Répertorié sur AlloCiné comme un drame. Dès qu’il y a des morts de de la tension, c’est logique. Mais c’est surtout un thriller dans le genre intrigue policière. Ce film a d’ailleurs obtenu le Prix du Jury au Festival « Reims Polar » (2024). Une histoire complexe montée comme un puzzle. Inspirée d’un fait-divers. Preuve encore que c’est dans la vraie vie que se trouvent toujours les meilleurs scénarios. Le spectateur est fort utilement accompagné dans l’assemblage narratif par la bande-annonce qui aura déjà mis en place les personnages et l’intrigue. C’est-à-dire les errements et hasards de l’enquête de police après que deux malfrats corses aient été abattus à l’aéroport d’Ajaccio et que les images de vidéo-surveillance aient révélé la présence troublante sur les lieux d’une surveillante de l’établissement pénitentiaire du coin (Borgo, d’où le titre). Le visionnage de cette bande-annonce est à recommander pour bien entrer dans le sujet et s'y accrocher. Mais comme tous les spectateurs ne seront pas forcément passés par cette bande-annonce, le film démarrera dès la première scène par ce double assassinat sous les coups de feu d’un protagoniste inconnu qui était manifestement en attente, la surveillante pénitentiaire étant sortie du hall pile-poil la seconde d’avant. Excellente intention du réalisateur scénariste de nous donner les premières clés et nous fournir les premiers repères pour suivre les développements dont la narration se fera donc avec des flash-back, élément par élément, personnage par personnage. C’est du très finement ciselé. Du grand art cinématographique. Le milieu corse, les clans, limite mafia, dans un univers carcéral qui s’est adapté à la situation identitaire particulière ajoute un réel contenu. Seule petite réserve, l’accent prononcé du cru pour agréable qu’il soit est parfois un peu difficile à saisir par nos oreilles de « pointus » (Français du continent). car trop marqué, trop appuyé par certains acteurs (des figurants locaux ?).
Quand un réalisateur nous a offert un film tout proche de la perfection, on est toujours inquiet : le suivant sera-t-il aussi bon ? On est d’accord, cette inquiétude est assez stupide : si le film « n’est que » très bon au lieu d’être excellent, y a-t-il vraiment motif à récriminer ? Toujours est-il que, 4 ans après l’excellent "La fille au bracelet", on se demandait où allait nous conduire Stéphane Demoustier qui, depuis, n’avait travaillé que pour la télévision. Eh bien, c’est en Corse que se déroule "Borgo", le nouveau film du réalisateur lillois. Borgo, une prison corse dont on a tous entendu parler. "Borgo", un film qui, nous dit-on dès le début du film, est inspiré par des faits réels sans pour autant être la retranscription fidèle d’une histoire réelle. "Borgo", un film dont Stéphane Demoustier a écrit le scénario en collaboration avec Pascal-Pierre Garbarini, qui fut pendant longtemps l’avocat des nationalistes corses et que Stéphane Demoustier avait choisi pour interpréter le rôle du Président du Tribunal dans La fille au bracelet. "Borgo" est-il excellent, ou « seulement » très bon, voire moins bien que très bon ? Figurez vous que, même si on est allé 3 fois en Corse, on ne peut pas prétendre être un spécialiste de l’île de beauté, d’où l’impossibilité de juger si la peinture qui en est faite dans "Borgo" correspond à la réalité. Par ailleurs, quand on n’a jamais eu l’occasion de faire un séjour en prison, il est également impossible de juger si la peinture de la prison correspond à une réalité. Dans ces conditions, tout ce qu’on peut faire, c’est donner son sentiment de spectateur face à un film, son ressenti concernant l’histoire, la façon cinématographique de la raconter et l’interprétation. Lire la suite sur https://www.critique-film.fr/critique-borgo/
Belle réussite que ce nouveau film de Stéphane Demoustier, qui confirme de film en film une belle finesse d'écriture et de véritables qualités de réalisateur.
Borgo est un polar carcéral tout à fait prenant, dans lequel la réalité corse explose à chaque plan (notamment les relations qui semblent relier directement ou indirectement tous les habitants) et qui est construit sur une idée scénaristique pas forcément originale, mais qui fait ici sont petit effet. Je n'en révélerai évidemment pas la teneur.
Hafsia Herzi, décidément une des meilleures actrices française actuelle, est une nouvelle fois renversante. Opaque et décidée, elle maintient une sorte d'ambiguïté tout au long du film, qui sert admirablement l'intrigue, et fait du personnage de Melissa une sorte de soeur spirituelle du personnage qu'elle interprétait dans Le ravissement.
Le réalisme du film (la prison bien sûr, mais aussi le HLM, le cabanon de plage) est saisissant et rend l'expérience particulièrement immersive.
On est tenu en haleine jusqu'au derniers plans, ce qui n'est pas si courant dans le cinéma français.
Vu au festival Reims Polar. La mise en scène fait un peu penser à Jacky Brown de Tarentino. L'actrice est excellente. Le scénario bien construit. J'ai adoré.
