Récit très personnel pour son cinéaste Christophe Honoré, au style immédiatement identifiable, hérité de la Nouvelle vague, lourdeurs comprises, Le Lycéen ne touche pas autant que l'on aimerait. Peur-être à cause d'un sentiment de déjà vu dans ce portrait d'un garçon de 17 ans, frappé en plein cœur par la mort de son père et qui entame une véritable dérive existentielle.. Une histoire de deuil et d'émancipation individuelle que le réalisateur capte avec sensibilité mais aussi quelques afféteries : gros plans nombreux, voix off et monologues, caméra tremblante, bref, tout un arsenal de mises en situation qui prétendent au romanesque ou au littéraire sans la subtilité espérée. Le film est un peu trop centré sur le déséquilibre de son jeune héros, sacrifiant au passage les membres de sa famille qui restent secondaires dans la vision de Christophe Honoré. Le recours aux artifices précités rend par ailleurs le long-métrage peu fluide, à la fois doloriste et exhibitionniste. Paul Kircher possède un jeu encore fragile, certes adapté au caractère du personnage qu'il incarne mais sa quête semble trop égoïste pour attirer une immédiate sympathie. En revanche, Juliette Binoche et Vincent Lacoste font plutôt bien le peu qu'on leur demande alors que Erwan Kepoa Falé constitue la varie révélation du film.
Il semble que ce soit le film le plus perso, le plus autobiographique de Christophe Honoré dont j'avais beaucoup aimé certains opus (Chambre 212, Les Bien-aimés...). Curieusement, c'est celui qui m'a paru le plus toc. J'aurais presque pu lui attribuer la moyenne pour le premier tiers principalement axé sur les obsèques, c'est là que le réalisateur m'a le plus convaincu et touché. J'ai plutôt apprécié aussi les monologues subtils et forts du personnage principal en fil rouge et aussi la relation compliquée des 2 frères entre tendresse, complicité et incompréhension, beaucoup moins avec la mère (Binoche m'a paru bien meilleure dans tout ce que j'avais vu d'elle avant). Mais dès qu'on part à Paris avec la rencontre d'un 4e personnage et tout un enchaînement de scènes peut-être fidèles à l'histoire réelle mais tellement téléphonées et maladroites jusque dans les dialogues spoiler: "Tu dessines que des hommes ?" , je n'y crois plus du tout. Et encore moins quand un succès préhistorique de Sylvie Vartan surgit dans sa quasi intégralité pour nous surligner le moment de grâce furtif vécu par notre lycéen et ça va se gâter davantage quand, une scène plus tard, on le fait karaokéïser sur la version italienne d'un tube d'Hervé Vilard de... 1978 ! 2 titres dont aucun môme de 18 ans, même gay, n'a connaissance en 2022. Mais pourquoi donc Honoré n'a-t-il pas directement situé son film en 86 ? À défaut de faire plus vrai, ça m'aurait peut-être paru plus cohérent. Quand notre garçon rentre au bercail dans la 3e partie, je crois retrouver les accents d'authenticité qui m'ont séduit au début mais le charme n'opérera plus sur moi et le dénouement me laissera totalement insensible. Dommage.
Film subtil abordant à la fois le deuil et l' homosexualité chez un adolescent. le film brille par son évolution dramatique sans tomber dans les clichés ou le misérabilisme. le rôle titre excelle en étant bien accompagné par les excellents Vincent Lacoste et Juliette Binoche.
Beaucoup de longueurs dans ce film. Déjà on a droit à l'enterrement du père du début à la fin. C'est lourd. Etait-ce vraiment utile? La discussion politique pendant le repas réveille un peu le spectateur. Et puis c'est larmoyant, très larmoyant. Binoche passe son temps à pleurer ou à étreindre les uns et les autres. Des scènes de sexe très hard qui n'étaient pas vraiment nécessaires et qui paraissent interminables tellement elles sont crues. Certes, on voit un ado perturbé qui va à la dérive mais on a l'impression que ça n'avance pas. Juste un petit moment bienvenu, plein de fraicheur: le jogging de nuit sur la très punchy chanson de Sylvie Vatan "irrésistiblement". Mais dans l'ensemble, le film est lent et on finit par s'ennuyer. Personnellement, j'avais hâte que cela se termine.
Un film sur un sujet difficile : le deuil et ses conséquences. Christophe Honoré, fort de son expérience personnelle, aborde le sujet avec réalisme. Il évite le piège du mélodrame. Paul Kircher, qui joue le rôle-titre, m'a époustouflé par son aisance dans ce rôle difficile. Ce jeune acteur est certainement promis à une très grande carrière. Il fait preuve d'un talent inouï. Juliette Binoche, criante de vérité dans son rôle de jeune veuve et mère désorientée, nous confirme son aptitude à jouer une grande variété de rôles. Vincent Lacoste est égal à lui-même dans son rôle de frère aîné mais un peu perché. Un film à voir mais éviter d'y emmener vos enfants de moins de 13 ans compte tenu de scènes assez crues.
