Depuis une grosse vingtaine d’années suite à sa révélation dans « Arnaques, crimes et botaniques » suivi de « Snatch, tu braques ou tu raques » de Guy Ritchie, l’anglais Jason Statham a rejoint la légion des acteurs « durs à cuire et musculeux » du cinéma de genre international où trônent derrière les trois généraux mastodontes Charles Bronson, Sylvester Stallone et Arnold Schwazenegger, les Chuck Norris, Bruce Willis, Mel Gibson, Steven Seagal, Jean-Claude Vandamme, Vin Diesel, Dolph Lundgren et sans doute quelques autres moins connus. Une légion régulièrement réunie pour la saga « Expendables » initiée en 2010 par Sylvester Stallone. Dans le genre, Jason Statham peut incarner une jonction entre Bruce Willis, Mel Gibson et Charles Bronson. Tout au long de quelques 45 films depuis 2001, l’ancien mannequin excessivement prudent ne s’est jamais éloigné du personnage de l’ancien militaire, de l'espion marmoréen ou encore du braqueur invétéré dans un registre plus léger sans jamais verser dans un donjuanisme excessif. Sa seule tentative hors de son créneau privilégié avec « King Rising, au nom du roi » s’étant soldée par un cuisant échec commercial, Jason Statham échaudé nage désormais dans son couloir où il s’avère particulièrement efficace. Autant dire que si l’on peut prendre un réel plaisir à voir ses films quand ils sont confiés à des réalisateurs plutôt talentueux comme Guy Ritchie, Roger Donaldson, Gary Fleder, Simon West ou Steven Knight, il ne faut pas leur demander plus que ce qu’ils promettent. « The Beekeeper » réalisé par David Ayer alors que l’acteur aborde la cinquantaine alerte peut être considéré comme emblématique de ce qu'est un film d’action réussi mariant dose d’humour savamment distillée, coups généreusement distribués, tirs en rafale à profusion et quelques petites railleries bien senties concernant les anachronismes de notre époque digitale en quête de l'homme/femme augmenté.e. C’est Kurt Wimmer spécialiste du genre qui écrit cette histoire qui si elle n’est pas spécialement originale remplit parfaitement son office avec un Jason Statham mutique comme il l'est de plus en plus avec les années qui passent, ancien agent secret
d’élite parti en retraite dans le Massachusetts pour devenir apiculteur comme le nom donné à l’ancienne section spéciale dont il était un des membres. On le sait tous, il ne faut jamais réveiller une « machine de guerre » en sommeil. Le spectateur rôdé à ce genre très codifié se régale de voir Jason sage comme une image veiller amoureusement sur ses ruches, se demandant juste quel est celui qui va avoir le malheur d'appuyer sur le bouton "MARCHE". Jason Statham est parfait dans cet exercice avec son allure à la Lino Ventura du vieil ours qui ne demande qu’une chose : LA TRANQUILLITE. C’est le jeune rejeton (Josh Hutcherson absolument parfait) tête-à-claques d’un riche financier (Jeremy Irons anguleux à souhait) qui s'y colle, déployant son savoir-faire maléfique dans l’hameçonnage, un nouveau type d’arnaque très juteux pour finir par avoir la mauvaise idée de ruiner la pauvre vieille dame qui louait à Jason une immense grange pour ses ruches et son stockage de miel
. Mauvaise pioche ! C’est parti et plus rien de ne va enrayer le processus de vengeance. On a déjà vu l’intrigue cent fois mais elle fonctionne encore grâce à la sobriété d’un Jason Statham qui avec le recul s’avère être l'un des meilleurs dans son registre, réussissant comme on l’a dit plus haut à être une synthèse crédible de ceux qui l’on précédé dans un domaine où le charisme du héros est primordial. Et du charisme, Jason Statham n’en manque pas.