Les tissus marocains que l'on touche et dont on admire les couleurs ; la musique et les bruits que l'on entend dans les ruelles de la médina de Salé ; l'odeur de la mer ; le goût des clémentines... Les cinq sens sont à la fête dans ce film. Sensualité et sexualité sont abordées avec une même douceur impressionniste, avec beaucoup de délicatesse et de pudeur. Cette approche sensible permet de rendre explicites les silences et de sonder les refoulés par-delà les tabous d'une société traditionnelle. Les silences de ce film sont beaux. Et les mots de vérité qui jaillissent, vers la fin, aussi. Le portrait de couple, pétri d'amour, d'intelligence et de respect, est émouvant, tout comme l'évocation de l'homosexualité, ode à la liberté d'aimer. Cela nourrit un film toujours juste, toujours simple et fort dans son appréhension de la complexité, même si assez balisé et un peu long. Au global : un bel ouvrage d'écriture et de réalisation, avec trois interprètes principaux aussi sobres qu'intenses.
Deuxième long-métrage de Maryam Touzani – avec son compagnon Nabil Ayouch, ils forment un tandem qui dépeint la société marocaine avec un esprit rebelle et militant salvateur, avec pour point d’orgue un Much loved (2015) bouleversant – Le bleu du caftan aborde le tabou de l’homosexualité au Maroc. Mais ce mélodrame sublime est d’abord et surtout un film d’amour d’une grande beauté et d’une pureté rare, qui raconte beaucoup de la logique d’une société du non-dit. Le film est aussi un hommage au rôle fondamental joué par les femmes – ici Lubna Azabal, magnifique – autant qu’il met en lumière la beauté du métier traditionnel de maalem, les couturiers qui fabriquent le caftan marocain. Un très beau film, qui réserve des séquences exceptionnelles d’émotion, dans lequel il est difficile de ne pas verser une larme.
Quoi ??? Un seul journal a mis 5 étoiles pour ce film et plusieurs pour les trois mousquetaires ??? Mais allô les critiques !!!! Ce film est l'un des meilleurs de cette année !!! Un formidable trio d'acteurs, c'est pudique, sensible, émouvant, délicat !!!!! COUREZ VOIR CE FILM ET DITES À VOTRE ENTOURAGE !!!!!! Si vous n'êtes pas ému c'est que vous avez un cœur de pierre. Un très grand film sur l'amour
Si le film parle d’amour, de non-dits, de respect et d’homosexualité, en arrière-plan, il montre la vie au sein de la société marocaine, mais surtout il rend hommage au travail ces artisans couturiers, au savoir-faire de ces maalems. Avec un son tout particulier, nommant dans les mouvements de caméra, Myriam Touzani, filme la passion du métier, la beauté des tissus, la finesse des étoffes, l’art de coudre au fil doré. Un film bouleversant, bourré d’humanité, qui plonge le spectateur durant deux heures dans un univers d’une délicatesse absolue.
Une oeuvre haute courure ou apparaissent dans ce lieu du conservatisme qu'est Salé, l'arbitraire policier au coin d'une rue, seule representation d'un Etat absent pour les malades, l'évocation des juifs disparus, le sexe interdit mais présent dans une société bigote. Seul l'atelier de cette petite famille fait transparaitre quelques lueurs, visages et mains s'entremêlent dans d'exquis plans d'étoffes
Film d'une douceur infinie, d'acceptation, d'amour, d'effacement. Des souffrances évidemment, mais quelle beauté dans ces non-dits, quelle belle façon de vivre, avec et parmi les autres, aans s'effacer. Le film prend son temps, notamment dans sa première partie, mais c'est la délicatesse du temps qui appartient à l'artisanat et à l'artiste qui tisse film et caftan.
Le film a été salué pour le courage qu'il y a à parler d'homosexualité au Maroc. Peut-être, mais c'est là un petit détail comparé à ses qualités intrinsèques.
Un charme inouï d'abord. J'ai vu le film quatre fois (en visionnage, à Visions d'Afrique 2022, au Fespaco, puis pour le Ciné Club de Loches), et à la quatrième j'avais en fait toujours plus de plaisir à retrouver Halim, Mina et Youssef, des gens charmants, presque des amis.
La pudeur des personnages, reflet de leur respect mutuel plus que la discrétion obligée d'homosexuels réprouvés, participe à leur charme. Le trio d’interprètes est parfait, mais le résultat tient à une direction des acteurs remarquable.
La concentration de l'action dans un périmètre restreint et assez clos, l'appartement, la boutique et pour deux scènes, le hammam, renforce le sentiment d'intimité
NB. L'affiche initiale du film était magnifique ; certainement efficace pour la promotion du film, elle prolonge le plaisir des spectateurs longtemps après avoir vu le film.
Le caftan est une tunique traditionnelle dont la confection dans ce film nous accompagne tel un fil conducteur. Il devient le symbole des tourments des trois personnages pris en étau entre respect des traditions et envie de changements. C'est assez délicat et élégant. Beaucoup de scènes sont empreintes d'une sensualité délicieuse. Cependant ce film souffre de longueurs, de répétitions et d'un excès mélodramatique.
Un très joli film, tout en passementerie, qui, s'il comporte quelques longueurs, est porté par 3 acteurs absolument magnifiques et touchants de vérité.
