As bestas
Note moyenne
4,1
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505 critiques spectateurs

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ConFucAmuS

650 abonnés 1 039 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 juillet 2022
Dès sa révélation avec le polar Que Dios nos Pardone, Rodrigo Sorogoyen s'est trouvé un leitmotiv : emmener son public vers des territoires ou dans un esprit qui l'oblige à réviser ses principes. Un scandale politique ? Vous collerez au train du pourri alors qu'il cherche à s'en tirer. Une disparition mystérieuse ? L'héroïne sera encore plus énigmatique. Qu'est ce que ce sera aujourd'hui ? Pour la faire rapide, disons que As Bestas lorgne un peu du côté des Chiens de Paille de Sam Peckinpah, vous voyez l'idée ? Le cœur, la tête et les nerfs vont beaucoup travailler pendant la séance.

Dans sa tonalité comme sa mise en scène, Madre était aérien. Ce nouveau film revient à la terre ferme, au sens littéral comme symbolique. Inutile de défricher l'intrigue, le résumé est parfaitement suffisant, honnête mais cachottier. Il est bien question d'une chaine d'évènements faisant passer un simple conflit de voisinage à une guerre de territoire déchirante. Sorogoyen aurait pu s'en contenter, et emballer un thriller psychologique de première main (vu son passif, il y serait arrivé sans se fouler). Rassurez-vous, il le fait sauf qu'il entend aller bien plus loin.

Sur les 2h17, il n'y a pas une minute de perdue. Le style du cinéaste espagnol s'éloigne des steadycam amples ou nerveuses, pour autant le rythme est dynamique tout en ménageant de magnifiques instants de contemplation. Du reste, pratiquement chaque séquence est conçue pour susciter l'inconfort, la colère et l'appréhension de ce qui va suivre. À raison, car des péripéties il va y en avoir. La plupart se dérouleront lors de moments à priori anodins, au cours de longues discussions ou d'une simple balade en plans-longs d'une puissance phénoménale.

As Bestas peut concentrer son attention sur un couple pris pour cible par des riverains passablement remontés, Sorogoyen vise plus grand. Si la raison officielle de ce différend est rapidement évacuée, le fond de l'affaire est plus ambigu. Avec sa scénariste Isabel Peña (à ses côtés depuis 2008), le cinéaste espagnol ausculte la notion de xénophobie. Si vous discernez de la haine, cherchez le bouc émissaire. Elle jette toujours son dévolu sur ceux de l'extérieur, ceux qui ne sont pas d'ici, "ceux qui se croient chez eux", et ainsi de suite,...Zéro manichéisme, ce n'est pas faute de donner leur chance aux antagonistes. Il y a dialogue mais pas d'échange.

Ce levier de la rupture trouve un écho encore plus tragique dans sa dernière partie. Après un revirement inattendu, le trouble ronge la cellule familiale dont nous suivons la persécution. L'appartenance redevient le motif de discorde, une fois encore alimentée par l'incompréhension, les à-priori ou la peur. Tout cela converge vers une scène d'engueulade à l'impact encore plus dévastateur que la pire échauffourée. L'idée même du foyer prend une dimension tragique, le moteur d'un drame voyant le projet d'une vie devenir le combat pour la justice.

C'est précisément là où l'œuvre se transforme une ultime fois en gestes politiques, au pluriel oui. Ce qui était sous-jacent nous revient en plein visage, rappelant comment la cupidité transforme le cœur des hommes, retourne les bonnes manières en tentatives de manipulation puis injonctions. On la retrouve aux sources des dissensions, condamnant les martyrs à devenir les bourreaux envers leurs semblables. À terme, l'homme s'enferme lui-même au stade de la sauvagerie (l'ouverture encore plus évocatrice une fois le film terminé). Et la femme ? Victime collatérale ou complice implicite, elle sera l'unique note d'espoir, à force de courage et de compréhension.

