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Van Chanel
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4,0
Publiée le 15 août 2022
Un film surprenant qui abordant le fait d'être étranger, qui pour son acclimatation choisit l'intégration la communication et qui en réponse va avoir à affronter l'enracinement, la jalousie, l'intimidation, la méchanceté jusqu'à l'inévitable.
Très film avec de très bon acteurs. La galice est un pays rude, entre forets et montagne. Un film à voir, sur la dure réalité de Français dit 'riches' qui veulent eux-me devenir des exploitants agricole. La réalité de la dureté de cette vie-là va les rattraper par la violence des mentalités extremement dures.
On pouvait faire d autres choix et proposer un autre scénario mais quoi qu il en soit le scénario retenu est écrit avec brio et très travaillé. Remarquablement interprété le film reussit à atteindre la bestialité la plus rebutante et pourtant bien réelle chez l être humain.
Jusqu’ici j’ai toujours beaucoup aimé les films de Rodrigo Sorogoyen. Mon préféré reste pour l’instant Que Dios nos perdone. A chaque fois, il nous livre une partition différente, un polar noir, un thriller politique, un drame familial, pour aujourd'hui nous offrir un peu la synthèse des trois. Après Madre, tourné en France, avec quelques acteurs français, il s’isole cette fois en Galice avec en tête d’affiche les excellents, et non moins français, Marina Foïs et Denis Ménochet. On retourve d’emblée toutes les qualités qui font que l’on aime le cinéma du réalisateur espagnol. Une mise en soignée, maitrisée, quasi virtuose, un scénario parfaitement écrit, qui n’en fait jamais trop, avec un suspens et une tension de tous les instants. La direction d’acteur suit bien sûr le mouvement. Le duo d’acteurs français fonctionne parfaitement. Ils ont du apprendre l’espagnol pour leurs rôles qui sont très physiques. Si Denis Ménochet excelle surtout dans la première partie, Marina Foïs prend le dessus, logiquement, dans la seconde. Elle est impériale, et trouve là, à mes yeux, l’une des plus belles performances de sa carrière. Avec en crise sur le gâteau, la scène de confrontation avec sa fille dans la cuisine. Tous les acteurs espagnols sont aussi formidables. As Bestas s’impose déjà comme l’un des meilleurs films de l’année. Et cela vient une fois de plus du réalisateur le plus doué du cinéma espagnol de ces dernières années. Il est vraiment rare, de nos jours, qu’un cinéaste nous régale autant film après film. Pourvu que cela dure. En tout cas, ce nouvel opus est aussi dur et sombre que prenant et passionnant. A ne pas rater.
D'aucuns ont su écrire bien mieux que moi les mérites de ce film passionnant, je serai donc bref. J'ajouterai juste que pour moi la thématique principale du film est la tragédie de l'incommunicabilité, qu'elle soit culturelle ou linguistique. Le film est riche, intense et déploie de nombreux sujets secondaires ce qui fait qu'on prendra sans doute du plaisir à le voir et le revoir et à en débattre entre personnes de bonne compagnie, le film ne prenant d'ailleurs aucun parti.
Je suis partagé quant à ce film sombre et dans lequel le parti pris est exagéré. Les comédiens sont excellents notamment Grégory Gadebois. Je ne suis pas un fan de Marina Fois je n'ai pas de plaisir à la voir jouer. Il y a des scènes incompréhensibles voire contradictoires bref je suis déçu
Film qui fait réfléchir et qui marque. Quelle légitimité des nouveaux venus sur une terre face à ceux qui y sont nés ? Le désespoir de certains et l'incapacité à trouver un mode de dialogue sain ont raison des bonnes intentions des deux personnes principaux.
Des les premières images une angoisse, une impression dérangeante vous étreint et ne vous lache plus. Une performance des acteurs français et espagnol. Les entêtements des uns, la jalousie des autres impriment la haine et la violence qui sont les poisons des relations sociales. Magnifique film, je recommande.
Magnifiquement joué et filmé, cette histoire tient le spectateur en haleine jusqu'au dénouement. En plus du thème central, différentes thématiques sont amenées fort habilement, l'image des français à l'étranger, l'écologie, les relations mère/fille... Tour à tour oppressant ou émouvant, ce film montre superbement les rapports humains et on se prend à se demander ce que l'on aurait fait soi-même dans de telles situations... A voir sans hésitation !
L'histoire n'est pas inintéressante, mais le problème est le traitement: c'est looong ! Entre les ralentis et les plans fixes sur les réactipns des personnages, on a fortement envie de regarder sa montre. Encore un réalisateur qui se regarde filmer sans se préoccuper du public. Une demie heure en moins en aurait fait un film agréable. Il serait temps que certains cinéastes réapprennent à raconter une histoire en moins de 2 heures.
Climat glauque, personnages rigides. Tout est dit sur un film de plus de deux heures dont le temps ne passe pas. Personnellement la fin, que j'accepte malgré tout ne m'a pas plu. La Galice, c'est aussi autre chose, et l'action aurait pu se passer dans le Larzac.
Je trouve que c'est un très beau film avec des acteurs exceptionnels et qui aborde des thèmes variés autour du monde paysan : sociaux, environnementaux, politiques et un peu anti-éolien (ça j'ai apprécié, enfin on en parle). Il y a des belles scènes de dialogue et sans filet pour des acteurs que je redis vraiment exceptionnels !
