Oppenheimer
Note moyenne
4,3
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Lyah

450 abonnés 1 169 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 juillet 2023
Christopher NOLAN nous offre ici un véritable chef-d'oeuvre cinématographique avec des scènes d'action juste incroyables ! J'avais une certaine appréhension quant au fait que le film dure 3h, mais au final, c'est tellement quali qu'on ne les voit pas passer. A voir absolument !
Kevin dioles
Kevin dioles

78 abonnés 779 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 août 2023
OPPENHEIMER (2023): "Los Alamos" le berceau de la bombe atomique. J. Robert Oppenheimer son créateur, une mise en avant sur son intelligence, ses états d'âme, ses multiples relations, sa passion pour l'atome. Une vie bien débordante mélangeant le monde de la science à celui de la politique. Qui dit politique dit univers de requins, surtout à cette époque où la guerre 39/45 fera rage (la course à l'armement), une guerre sans remord, une guerre qu'il faudra à tout prix gagner, réfléchissant aux conséquences sans vraiment apporter une grande attention. Une réalisation de Christopher Nolan, un savoir-faire pour une mise en scène structurée qui demandera à être bien comprise. Un film passionnant pour toutes les informations qu'i nous apportera. Un film angoissant qui nous montrera aussi que la fin du monde sera peut-être l'oeuvre de l'être humain. La présence d'un grand nombre d'acteurs très connus, tous convaincants. Quelques longueurs avec un mélimélo de scènes bavardes (mais nécessaires) qui risqueront de nous faire décrocher. C'est du Christopher Nolan, comme toujours un film très riche sur plusieurs aspects qui demandera à être revu afin d'être bien apprécié. 3.5 étoiles, une note qui pourra évoluée par la suite.
miouze
miouze

69 abonnés 164 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 août 2023
Oui, ouf ! le film tient ses promesses !
A condition d'avoir fermé les yeux à chaque bande-annonce bombardée depuis 8 mois (ça frise le harcèlement les B.A de nos jours) sinon je crains qu'on en ait eu marre avant de se déplacer en salle.
L'histoire d'un homme et de ceux qui gravitent autour de lui, une histoire politique ET scientifique, et un morceau d'Histoire tout court, à l'impact pérenne.
Même si les flash-backs sur 3 périodes au moins peuvent perturber, et il y a en plus un code couleur, pellicule noir & blanc versus couleur (sans rapport aucun avec la chronologie...), c'est ardu mais on comprend le puzzle !
Les explications de physique et physique quantique, nécessaires, sont bien faites, ni trop compliquées ni insuffisantes, en tout cas je ne me suis pas retrouvée au cours de Mme Jeanmain de ma jeunesse ;-)
La cerise sur le gâteau : un casting de malade !!!
Pas un joyeux film, mais à voir.
Jay Dee
Jay Dee

8 abonnés 9 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 1 août 2024
Loin des Biopics centrés sur des personnalités du monde scientifique tel que imitation game ou une brève histoire du temps, Oppenheimer nous place dans une vraie intrigue qui dépasse le personnage. On y retrouve une trame labyrinthique propre aux films de Nolan qui réussi avec ingéniosité un revirement dans la trame principale pour le moins inattendu. Nolan, en marionnettiste du cinema joue avec une magnifique représentation du microcosme atomique, saupoudré par une vision poétique de la physique quantique. Si l’image ou le jeu de couleur est intéressant, le son n’est pas sans restes. Des passages normalement bruyants sont sourds quand quand des passages silencieux sont bruyants. Le tout dans une histoire complexe avec un rythme haché. Un public qui cherche un film contemplatif le trouvera peut-être trop rapide malgré 3 heures de film qui pouvaient être utilisés pour laisser le spectateur souffler. En définitive Oppenheimer est un bon film pour un public 2.0, alliant physique, psychologie et politique trois thèmes indissociables du personnage historique. Il aborde des thèmes intéressants, malheureusement parfois survolés au profit d’une subtilité plutôt que d’une profondeur.
Arcadie
Arcadie

22 abonnés 64 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 22 juillet 2023
Déçue. Je suis sortie en étant déçue. Alors que je voue un culte au travail de Nolan. Il touche à une époque incroyable où les plus grands théoriciens de la physique ont jailli tels une pluie d'étoiles filantes dans un ciel clair-obscur; à une époque où le monde a basculé dans une nouvelle ère.

