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Arthur Debussy
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4,0
Publiée le 17 mai 2012
Sans aucun doute l'un des plus grands films de Pasolini et l'un des meilleurs retraçant la vie du Christ. La raison principale : le parti pris de la simplicité et de la sincérité, loin des péplums désincarnés, de la bouffonerie à la Scorsese ou du bain de sang racoleur à la Mel Gibson. Quelques défauts tout de même : une interprétation parfois inégale (du fait du non professionnalisme des acteurs), la musique classique utilisée quelquefois avec une lourdeur assez stupéfiante (vu sa qualité et les grands compositeurs invoqués) et un certain amateurisme rendant le tout un petit peu artificiel. Mais dans l'ensemble «L'Evangile selon Saint Matthieu» est vraiment digne de louanges, d'autant plus quand on connaît l'anticléricalisme et l'athéisme de Pasolini (bien qu'il se reconnaisse influencé par l'idéologie chrétienne). Pasolini ne croyait pas en l'ascendance divine du Christ mais en la grandeur de son message et de son humanité, et c'est tout à son honneur d'avoir su rendre hommage à la « poésie » du texte en refusant tout ajout ou suppression! D'ailleurs le choix de l'évangile de Saint Matthieu n'est pas anodin puisqu'il le considérait comme l'évangile le plus « social », le plus proche de la réalité d'alors et de ses convictions marxistes. Sur un plan plus formel notons la beauté extraordinaire des cadrages et la compositions admirable des plans, Pasolini -influencé par Giotto ou Piero Della Francesca- atteignant là des sommets de grâce. Les décors naturels sont tout autant remarquables, que ce soient les étendues désertiques, les falaises bordant le ruisseau figurant le Jourdain ou encore les villes taillées dans la roche. Son refus du spectaculaire est tout à fait justifié et rend d'autant plus appréciables les séquences des miracles, tout comme l'interprétation naturelle de Jésus le rend plus humain et vivant. Bref une fameuse et subtile réussite, surtout au vu de la difficulté du sujet (mille fois traité). Un grand bravo! [3/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
Il est très compliqué de noter un film comme l'évangile selon st mathieu car le visionnage de ce film est une expérience assez étrange et on peut donc difficilement avoir un avis très net sur le film. Tout d'abord je pense qu'il est très compliqué d'adapter l'évangile au cinéma pour deux raisons: premièrement car c'est au final un livre très didactique et ensuite car le spectateur (surtout si il est lui même croyant) connaîtra parfaitement l'histoire avant meme de regarder le film. Cependant, ici, pasolini réussit à surpasser ces deux problèmes, en s'appropriant l'évangile de st Mathieu. Nous n'avons pas, comme avec un film comme Jésus de Nazareth, une simple mise en image de la l'évangile; nous avons l'évangile selon pasolini.
Pour revenir à quelquechose de plus technique, la mise en scène de pasolini n'est pas incroyable et le montage est meme a certains moments raté cependant tout cela est racheté par le jeu de certains acteurs et notamment l'interprète de Marie qui crève littéralement l'écran; son jeu, tout en finesse est absolument grandiose . Je pense qu'il y a trop de chose a dire sur ce film ... Il est donc devenu pour moi un incontournable car même si on n'est pas forcé d'apprécier, ce film reste une expérience cinématographique très forte ce qui est tout de même ce que l'on demande à un film.
Je craignais que ça fasse trop "documentaire", et que Pasolini se contente de restituer ces évènements. Finalement, bien qu'avec la longueur du film tous les passages ne sont pas forcément à retenir, j'en retiens quelques uns vraiment sublimes, que j'ai adorés. Très beau. En vérité je vous le dis, je me suis assoupi. Blasphème !
Une adaptation fidèle et spirituelle mais un peu austère et manquant donc un peu de souffle, du texte de Saint Matthieu, servie par une mise en scène sublime, et accompagnée par une BO envoûtante.
Une illustration de l'évangile de Matthieu dans une mise en scène minimaliste visant à exacerber la force de l'interprétation quitte à sembler froide, distante, uniquement discursive. Reprenant le texte biblique, le récit avance par ellipses et scènes clés afin de souligner la force persuasive de Jésus ainsi que la morale chrétienne sans ornement dispensable. Un style néoréaliste qui pourra rebuter malgré la pureté de l'image unie à la puissance de la musique. Symbolique.
