Un procès plus qu’un biopic, un retour sur l’origine de la plus grande arme que l’homme est jamais créé, soit pour se protéger et annihiler une nation ennemie ou envahissante soit pour l’en dissuadée. 13 nominations aux Oscars pour 7 remportées et une pluie de critique aussi élogieuses que véridique sur le but et méfaits d’une telle création. 2 ans après sa sortie et son duo plus qu’insolite avec « Barbie » sous le nom « Barbenheimer » et l’impact social-numérique & médiatique ayant fait des 2 affiches les plus rentables de l’été et année 2023, j’aurai pu dès le départ être tenté par ce phénomène sociétaire mais mon affinité avec Nolan étant ce qu’elle est, j’ai clairement décidé de laisser tomber. Puis avec l’annonce de « L’Odyssée » prochainement en sortie l’été 2026 et du même réal, l’« envie » et la presque naturelle découverte et redécouverte de l’œuvre Nolan se fait pressentir.
Un récit de 3h donc que j’imaginai dès lors d’invivable connaissant la complexité scénaristique des œuvres du britannique, en plus de ça des dialogues 90% du temps cela n’arrangeait strictement rien. Puis à ma grande surprise, dès le départ j’observe un montage dynamique à la sauce Mickael Bay (connu pour ses plans ne dépassant jamais 5 sec) et un dynamisme étonnant des acteurs dans leur jeu, intriguant non ? Puis les 2 premières heures (à peu près) passent jusqu’à cette fameuse reconstitution bien réelle (et son chouilla numérique) de l’atomic-bomb. Ces 2h étant en réalité les multiples rendez-vous entre hommes de sciences, politiques et autres juridiques sur le devenir de la guerre Hitlérienne et comme s’en protéger. Musicalement rythmique et stressante, comment éviter au Reich de créer et posséder avant tous le monde une arme ultime ? 2h ou l’on découvre également l’avocat d’Oppenheimer face à la cour, maintes explications sur ses agissements bien mal vus. Robert Downey Jr. qu’on ne présente plus incarne avec brio et punch cet avocat lourdement amaigri qui le sort de l’incarnation badasse d’Iron-Man, un jeu qui le ferait presque revenir une décennie plus tôt sous l’affiche du « Juge ». Un contraste donc saisissant mais hyper intéressant. De son côté Cillian Murphy (« Picky Blinders »…) ou l’incarnation du « père de la bombe » sort là un jeu entre les frontières morose / dynamique et préventif, aucune de ses scènes n’est à dormir debout pourtant lui semble le faire tant son rôle est d’une écrasante fatigue. Quoi qu’il en soit, les lauréats de statuettes n’ont à mon sens, livrer qu’une mi-performance digne de celle-ci, surtout pour Robert et son temps d’écran presque inférieur à ses autres camarades. Matt Damon à l’inverse en envoi, lorsqu’il s’énerve, il y va, lorsqu’il fait comprendre à la science les dangers militaires d’une telle possession par l’Allemagne, il y va, lorsqu’il est ravi bien sûr, il y va. Tous ça pour dire que son rôle, secondaire à lui aussi fut nettement plus percutant et présent. Pour le reste du cast, Nolan s’est s’entourer, Florence Pugh, Josh Hartnett, Emily Blunt, Dane DeHaan, Jason Clarke, Gary Oldman, Rami Malek ou encore Matthew Modine, toutes et tous incarne avec rigueur leur stature et savent donner du leur avec un temp d’écran par contre bien distinct. Si ces 2h passent relativement bien, il n’en est pas vraiment pour la dernière, 100% juridique et des faces contre face à peine moins haletant, on retrouve la lassitude de « Dunkerque » qui se noyait dans la morosité de ses longueurs.
Nolan signe donc son premier bébé oscarisé, offre à ses 2 principaux poulains leur première statuette et la morale d’un récit annonciateur d’une apocalypse qui ne saurait se faire attendre dans un climat géopolitique moderne des plus tendus. Comme un appel au calme et la raison car, comme le dit si bien Cillian face à Einstein (Tom Conti) : « Nous l’avons déjà commencée »
. La particularité désormais de ce trio couronner est qu’on le découvrira très vite dans 2 futures mégas affiche l’an prochain, le réal part dans la Grèce Antique, l’acteur « avocat » repart bon gré malgré dans le multivers Marvel. Quelles en seront les résultats ? Prouverons t-ils leur nous notoriété ? Je n’ai qu’une déclaration : « Hâte d’en découdre ».