Ladj Ly savait pertinemment que son après "Misérables" allait être scruté de très près. Le réalisateur, tout en se renouvelant, reste fidèle à son cinéma engagé et politique axant son film autour de l'urbanisme en banlieue, un thème qui peut a priori sembler peu exaltant mais qu'il sait rendre passionnant, en échafaudant un film choral, où l'on sait certes dans quel camp il se situe, mais en ne condamnant personne sans juger et en donnant de l'espace à chacun de ses protagonistes, quel que soit ses idées pour "le mieux vivre ensemble", puisque c'est l'idée générale qui est censée prévaloir dans la modification de l'habitat social des cités. Réalisé et monté avec efficacité, Bâtiment 5, sans doute moins intense que Les Misérables, mais pas moins dense, laisse monter la tension jusqu'à l'acmé de son dénouement. Brillant sans ostentation, le film bénéficie d'une écriture sans ratures, au fil d'un récit dont la puissance se construit scène après scène. L'interprétation est aussi parfaitement calibrée pour ne pas céder à une quelconque caricature et le moindre petit rôle fait mouche. Mais dans ce concert bien accordé, c'est de loin la remarquable Anta Diaw qui impressionne le plus, une personnalité lumineuse dans un univers aux teintes bien plus sombres.
Après Les Misérables, ce deuxième film de Ladj Ly est centré sur un personnage féminin, Haby. Elle vit dans une ville baptisée Monvilliers dont le maire meurt brutalement. Pour le remplacer, un jeune médecin, Pierre, accepte l'interim. En très peu de temps, il va faire voter quelques mesures radicales dirigées contre les jeunes. Puis, après l'incendie d'un appartement dans un bâtiment délabré, il va rapidement comprendre comment il peut en profiter pour faire évacuer d'urgence les habitants, pourtant propriétaires de leur appartement... Le scénario est efficace, resserré, les personnages bien travaillés, l'interprétation très juste (superbe Anta Diaw), la photographie soignée. La tension dramatique monte à mesure que se déroule l'histoire et la dernière scène dégage une réelle puissance émotionnelle. Un film fort, dont l'action est située en 2005 par Ladj Ly, mais toujours d'actualité.
Dans son nouveau film toujours sur le thème de la vie en banlieue, le réalisateur traite des problèmes récurrents de la population pauvre et souvent immigrée d’une ville de banlieue. Il s’agit là de l’expulsion brutale des habitants d’un grand bâtiment. Le réalisateur expose avec beaucoup de réalisme les circonstances de cette expulsion. Il décrit très bien les rapports difficiles entre ces habitants avec la mairie et la police. Le film est oppressant et intéressant à visionner et l’on suit particulièrement les réactions pleines d’espoir de cette jeune militante locale qui veut absolument changer les choses.