Lorsque je lis qu'il s'agit d'un chef-d'œuvre j'ai l'impression de ne pas avoir vu le même film. On lit que la photographie est magnifique, elle est épouvantable, la majorité des plans sont mal cadrés, coupent des personnages de l'écran. Le film est d'une lenteur et d'un ennui absolu alors qu'il se veut sûrement méditatif et spirituel. Les acteurs semblent attendre qu'on les dirige, les regards sont étranges, désincarnés. J'ai beaucoup lu que ce film déplaisait aux athées. Je suis un catholique convaincu qui a lu plusieurs fois les évangiles, je ne reconnais pas la passion et la puissance de celui de St Matthieu. Ce film a probablement très mal vieilli. Et Pasolini, entre ça et les 120 journées de sots d'hommes (j'évite la censure), c'est vraiment épouvantable.
Je dois avouer que le film m’a laissé de marbre. Austère, c’est peu dire : tout est là, mais sans la moindre tentative de mise en scène clinquante. On sent bien que Pasolini voulait coller au texte à la virgule près, mais au final ça donne quelque chose d’un peu… plat, pour rester poli. Alors oui, j’ai bien lu que certains considèrent ça comme un chef-d’œuvre absolu, une œuvre d’une pureté incomparable, une vision sublime du Christ dans la rugosité des visages et des paysages. Moi, devant ce film, j’étais surtout perdu : j’attendais de l’émotion, une aura mystique, un souffle épique… et j’ai eu un docu-biblique filmé comme un reportage RAI des années 60. Bref, j’ai pas compris le culte.
"L’Évangile selon saint Matthieu", qu’il réalise la quarantaine venue, marque un tournant dans l’oeuvre de Pier Paolo Pasolini. Il rompt définitivement avec le néoréalisme sous la paralysante tutelle duquel il avait réalisé son précédent film "Accattone". Il fait le pari, réussi, d’aborder de front la question du sacré qui ne cesse de le hanter.
Marxiste et athée, Pasolini s’attaque au texte le plus sacré qui soit. Des quatre évangiles, il choisit le plus intellectuel, le moins visuel, celui qui donne le plus de place à la parole du Christ.
On est immédiatement touché par ce qu’il y a cherché et trouvé : la profonde humanité du Christ, débarrassé du fatras du dogme.
Mettre en scène un Évangile est un défi cinématographique. Le spectateur connaît d’avance chaque scène, sans parler de la conclusion de son histoire. La surprise, l’étonnement ne peuvent venir que de la façon dont chaque plan sera construit et dont la Passion du Christ et sa résurrection seront filmées. Pasolini dit s’être inspiré de l’iconographie médiévale, de Piero Della Francesca, de Duccio, de Masaccio. Il use de tous les procédés que le cinéma lui autorise : le zoom, le très gros plan, le grand angle, la post-synchronisation du son (une hérésie pour les tenants du néo-réalisme)…. Il fait surtout, comme dans ses autres films, un usage immodéré de l’accompagnement musical, utilisant ici bien sûr "La Passion selon saint Matthieu" de Bach, mais aussi Prokofiev, des negro spirituals et la "Missa Luba" congolaise.
Son "Évangile…", dédié au « glorieux Pape Jean XXIII », qui venait de mourir d’un cancer foudroyant après avoir lancé le concile Vatican II, est profondément fidèle au texte. Après quelques atermoiements, il a été validé par l’Eglise catholique.
Qu’on connaisse ou pas chacun de ses épisodes, qu’on soit ou non croyant, on ne pourra qu’être ému au tréfonds par certains des plans de L’Evangile… Je ne me suis pas remis du visage en larmes de Marie au pied de la Croix, interprétée par la propre mère de Pasolini, pleurant son fils martyrisé.
Marxiste, dépourvu, comme il l'a dit lui-même, de culture religieuse, Pasolini n'était pas forcément celui dont attendait une vie du Christ. Pour autant, tout en se détournant de la compassion et de la dévotion, du sublime, cet Evangile selon Saint-Matthieu est une oeuvre respectueuse n'ignorant aucun des faits marquants de Jésus. Le sacré, entretenu par la musique de Bach et de Mozart, a ici le caractère de la sécheresse (de la mise en scène, des paysages) et du dénuement, le caractère de l'authenticité aussi avec une figuration silencieuse de ruraux et une reconstitution sans faste dans des décors naturels. Pasolini évoque la parole du Christ sans trahir ni embellir. Le Messie qu'il filme, répandant la parole sur un ton qui relève plus de l'admonestation que de la bénédiction, sur un ton offensif et en rien compassé, a quelque chose du militant appelant à un nouvel ordre, voire à la révolution. Le cinéaste voit sans doute des analogies entre le message christique et le prosélytisme marxiste. Ce Christ, remarquablement incarné par Enrique Irazoqui, rompt en tout cas avec l'iconographie courante. Et, paradoxalement, le style et l'approche de Pasolini donnent à la vie de Jésus l'apparence de la réalité historique là où le croyant cultive généralement le mythe.
