"Le Livre des solutions" nous replonge dans l'univers de Michel Gondry, offrant un aperçu de sa créativité singulière. Porté par un Pierre Niney très investi, le film est une proposition souvent hilarante, parfois touchante, mais qui laisse au final une impression mitigée.
Le film est avant tout une comédie hilarante et souvent touchante. Le personnage de Marc, réalisateur bipolaire en roue libre, est le moteur d'une succession de gags et d'idées folles qui font souvent mouche. Pierre Niney navigue entre le génie tyrannique et l'enfant vulnérable avec un engagement total. Autour de lui, les seconds rôles sont impeccables, notamment Blanche Gardin en monteuse stoïque, servant de parfait contrepoint à sa folie. On sent derrière tout ça un portrait autobiographique drôle et honnête, où Gondry se moque avec tendresse de ses propres angoisses de créateur.
Mais c'est précisément cette structure, un feu d'artifice constant d'idées, qui finit par montrer ses limites. Le scénario, qui se résume à une succession de péripéties, semble répétitif et devient vite épuisant. L'énergie débordante du personnage principal se transmet au spectateur, mais pas toujours pour le meilleur. Le film souffre surtout d'un manque criant d'enjeux dramatiques forts, ce qui donne l'impression d'assister à un court-métrage génial étiré sur la longueur, une série de sketchs brillants plus qu'une histoire construite.
Cet aspect est renforcé par un équilibre fragile entre l'humour et la pathologie du personnage, le film préférant rester à la surface de sa souffrance, ce qui peut rendre le propos un peu léger. De ce fait, "Le Livre des solutions" peut apparaître comme un film un peu hermétique, une œuvre qui ravira les fans de Gondry mais laissera sans doute les autres à la porte, face à un objet filmique qui tourne un peu à vide.
Au final, le film laisse une impression en demi-teinte. On rit beaucoup, on admire la performance de Niney, mais on ressort de ce tourbillon créatif un peu fatigué et avec le sentiment que derrière l'avalanche d'idées, il ne se cachait pas grand-chose de plus.