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2,0
Publiée le 18 mars 2025
À travers sa musique et ses chants qui sont un appel à la liberté et à la dignité, Touda rêve d'une vie meilleure pour son fils et elle. Elle sait qu'elle ne peut compter que sur elle-même si elle veut y parvenir, mais difficile de faire son trou dans une société patriarcale avec un métier stigmatisé qui lui cause plus de problèmes qu'il ne lui offre d'opportunités. Après une introduction brutale qui n'apporte rien à l'histoire, on suit son difficile quotidien alors qu'elle tente de concilier sa vie d'artiste et de mère célibataire. Nabil Ayouch jongle avec les deux aspects de sa vie et crée une boucle narrative qu'il ne va jamais briser. "Everybody Loves Touda" n'est donc qu'une succession de scènes qui se ressemblent dans une histoire qui manque cruellement de profondeur. Je m'attendais à un beau récit d'émancipation à travers ce genre musical, mais le résultat est décevant et ennuyeux malgré une bonne Nisrin Erradi qui est la seule éclaircie de ce film qui passe à côté de l'essentiel.
Le dernier film de Nabil Ayouch est un film simple.
Il commence par une scène mémorable, typique de l'efficacité sèche du réalisateur marocain, qui fit merveille dans Much loved.
Il s'agit d'une fête dans laquelle se produit une chanteuse qui rêve de devenir Cheika (chanteuse traditionnelle). La scène commence de façon solaire et se termine dans un chaos terrible.
Le film bascule ensuite dans une chronique sociale classique : il s'agit de dresser le portrait sensible d'une femme illettrée qui doit élever seul son fils sourd. Cet aspect est assez convenu, même s'il est très réaliste. Le véritable atout du film, presque documentaire, réside dans la découverte de ce chant très spécifique des Cheikhas, l'Aïta, une sorte de poésie très libre qui semble précurseur du raï.
L'actrice Nisrin Erradi joue avec une force incroyable cette femme forte et volontaire, qui se heurte malheureusement à la misogynie extrême des hommes marocains, encore une fois ici exposée avec une grande âpreté par Nabil Ayouch.
Everybody loves Touda est un film dur, parfois désespérant, qui se termine par une scène déchirante en écho de la première, jusqu'à ce que Touda explose dans un dernier cri de rage.
Révélée dans l'excellent Adam, Nisrin Erradi irradie le film de sa présence et de son talent. Totalement imprégnée par son personnage (pour lequel elle s'est préparé pendant plus d'un an), elle incarne avec une énergie époustouflante une héroïne qui impressionne par sa résilience et sa détermination. Humiliée, maltraitée, jugée, elle ne plie et ne se détourne jamais de son objectif et de ses rêves.
Côté mise en scène, on retiendra surtout un plan séquence incroyable de huit minutes dans lequel l'héroïne parcourt un hôtel à Casablanca, notamment par le biais d'un ascenseur, jolie métaphore des émotions qu'elle traverse. Les paysages marocains sont également filmés de manière sublime.
Les séquences musicales sont nombreuses et alternent avec des scènes qui s'appuient sur un scénario très didactique et parfois un peu trop prévisible.
Malgré l'énergie que dégage son personnage principal et celle qui émane de la danse et du chant, le film reste âpre et sombre. Il cultive une ambivalence intéressante entre l'espoir de l'héroïne qui se refuse à tout déterminisme et le réalisme assez peu optimiste que lui renvoie la société qui l'entoure. Il défendra les couleurs du Maroc pour le prochain Oscar du meilleur film étranger.
Ayouch et sa conjointe Touzani continuent de nous offrir de beaux portraits principalement féminins, dévoilant la possibilité d'une évolution des mœurs au Maroc. Si Much loved fut interdit de projection dans ce pays, ce dernier film est présenté aux oscars sous sa bannière! On va ici découvrir ce qu'est la tradition ancienne des cheikhates, chanteuses émancipées, tradition séculaire d'animation des fêtes familiales ou rurales, en voie de disparation et d'absorption par l'omniprésence des rapports tarifés. spoiler: Le personnage principale Touda n'évolue pas, fille forte et convaincue, elle est et tente de refuser les compromissions, tout en cherchant à élever un fils sourd-muet. De ce côté, le scénario n'est pas le point fort du film. En revanche, l'interprétation de Nisrin Erradi est sans faille, et se termine par un final éblouissant, tourné d'une traite, en un long plan séquence diabolique. Le mélange explosif des émotions contradictoires qui bouillonnent chez Touda ne peut pas laisser le spectateur indifférent. Dès qu'elle chante, sa puissance et son énergie nous sautent à la figure.
Très belle interprétation pour ce personnage féminin qui cherche à percer dans le monde de la chanson traditionnelle, face à une horde machiste, sexiste et patriarcale. La scène finale laisse un peu perplexe.
Une femme décide de tout quitter et de rejoindre Casablanca dans l’espoir d’accomplir son rêve de devenir une Cheikha, une artiste traditionnelle marocaine qui chante sans pudeur ni censure des textes de résistance, d’amour et d’émancipation. C’est de ce dernier thème dont il est fortement question dans un récit faisant le portrait d’une femme de caractère éprise de liberté et de voir son corps lui appartenir face au patriarcat. Le réalisateur Nabil Ayouch filme au plus près l’actrice Nisrin Erradi remplissant l’écran de sa verve trempée dans l’acier.