Certes, il a très bien traité le montage de la bombe. Mais j'aurais amplement préféré voir la jeunesse tourmentée d'Oppenheimer. Pour commencer, sa transformation a été trop vite traitée. Il passe d'un physicien praticien maladroit en laboratoire à chef d'orchestre à Los Alamos, avant de finir en prophète maudit.

Le gros trou noir à mes yeux, c'est les 2h30 consacré à la chasse aux sorcières montrant une Amérique en perdition, atteinte de la fièvre communiste. Nolan a monté ce sujet en épingle, lui consacrant beaucoup trop de temps - les 3/4 du film, si bien qu'on en perd la nature même des enjeux du film. Aucune image d’Hiroshima, on passe d'un tonnerre d'applaudissements à une supercherie « tribulesque » grotesque (du moins dans le traitement du film). Ça en deviendrait presque trop manichéen, alors que la toute beauté du sujet (sur la forme) était la contradiction évidente entre construire ou non une bombe.

Choisir la vision court terme ou la vision à long terme. Créer une bombe pour mettre fin à la pire guerre du 20e siècle touchant le globe ou plonger l’humanité dans un avenir incertain ? J'attendais Nolan sur ce point : le poids des images, la prise de conscience des populations, la prolifération des sites nucléaires, l'hérésie militaire qui a suivi, et la levée de boucliers de la communauté scientifique. Nolan les a balayés d'un revers de la main pour traiter cette foutue chasse aux sorcières communistes tournant l'Amérique en dérision, en faisant le film de trop sur le sujet. Je trouve ça moyen de sa part, lui, le grand cinéaste à la vision trépidante.

Je n’ai pas décollé tout le long, comme dans Inception ou Interstellar, il manquait le sel habituel. J’ai même trouvé qu’il se reposait sur de l’acquis avec des allers-retours incessants, sa marque de fabrique. J’ai vu pas mal de clins d’œil aussi à la série Scandal (les aficionados comprendront).

Sur le volet « féminin », on est bien loin d’Interstellar. J’aurais préféré voir les femmes fortes de l’époque impliquées dans la physique, et surtout un meilleur traitement réservé aux femmes qui ont marqué la vie d’Oppenheimer. Nolan s’est juste contenté de montrer 2 femmes au total en extrapolant sur leur névrose ou leur nudité.

J’ai été terriblement déçue du traitement infligé à la belle et intelligente Florence Pugh. Sa nudité surexposée n’a absolument rien apporté à l’histoire. Elle montrait au contraire toujours un cinéma rétrograde, avilissant « On montre des seins et des fesses histoire de casser le rythme ennuyeux et intellectuel du film » voulant contenter le spectateur lambda alors que le public de Nolan l’attendait sur d’autres sujets clairement plus importants. Résultat, on voit une Florence Pugh indignée, salie qui tente de se racheter une image sur les tapis rouges. Elle n’a eu qu’un rôle de figurante parmi tant d'autres, bien en-dessous des ses talents d’actrices (à mes yeux, c’est l’une des jeunes étoiles montantes du cinéma avec Chalamet, Zendaya, Holland et Bobby Brown).

Nolan s’est contenté de la version officielle de son personnage, alors qu’il y aurait certainement eu des choses plus intéressantes à dire à ce sujet. Tout comme son épouse qui se fait passer dans le film pour une ivrogne notoire, mère indigne avant de finir femme forte sans aucune transition. Ça tombe un peu comme un cheveu sur la soupe tout comme le personnage joué par Rami Malek qui passe d’illustre inconnu à héros en l’espace de 2s…. On ne sait pas d'où ça sort.

En résumé, mes attentes n’ont pas été comblées. J’attendais du grand cinéma, du grand Nolan, du grand frisson. J’aurais nettement préféré voir la jeunesse tourmentée d’Oppenheimer, sa vision du monde, ses contradictions avec le monde de l’époque.

Je l’attendais également sur l’incroyable histoire à raconter autour de l’enchaînement des découvertes de l’époque menant à la construction du pire fléau de l’humanité.

A mon sens, il aurait dû aborder la découverte de la radioactivité par les Currie et Joliot-Curie, conduisant à l’identification du Neutron par Majorana et Chadwick, puis rebondir sur les travaux de Heisenberg, Bohr et Fermi autour de la fission nucléaire pour terminer sur la création de la bombe. Il avait là des beaux personnages et des histoires incroyables à exploiter, comme le débat entre Bohr et Einstein. Il aurait pu vulgariser comme jamais la physique quantique au lieu de laisser la main à Marvel. Avec son nom et son pédigrée, il n’aurait eu aucun mal à collecter les bonnes informations.

