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Sylvain MARTINOT
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0,5
Publiée le 18 septembre 2023
J'adore Pierre NINEY, mais cette fois-ci j'ai dû lutter pendant presque deux heures pour ne pas m'endormir devant ce film. A aucun moment je n'ai accroché, ça part dans tous les sens. On a du mal à suivre. Monsieur NINEY, vous nous avez habitué à beaucoup beaucoup mieux!
Avec ce portrait d’un cinéaste en crise, qui se pose en génie incompris et prétentieux, en enfant gâté et capricieux, en doux-dingue tyrannique et insupportable, et qui épuise fougueusement son entourage, Michel Gondry donne dans l’autoportrait. Autoportrait à la fois plein d’autodérision et de revendication passionnée d’un mode créatif unique, où tout devient possible. On navigue donc dans une zone un peu indécise, comme les aime le cinéaste. Ici entre autocritique et complaisance. On est aussi dans un registre très spécial, dans une forme de « metaGondry », puisque le réalisateur aborde avec sa science habituelle du délire et du bricolage sa propre matière faite… de délire et de bricolage. Et ça donne évidemment quelque chose d’inventif et surprenant. Mises à part quelques pistes narratives mal abouties, comme l’histoire avec le personnage de Max, l’ensemble est plutôt bien tenu en territoire foutraque et azimuté. Et puis c’est drôle, souvent très drôle, grâce à la qualité d’écriture et grâce aux interprètes, tous très bons, Pierre Niney en tête.
Quand ses producteurs lui annoncent qu’ils cessent de financer son dernier film, Marc Becker s’enfuit dans les Cévennes chez sa tante Denise (Françoise Lebrun, égérie de Jean Eustache) avec sa monteuse (Blanche Gardin) et son assistante (Frankie Wallach, égérie de EDF) pour en boucler le montage. Mais cette fuite à la campagne exacerbe la créativité débordante du réalisateur, au grand dam de ses proches.
Michel Gondry, le réalisateur le plus perché, le plus branque, le plus imaginatif qui soit, est de retour, huit ans après son dernier film "Microbe et Gasoil", quinze ans après "Soyez sympas, rembobinez", qui est le plus représentatif de son cinéma de la bricole, dix-neuf ans après "The Eternal Sunshine of a Spotless Mind", qui lui valut une gloire immédiate.
"Le Livre des solutions" est une autobiographie grinçante, un hommage à sa tante, mais surtout l’autoportrait de l’artiste en doux dingue. Michel Gondry, à soixante ans passés, n’est plus un jeune homme ; mais il a trouvé son alter ego chez Pierre Niney, jeune trentenaire vibrionnant qui n’a jamais été aussi à l’aise que dans ce cinéma là, où toute sa fougue, toute son inventivité, tout son charme fiévreux peuvent s’exprimer sans entraves.
"Le Livre des solutions" multiplie les trouvailles. les scènes cocasses ou tendres s’y succèdent sans temps mort. On ne s’y ennuie pas. On y rit parfois, on y sourit souvent, au camiontage ou à l’assistant catarrheux jusqu’au tout dernier plan qui met en abyme le réalisateur et son film. On se laisse attendrir dès que Françoise Lebrun, avec sa voix d’une douceur inimitable berce son remuant neveu. Seul point faible : l’absence de scénario à proprement parler, le montage du film de Marc constituant le prétexte plus que la raison d’être à cette succession de vignettes.
"Le Livre des solutions" a le défaut de ses qualités. Il est trop gentil. Et la gentillesse, c’est comme la crème chantilly : à petite dose, c’est délicieux, à grosse dose, ça devient vite écœurant.
Marc déborde d'énergie à la réalisation de son film. Son équipe va subir, à souhait, les solutions qu'il écrit sur un livre. La tante Denise (Françoise Lebrun) très juste dans le jeu. Un bon coté absurde, marrant qui n'est pas pour me déplaire.
Film gentiment foutraque, soutenu par des acteurs savoureux. certes il n'atteint pas le degré de poésie de "Éternal sunshine" mais réserve quelques beaux moments de bravoure.
A la manière de Pirandello, le réalisateur met en scène le naufrage complet du film qu'il est en train de réaliser. Quand l'art celèbre sa propre panne d'inspiration, ce n'est ni humble, ni touchant, ni ironique, ni drole, ni artistique.