As Bestas est colossal, un film 3 en 1, à même de retourner la tête, briser le cœur et ravager l'estomac en même temps. Servi par un monstre de sensibilité comme Denis Ménochet et la toujours aussi géniale Marina Foïs, sans oublier le terrifiant Luis Zahera. La carrière de Rodrigo Sorogoyen a beau être parsemée de bijoux incandescents, il est fort probable qu'on tienne là son plus grand travail à ce jour. De ceux dont on ne se lasse pas d'explorer la profondeur insoupçonnée. L'année 2022 tient l'un de ses sommets et on est pas près de l'oublier.
Alice L
Alice L

180 abonnés 208 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 juillet 2022
Un chef d'oeuvre !!! Rodrigo Sorogoyen est un maitre et le prouve à nouveau avec ce thriller rural prenant et magnifiquement mis en scène
Denis ménochet et Marina Fois sont extraordinaires, leur plus grand rôle au cinéma à ce jour !!
Samuel Leroy
Samuel Leroy

15 abonnés 35 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 25 décembre 2022
Quelle longueur pour ce navet ! Les deux actrices sont ridicules au milieu de cette histoire interminable.
lmc-3

307 abonnés 509 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 31 juillet 2022
Surcoté quand même...
Si la bande annonce suggère un thriller d'action, il s'agit bien en effet d'un drame à "discussions", au rythme lent, prenant son temps.

(en VO)
Beaucoup de longueurs, que ce soit du meublage dans des scènes, ou même des scènes de meublage, rendant le film difficile à tenir en attention, aussi enveloppante que l'histoire soit.
En castillan, les dialogues sont trop chargés, personnages (dont personnages secondaires non développés inutiles), parlant les uns sur les autres pour raconter des choses sans intérêt ne faisant pas avancer l'histoire, dans des décors riches en potiches mais pauvres en éléments de rendu crédible, comme de simples photos de famille.
Une ambiance très vide (notamment côté plans arrières et sonore) en dehors des moments clefs, moments clefs qui auraient suffis au film: Le film fait dans l'habillage, un ajustage soporifique le desservant.

Vaut tout de même le détour, mais si on a la carte, ou une fois en VOD.
Marius P
Marius P

11 abonnés 25 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 juillet 2022
Un thriller haletant au casting éclatant qui nous plonge dans un village où tous les coups sont permis...
Simon Bernard
Simon Bernard

206 abonnés 689 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 juillet 2022
As Bestas est un film long, basé sur un schéma très classique, et dont la fin laissé un peu sur notre faim. Un peu déçu, on tourne en rond et tout n'est pas important pour l'intrigue.
Audrey L

806 abonnés 2 857 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 juin 2022
Vous croyez avoir des problèmes avec vos voisins, attendez d'avoir vu As Bestas, vous allez relativiser. Voici donc l'affreuse cohabitation d'un couple de français récemment installés dans une province reculée d'Espagne, où les habitants n'apprécient pas trop les nouveaux arrivants (traduisez par : ceux qui n'ont pas trois générations d'ancienneté locale) et vont le leur faire savoir... Si ce nouveau Sorogoyen n'atteint jamais la flamboyance du précédent El Reino (petit bijou de tension), il peut néanmoins compter sur son très bon casting, Denis Menochet nous ayant autrefois appris à nous méfier de son air calme (Jusqu'à la garde, on en reste encore traumatisé) qui s'associe à la détresse sensible de Marina Foïs en épouse prête à tout pour soutenir son mari contre les voisins frappadingues. Quant aux fameux voisins, on peut dire que Luis Zahera et Diego Anido nous ont fait transpirer, dans des scènes qui misent sur leur air impassible, assurant l'imprévisibilité de l'issue finale (cette histoire va-t-elle finir en bain de sang ? Entre gens raisonnables ?). On regrettera d'ailleurs cette dernière partie trop sage, presque molle, qui dénote complètement avec ce que la tension nerveuse de l'ensemble du film nous laissait espérer jusque-là, on termine carrément sur notre faim. Inutile de dire également qu'on n'a pas apprécié l'ouverture qui, en voulant rendre hommage à l'immobilisation traditionnelle des chevaux par la force (magnifiée par la mise en scène qui voudrait qu'on soit admiratif de voir le cheval paniquer...), nous donne surtout envie de finir les bourreaux à coups de pelle. Il n'en reste pas moins que Rodrigo Sorogoyen continue de nous prouver combien il excelle à planter des ambiances tendues, à choisir un casting digne de porter cette atmosphère poisseuse sur les épaules, à construire des plans soignés et à nous appâter avec une intrigue dont on veut absolument savoir la fin. Dommage que cette fin n'a pas été à la hauteur après la scène-clé très réussie, on reste persuadé que Sorogoyen aurait pu s'éclater dans cette dernière partie, et nous avec.
François S.
François S.