Son public le suivait de toute façon sur ces sujets. Mais il a voulu ratisser trop large, satisfaire tout le monde. Certes, au vu des excellentes notes, ses investisseurs (s’il en a) se félicitent. Mais, quand on porte un nom pareil, quand on sait le potentiel et la vision de Christopher et sa facilité à communiquer sur des sujets pouvant rallier tous les publics, j’avoue que je suis déçue du traitement réservé au film. Ma note, vous l’aurez compris est un vrai coup de gueule. J’espère qu’elle sera comprise.

Et pour conclure, s'il y avait d'autres personnages à traiter à cette époque, je vous conseille de vous renseigner sur l'équipe de la Via Panisperna (En cherchant Majorana. Le physicien absolu). Il y aurait sans doute un superbe film à réaliser...
franck bejard
franck bejard

30 abonnés 7 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 22 juillet 2023
C'est long, mais c'est long, un pétard mouillé ! Ce genre du biopic est un terrain dangereux pour les réalisateurs, car il est facile de tomber dans les pièges de la simplification excessive, de la glorification excessive du personnage ou encore de la distorsion des faits historiques. Malheureusement, le film sur Oppenheimer que j'ai vu souffre de tous ces problèmes et de la complexité de montage pour tenter de faire digérer le tout.

D'abord, le personnage d'Oppenheimer est présenté comme un génie presque incompris, qui a sacrifié sa vie pour la science et pour la défense de son pays. Cependant, le film n'aborde pas les aspects controversés de sa personnalité, notamment son implication dans la chasse aux sorcières de McCarthy et dilue son rôle dans le développement de la bombe atomique.

De plus, le film simplifie énormément la complexité de la situation historique. Le développement de la bombe atomique n'est pas présenté comme un choix politique difficile, mais plutôt comme une simple décision technique prise par des scientifiques bien intentionnés. Les conséquences dramatiques de cette décision pour les populations civiles ne sont pas suffisamment abordées, on ne voit rien, ce qui donne une vision très biaisée de l'histoire.

Enfin, le film traîne en longueur et manque de rythme. Les scènes sont souvent trop longues et redondantes, du bla bla et encore du bla bla, ce qui rend le visionnage fastidieux.

En somme, si vous cherchez un film qui rend hommage à la vie d'Oppenheimer et qui aborde de manière nuancée les choix difficiles qu'il a dû faire, vous devriez chercher ailleurs. Ce biopic de 3h et peu inspiré ne fait pas honneur à l'histoire qu'il prétend raconter.
Sylvain P

387 abonnés 1 429 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 12 juillet 2023
Film Monstre, Oppenheimer nous montre l'histoire du père de la bombe atomique américaine. C'est passionnant, extrèmement long, un peu décousu et musicalement d'un goût douteux, mais finalement les trois heures passent sans problème. Nolan reste un maître du divertissement quoi qu'il choisisse.
CergySois
CergySois

17 abonnés 4 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 juillet 2023
3 ans d'attente pour ce Nolan, je dit complètement oui.
Merci de nous faire vivre ce genre d'expérience, si vous en avez la possibilité aller le voir en IMAX.
Paul Moreaud
Paul Moreaud

15 abonnés 13 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 juillet 2023
Excellent film biopic, la salle IMAX prend tout son intérêt pour ce film ! Certe peut etre un peu long mais la complexité le l'histoire et de l'Histoire l'impose ! Je recommande vivement
François Huzar
François Huzar

10 abonnés 83 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 juillet 2023
(...) Le récit labyrinthe mêlant personnages, époques et points de vue rappelle la construction des films d’Oliver Stone JFK (1992) et Nixon (1995). Ici, c’est la procédure à charge menée en 1954 contre Oppenheimer qui sert de fil rouge à l’intrigue.
A de nombreuses reprises, ce jeu avec la temporalité est mené avec maestria . Cependant, sur la dernière heure le concept s’use et les scènes d’interrogatoires paraissent répétitives. L’équilibre du film a de quoi désarçonner : la procédure engagée contre Oppenheimer prend une place démesurée au point de laisser ce qui devrait être le cœur du film au second plan. Comme si Nolan avait surtout voulu traiter du progressif asservissement de la communauté scientifique par l’Etat et le politique.
Fort heureusement, à l’intérieur du dédale filandreux instauré par le cinéaste pour perdre le spectateur, se niche le grand film sur la fission nucléaire et sur les risques de la maîtrise de l’atome que l’on attendait. Nolan est bel est bien parvenu à trouver une forme cinématographique capable de traduire la mécanique même de la physique quantique et de nous faire plonger dans les méandres du projet Manhattan.

