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Un visiteur
3,0
Publiée le 12 février 2012
En fait, tout le monde semble désemparé dans ce film policier mélancolique de Win Wenders, adapté d'un roman de Patricia Highsmith. Minutieusement et sans fioritures, le réalisateur allemand a réalisé un véritable petit bijou. Les critiques ont souvent vu dans « L'Ami américain » une parabole de la colonisation culturelle de l'Allemagne par les Américains, de la victoire de la corruption galopante sans scrupules et de la monopolisation agressive là où le doute et l'autocritique seraient bienvenus. En même temps, Wenders adapte avec précaution à l'actualité un des ressorts du film de gangsters classique: un réalisme social, tel qu'il a dominé ce genre depuis le début, marqué par des personnages se défendant de manière désespérée et échouant face à des promesses de justice politiques et sociales. Poursuivant et renouvelant cette tradition, Wenders nous offre avec « L'Ami américain » un film policier exigeant qui allie sans peine la profondeur grave et l'intrigue à suspense, un film complexe, qui ne veut pas se fixer et dans lequel presque toutes les identités, les relations et les motivations restent ouvertes – ainsi l'amitié entre Ripley et Jonathan. A la fin, des images surréalistes nous montrent les deux hommes brûlant sur une plage à l'embouchure de l'Elbe une ambulance contenant les cadavres de quelques gangsters qui étaient à leurs trousses. Mais cette amitié ne résiste pas à la dernière épreuve puisque Ripley s'enfuit avec la femme de Jonathan et le laisse aller seul vers la mort.
Un film parlant anglais, allemand, français, avec des réalisateurs comme acteurs pour seconder Bruno Ganz, qui réussit une partition plus qu'intéressante. Ce thriller est bien réalisé, l'ambiance est prenante, l'histoire suffisamment différente de ce qu'on voit habituellement pour que l'on se prenne de suivre ces 2 anti-héros (Zimmerman et Ripley) de New York à Hambourg, en passant par Paris. De plus, on se replonge dans une époque (1976) colorée - les villes, les voitures, le métro parisien, le train Intercity...
Un Wenders sombre, déroutant, virtuose mais un peu trop hermétique.L'ami américain s'ouvre sur 10 minutes assez magistrales ou Wenders nous montre séparément les personnages interprétés par Bruno Ganz et Dennis Hopper, et on peut à travers la mise en scène et le montage sentir déjà le lien étroit et ambiguë qui se nouera entre eux. Ainsi l’intérêt principal du film repose sur le rapport non-manichéen et indéfinissable qui lie les deux protagonistes, l'intrigue du film est assez banale et donc suscite parfois l'ennui malgré que le tout soit tourné d'une manière originale . L'atmosphère est cependant l'autre atout du film, avec le coté thriller ( quasi film noir) qui est bercé par le pessimisme, la noirceur du cinéma allemand des années 70 (Herzog, Fassbinder). Wim Wenders arrive donc à nous amener dans un film vraiment à part et qui peut se révéler très beau ( Paris magnifiquement filmé) mais malheureusement ennui également.
Un magnifique drame de Wim Wenders, d'une très grande intensité et incroyablement touchant...Bruno Ganz, toujours aussi exceptionnel, y interprète le rôle principal, aux cotés, entre-autres, de Dennis Hopper, sincerement parfait lui aussi. Une histoire absolument émouvante et pleine de vérité racontée avec beaucoup de justesse et un style extraordinaire. Un film a la mise en scène époustouflante, marqué également par une bande-originale parfaite.
Denis Hopper et Bruno Ganz sont à couper le souffle dans ce film d'auteur à la frontière du film de gangster de scorsese! Une histoire prenante de bout en bout!
« L’ami américain » est un thriller. Mais un thriller réalisé par Wim Wenders. Le film est donc imprégné de la patte du cinéaste allemand. Le rythme contemplatif est donc de sortit. Il y est propice aux interrogations des personnages. Wenders, comme souvent, travaille particulièrement leurs psychologie. Pour autant, le cinéaste, réussie à nous embarquer dans son histoire. Adapté d’un roman de Patricia Highsmith, on y suit Jonathan Zimmermann (Bruno Ganz, impeccable) condamner par une leucémie et qui se voit proposé par Tom Ripley (Dennis Hopper, convaincant ) une somme d’argent pour tuer un inconnu… Wim Wenders saisi, ici, la dimension fictionnelle du cinéma, pour réaliser un film à suspense de bonne facture. Si l’œuvre n’est pas majeure pour l’auteur de bijoux comme « Paris, Texas » ou « Les ailes du désir », le film se suit avec un certain intérêt. Enfin, pour un temps, car revers de la médaille du contemplatif qui permet à Wenders de creuser ses personnages, les longueurs qui se multiplie au fur et à mesure que le film avance. Dommage, car au passage le réalisateur allemand parvient à traiter un thème qui lui est cher, les relations humaines en particulier celles de l’amitié. D’ailleurs le long-métrage regorge d’amis de Wenders, américain ou non. On retrouve ainsi ,entre autres, Nicholas Ray ou Jean Eustache. Touchant et intéressant, parfois beau mais pas assez intense, L’ami américain ravira le fan de Wenders, tout en rebutant le novice.
