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3,5
Publiée le 11 février 2024
Pour un cours sur Arthur Rimbaud, Ana recommande le film "Total Eclipse" d'Agnieszka Holland pour ceux qui voudraient approfondir le sujet. Cependant, lorsqu'un père aperçoit une scène du film pendant que son fils le regarde, il décide de demander des comptes, car il trouve le contenu immoral... Le début d'un combat pour ce qu'elle croit juste... Katalin Moldovai se sert de cet établissement comme d'un microcosme de la société actuelle avec pas mal d'aspects qui peuvent s'appliquer à de nombreux pays comme chez nous avec les professeurs qui sont sans cesse remis en question par des parents qui croient tout savoir. Ici, c'est plutôt lié au contexte social et politique par rapport à l'homophobie. Basé sur une affaire survenue en Roumanie, "Elfogy a levego" souligne également l'absurdité de la situation comme quand spoiler: Ana est jugée par des gens qui n'ont même pas regardé le film. Une absurdité tout de même sérieuse puisque cela se transforme en une cabale avec l'enseignante de plus en plus isolée avec des soutiens qui se rangent du côté de la majorité tandis que d'autres profitent de l'occasion pour régler leur compte. En dépit d'un récit un peu trop mécanique et d'un manque de ressenti de la part des principaux concernés à savoir les jeunes, ce premier long-métrage de Katalin Moldovai est convaincant, pertinent et réaliste grâce à une écriture subtile jusqu'à sa conclusion, une mise en scène soignée et une Ágnes Krasznahorkai convaincante.
Il n'est pas douteux que l'histoire que raconte la Hongroise Katalin Moldovai dans son premier long-métrage tire son inspiration de faits réels. Un simple conseil d'une professeure de littérature (celui de découvrir le film Rimbaud Verlaine, afin de compléter son cours) devient en peu de temps une véritable affaire de morale, par un effet boule de neige dans lequel sont impliqués parents d'élèves, administration scolaire, collègues enseignants, comité d'éthique, etc. Le contexte hongrois joue un rôle dans le récit mais l'intrigue peut aisément s'exporter dans la plupart des écoles du monde, à partir du moment où la liberté d'enseigner, en dérivant parfois du programme proprement dit, se heurte à un politiquement correct qui impose sa loi, au mépris de la capacité d'élèves (ce sont ici des lycéens de 17 ans) à juger par eux-mêmes. Le film s'attache à son personnage principal, dans son intégrité et sa candeur, en la suivant également dans son quotidien, ce qui permet d'évoquer d'autres thèmes dont celui de l'exil, loin de la Hongrie. Réalisé avec doigté et un rythme tenu de thriller psychologique, Without Air pose de nombreuses questions sur la liberté, la norme, l'éducation, la tolérance, sans pour autant s'ériger en donneur de leçons. Pratiquement toujours à l'écran, Ágnes Krasznahorkai livre une prestation remarquable, à fleur de peau.
Dans la lignée du Cercle des poètes disparus ou encore des Choristes, Without air vient nous faire part des problèmes que peuvent rencontrer des professeurs avec les parents qui ne comprennent pas forcément la manière d'enseigner de ceux-ci. Le film est très esthétique, un peu laçant a un certain moment du film jusqu'à ce que de nouvelles couleurs apparaissent , bien maitriser par Katalin Moldovai qui réalise ici en plus son premier film. Les discours entre les professeurs qui ne sont pas forcément tous d'accord au sujet de la façon d'enseigner du personnage principal sont très bien écrit, les arguments sont bons, etc.. Je trouve cependant que le film prend certains chemins trop dramatiques par rapport a l'histoire de base et que de manière général le film et les acteurs sont trop mous, il aurait fallu trouver un juste milieu pour garder le coté rustique du film tout en étant un peu plus dynamique de plus la fin est un peu longue comme si la réalisatrice ne savait pas trop comment terminer le film. Le film véhicule cependant un bon message et est au gout du jour car ce de ce que j'ai compris les professeurs sont vraiment confronter aux problèmes évoqués dans le film.