Alors Oppenheimer qu’en dire ? Faut savoir qu’il y a les bons et les méchants ; mais c’est un peu plus compliqué, les méchants, à savoir les allemands et les japonais en 1941, ne sont plus les mêmes en 1945. Les méchants japonais sont toujours là mais plus en 1947, les méchants c’est les russes maintenant qui rêvent de bombe atomique aussi, avec en 1954 plus de doute à l’apogée et en même temps au crépuscule du Maccarthysme, les soviétiques sont les méchants.
Oppenheimer il est gentil parce qu’il veut sauver le monde, mais il est méchant parce qu’il veut tuer plein de japonais, bon quand même il aime les idées nobles du communisme mais, pas de chance il travaille avec de méchants collègues qui sont jaloux bien sûr et n’aiment pas sa réussite ni les russes, ni les républicains espagnols, ni rien qu’eux-mêmes.
On passe du passé au présent puis au futur proche et puis un peu moins proche et puis au présent à peine passé. Heureusement Einstein est là, toujours au même endroit en train de se promener dans le parc de Princeton au bord du lac. Attention il est sage Einstein, c’est un gentil apparemment, bon il est vieux et va bientôt mourir à Princeton justement, ça ce n’est pas dit dans le film c’est moi qui le dis parce que c’est vrai. D’ailleurs le méchant qui veut niquer Oppenheimer, qui est merveilleusement joué par Robert Downey Jr., est jaloux parce que Oppenheimer et Einstein discutent ensemble mais pas de lui, mais lui il croit que c’est de lui parce qu’il est méchant et parano.
Là je commence à être fatigué et un peu perdu mais le film dure 3h alors je m’accroche. Heureusement il y a de belles scènes entre Oppenheimer et sa femme, celle avec le président Truman, et puis celle de la bombe expérimentale qui explose à l’aube du 16 juillet 1945.
Mon principal épuisement physique est dû aux plans qui défilent littéralement. Les plans succèdent aux plans brefs incisifs comme on fait maintenant, plus le temps d’apprécier, de réfléchir de se poser, faut que ça bouge à tout prix, que ça pulse, que ça envoie du lourd. Pas le temps de savourer, d’assimiler ce qui arrive, d’écouter et de comprendre le sens de ce qu’on nous dit, que déjà tout est balancé au prochain plan et au suivant et au suivant et au suivant comme une réaction en chaine. Pour un film sur la bombe une réaction en chaine ce n’est pas con remarque.
Au secours Visconti, tu me fatigue Nolan. C’est beau mais je n’ai pas le temps de profiter, le staccato m’épuise après 3h à ce régime-là.
Alors ce que j’en pense ? Quel gâchis, hé Nolan ne rentres pas les draps…