Mes rapports entre le spectateur que je suis et le réalisateur espagnol Rodrigo Sorogoyen avaient très mal commencé, "Que dios nod perdone" et "El reino" n'ayant absolument pas trouvé grâce à mes yeux. En 2020, mon jugement avait considérablement évolué avec "Madre", film convaincant avec, toutefois, quelques bémols à reprocher. Avec "As bestas", plus de bémols, le film est superbe du début jusqu'à la fin. L'histoire est pourtant d'une triste banalité : en résumé, des rapports de voisinage exécrables qui s'enveniment de plus en plus : un couple de français qui se sont installés dans un village de Galice pour faire de la culture maraichère bio et qui sont harcelés (doux euphémisme !) par leurs voisins les plus proches du fait de leur opposition à l'installation d'éoliennes dans ce village. Mais il faut voir comment Rodrigo Sorogoyen arrive à installer et à maintenir une tension qui prend aux tripes, aidé par des acteurs superbes, français (Marina Foïs et Denis Ménochet) et espagnols (Luis Zahera et Diego Anido) et une musique oppressante, distillée de façon intelligemment mesurée. Notons qu'il y a dans ce film au minimum 2 longs plans séquence d'anthologie. Présenté à Cannes 2022 dans la sélection parallèle Cannes Première, ce film méritait largement d'apparaître dans la compétition officielle et même, osons le dire, d'apparaître au palmarès !
Antoine (Denis Ménochet) et Olga (Marine Foïs), ont tout quitté pour s'installer dans les montagnes de Galice. Sur leur propriété, ils font pousser des légumes bio qu'ils vendent au marché. Ils réhabilitent bénévolement les maisons du village, frappé par la désertification rurale, pour en encourager le repeuplement. Malgré leurs efforts pour s'intégrer, ils se sont déchirés avec leurs plus proches voisins autour du projet de construction d'un parc d'éoliennes. Entre le couple français de néo-ruraux et les deux frères butés, la rancœur le cède bientôt à la haine, distillant une ambiance délétère.
Avez-vous déjà eu un conflit de voisinage, avec un voisin qui laisse déborder sa haie sur votre jardin, qui met la musique trop fort ou qui joue de la perceuse chaque dimanche matin ? Avez-vous - gentiment - essayé de lui signaler que son comportement vous gênait ? Vous a-t-il - méchamment - rembarré - en vous expliquant qu'il avait le droit pour lui ? Comment avez-vous réagi à cette rebuffade ? Avez-vous haussé les épaules et oublié dans l'heure cette algarade ? ou avez-vous au contraire lentement développé une obsession paranoïaque vis-à-vis de chaque fait et geste de ce voisin inamical ?
Si vous faites, comme moi, qui ai failli déménager il y a une vingtaine d'années d'un appartement situé en dessous de celui d'un pianiste fou, partie de la seconde catégorie, As bestas vous dérangera au tréfond. Car il raconte précisément une querelle de voisinage qui rend l'air irrespirable et pose des questions sans issue : peut-on demander l'aide de la police ? sinon que faire ? se défendre ? partir ? On essaie de relativiser, de se dire que ce n'est pas si grave.... mais on n'y arrive pas et on finit par tourner comme un lion en cage, impuissant.
C'est précisément ce qui arrive à Antoine et Olga qui voient leur rêve, un peu naïf, de retour à la terre, se fracasser contre l'hostilité de leurs voisins. Un rêve d'ailleurs pas très glamour tant Rodrigo Sorogoyen s'emploie à peindre les montages de Galice non pas comme un paradis vierge, mais au contraire comme un amphithéâtre inhospitalier sinon étouffant.
Dès la première scène, qui, quand on la reconsidère, semble presque hors sujet, le ton est donné. Elle se déroule dans le café du village - mais s'agit-il à proprement parler d'un café ? - et Xan, le voisin d'Antoine, y débine méchamment un commerçant dont il critique la qualité du service. Des longues scènes dialoguées comme celle-ci, on en retrouvera à trois ou quatre reprises dans le film. Elles sont toutes aussi prenantes, aussi asphyxiantes les unes que les autres.
Le succès du film doit beaucoup à ses acteurs. Denis Ménochet est un buffle qui souffle et qui rue. L'acteur - dont le physique massif rappelle celui de Grégory Gadebois - vient d'être au sommet de l'affiche de "Peter von Kant". C'est aussi le cas de Marina Foïs, qu'on voit partout cet été ("En roue libre" sorti le 29 juin, "L'Année du requin" sorti le 3 août). À noter la présence de Marie Colomb qui interprétait une lumineuse Laëtitia dans la mini-série adaptée du livre de Ivan Jablonka. Mais celui qui leur vole la vedette à tous, c'est Luis Zahera, l'interprète de Xan, l'inquiétant voisin, dont chaque apparition est lourde de menaces.
"As bestas" fait penser à "Chiens de paille" de Peckinpah ou, bien sûr, à "Delivrance" de Boorman. Mais il n'en reste pas moins profondément original, tant dans son sujet que dans son traitement. Un film comme celui-ci, filmé comme cela, on n'en avait jamais vu !