La critique complète du Huzar sur le toit :
coraly
coraly

19 abonnés 181 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 20 août 2023
J'y suis allée sans grande conviction, mais parce que souvent Nolan arrive à m'intéresser voire même à m'emporter avec son cinéma, et car je pensais trouver une réflexion intéressante sur les conséquences de l'utilisation de la bombe atomique, pour le monde et pour son "créateur". Or pas grand chose de cela, et les trois heures passent douloureusement, notamment car le film se perd à raconter des luttes de pouvoir post-45 sur fond de « qui a espionné, qui est ou était communiste », avec une narration assez opaque. Les impacts de la bombe à Hiroshima et Nagasaki sont peu évoqués, le parcours du héros, en particulier ses remords bien tardifs ne sont pas assez creusés. Le personnage de son épouse est très mal traité. Quand à l'aspect scientifique, c'est dommage que Nolan n'ait pas osé entrer dans des explications plus poussées sur la physique quantique et le fonctionnement de la bombe. Mais comme souvent au cinéma, la démarche et les principes scientifiques sont représentés de manière très fantaisistes, et les échanges entre les physiciens sonnent faux. Au final tous ces hommes imbus d'eux-mêmes, avides de pouvoir ou de notoriété quel qu'en soit le prix m'ont fortement agacés.
Cinéphiles 44