ça aurait pu être bien, façon "un prophète". ça s'en rapproche question atmosphère. mais c'est caricatural ( la Corse a participé au financement mais c'est pourtant pas terrible pour son image) et trop peu vraisemblable. Et je n'ai pas accroché au jeu de l'actrice principale et trouvé son personnage peu crédible.
Le film débute avec l'arrivée de Melissa à l'Unité 2 et sa présentation aux détenus. On a un peu de mal à croire qu'elle est une matonne expérimentée au départ, et ensuite on peut se poser des questions quand elle accepte trop vite et trop facilement des rapprochements. Elle semble ainsi prédisposée à une certaine séduction de la part des corses. Melissa semble sous emprise mais elle semble aussi le désirer plus ou moins inconsciemment (la déontologie professionnelle n'existe a priori plus). On est un peu dans une variation du syndrome de Stockholm. Le montage est judicieux, mêlant l'enquête qui se déroule a posteriori, à l'histoire de Melissa qui va la mener au drame. Le scénario est implacable, parfaitement écrit et maîtrisé et on est plutôt d'accord avec la tagline de l'affiche signée du Figaro : "Le meilleur polar carcéral depuis Un Prophète", au détail près que la tension est moins palpable ici, et que la fin est un peu facile dans le sens où il y aurait tout de même des conséquences ne serait-ce que du point de vue professionnelle. En conclusion une histoire prenante, une immersion chez les corses probante et prenante qui mérite le détour. Site : Selenie.fr
Stéphane Demoustiers sait décidemment bien manier la tension, et l'attention du spectateur. Borgo est un thriller humain, dans lequel Hafsia Herzi interprète une matonne prise dans un engrenage dont on peut tous se demander comment on aurait tenté de se dépétrer. Un très bon film.
A vu "Borgo" le dernier film de Stéphane Demoustier avec une des actrices les plus originales et les plus intenses du cinéma français, Hafsia Herzi. L'actrice choisit toujours des projets sociaux ambitieux et dont les scénarios profonds sont au plus proches du réel. Mélissa est gardienne de prison et vient d'arriver en Corse avec son mari et ses enfants pour prendre ses fonctions à Bastia dans la prison de Borgo. Cette prison a pour originalité d'avoir une unité dont les portes des cellules sont ouvertes dans la journée, ce qui fait dire que ce sont les prisonniers qui surveillent les matons. Mélissa qui doit gérer de front l'intégration de sa famille en Corse (son mari est noir et très rapidement victime de racisme) et sa prise de poste dans le centre carcéral, va se retrouver prise au piège d'un engrenage qui la dépasse. La construction du film allie en même temps et sur des espaces temps différents la vie familiale, la vie professionnelle et le thriller. Le montage amène encore plus de tension à ce film électrique. La photographie est très soignée et surtout la mise en scène inventive et sans esbroufe exploite au maximum l'architecture interne de la prison. Le metteur en scène donne priorité aux longs plans séquences ce qui lui permet de suivre Hafsia Herzi au plus près. L'actrice joue le trouble, le malaise, la raideur, la force, l'ambivalence, l'agitation intérieure à la perfection. Elle est le point central du projet et du propos tous les personnages dépendant d'elle bien malgré elle. Les notes plus légères sont amenées par Michel Fau en Commissaire blasé et Florence Loiret-Caille en Directrice de prison peu compétante. Les seconds rôles sont pour la plupart tenus par des amateurs corses excellents. Quel bonheur d'entendre une nouvelle bande originale de Philippe Sarde qui compose une très belle partition pour orchestre symphonique. "Borgo" est un excellent thriller et est indéniablement le meilleur film de Stéphane Demoustier.
L'idée était bonne, le scénario aurait pu donner un bon polar, autour de la la vie et de la corruption d'une jeune surveillante arrivant dans une prison Corse. Mais j'ai trouvé que le film était peu inspiré, et tombait vite dans la morosité. Je jeu de Hafsia Herzi y est, à mon avis, pour beaucoup. Qu'elle soit censée ressentir de la joie (il y en a peu dans le film), de la tristesse, de l'angoisse, de la colère, ... son visage et sa voix sont les mêmes (à peu de chose près). Elle semble imperturbablement désabusée, et traîne sa langueur tout au long de se scénario qui pêche, de son côté, par des invraisemblances. Bref, un film que j'ai trouvé bien insipide, tout de grisaille et d'ennui.
Ce film qui rappelle un peu "un prophète" dans son ambiance. Le scénario est malin et la construction du film use avec intelligence (pour une fois ! ) des flashbacks. Le casting est excellent en particulier celui des prisonniers qui sont très crédibles. Bravo à Stéphane Demoustier qui signe une fois de plus un film tout en finesse.
Vu en avant première l'histoire est pas mal car ça permet de connaître le milieu pénitencier et de voir que le métier de surveillant(e) n'est pas du tout facile l'actrice et l'acteur qui joue son mari je les aimes beaucoup car ils ont beaucoup de talent sinon j'ai mis trois étoiles car je n'ai pas aimé la tournure de fin de l'héroïne qui incarne parfaitement sont rôle.