Beekeeper aurait pu être un très bon film d’action à l’ancienne, mais malheureusement il n’est pas franchement convaincant. Ok Statham est toujours crédible dans ce genre de rôles, même s’il ne prend plus vraiment le temps de le jouer et qu’on sent limite une rengaine dans les poses et les attitudes, et que le scénario ne prend même plus le temps de dégrossir le personnage qui se résume à une portion congrue de vengeur invincible. C’est malheureusement décevant, et les rares seconds rôles potentiellement croustillants (Irons sous-employés) sont trop discrets. Il faut se rabattre sur quelques troisièmes couteaux pour trouver un peu d’excentricité et de folie qui sauve de temps à autre le film de la série B totalement banale.
En effet, le métrage s’autorise par moment des débordements totalement grandiloquents, avec des méchants un peu dingues qui pourraient limite sortir d’un Suicide Squad ! Ceci apporte une certaine saveur au métrage, avec des scènes loufoques par leur exagération, une violence cartoonesque et un certain second degré bienvenu dans un film qui scénaristiquement ne lésine sur aucune invraisemblance ou énormité. C’est totalement pas réaliste, et c’est dommage que le film ne cherche pas davantage à faire oublier les limites multiples de son récit par un délire franc, cartoon et assumé.
Formellement, le film distille quelques séquences d’action efficaces avec la violence graphique habituelle de Ayer. Néanmoins, je dois dire avoir été un poil déçu. Le côté invincible de Statham annihile l’intérêt des séquences d’action, honorablement chorégraphiées et parfois imaginatives mais un peu redondante, en grande partie car le film joue quasi-exclusivement la carte du coup de poing. Ca manque d’autres types de scènes d’action, d’explosions, de courses poursuites, de fusillades, et même de coups de pied ! Après le film tient à peu près la route, avec un budget correct qui permet quand même un rendu léché très acceptable, mais on reste dans une petite série B de luxe plus que sur une vraie proposition de cinéma spectaculaire.
En conclusion, un Statham un peu paresseux, qui se repose sur ses lauriers dans un métrage qui profite du savoir-faire de son réalisateur et de son acteur principal, mais qui ne s’éloigne que bien trop peu d’un sentier ultra-battu. Ca ronronne, et ce, alors même que l’idée de base, assez sociale, avait du potentiel, et que le film aurait pu aller carrément dans une excentricité assumée et plus original. Dommage.