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benoitparis
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4,0
Publiée le 9 février 2011
La réussite fondamentale du film est d’échapper totalement à l’imagerie sulpicienne (même dans sa variante hollywoodienne). Il y parvient par un mélange de dépouillement extrême et de stylisation, de sens de la contemplation, y compris et surtout quand le texte seul est illustré dans sa déclamation, et un style totalement atypique dans ses prises du vue et ses découpages. Le thème évangélique est restitué au plus près de sa nudité. Ça ne rend pas forcément croyant, mais cela préserve le mystère, créé l’intérêt. C’est en tout cas un des films les plus déconcertants jamais conçus et réalisés. Celui d’un agnostique déclaré, sympathisant communiste, illustrant un texte canonique chrétien, en restant au plus près de l’orthodoxie catholique…
Étonnant d'authenticité, L'Évangile selon Saint Matthieu est l'œuvre d'un athée, mais aussi d'un poète et d'un homme engagé qui a compris l'intemporalité du récit évangélique. Pier Paolo Pasolini est l'un des auteurs les plus sincères et les plus sensibles du Cinéma. Néoréaliste et d'une grande modernité, une bande-son variée, de Bach et Mozart au negro spiritual, participent à la réussite de cette œuvre, la plus poignante de toutes les représentations du Christ au Cinéma.
Un film très "premier degré" sur la vie de Jésus et qui n'est — évidemment — pas à la pointe des avancées les plus récentes en termes de connaissance de la vie du Juif rebelle. En voyant cela, on se demande comment tant de gens peuvent encore croire à cette histoire (dans son aspect magie-miracle), mais le film a le mérite d'être instructif, et il permettra à chacun de se faire sa petite idée sur le barbu de Bethléem. Par contre, ne comptez pas sur moi pour faire comme tous les gens qui, dès qu'ils entendent "Pasolini" se sentent obligés de passer en mode adulation automatique ; le film a des sérieux défauts techniques, et tout n'est pas très bien joué, ni très vraisemblable. Même pour l'époque, PPP aurait pu mieux faire.
Fidélité littérale, authenticité (d’une légende), simplicité et humilité : stupéfiant pour un communiste athée qui reçut pour l’occasion le prix de l’Office catholique international… un beau pied de nez au sectarisme de certains ! Et une mise en scène et un travail des éclairages qui confinent au chef-d’œuvre. Heureusement que c’est beau car une patience de saint est nécessaire tout du long !
Autant le dire tout de suite je suis un athée convaincu, j’avais une certaine appréhension à voir un film qui de l’extérieur paraissait assez dogmatique. Il ne faut pas mourir idiot alors j’ai tenté l’expérience mais j’ai failli mourir d’ennui. Très proche des écrits, très dogmatique aussi c’est un film épuré à l’extrême et d’une grande austérité. Il n’y a pas vraiment de point de vue d’ailleurs, même si on sent que l’aspect miracle n’attire pas Pasolini et qu’il aurait tendance à faire de Jesus un sorte de révolutionnaire. Je n’ai pas eu non plus le plaisir des yeux, c’est terne à l’image et sans relief. Même l’interprétation est très épurée et ne dégage pas d’émotion. Bref d’un point de vue mystique ça ne m’a rien apporté mais je m’attendais à cela, d’un point de vue cinématographique non plus et cela m’a encore plus gêné.