1 666 abonnés 4 646 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 juillet 2023
"Oppenheimer" est un film biographique sur le père de la bombe atomique. Pendant 3h, le grand Christopher Nolan use subtilement d'effets visuels et sonores pour nous plonger dans le "projet Manhattan" où 5 000 personnes vont construire, dans le plus grand secret, la bombe qui sera larguée sur Hiroshima et Nagasaki en août 1945 qui causera la mort de 200 000 personnes. Le physicien Robert Oppenheimer était le directeur scientifique de cette malheureuse invention et bien qu'il sera noyé de regrets, il n'en reste pas moins l'un des responsables de cette catastrophe humaine et environnementale. Le film dresse une radiographie complexe et palpitante d'un homme obsédé par ses recherches mais rencontre néanmoins une faille dans les sentiments qu'il dégage. Cillian Murphy, l'acteur de la série "Peaky Blinders", manque d'une certaine empathie envers son personnage. "Oppenheimer" est à la fois magistral et sublime, mais aussi insaisissable émotionnellement.
soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 337 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 décembre 2023
De Christopher Nolan ont doit se souvenir d’une chose avant d’évoquer les qualités et les défauts qui habitent un talent indéniable. Il est sans doute aujourd’hui avec une tout petite poignée d’autres dont le leader absolu reste Spielberg au regard de sa longévité, l’un des cinéastes les plus rentables de l’histoire du cinéma hollywoodien. En 25 ans de carrière et douze longs métrages à son actif, le réalisateur n’a connu aucun échec au box-office. Mieux, il a généré plus de 6 milliards de dollars de recettes pour près de 5 milliards de bénéfices. Difficile de faire mieux. Ce constat de départ établi qui mérite le respect dans le contexte de ce qui est depuis le début une industrie, on peut tirer un bilan succin de l’activité artistique de Christopher Nolan.
Une culture cinématographique indéniable habite le réalisateur que l’on peut constater à travers les nombreux clins d’œil aux grands maîtres qu’il vénère dont il parsème ses films. Une maîtrise technique parfaite dont il n’est pas le seul à être doté dans le cinéma actuel mais qu’il sait domestiquer pour livrer une esthétique en adéquation avec ses scénarios. Le scénario justement permet d’aborder les travers de Nolan que l’humilité n’a jamais étouffé. Excepté « Insomnia » qui était un remake et la saga « Batman » dont le cadre narratif était plus contraint, le réalisateur britannique écrit la plupart de ses scénarios seul ou avec son jeune frère Jonathan. Un goût immodéré pour les décalages spatio-temporels et les intrigues aussi alambiquées qu’improbables conduit systématiquement à des métrages de plus de 150 minutes qui demandent le plus souvent des explications avant et après pour saisir le flot d’informations reçues pendant un visionnage rendu quelquefois exténuant par l’utilisation intensive des effets spéciaux.
Les ambitions artistiques avouées de Nolan étant très élevées, elles ne sont pas toujours complètement abouties et ce n’est pas uniquement de la faute d’un spectateur distrait ou peu réceptif. Quand il est inspiré le résultat peut-être très convaincant et immersif comme dans « Insomnia », les deux premiers Batman, « Le prestige » ou « Interstellar » mais dans le cas inverse, le cinéma de Nolan peut s’avérer hermétique, désincarné, voire suffisant ou agaçant. Quand son ambition narrative n’est pas en phase avec sa capacité de mise en scène, Nolan devient trop explicatif et multiplie les effets de manches pour masquer les carences d’un scénario qu’il ne semble plus maîtriser. Jusqu’alors on peut dire que la virtuosité esthétique de Nolan n’avait pas encore rencontré le matériau utile à sa pleine expressivité. En clair, son meilleur film était à venir. On commençait malgré tout à désespérer.
Puis est venu « Oppenheimer » où tous les éléments du cinéma de Nolan semblent s’être miraculeusement emboîtés les uns dans les autres. La profusion des thématiques à traiter avec le parcours incroyable du « père de la bombe A » a bien laissé échapper quelques imperfections et scories mais jamais un film de Nolan n’a dégagé une telle cohérence narrative grâce à tous les effets et arabesques chers au réalisateur, employés ici à bon escient. Certains ont reproché à Nolan de s’écarter de l’ordre chronologique pour traiter d’un événement aussi grave et sérieux.
Le propos n’était certainement pas là qui voulait faire ressentir le vertige qui s’empara de tous les scientifiques qui à l’aube du XXème siècle s’embarquèrent derrière Albert Einstein dans l’aventure fascinante mais surtout périlleuse de la physique quantique. Le parallèle fait en entame avec le mythe de Prométhée montre bien la position intenable dans laquelle s’est placé Robert Oppenheimer qui sans aucun doute dévoré par l’ambition et la soif de découverte a accepté de s’enrôler dans le projet Manhattan qui le 16 juillet 1945 (Trinity, premier essai d’une arme nucléaire) allait faire entrer l’humanité dans une autre ère. Celle de l’incertitude totale où rode désormais le parfum jusqu’alors souvent raillé de l’Apocalypse. Son film le plus long paraît pour une fois trop court tant il y aurait eu encore à dire.
Nolan transcendé par la gravité de son sujet emporte le spectateur avec lui dans ce voyage sans retour d’un homme vers la limite ultime de la folie humaine. Toutes les questions sont posées souvent par Oppenheimer lui-même qui se laisse tout d’abord séduire par l’idée que la course contre la montre qu’il va mener dans le désert du Nouveau-Mexique à Los Alamos est justifiée par le fait qu’il convient d’arrêter Hitler avant qu’il ne se dote de l’arme atomique, les Allemands disposant dans leurs rangs du physicien Werner Heisenberg, l’un des créateurs de la physique quantique. L’ennemi nazi battu, Robert Oppenheimer se laissera facilement convaincre que le Japon méritait lui aussi de recevoir la bombe. Il fallait bien que quelqu’un goûte à ce plat maléfique pour vérifier sa réelle efficacité et ensuite asseoir aux yeux du monde la puissance américaine dont l’expansion économique planétaire ne supportait aucune entrave. Ensuite, Oppenheimer sans peut-être y croire réellement et aussi pour s’aider à supporter l’insupportable s’est entiché de l’idée de la dissuasion nucléaire qui allait apporter au monde une paix durable. Leurre que le regard décharné et angoissé d’Oppie (surnom donné au scientifique devenu pendant un temps la coqueluche de l’Amérique) magnifiquement interprété par Cillian Murphy ne parvient pas à masquer.
De traités de non-prolifération en accords de désarmements, ce ne sont pas moins de neuf nations qui en 2023 possèdent officiellement l’arme atomique. Qui pouvait d’ailleurs sérieusement imaginer que l’homme écouterait enfin la voix de la raison ? Oppenheimer tout d’abord sauveur de l’humanité s’est vite transformé en « destructeur des mondes », convaincu de sympathie communiste à l’orée du maccarthysme. A travers un procès qui ne porte pas réellement son nom, ajoutant au film une touche de suspense parfaitement orchestrée, la chose politique reprend vite le dessus (scène glaçante avec le Président Truman). La personnalité complexe d’Oppenheimer plutôt finement observée montre que par bien des aspects autres que son génie scientifique, le jeune physicien timide de Harvard (1921-1922) ne s’est pas retrouvé là par hasard. L’histoire trouve toujours ceux qui doivent la faire avancer pour le meilleur et bien souvent pour le pire. Et depuis deux siècles les scientifiques y sont souvent mêlés.
Ce douzième film de Christopher Nolan sans aucun doute son plus maîtrisé (musique de Ludwig Göransson et photographie de Hoyte van Hoytema en totale symbiose) doit ouvrir la voie à une filmographie plus « mature» où tout le savoir acquis produira le meilleur. Les acteurs tous parfaits aussi courts que soit leur rôle, n’ont eu qu’à se laisser porter par la force du sujet. Espérons que Cillian Murphy aura en février 2024 la récompense qui semble lui revenir de droit.
lmc-3