8 abonnés 84 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 juillet 2022
Cela faisait longtemps que l on n avait pas assisté à un tel morceau de cinéma, à moins de remonter à "Délivrance " de John Boorman ou encore aux "chiens de paille " de Sam Peckinpah. La remarquable interprétation des acteurs et actrices de "as bestas " constitue l un des points forts du film.
haring.k
haring.k

21 abonnés 66 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 20 novembre 2022
Long, trop long. Chiant, vraiment trop chiant. Peu crédible, absolument pas crédible. Dommage, la réalisation paresseuse et une durée disproportionnée par rapport au sujet en font un film décevant.
Tumtumtree
Tumtumtree

202 abonnés 578 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 juillet 2022
As bestas lorgne clairement du côté de Seules les bêtes : le titre, l'histoire et l'acteur principal le démontrent. Mais n'est pas Dominik Moll qui veut... Là où ce dernier parvenait à générer des ambiances pesantes sur la base d'un récit hyper sophistiqué, le cinéaste espagnol ne propose qu'un film assez conventionnel. Là où Dominik Moll traitait de thèmes aussi porteurs que la solitude, le désir de plaire, la crédulité, les relations nord-sud au travers des arnaques aux sites de rencontres, la puissance du hasard, le cinéaste espagnol ne fait qu'un film à thèse assez banal. L'originalité de la chose tient à l'idée de traiter le thème des relations de voisinage qui tournent très mal. Deux longues scènes en plan séquence, fort difficiles à jouer par les comédiens, offrent des morceaux de bravoure inégaux. L'une oppose le Français pseudo-bobo et ses voisins arriérés pour préciser la position de chacun sur un lucratif projet d'éoliennes ; on y sent toutes les rancœurs et les frustrations de ce milieu paysan. La seconde oppose la mère et sa fille, en une engueulade certes très réaliste mais qui passe mal sur grand écran. Ce récit n'appelait sans doute pas les 2h20 qu'il occupe, même si l'on ne s'ennuie pas trop. Bref, un film correct, sincère et honnête, à mi-chemin entre Jean de Florette et Seules les bêtes, sur un thème rare au cinéma. Mais avec la concurrence des écrans domestiques de 55 ou 70 pouces de diagonale, les salles obscures doivent peut-être désormais proposer autre chose pour que le spectacle qui y est projeté soit à l'échelle du grand écran qu'on y regarde.
Craoux
Craoux

38 abonnés 324 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 26 septembre 2022
Le réalisateur de complaît à nous confiner dans ce marigot humain d'un coin perdu de la Galice, à l'ambiance délétère. Il use de quelques ingrédients pour faire chauffer son affaire, distiller la tension glauque qu'il affectionne visiblement. Le problème est qu'il ne m'a pas donné à comprendre les vraies et sincères motivations d'Olga et Antoine qui s'accrochent à vouloir rester dans ce village perdu alors qu'ils n'y sont pas acceptés, et plus encore. Triste moment passé (ne suis pas sorti de la salle, étant venu avec mon épouse). Pénible.
Cinévore24

446 abonnés 940 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 juillet 2022
Antoine et Olga, un couple de français installé depuis quelques temps dans un petit village de Galice (Espagne) et y possédant une ferme, font face à hostilité croissante de leurs voisins suite à leur opposition à l'installation d'éoliennes dans la région.