Halim est un couturier à l’ancienne et perfectionniste d’une médina marocaine. Il est marié depuis longtemps à une femme douce comme la soie et comme lui, et il aime le travail bien fait, la beauté d’un tissu, son bruit quand on l’effleure et les hommes. Un secret qu’il garde précieusement avec son épouse qu’il quitte quelquefois pour partager un moment de plaisir avec un inconnu au hammam. Très joli film soyeux et doux comme une belle étoffe sur un trio amoureux dans un pays où l’homosexualité n’est pas la norme. Remarquablement mise en scène par Maryam Touzani, la muse et femme de Nabil Ayouch présent ici à l’écriture, qui pose sa caméra au plus près des ses personnages, cette œuvre brille par son empathie, son humanisme et l'esprit de liberté qui en émane.
Un très beau film sensible, pudique, dont les trois protagonistes ont tant de noblesse d'âme qu'on aimerait que le cinéma français s'en inspire, parfois, au lieu de s'attacher à glorifier les glandeurs, les magouilleurs et les couche-toi-là.... A côté de cette histoire simple et belle d'amour et de mort, il y a aussi le côté office du tourisme, admirez l'artisanat marocain, parfois un poil envahissant... Mais Maryam Touzani film si bien, dans des éclairages dignes de La Tour, souvent en gros plan, visages, mains....qu'on lui pardonne d'étirer certaines séquences au delà de l'utile C'est que Halim (Saleh Bakri) est un maâlem, un artisan capable de perpétuer un savoir faire ancestral, ici, les broderies qui bordent les caftans (même si, nous dit on, la science de certains motifs particulièrement sophistiqués s'est perdue). Il tient dans la médina, avec sa femme Mina (Lubna Azabal) une boutique fréquentée par des bourgeoises qui veulent un vêtement entièrement fait à la main (car maintenant les broderies peuvent être reproduites par des machines), personnel, même si sa confection peut demander de deux à trois mois... Et justement, l'artisan travaille sur la commande d'une très belle pièce, d'un bleu chatoyant, ornée de broderies très élaborées, commandé par une mégère qui se croit tout permis car son mari est un ponte dans l'administration municipale.... Halim et Mina c'est un couple fusionnel, uni par une immense tendresse; une famille sans enfant, dont le chef est assurément Mina -c'est elle qui a fait la demande en mariage- une femme douce mais décidée, qui n'hésite pas spoiler: à entrainer son mari dans un café où une foule d'homme regarde la télévision et à se lever en applaudissant quand un but est marqué.... par l'équipe adverse . Mais pieuse aussi, tous les matins, elle fait ses ablutions et prie, nouant pour l'occasion un foulard sur sa tête. La religion ne semble pas, par contre, beaucoup concerner Halim. Mais Mina est malade. De quoi? on ne sait pas, mais on le devine vite, et Halim s'occupe d'elle avec un infini dévouement. Pourtant, ce bel homme aux yeux gris cache un secret. Le fait qu'il aime son épouse ne l'empêche pas d'être sexuellement attiré par les garçons. Alors, ça se traite par une étreinte rapide dans une cabine individuelle du hammam. Eh ben, il s'en passe des choses dans les hammams de ce pays si pointilleux sur la morale, et particulièrement sur le rejet de l'homosexualité! Mais arrive chez Halim un nouvel apprenti, Youssef (Ayoub Missioui), charmant. La tentation est là, maintenant, au coeur du foyer... Si la scène où Mina arrive à se lever de son lit de mourante pour esquisser quelques pas de danse avec les deux garçons, au son d'une musique venant de la rue, ne vous tire pas des larmes, c'est que vous avez un coeur de pierre... Et même si la fin, on s'y attend, l'émotion est là. Assurément le film à ne pas manquer cette semaine!
Délicatesse, retenue, pudeur, sensibilité, ces qualificatifs souvent appliqués à ce film se justifient pleinement. Avec l’inconvénient de frôler le répétitif, le vide, voire l’ennui dans sa première heure. Mais comme souvent dans les grandes œuvres, le travail préparatoire débouche sur une seconde partie de grande intensité sentimentale et émotionnelle, et ce sans « évènements » spectaculaires. Le film devient un grand film d’amour, ou plutôt d’amours, où les non-dits sont éloquents ; d’une grande humanité et d’une extrême empathie, tant dans les attitudes des personnages entre eux que dans le regard porté sur eux par la réalisatrice. Culminant dans l’une des plus belles preuves d’amour que l’on ait vue au cinéma. PS : Et quel bien cela fait que ce regard sur l’amour du travail artisanal bien fait et de ses produits aussi beaux que durables, à l’heure des productions à la chaines de vêtements de « mode » éphémères et jetables !
L’intimité et la douceur des plans rapprochés de Maryam Touzani nous délivrent avec pudeur tous les amours d’un homme. Saleh Bakri incarne avec délicatesse Halim. L’homme qui coud de ses mains des caftans pour des femmes et sait sublimer les tissus et les fils. Une vie pourtant loin d’être cousue de fil blanc. L’homme aime sa femme et elle l’aime en retour tout en sachant qu’il aime aussi les hommes. Réalité irréelle dans un monde qui nie ce type de relation. Complexité dépeinte avec beauté et délicatesse puisque sa femme, merveilleusement interprétée par Lubna Azabalspoiler: , est sur le point de s’éteindre . Tout est beau, des images aux sentiments. A voir !
Le bleu du Caftan est une histoire bouleversante. Halim tient un magasin traditionnel de caftan avec sa femme Mina, malade. Mais depuis toujours, ce dernier cache son homosexualité. Un secret chamboulé par l’arrivée d’un apprenti. C’est magnifique. Une ode à l’amour.