307 abonnés 509 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 20 juillet 2023
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pas de post-générique
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⚠⚠⚠⚠⚠
La publicité de ce film est criminelle, que ce soit dans ce que vend les bandes annonces, comme les citations des critiques presse en faisant l’éloge.
⚠⚠⚠⚠⚠
Un cours d’histoire épuisant de 3h.
⚠⚠⚠⚠⚠
Je suis très bon client des films de Nolan, mes films préférés ont pour point commun d’être très long, mais là…
L’image est au second plan, le film pouvant très bien faire office de livre audio.
⚠⚠⚠⚠⚠
Quelques notes musicales surplombant des dialogues presque incessants sur toute la durée du film, des spectateurs épuisés, beaucoup regardant régulièrement l’heure, certain fuyant la salle à tour de rôle tout le long du film.
Pas le moindre applaudissement arrivé la fin:
un véritable supplice en terme de divertissement visuel.
⚠⚠⚠⚠⚠
Notons donc le biopic: c’est bien monté, bien joué, bien doublé, très fourni (c’est le cas de le dire): côté informations: le produit est de haute qualité.

⚠⚠⚠⚠⚠
Pour ce qui est de l’émotion: en dehors de quelques minutes, (les minutes nous plongeant au cœur de l’image et de la musique au milieu du cours d’histoire où on entend les mouches voler), zéro pointé, promesse de quelque-chose de viscéral? une fumisterie.
⚠⚠⚠⚠⚠
Une première heure pour prendre conscience de la possibilité scientifique de créer la bombe et pour décider de le faire, à l’issue: une premier essai à petite échelle aux alentours d’1h15, premier essai grandeur nature à plus de 2h de film, minutes sur lesquelles s’appuient la comm’ avec les images des bandes annonces, (l’explosion de la bombe lors de son essai); dans les quinze minutes qui suivent, prise de conscience morale (plus jamais montrée dans les 45 minutes restantes), puis Hiroshima et Nagasaki (sans image), puis on retourne dans le cours d’histoire dans la demi-heure restante.

⚠⚠⚠⚠⚠
Conclusion: ennui mortel, aucun intérêt sur grand écran, aucun intérêt sur écran tout court, le film se résumant en un cours audio. Pour ce résultat, la lecture d'un simple document suffit.
HawkMan
HawkMan

220 abonnés 1 316 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 avril 2024
Très joli film centré sur la personne qu'était Robert Oppenheimer. On suit 3 temps de la vie de ce scientifique à savoir son ascension jusqu'à l'essai de la bombe Trinity, son interrogatoire, sorte de procès en 1950 quand il est soupçonné d'être un communiste et enfin la vision et les divergences d'opinion entre Lewis Strauss et Oppenheimer.
Ce film, long, ne ravira pas tout le monde de part ses nombreux dialogues autour d'un univers très scientifique mais quelle mise en scène !! C'est d'une grande maitrise et les 3h passent facilement. Les acteurs, nombreux, sont impeccables de justesse et de profondeur. Mention spéciale à Robert Downey Jr qui est monstrueux en Lewis Strauss.
Bref : un grand film mais pas à la portée de tous pour l'homme se déclarant "Je suis la Mort, le Destructeur des Mondes"... à méditer...
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