à voir avec les Beatles, malgré son titre, Un champ de fraises pour l'éternité folâtre entre poésie et fantaisie, cheminant avec une certaine mollesse parmi une petite communauté installée dans un camping définitivement fermé. Ils s'appellent Raymond, Jocelyne et Serge, et au son d'une radio libre sans auditeurs aux allures de confessionnal vivent plus ou moins sereinement leur existence marginale, êtres en attente d'une histoire d'amour qui pourrait redonner des couleurs à leur quotidien. Ces personnages sont plutôt attachants, car maladroits, et bourrés d'humanité blessée, mais le film n'approfondit pas tant que cela leurs états d'âme, pas plus qu'il ne développe sa critique sociale outre mesure. Le film ne s'assume pas comme drame et serpente plutôt comme une comédie légère, avec quelques embardées oniriques pour donner un supplément de créativité à un récit qui peine cependant à s'élever, à cause d'un scénario trop enfermé sur lui-même et à une mise en scène sans flamme particulière. Alors, l'on se contente des prestations de Florence Loiret Caille, de Philippe Rebbot, de Grégory Montel et de leurs petits camarades, dont le plaisir de jouer n'est pas contestable. "Nothing is real and nothing to get hung about", effectivement.
C'est l'histoire, en quatre chapitres et un épilogue, au bord d'un petit lac des Alpes de Haute Provence, des derniers jours d'un camping menacé de fermeture par un projet de construction d'une base nautique. Sept personnages y habitent encore : Serge, un vieux libertaire qui anime une radio libre (Philippe Rebbot), Raymond, un quadra timide, conducteur d'un camion poubelle (Grégory Montel) amoureux de Jocelyne (Florence Loiret Caille), un couple à la recherche d'un second souffle (Estelle Meyer et Oussama Kheddam) et un jeune idéaliste qui rêve de se construire une maison dans les bois (Quentin Dolmaire) et qui a le coup de foudre pour une amazone à cheval (Kim Higelin lancée par "Le Consentement").
Voici un film étonnant. Etonnant par son titre d'abord que n'aurait pas renié les surréalistes. Etonnant par son cadre : un camping perdu au milieu de la nature, dont on ne sortira quasiment pas, donnant ainsi l'impression paradoxale d'un huis clos théâtral dans un décor naturel ouvert aux grands vents. Etonnant par son scénario qui raconte à quatre reprises à la Rashōmon la même journée envisagée de quatre points de vue différents.
Alain Raoust avait réalisé en 2019 "Rêves de jeunesse", dans un décor similaire, celui d'une casse perdue au cœur des Alpes à la morte saison. Son film suivant, son troisième long-métrage seulement en plus de trente ans de carrière, est un film qui se mérite. L'absence de stars à l'affiche, la distribution timide en salles le condamnent à l'invisibilité. Pour autant il mérite le détour. Même si son scénario refuse tout sensationnalisme - et à ce titre la première séquence avec le kidnapping de Serge par des maquisards encagoulés façon Ku Klux Klan n'est pas la plus réussie - on finit par s'attacher aux personnages et à leurs destins minuscules.
J’avais pas vu un film aussi frais depuis des lustres! Quel casting merveilleux, des dialogues en or massif, des punch-lines en veux-tu en voilà, et une proposition vraiment originale. Rebbot au top, mais difficile de partager les acteurs (mention au duo Montel-Loiret Caille, mais aussi Kim, Quentin et Oussama avec Estelle Meyer, super trouvaille. Pourvu que le film trouve le chemin des salles, parce que son public c’est nous tous! C’est un vrai feel-good de l’été, j’ai hâte d’en parler avec mes amis, ce dont parle le film. Et puis aussi, ça fait du bien de la vraie poésie, une comédie sentimentale et politique. Cest rare d’avoir un ton aussi juste, des personnages qu’on aime, auxquels on s’identifie totalement! Je recommande absolument!
Avec Un champ de fraises pour l'éternité, Alain Raoust livre une chronique humaine où des trajectoires blessées se croisent autour d'une radio locale installée dans un camping menacé de fermeture. Ce lieu devient progressivement le point de convergence d'hommes et de femmes qui semblent avoir été laissés au bord de la route par la société contemporaine. Derrière l'enjeu collectif de la survie du camping apparaît une question plus intime : comment continuer à aimer, espérer et créer du lien lorsque les désillusions se sont accumulées au fil des années.
Un patchwork de portraits d'êtres brisés. À force de souffrances, on n'arrive plus à voir les belles choses de la vie. Le choix des musiques est intéressant, car il y a du lyrisme et, souvent, à l'image, nous avons de la mélancolie. C'est presque du romantisme : montrer la beauté cachée dans le sombre et la futilité.