Lucas est un ado fantasque et attachant, et son talentueux interprète Paul Kircher semble lui emprunter son cote rêveur et gentiment vaporeux. Christophe Honore le filme sous toutes les coutures, a moitié ou totalement nu dans bon nombre de scènes. Le film est agréable a regarder même si certaines scènes sont difficilement supportables. Vincent Lacoste fait du Vincent Lacoste, Juliette Binoche en fait des tonnes. Bien sur il fallait nous infliger un couplet anti-Zemmour primaire qui sort d'absolument nulle part, pour bien nous faire comprendre qu'on est dans du cinema de gauche humaniste. Je m'attendais a un peu plus de moments de légèreté, la tout me semble surligné et surtout le désespoir. Beaucoup de maniérisme, le moindre plan sur un visage est assorti d'effets camera a l'épaule, la voix off ou face camera incessant au début du film, pour disparaitre totalement et revenir a la fin...
Le film devient vite pénible avec sa caméra qui tremble, la succession de gros plan. Il insiste trop sur le côté pathétique. spoiler: La scène très érotique entre lycéens à t-elle sa place dans ce film grand public?
J'ai plongé avec délectation dans ce grand bain de tristesse qui m'a surprise par sa MODERNITE ( alors que son titre Le lycéen fait plutôt années 60 70), son audace et surtout sa justesse...! L'âme de l'adolescent fragile y est parfaitement retranscrite... Lucas est beau tendre chiant et complètement paumé! Beaucoup pleuré mais beaucoup aimé l'histoire de cette famille interprétée par trois acteurs qui débordent de charme! PS ce n'est pas un film à voir en famille mais chacun peut le regarder dans son coin à partir de 15 ans:))
Autant le cinéma de Christophe Honoré peut parfois m'emporter dans des élans d'enthousiasme difficilement maîtrisables (Les chansons d'amour, Chambre 212, Guermantes) autant il peut me laisser complètement froid, comme c'est le cas ici.
Le sujet du film est Honoré lui-même, puisque le lycéen, c'est lui, transposé de Rennes à Chambéry, de façon à ce que les aspects autobiographiques soient moins pesants. Perte du père dans un accident de voiture et difficile travail de deuil, éveil de la sexualité, problèmes psychologiques et premières séances parisiennes : c'est bien l'itinéraire du cinéaste qui est ici décrit.
Pour Honoré cela doit être particulièrement touchant. Pour le spectateur, le spectacle n'est pas très captivant : Juliette Binoche ne joue pas très bien me semble-t-il et le jeune acteur Paul Kircher n'est pas très charismatique (il est même énervant par moment, sans que l'on sache si c'est à dessein). Vincent Lacoste est égal à lui-même.
Le ton du film, qui hésite entre plusieurs genres (porno soft gay, chronique provinciale, drame familial, récit d'initiation, tableau parisien), ne parvient jamais à être tout à fait juste, et laisse une impression d'inachevé.
Une vraie bombe émotionnelle . Comme toujours Christophe honoré nous donne un film humain, traversé de peines et de joie. Un vrai souffle de vie. Illuminé et transcendé par ses acteurs.
Un histoire très personnelle où Juliette Binoche brille dans le rôle d'une mère perdue entre le décès prématuré de son époux et les excès que celà provoque dans l'existence de son cadet lycéen de 1ère. Les tourments de l'ado en quête de sensations fortes, désireux de se lancer à corps perdus dans la découverte de son corps et de son homosexualité assumée, provoquent inévitablement le trouble dans l'auditoire d'une salle de ciné. Le réalisateur, en pleine conscience, a procédé à un montage d'une clarté sans ambage quant à ses intentions non voilées, c'est courageux mais pas nécessairement efficient. Il faut aller au bout du film pour mesurer ce qui peut être considérer comme une renaissance. Quant à la scène ultra charnelle entre deux adolescents, chacun appréciera.
Film réservé aux aficionados hardcore de Christophe Honoré, où il se livre sur le deuil suite à la mort accidentelle(?) de son père. Hélas pas de renouvellement dans la forme, toujours mal filmé, trop long et mal monté, complaisant, beaucoup d'afféteries (monologues redondants face caméra, ralentis, accélérés inutiles... ) et assez surprenant car bourré de pathos répétitif qui nuit à une émotion pure et sincère. Les scènes d'embrassades, de pleurs, de regards dans le vide s'accumulent. Le jeune acteur filmé sous toutes les coutures fait ce qu'il peut en ânonnant son texte trop écrit, comme il peut.Quelques moments de grâce avec l'acteur Erwan Kepoa Falé, qui seul garde un peu d'élégance dans cette histoire, pour laquelle Honoré ne semble pas avoir encore la bonne distance.
Christophe Honoré cède au plaisir de faire un film d'adolescence racontant, en substance, la sienne, transposée à l'heure actuelle. Le Lycéen est donc une énième version du jeune homosexuel mal dans sa peau qui fait payer son mal-être à lui-même et aux autres en s'adonnant au sexe glauque, à la prostitution et à l'auto-destruction. On aurait pu rêver d'un récit plus subtil, moins attendu de la part d'un cinéaste qui nous a davantage habitué à la subversion cinématographique. On retiendra donc plutôt les partitions de Juliette Binoche et Paul Kircher.