Dès les premières secondes, le film s’annonce saisissant. Il y avait un texte glaçant qui s’affiche à l’écran :
« 5 milliards mourront infectés par un virus en 1997. Les survivants déserteront la surface de la planète. Les animaux deviendront maîtres du monde. »
Le scénario est intense, complexe et très bien maîtrisé. On reste scotché du début à la fin dans un monde apocalyptique très réaliste. J’ai été particulièrement impressionné par les plans de bâtiments à l’abandon, recouverts de neige, sous le regard médusé du survivant volontaire James Cole joué par l’acteur Bruce Willis. Les magnifiques photographies aux teintes bleutées, grises et blanches renforcent l’atmosphère froide, mélancolique et désespérée.
Le thème du voyage dans le temps, utilisé pour empêcher la catastrophe et la fin du monde, m’a quelque part, rappelé Terminator, mais avec une approche bien plus sombre et psychologique.
Les performances des acteurs sont exceptionnelles. Bruce Willis, habitué aux rôles d’action, incarne ici un personnage profondément marqué, fragile, hanté par les souvenirs traumatisants précédant la fin du monde, ainsi que par la souffrance et la folie de l’univers qu’il a connu. Sa métamorphose est impressionnante.
Quant à Brad Pitt, il est totalement hallucinant. Déjanté, imprévisible, gesticulant sans cesse, il livre une performance mémorable dans la peau d’un interné psychiatrique délirant, aux mimiques inoubliables.
Madeleine Stowe interprète avec finesse une psychiatre délicate, intelligente et énigmatique, qui apporte une grande douceur au récit.
Sous terre, ke survivant James Cole évolue dans des décors imaginaires et complètement déjantés, peuplés de personnages étranges. L’univers visuel est typiquement celui de Terry Gilliam : inventif, loufoque, original, rempli d’objets insolites, comme cette étrange boule d’écrans scrutant les réactions du volontaire. Chaque détail visuel nous plonge dans l’étrangeté du monde futur.
Le film est une œuvre de science-fiction dystopique totalement folle, réalisée, il faut penser, bien avant la grande vague des films et séries sur les virus et les zombies.
La fin, au ralenti, est tout simplement sublime et bouleversante. Haletante, tragique, inoubliable. En sortant du cinéma, je n’arrêtais pas de me répéter : « Ce n’est pas possible ! » @J’avais le sentiment de fatalité, de point de non-retour et ça a durablement marqué mon esprit.
Enfin, le générique du début du film, à la fois psychédélique et hypnotique, nous plonge immédiatement dans une sensation d’étrangeté. Le film réussit brillamment à brouiller les frontières entre le réel, l’imaginaire et le futur, nous laissant constamment dans le doute.