Un néant auqel les acteurs ne parviennent pas à donner un sens tant le film est entrecoupé de convulsions d'originalité parmi lesquelles - entre autres - un gros plan sur un zizi qui dépasse d'un ingenieur son de village, ou encore une séquence de bande dessiné sur un renard qui ouvre un salon de coiffure (le film dans le film dans le film ?) ou encore une session musicale du veritable Sting(!).
Très bons acteurs, mais le film est raté et ennuyeux. Superposition de sketchs .l'histoire d'un malade est malaisante tout au long du film, avec une très grande complaisance sur le personnage de Marc. Ce qui est intéressant c'est la bienveillance des personnes autour de cet homme en souffrance. Peu d'intérêt globalement , je ne recommande pas le film
Le selfie du nombril. On n'a pas du tout (mais alors pas du tout, ni l'un, ni l'autre) accroché au film de Michel Gondry qui se filme lui-même en train de filmer. C'est Pierre Niney qui incarne l'insupportable réalisateur du film dans le film et d'habitude cet acteur excelle dans les rôles justement d'insupportables (le parano de Boîte Noire, le lobbyiste de Goliath, ...), mais là ... Dès le début où les scènes tombent à plat, on sent que ça va mettre un temps fou à décoller. Et puis le temps passe et ça n'a toujours pas décollé, la boîte noire a l'encéphalogramme qui clignote dans tous les sens mais le cardiogramme est désespérément plat. Vient alors la scène de l'orchestre, la boîte noire frémit, le cardiogramme s'affole, la carlingue vibre, les passagers s'attachent pour le décollage, enfin ! Gondry semble alors très content de lui et laisse son film se reposer cahotant sur le tarmac, fin de la séquence émotion. Les scènes prises une par une ne sont pas toutes mauvaises, les acteurs essaient d'être convaincants mais rien n'y fait, ça ne prend pas. Pour l'avoir embarqué à bord de cette galère, Gondry vient de contracter une énorme dette envers son ami Niney : pour se racheter, il ne lui reste plus qu'à lui trouver un vrai film avec un vrai scénario et un vrai réalisateur. Bon, notre avis est partial bien sûr et si on a vu quand même quelques spectateurs quitter la salle, on en a vu d'autres (et on en connait même) qui ont été ravis de ce film inventif et rafraîchissant (je cite). Donc visiblement le film a tout de même un public, dont nous ne faisions pas partie ce jour-là.
Si nous n'avions pas été 2, j'aurais écourté ma séance. Le film n'est absolument pas la continuité de la bande annonce. Nous allions voir une comédie, nous avons assisté à une comédie mélodramatique. L'esprit torturé du réalisateur est le centre du film.
Néanmoins, j'ai apprécié le jeu des acteurs. Je trouve extraordinaire d'être capable de s'impliquer et de faire vivre ces personnages qui pourtant ne racontent pas grand chose.
J'ai beaucoup aimé le film. Il encore plus délicieux à regarder et à appréhender lorsqu'on a eu des expériences de tournage ou travailler directement dans le milieu du cinema, car nous rencontrons véritablement ce genre de personnage et le problème est bien celui qui est au coeur de ce film : c'est qu'on ne sait jamais jusqu'où on peut suivre un réalisateur dans sa folie, et d'être en capacité à distinguer si sa folie est véritablement une folie ou si cela ne relève pas du génie. En tout cas, j'ai adoré les messages véhiculés par ce film, qui est largement inspiré de son réalisateur lui-même. Je pensais même que la fin serait moins heureuse, avec une orientation possible qui était celui de l'auto-destruction. Mais au final, le plan final est encore plus fort. Du réalisme mêlé à de l'irréalisme. Et les gens qui n'ont pas su comprendre le film doivent comprendre que le montage et l'enchainement des scènes du film suivent le processus de chaos et de surcréativité du réalisateur, c'est donc un choix pertinent qui reflète l'état intérieur du réalisateur et que l'on subit avec lui. C'est très bien pensé et cela fonctionne très bien. Pierre Niney nous livre encore une belle performance et efface même le reste du casting avec son énergie et son talent, même blanche gardin semble éteinte à côté de lui. Ceci étant dit, c'est aussi le personnage qui écrase les autres par ses obsessions créatives, donc sans doute la sensation que la performance des autres acteurs semble moins impactant et relayé qu'au second plan est aussi logique. Un bon gondry.