Wenders réussi à mélanger film de genre (polar) et film d'auteur (comptemplation, réflexion...) dans cette oeuvre. Si le film est long à démarrer on est vite capter par l'ambiance qui s'en dégage, ainsi que par un Dennis Hopper toujours aussi électrique.
Avec l'Ami américain, Wim Wenders signe un thriller efficace d'une très grande élégance, au rythme lancinant et angoissant. L'interprétation de Ganz et de Hopper tient le spectateur en haleine, et rend cette histoire d'amitié impossible parfaitement belle et simple. New York, Paris (en particulier le quartier de la Défense), et Hambourg sont filmés comme rarement. L'attention presque picturale aux couleurs évoque le métier de Jonathan et les propres obsessions artistiques de Wim Wenders. Un film de maître.
Wim Wenders iette un pont entre l'Europe et l'Amérique, à travers cet hommage au film noir, et les grandes figures hollywoodiennes que sont Dennis Hopper, Nicholas Ray et Sam Fuller. Le rythme est certes lent, mais le réalisateur sait installer un climat de malaise, voir d'angoisse, et certaines scènes sont des modèles de mise en scène. Admirable est cette façon de donner une atmosphère aux différents lieux, de transcrire l'errance dans les villes et la fuite en avant d'un homme qui croit sa fin toute proche. Un beau film mélancolique, d'où ressort le contraste entre la folie de Hopper et la digne sobriété de Bruno Ganz
Ce film ressemble un peu au septième sceau de Bergman dans le sens où le personnage principal se trouve pris dans un engrenage dont la mort est à l'origine, est de là, commence une partie d'échec avec elle tout le long du film. Un bon Wenders.
Quand Wenders ne verse pas dans l’auto complaisance ou la mièvrerie c’est vraiment pas mal. En l’occurrence il doit le valoir à un canevas scénaristique solide pris au roman de P. Highsmith. Il filme le vertige urbain, la solitude surpeuplée, comme personne (on pourrait faire une rétrospective sur La Défense et le RER parisien au cinéma, avec « Buffet froid », « La nuit des traqués »…), la séquence du train est une belle prouesse cinématographique, la mise en scène en général est magnifique. D. Hopper campe comme toujours un personnage étrange, décalé, mais avec plus de sobriété et de nuance que d’habitude. Bref un des films de W. Wenders qui passe l’épreuve du temps.
Le film qui révèla Wim Wenders à l’international, et qui lui permit de poursuivre sa carrière aux Etats-Unis, est justement directement inspiré du cinéma hollywoodien, et en particulier du film noir. C’est cette influence américaine qui démarqua Wenders du reste des productions allemandes qui restaient jusque là très autocentrées. Le casting en lui-même, qui réunit la révélation que fut Bruno Ganz et Dennis Hopper, qui depuis son Easy Rider symbolisait la frange la plus radicale du Nouvel Hollywood, mais aussi, dans des rôles secondaires, des cinéastes plus classiques tels que les américains Nicholas Ray et Samuel Fueller ou le français Jean Eustache, montre la motivation de Wenders de faire se rencontrer toutes les approches de faire des films qui l’inspirent. Le long-métrage qui en découle est une œuvre dont le fatalisme et la photographie grisonnante rendent assez sordide. L’émotion et le suspense qui découlent du parcours de ce personnage, à la psycholologie bien travaillée, en pleine descente aux enfers mais désireux de se raccrocher à sa vie rendre captivant ce thriller auquel on peut toutefois reprocher sa molesse et son scénario un peu convenu.
Un honnête homme, pensant être atteint de leucémie, est manipulé par des mafieux qui lui demande d'exécuter leurs ennemis. Assez sombre et parfois étrange, "Der Amerikanische Freund" est un film montrant jusqu'où l'être humain peut aller quand il n'a rien à perdre, et où Bruno Ganz et Dennis Hopper offrent de très belles prestations. Un Wenders à découvrir.
Oui, ceux qui en ont assez du cinéma percutant et des gens-normaux-super-héros trouveront là de quoi se replonger dans une époque: les années 70, et leur déprime introspective devenue... fantasmatique. C'est ici la lutte entre l'honnêteté laborieuse et mal récompensée, vivotant sur un port de mer du nord, et des messieurs bien habillés et bien organisés qui vivent du Crime. La spirale commence par un coup monté, et voilà tous les personnages entraînés dans une histoire que plus personne ne maîtrise, où des sentiments ambivalents, dominés par le manque de rapports humains réels, dirigent les (bons ou mauvais) choix. Ambiance cafardeuse et irréelle, belle maîtrise des plans, crédibilité des acteurs malgré des personnages décalés, musique en sourdine, laissent une impression rêveuse mais prenante. Rappelle "Les Chiens", "Série noire", "L"Oeil" ou "Buffet froid"... l'humour en moins.