Très beau film dans le style de Terry Gilliams : Cadrages bancals, grand angle, gros plan déformant, montage complexe, nombreuse mise en abyme, un film dans un film dans un film où le personnage est lui-même égaré dans un temps "à l'intérieur d'un autre temps"... Je ne révèrai rien de l'histoire pour ceux qui ne l'ont pas vu mais elle tient bien en haleine.
Seulement ceci : Il faut avoir que ce film est une "interprétation" ou plutôt une extrapolation d'un court métrage d'un réalisateur français méconnu du grand publque : Chris Marker, mort récemment, en 2012. Son nom est cité au début du film, ainsi que celui du court métrage, "la jetée".
L'armée des 12 singes multiplie les référence à ce réalisateur, et pour ceux qui ont aimé ce film je suggère de visionner, "la jetée", et "sans soleil".
Vous verrez que lorsque le personnage de Bruce Willis enlace sa compagne dans le cinémas, imitant les personnage d'Hitchcock, la mise en abyme va plus loin qu'elle ne le paraît, car ce même extrait d'Hitchcock est commenté dans un passage de sans soleil, Chris Marker développe une réflexion autour de la spirale formée par la coiffure de Madeleine (Madeleine, comme la Madeleine de Proust) et la relation entre le vertige de l'espace, et celui du temps éprouvé par le personnage d'Hitchcock... Une réflexion sur la mémoire et le cinémas, la mamoire et l'Histoire, l'image et le souvenir, c'st ce que propose "sans soleil", et c'est ce à quoi rend bien honneur Terry Gilliams et tout ses petits clin d'oeil malicieux, le Hibou, au début du film, en grand plan, hommage au logo d'argos film, et tout les différents animaux, le Lion, "qui garde le temple" de "sans soleil", et 'l'émeu" qui bloque la route... Bien d'autre encore à découvrir et redécouvrir, parmi une multitude de détails que ce film laisse apparaître visionnage à visonnage, comme les grands chef d'oeuvre, comme celui de Chris Marker. Encore du beau boulot de la part de Terry Gilliams.