" As Bestas", "les bêtes" en portugais et "comme des bêtes" en espagnol. Si la scène d'ouverture se caractérise par une puissance visuelle impressionnante, elle préfigure, annonciatrice, le drame en forme de tragédie moderne à venir. Le réalisateur signe ici un film d'une force brute jusqu’au-boutiste, en situant l'action dans un petit village abandonné, en ruines, encore peuplé par quelques familles rurales pauvres et frustrées. Alors quand débarque un couple de français ( le couple Marina Foïs/ Denis Ménochet, tous deux impeccables) plutôt lettré, aisé, écologiste avec la volonté de cultiver le biologique et de refuser de signer pour la construction d''éoliennes qui aurait été source d'argent pour les villageois, la haine se focalise sur eux. La tension sourde devient violence et on a l'impression que l'étau va se resserrer jusqu'à l'étranglement. Un excellent métrage à ne pas manquer.
Chef d'œuvre au titre explicite ! Dès la scène d'ouverture, nous sommes confrontés à une bestialité autant perturbante que fascinante : le genre de scène insoutenable à regarder mais qui nous scotche pourtant à notre fauteuil, tant elle est fascinante. L'intrigue nous amène loin des villes, dans un village reculé d'Espagne où les hommes vivent du travail de leurs mains et où la Nature omniprésente est représentée dans ce qu'elle a de plus beau, de plus épuré et de plus impitoyable. La première partie du film est un thriller implacable entre deux hommes qui s'affrontent parce qu'ils ne se comprennent pas. La tension et la violence montent progressivement, jusqu'au point de non retour. C'est magistralement interprété par Denis Menochet et Luis Zahera. La deuxième partie, plus clémente pour nos nerfs, révèle le personnage féminin, Olga, incarnée par Marina Foïs. Envers et contre tous, elle se bat pour établir la vérité, sans désir de vengeance. Cette quête de justice, par amour pour son mari, est sublime et pourrait être résumée par le verset suivant : "Amour et vérité se rencontrent, Justice et Paix s'embrassent La vérité germera de la terre et du ciel se penchera la justice"
Thriller haletant ! j'ai vraiment adoré ce film et je suis vraiment rentré dans cette histoire qui ne nous lache plus. jeu d'acteurs crédible et juste, Denis Menochet grandiose
Le cinéaste espagnol Rodrigo Sorogoyen n’a pas son pareil pour représenter des personnages complexes, dont la résistance aux drames n’emprunte jamais les sentiers battus de la psychologie schématique. Au contraire, règnent dans ses œuvres l’insondable et l’ineffable, deux forces qui rappellent que le cinéma reste avant tout un art visuel qui capture et interroge le temps, plutôt l’homme à l’épreuve du temps. As Bestas semble alors fonctionner en diptyque avec Madre par son attachement à une figure féminine, ici épouse, là mère, contrainte de faire son deuil contre vents et marées, et en deçà de la morale. Dix années séparent, dans les deux cas, et ce qui advient ensuite passionne davantage parce que nous retrouvons un personnage qui a entretemps évolué sans nous, sans personne d’ailleurs. Sorogoyen, par son ancrage dans des traditions familiales qui définissent le septième art espagnol – pensons à la filmographie de Pedro Almodóvar ou de Carlos Saura, entre autres –, questionne la place ainsi que la légitimité d’une femme à se reconstruire par elle-même, en suivant les mouvements de son cœur, dans un environnement apparemment peu propice à une telle entreprise. Le bar breton pour Elena, l’exploitation agricole pour Olga. Deux femmes qui ont quitté leur pays natal pour s’épanouir ailleurs, suscitant l’incompréhension tant de leurs proches que des locaux. As Bestas se distingue alors par la xénophobie que subit son couple principal, voire même par une forme de racisme – compte tenu du rapprochement entre humanité et animalité –, sentiments qui s’avèrent d’autant plus forts qu’ils touchent des Français blancs, public d’ordinaire tenu à l’écart, davantage spectateur ou bourreau que victime. Le long métrage réussit à nous faire ressentir le poids du temps, un temps marqué par l’insécurité croissante, la violence larvée et la vengeance, un temps d’amour aussi, puisqu’il s’agit, en faisant éclater la vérité, de préserver la mémoire de celui qui, sinon, disparaîtra pour toujours. Une œuvre puissante et maîtrisée.
La première partie est un véritable chef d'oeuvre de tension, avec des dialogues percutants et un Denis Menochet merveilleux. La seconde fait quand même bien retomber le soufflet à certain moments, mais s'intéresse à d'autre questionnements, comme par exemple continuer à vivre au milieu des assassins de son mari, le personnage de la fille du couple se révèle par la même occasion, ce qui fait qu'elle est quasiment égale à la première. Rodrigo Sorogoyen réalise ici un pur thriller, en partant pourtant d'un "simple" conflit de voisinage, c'est brillant.
Un chef d'oeuvre tout simplement. Un film sur l'être humain, sur sa violence, sa resilience et ses sentiments. on a des le début par une séquence hypnotisante au ralenti de 2 hommes maitrisant un cheval, l'annonce de l'affrontement qui va suivre entre un couple d'agriculteurs bio et deux paysans rustres. Rodrigo Sorogoyen fait monter la tension, sans jamais ceder aux grosses ficelles habituelles du thriller, on reste sur des choses simples et réalistes. le casting est parfait, Marina Fois est au sommet de son art. beaucoup d'émotions, images soignées. montage millimetre. Du grand cinéma qui prend aux tripes et qui ne laissera personne indifférent.