Cette définition résume parfaitement l'atmosphère du film. Les personnages portent chacun le poids d'échecs amoureux, de rêves abandonnés ou de blessures invisibles. Pourtant, le récit refuse de les réduire à leurs traumatismes. Au contraire, il montre comment des individus fragilisés peuvent encore fabriquer du collectif. La radio agit comme un cœur battant reliant des existences qui, sans elle, seraient probablement restées isolées les unes des autres. Une voix traverse l'espace, rejoint un inconnu, crée un échange. Cette mécanique simple devient une métaphore du besoin universel d'être entendu et reconnu.
Le film accorde également une place importante à la mélancolie. Celle-ci ne s'impose jamais comme une fatalité mais comme une couleur émotionnelle qui accompagne les personnages. Chaque moment de joie semble naître au contact d'une blessure ancienne. Cette coexistence permanente du tendre et du douloureux donne au récit une profondeur particulière. Le spectateur est invité à observer des êtres ordinaires qui avancent malgré leurs fragilités plutôt que grâce à elles. Là où certaines œuvres transforment la souffrance en moteur héroïque, le film rappelle qu'elle laisse surtout des traces avec lesquelles il faut apprendre à vivre.
L'amour occupe une place centrale dans cette réflexion. Plusieurs personnages semblent hantés par l'idée que les histoires finissent inévitablement par décevoir. Les blessures passées influencent leurs comportements présents, nourrissent la méfiance et compliquent l'abandon à l'autre. Pourtant, le récit ne sombre jamais dans le cynisme. Il suggère qu'une présence sincère, une amitié durable ou un geste d'attention peuvent parfois avoir autant de valeur qu'une passion idéalisée. Cette approche donne au film une tonalité profondément humaine.
Sous son apparente simplicité, Un champ de fraises pour l'éternité interroge aussi la notion de refuge. Le camping n'est pas seulement un décor. Il représente un espace où des individus tentent de reconstruire une forme de foyer. À travers ces parcours qui se répondent et se reflètent, le film évoque la nécessité de créer du sens ensemble. Il en ressort une œuvre douce-amère où l'espoir ne naît jamais de grandes certitudes mais de liens modestes, fragiles et pourtant essentiels.
Avec Un champ de fraises pour l’éternité, Alain Raoust signe un drame intimiste d'une grande délicatesse. Fidèle à son cinéma contemplatif, il s'intéresse moins aux grands événements qu'aux émotions silencieuses, aux liens humains et à ces instants qui bouleversent une existence.
Le film avance à un rythme volontairement posé, laissant le temps aux personnages d'exister pleinement. À travers leurs rencontres, leurs blessures et leurs espoirs, Alain Raoust compose un récit où les non-dits sont souvent plus éloquents que les dialogues. Cette sobriété donne au film une authenticité touchante.
Philippe Rebbot livre une interprétation tout en nuances. Habitué à incarner des personnages profondément humains, il apporte ici une émotion discrète mais constante. À ses côtés, Grégory Montel confirme sa justesse, tandis que Florence Loiret Caille apporte une sensibilité qui enrichit chaque scène où elle apparaît.
La mise en scène privilégie la simplicité. Les paysages, la lumière naturelle et les silences créent une atmosphère apaisée qui accompagne parfaitement les thèmes du film : le temps qui passe, la mémoire, le deuil et la possibilité de continuer à avancer malgré les blessures.
Si cette approche contemplative pourra dérouter les amateurs de récits plus rythmés, elle constitue justement la force du film. Un champ de fraises pour l’éternité invite à ralentir, à observer et à ressentir, sans jamais chercher à provoquer l'émotion de manière artificielle.
Alain Raoust livre une œuvre sincère et profondément humaine, portée par trois interprètes remarquables et une mise en scène pleine de pudeur.
ce film bric à brac, n'est pas vraiment maîtrisé ni dans son montage ni dans son histoire. en fait c'est plutôt un film choral fait de la rencontre de quelques hurluberlus, mais il faut souligner une très belle plume dans les dialogues surtout vers la fin.
«Navrant» Mené par un des 2 acteurs du très réussi « À bicyclette », j’ai tenté ce film sous l’angle « cela va peut-être culte ». J’avoue avoir duré une heure et suis sorti de la salle ne supportant plus cet univers glauque et déprimant d’un camping abandonné, de sa radio locale diffusée sur haut-parleur et des losers qui l’habitent.
Quel ennui total. Il ne caricature du film français, vide, creux et foutraque et pourtant je suis très ouverte et curieuse de ce genre de film. Le seul intérêt c'est Quentin Dolmaire