Pier Paolo Pasolini déclarait ne plus être croyant depuis l’âge de 15 ans et était connu pour les aspects sulfureux de son œuvre. Le voir s’attaquer à l’adaptation de L’Évangile selon Matthieu, surtout après La Ricotta qui lui avait valu une condamnation pour "insulte à la Religion d’État", pouvait laisser augurer une œuvre auréolée de scandale. Et pourtant, le cinéaste livre un film extrêmement respectueux du matériel d’origine et de la religion catholique au point d’être dédié au Pape Jean XXIII, décédé l’année précédente. Pasolini évite tout sensationnalisme et offre un film très dépouillé qui est l’inverse totale du cinéma religieux hollywoodien. Même s’il propose des choix de réalisation (utilisation de la caméra portée pouvant parfois donner une impression de reportage et de réalisme, filmage du procès de Jésus de loin depuis le point de vue des apôtres…) et de musique (mélange de musique classique européenne, en particulier La Passion selon saint Matthieu de Johann Sebastian Bach, avec du gospel ou de la musique congolaise qui montre l’universalité du récit) originaux, le réalisateur se concentre essentiellement sur le texte et le message du Christ. Alors qu’on pourrait craindre que cette austérité amène à une sorte d’ennui (ce qui sera malgré tout peut-être le cas d’un public habitué aux blockbusters), L’Évangile selon saint Matthieu arrive à créer une certaine fascination provenant certainement de celle que Pasolini possédait pour son personnage malgré son agnosticisme revendiqué. Ainsi, cet adepte du scandale rejetant toute religion signe peut-être l’œuvre cinématographique la plus en phase avec les écrits bibliques tout en ayant réussi à plaire tout autant à la presse marxiste (sûrement car il montre l’aspect révolutionnaire du Nazaréen) et au public purement cinéphile, recevant le Lion d’argent et surtout le Grand Prix de l’Office catholique du cinéma à la Mostra de Venise où il représentait l’Italie un an après avoir pourtant été accusé de blasphème.
Film à la beauté formelle, adaptation de l'Évangile selon Saint-Matthieu très strict. Un noir et blanc assez lumineux, bon évidemment les dialogues sont à la fois beaux mais pompeux (forcément). Je trouve la fin avec la crucifixion très forte malgré le nombre de fois qu'on la vu au cinéma.
Surgissent, dans le dépouillement des décors naturels, dans la simplicité de la reconstitution historique qui échappe à la tentation du kitsch, dans le jeu des acteurs pour la plupart amateurs, dans la restitution brute de la parole sacrée, une véracité et une aspérité en adéquation parfaite avec les Écritures. L'Évangile selon saint Matthieu constitue certainement l’adaptation cinématographique la plus réussie du texte biblique, en ce sens où elle renvoie une impression d'authenticité esthétique et liturgique ; nous assistons à la naissance d’un prophète et martyr qui apparaît dans toute sa complexité et son inhumanité : personnage froid, intransigeant et dogmatique, Jésus est à la fois homme et surhomme, il se distingue par sa démarche calme, sa chevelure soyeuse et séduisante, sa beauté sensuelle et délicate tel le Beau encore intact et vierge de toute corruption, et qui le restera jusqu’au bout. Les autres apôtres sont, eux, indifférenciés ; seul Judas bénéficie d’un traitement particulier, la caméra s’attarde sur lui, capte ses hésitations, sa résolution non comme l’expression d’un mal individuel et personnel mais comme l’accomplissement d’un destin supérieur, écrit par avance. Pier Paolo Pasolini réussit à articuler la spontanéité du geste artistique avec la linéarité définie de la trajectoire biblique, offrant une œuvre aussi saisissante qu’insaisissable, rugueuse et verbeuse – par fidélité au Verbe –, essentielle. Une marche magnifique jusqu’à l’origine du christianisme.
Une oeuvre majeure du cinéma italien. Avec cet "Evangile", Pasolini s'appuie sur le réalisme italien pour faire de cette œuvre, un film puissant, poétique, politique, religieux, mystique et historique sur la vie du Christ. Ici, on est bien loin des œuvres oniriques hollywoodiennes, des films enjôleurs ou encore des mièvreries des soirées de Noël. Devant nos yeux curieux s'égrène la vie du Christ, quasi brute, documentaire, et plus réelle que jamais. Et même s'il manque ici quelques épisodes majeurs, le rôle de Maie-Madeleine notamment, "L'évangile selon Saint-Matthieu" demeure un très grand moment de cinéma.
Pasolini qui dresse un portrait terriblement humain de Jésus, transfiguré ici en leader politique révolutionnaire. Émane de cette Évangile quelque chose de sacrée qu'on peine à décrire avec des mots ...
Encore une merveille de Pier Paolo Pasolini, et comme toujours avec ce cinéaste, ca ne laisse pas indifférent... Ici le réalisateur italien nous offre une adaptation de l'évangile selon saint Matthieu, dont les dialogues sont mot a mot ceux des texte bibliques... Une oeuvres simple dans la forme, tres calme, on observe les personnages, on découvre, on apprends... C'est un film tres subversif, il nous transporte de manière tres étrange et fascinante, et nous surprend du début a la fin. Un film lent et contemplatif, particulièrement passionnant, et dans lequel on ressent magnifiquement le style de Pasolini. Un grand film, respectueux envers les religions, et parfaitement objectif, Pasolini lui-même n'étant absolument pas pratiquant (voir le court-documentaire "Pasolini, un religieux sans foi"). Fascinant.