Entre le drame intimiste et le thriller rural, le réalisateur Rodrigo Sorogoyen (Que Dios Nos Perdone, El Reino) nous dresse le face-à-face, dans une arène montagnarde et métaphorique, d'un couple et d'une fratrie qui ne s'écoutent pas, ne se comprennent pas.

Dans un village abandonné par beaucoup, les uns croient en l'avenir en entreprenant de reconstruire les nombreuses maisons en ruines, alors que les autres savent déjà que tout est perdu et que leur seule issue pour sortir de cette misère dans laquelle ils vivent depuis trop longtemps est l'installation de ces éoliennes.

Une profonde divergence d'opinions où aucun des camps ne veut céder face à l'autre, et une montée des tensions qui va inexorablement mener au pire.

Présenté au dernier Festival de Cannes, ce «As Bestas» est une histoire d'obstination et d'incommunication, une histoire de valeurs et de quête.

Une œuvre pesante et tragique, mais évitant le piège du misérabilisme, qui traite de la perception de l'autre et de jusqu'où celui-ci est prêt à aller pour défendre sa position et prendre le dessus.
Ou comment espoir et désespoir étaient condamnés à ne jamais s'entendre. 7,5/10.
norman06

425 abonnés 1 823 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 juillet 2022
Très bon suspense psychologique et policier, avec une économie de moyens et un heureux mélange des genres (documentaire rural, drame social, polar...). Une réussite.
elbandito

390 abonnés 992 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 août 2022
A la fois thriller néorural et drame sociétal, "As bestas" est un film d’une puissance et d’un hyperréalisme rares, parfois proche d’un western contemporain... Sans jamais juger ses protagonistes, Sorogoyen fait naître de simples confrontations verbales un suspense insoutenable, explorant toute la noirceur de l’âme humaine.
tixou0

783 abonnés 2 045 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 août 2022
Dans la partie sud de la communauté autonome espagnole de Galice (la "Galicie", à bon entendeur, c'est en Pologne et Ukraine actuelles...), et plus précisément dans la province d'Orense, voilà un hameau, vestige d'un village d'agriculteurs besogneux vivant à la dure, nombre d'entre eux étant partis à la ville depuis des lustres. Un couple de bobos français, Antoine et Olga Denis (Denis Ménochet et Marina Foïs) s'y est installé depuis peu, faisant dans la permaculture et la restauration philanthropique de masures (ce 2e volet d'activité visant à repeupler le coin). Un projet d'extension du parc éolien sur la commune, très ventée, va instiller la discorde entre les Denis et leurs plus proches voisins, deux frères troglodytes bas-de-plafond aspirant à vendre leurs terres aux "écolos" norvégiens concernés, quand les deux Français refusent (avec raisons !) que le paysage soit dénaturé par ces machines hautement polluantes (et le hameau définitivement condamné). Les scènes d'exposition s'enchaînent - trop long, trop lent... On a peur que les 2 h 17 annoncées s'enlisent dans un naturalisme pesant, sur fond clochemerlesque et poussiéreux de querelles de voisinage rural... Heureusement, ce 5e "long" du tout juste quadra Sorogoyen va faire beaucoup plus intéressant : étude de moeurs, ravages de la frustration, portrait d'un caractère féminin remarquable (Olga)... Quand RS (à l'écriture, d'abord) ne tape plus sur le catholicisme ("Que Dios nos perdone"), ou sur la chose publique ("El Reino"), et sans Antonio de la Torre en montre incontournable, le résultat est bien meilleur. Le duo français est performant, et on retrouve avec profit Luis Zahera ("Xan"), après "El Reino", dans ce glaçant "As Bestas".
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