"As bestas" est l'un des gros films "français" de l'année 2022. Ayant été plutôt très remarqué à Cannes, le long-métrage a forcément suscité de l'intérêt, même si je n'étais pas très enthousiaste à l'idée de le visionner. Je n'ai pas vraiment d'avis sur le cinéma de Rodrigo Sorogoyen, et l'idée de départ ne me tentait pas plus que cela. Mais finalement, j'ai quand même passé un plutôt bon moment face à ce projet, sans que le tout soit excellent pour autant. Le principal souci du film, à mon sens en tout cas, va venir de son scénario, celui-ci ne développant pas grand-chose et se contentant de nous proposer des situations déjà vu. Les histoires à base de conflits de voisinage dans une campagne perdue, avec une partie sur les relations d'une famille, cela ne m'attire pas forcément. Cependant, je serai mauvaise langue de dire que tout est raté à ce niveau-là. Certes, le scénario ne me plaît pas, ce n'est pas ma tasse de thé, et je l'assume pleinement. Mais il y a quand même de bonnes idées à ce niveau-là, notamment au niveau de certaines thématiques. Tout le scénario se base évidemment sur un principe de discrimination, voire de racisme, et le tout est montré d'une manière assez forte. Pour que cela fonctionne, on va plutôt bien développer nos personnages principaux par exemple. Si Olga, interprétée par l'excellente Marian Foïs, est bien plus centrale dans la dernière demi-heure du film, c'est Antoine qui est le personnage principal du projet. Il est typiquement le genre d'homme que l'on s'imagine quand on pense à un étranger qui s'installe dans un nouveau pays. Il respecte sa terre d'accueil, il apprend les coutumes locales, etc... Son traitement est donc fait de manière à nous faire ressentir son incompréhension face au conflit dans lequel il sera mêlé. On ressent un vrai fond de tolérance avec ce film, une envie de se mettre à la place d'un étranger, sans pour autant partir dans le cliché typique que l'on peut voir en France. Les thématiques sont donc importantes, et même si le contexte ne me parle pas, j'apprécie l'idée de les traiter de cette manière. Tout est fait pour que le tout fonctionne et que l'angoisse soit présente. Je salue notamment très fortement le casting de ce film, les acteurs étant vraiment tous bluffant de réalisme. Pourtant, Rodrigo Sorogoyen les a mis dans des situations assez complexes, jusqu'à proposer des séquences de 10 minutes de dialogues, sans un seul mouvement de caméra. Ce qui est un mal pour un bien au final. D'un côté, cela permet à ces acteurs de s'exprimer, et les scènes en valent donc vraiment le détour ! Mais c'est sûr qu'en matière de mise en scène, on a vu plus inspirer, dotant plus que cela nuit clairement au rythme du film. Même si cette idée est l'une des pièces du puzzle pour essayer de renforcer cette ambiance. Le manque de musique ou même la photographie assez terne témoignent également de cette envie, et je confirme que la tâche est accomplie. Le film remplit bien son contrat et n'a pas vraiment de très gros défauts. Je ne suis pas un grand client de ce genre de projet et je n'ai pas été subjugué par l'ensemble. Mais il est clair que si ce long-métrage vous tente, vous ne risquez pas d'être déçu. Pour conclure, une jolie réussite.
Quelle claque ! Un drame prenant, un cinéma qui montre quelque chose de l'Homme, As Bestas est une oeuvre d'une indéniable qualité portée par Denis Menochet et Marina Foïs époustouflants. Rodrigo Sorogoyen nous plonge dans l'intime jusqu'à l’indicible. Excellent.
Décor un peu trop "artificiellement" sombre mais prestations remarquables et sensibles. Film prenant de bout en bout. N' est pas paysan qui veut et où il veut...
Film sec, dur et d'une violence psychologique forte. Le film monte en puissance jusqu'à l'inévitable. Interprétations justes bonne psychologie des personnages et mise en scene efficace font de ce thriller espagnole un très bon cru 2022. A voir
Film manichéen Les bobos qui veulent imposer aux autochtones leur vision du monde en refusant l'installation des éoliennes qui permettraient leur émancipation, mais de quel droit ?! Ces bobos ayant eux-mêmes profité du progrès qu'ils condamnent pour devenir qui ils sont !! Je suis outré par le parti pris du réalisateur contre ces pauvres autochtones qui ne sont pas au même niveau de développement que les héros du film, et à qui on refuse d'y parvenir au nom de l'Ecologie !!
Un polar en Galice avec un casting parfaitement au point pour illustrer ce drame de voisinage ; on peut d ailleurs saluer la performance du binôme Foys/Menochet, particulièrement convaincant. Une ambiance très bien gérée par R Soroyen, et une intrigue globalement prenante, juste une fin un peu étrange. Une bonne surprise si ce n est que ce réalisateur les enchaine, une valeur montante.
Eclaté! Les acteurs jouent très bien.. mais qu’est-ce que c’était long! Épuisant de prévisibilité. La fin nous laisse sur notre faim .. Je n’ai pas aimé, mais tout les goûts sont dans la nature