Pasolini s’emparait en 1964 d’une histoire très peu confidentielle (le suspense de l’issue du récit n’étant pas prégnant) et réussissait l’exploit d’être acclamé de tous les bords, autant par ses amis communistes que par les croyants pratiquants. Proche des textes sacrés mais illustré par son point de vue propre grâce à son utilisation particulière de l’espace, la beauté du noir et blanc, la direction d’acteurs (l’inconnu jouant Jesus étant presque habité), la gestion du silence et du contemplatif. Pur plaisir de cinéphile mais pas que, pas si exigeant tant on est happé (pas loin d’être hypnotisé) dès les premières scènes jusqu’à la Résurrection (oups j’ai spoilé…).
La figure du Christ est fondamentale pour Pasolini. Avec cet « Evangile », il la magnifie, avec délicatesse et pudeur, dans ce qui plus semble être le plus important pour lui, et que visiblement il partage : l’amour des hommes, la compassion, … et l’esprit de révolte, contre l’hypocrisie et les puissants. La narration des épisodes du texte Saint est une merveille, tant la grandeur est atteinte dans la simplicité par la puissance d’expression des images et des visages. L’esthétique relève d’un mélange entre le néo réalisme et la peinture Chrétienne du Moyen Age, a l’opposé des représentations sulpiciennes ou Hollywoodiennes. L’effet s’en trouve amplifié et purifié, comme lors de la représentation, qui aurait pu tendre vers le spectaculaire, ici simple et terrifiante, du massacre des innocents. C’est dans les scènes de peu de texte que le souffle passe et que la magie opère, plus que dans les scènes assez longues, consacrées aux prédications et enseignements du Christ, qui sont entendus alors comme ils peuvent être lus.
De belles images, un sens poétique indéniable et une illustration musicale parfaite dans ce film de Pasolini. Dommage que ce Christ soit assommant de palabres et un peu mono-expressif.
Beaucoup de films ont traités la vie de Jésus selon les Évangiles mais tous n ont pas la profondeur,la beauté des images dont le noir et blanc magnifie le tout, et surtout une mise en scène époustouflante typique pasolinienne avec des multiplications des gros plans assez émouvants et des plans d ensemble très intéressants dont on admire les paysages. Une bande sonore mémorable notamment la chanson d odetta qui rythme une partie du film, notamment la scène épique du baptême de Jésus par jean le Baptiste Cultissime
Pasolini est un cinéaste assez engagé dans son art et je redoutais un peu de voir ce film. Mais nonobstant toutes ses particularités on y découvre une fidélité au texte et une dimension de Jésus et de ses paroles rarement vues avec autant de respect. Même les quelques aspect catholiques que l'on peut y voir sont négligeables et après avoir bien compris que l'on est ici devant une foule d'italiens de l'année 1964 dont les visages sont typés, on est face à une interprétation sobre, un peu lente et souvent austère mais non dénuée de sensibilité de la vie de Jésus. Le film nous donne un bon aperçu des paroles et à travers elle d'une certaine identité de Jésus en tant qu'homme et non les diverses histoires que l'on retrouve souvent telles celles de Marie-Madeleine, la résurrection de Lazare et autres. Le cadrage particulier a des effets réduits tant il n'écarte pas trop du discours comme le minimalisme du noir et blanc et des décors, ainsi que des personnages bien qu'ils paraissent très italiens le tout concoure à réduire le film à une version de la vie de Jésus selon Matthieu comme annoncé et non autre chose.
Cette adaptation cinématographique du premier des quatre évangiles se veut très simple. En effet, Pasolini, dont l'on retrouve la marque à travers ses plans serrés et intenses, s'est concentré sur les paraboles du Fils de l'Homme, Jesus Christ, restant fidèle au Saint évangile. Bien qu'inférieur en comparaison au chef d'oeuvre de Zeffirelli, mais qui lui prend le temps de développer les enseignements et les étapes de la vie du Christ sur 6h, l'oeuvre de Pasolini garde une certaine puissance et aura. Je ne suis cependant pas convaincu par l'acteur choisi par le cinéaste, bien loin en terme de prestation de Robert Powell