Même si je me suis un peu ennuyé vers les 3/4 du film, je l'ai beaucoup apprécié. Le noir et blanc donne un aspect assez véridique au film. Même si l'on peut trouver Jésus vindicateur, il ne faut pas oublier que les textes religieux contiennent tout de même des erreurs, le tout est dans l'interprétation, mais c'est un autre débat. La bande originale du film est quant à elle sublime, les plans sont aussi soignés, travaillés... Le film délivre des scènes puissantes, émouvantes, surtout celle de fin qui est maîtrisée de bout en bout. Pour l'instant c'est le Pasolini que je préfère!
Excellente surprise! J'étais plus que sceptique et j'ai longuement hésité avant de voir ce qui raconte la vie du Christ pendant plus de 2 heures. Je pense avoir un avis objectif sur le film. Encore une fois, c'est ici la mise en scène grandiose qui retient l'attention. D'un sujet poussiéreux et ennuyeux à mon goût, Pasolini en tire une oeuvre superbe et résolument moderne. Les célèbres leçons de morale ne nous sont pas épargnées (bon c'est normal alors je pardonne) mais le tout est montré avec tellement de beauté que notre attention est forcément retenue. Les décors, le montage, la photo, la musique: tout cela est grandiose et sert la dernière séquence assez incroyable. A voir absolument pour se démener de tous les préjugés de chacun par rapport à une telle histoire.
Nombre ont été les films traitant de la vie du Christ, de la parenthèse biblique utilisée dans "Ben-Hur" de William Wyler jusqu'à la version ultra-violente de Mel Gibson en passant par l'adaptation télévisée de Franco Zeffirelli et la vision personelle de Martin Scorsese. "L'Evangile selon Saint Matthieu" se distingue de ces autres adaptations car il ne se contente pas de raconter simplement la vie de Jésus mais plutôt de se focaliser sur ses paroles, son message. Tous les dialogues du film sont repris mot pour mot de l'évangile de Matthieu et expose le côté révolutionnaire et visionnaire du Christ. Pasolini joue sur les ambiances, notamment ce merveilleux début ou Marie annonce à Joseph qu'elle est enceinte. Aucun dialogue, aucune musique ne venant appuyer le discours, juste l'expression des visages, de la crainte de Joseph au mélange d'angoisse et de joie de Marie. S'ensuit une continuité lente et belle ou Pasolini filme la nature en coordination avec les évenements. Puis, avec cette somptueuse scène ou Jean-Baptiste baptise des villageois, est introduit Jésus arrivé à sa maturité. Contrairement aux autres adaptations, le Jésus présenté ici est offensif, un "Jésus de combat" pourrait-on dire, en total désaccord sur les dogmes de sa société. Un peu comme le fut Pasolini en ce temps. De par ce fait, on peut remarquer ce parallélisme de la vision du réalisateur italien et de celle de la principale personalité biblique, exposant sa colère envers le monde qui l'entourre. Ainsi, le film présente une qualité intemporelle, le discours prononcé par le Christ s'appliquant encore de nos jours. Pier Paolo Pasolini présente, de cette façon, l'un des plus beaux films au monde, à la fois cri de révolte et d'amour face aux inustices et aux inégalités.
Ce film pour moi a été une véritable claque cinématographique dans la figure. Toujours dans le sens de la mise en scène qu'on pourrait comparer a des tableaux. Cette image très onirique et rendu en noir et blanc est magnifique. C'est aussi un film de et sur la morphologie des visages. Les partitions musicales de Mozart et Bach intensifie encore plus l’émotion qui me submerge.
Dés l'ouverture du générique j'ai tout de suite été emballer. Il fait sans aucun doute partie pour moi des plus grands films de Pasolini. Quel choc également en visionnant son 3 ème long-métrage, le virage cinématographique qu'il a pris, ayant commencer par Salo ou les 120 jours de Sodome ou à l’époque de la sortie du film, on était loin de s'attendre à des films plus violents et engager.
Si il y'a des cinéastes du XXème siècles qui ont comptés Pasolini en fait partit.