Nabil Ayouch, à qui l'on doit le très remarqué "Much Loved" (2015), dresse ici le portrait d'une femme déterminée dans le Maroc d'aujourd'hui. Ces femmes sont appelées Cheikates car elles revendiquent une certaine liberté en chantant l'Aïta. A travers le personnage de Touda, jeune provinciale rêvant de Casablanca, le cinéaste dresse le portrait d'une réalité cruelle pour celles qui ne se soumettent pas aux désirs de ces messieurs (il n'y a qu'un pas entre chanteuse et prostituée pour certains). Nisrin Erradi illumine ce film par son charisme et son magnétisme, et malgré une fin en suspens (quid du fils sourd-muet?), le message passe quand même avec de belles mélodies.
Touda quitte le Maroc des campagnes pour rejoindre celui des villes afin de donner une chance à son fils muet et pour devenir une Cheikha. Nabil Ayouch comme à son habitude scrute la société marocaine et ses ambivalences, comme ces endroits enfumés où les hommes s’adonnent à tous les plaisirs, y compris les proscrits. Et il dresse une fois de plus un superbe portrait de femme jouée par une Nisrin Erradi incandescente.
« On aime bien Touda» Un titre en anglais pour un film marocain peut laisser perplexe. Sinon, le film nous montre la dure vie de la courageuse Touda qui chante dans les fêtes de son bled (au risque d’être violée par des hommes avinés en fin de soirée…) et veut percer en partant à Casablanca pour y devenir « Cheikha ». Bien incarné par la dynamique Nisrin Erradi, ses danses et chants entraînants. La fin est frustrante mais cette ode à la lutte contre les dominations est intéressante.
Le film sans doute le moins séduisant de Nabil Ayouch. On est moins emporté par le personnage principal, par son engouement pour une musique très traditionnelle à laquelle il peut être difficile d'adhérer (un peu comme pour le maître de Kabuki). La spirale que décrit le film, qui enferme cette chanteuse aux limites de la prostitution, demeure intéressante dans sa description
Nisrin Erradi est formidable ! Mais ce dernier film de Nabil Ayouch ne me semble pas à la hauteur des précédents. Il laisse le spectateur sur le bord de la touche, ne donnant pas accès aux règles du jeu. Quelle est cette musique, quelle est cette langue, que pense Touda ?... Tout tourne autour des gros plans, magnifiques, sur Touda qui marche, Touda qui chante, Touda qui... On reste à la porte. Dommage !
Tu m'étonnes que tout le monde aime Touda ! Touda est tellement flamboyante, pleine de vie, de passion, enivrée par le rêve dequitter sa ville de province pour rejoindre Casablanca et devenir une cheikha. Touda, c'est Nisrin Erradi, une actrice fantastique, totalement investie par le rôle, d'une incroyable présence à l'écran. Ce film est probablement le plus abouti de Nabil Ayouche. Certes "Razzia" et "Much love" étaient déjà très politiques mais il y a ici une subtilité qui pouvait faire défaut dans ses précédentes oeuvres. C'est le désenchantement et l'affirmation d'une femme que filme Nabil Ayouch mais aussi le Maroc rural et ses archaïsme, confronté au mirage d'une modernité qui n'a guère transformé les hommes. Puissant.
Everybody Loves Touda est un cri, un chant, âpre et intelligent, porté par la performance incandescente de Nisrin Erradi. Touda, chanteuse de l’Aïta, voit son art captif d’une société où la femme est jugée, marchandisée et leur corps exposé aux regards destructeurs de leurs patrons adipeux et des spectateurs voyeuristes.
Le film s’ouvre sur une agression brutale, plantant dès les premiers instants le décor d’un monde où l’espace public réduit le féminin à une précarité constante. Ce moment initial devient le prisme à travers lequel le spectateur observe la lutte constante de Touda pour exister en tant que femme et artiste. L’Aïta, ce chant des sheikhats, devient l’arme fragile pour exister.
La quête artistique de Touda, sans cesse bridée par le poids des regards et des injonctions masculines, trouve paradoxalement son souffle dans ces mêmes figures oppressives. Ce sont eux, les hommes qui l'entravent, et qui deviennent aussi les porteurs des aides nécessaires à son ascension. C'est dans cette tension que réside toute l'intelligence du film.
Cependant, Le récit peine parfois à insuffler l'élan fiévreux que promettent ses séquences musicales. Enserré dans un schéma narratif trop convenu et didactique, il limite l'empathie envers les dilemmes intérieurs de son personnage, laissant entrevoir une richesse émotionnelle qu'il n'atteint jamais pleinement.
En somme, Everybody Loves Touda n'est pas un pamphlet contre les hommes, mais une exploration nuancée des rapports de pouvoir dans une société définie. À travers son héroïne, le film questionne les dynamiques genrées, tout en célébrant leur capacité à résister, à s'exprimer et à transformer leur réalité.
Un film poignant, touchant, ou se mêle divers thèmes, la politique d abord ou sévit comme dans tous les pays du maghreb un patriarcat assez sévère ou les femmes isolées sont durement traités, vivant dans une misère en plus l héroïne à un enfant handicapé, l art ou l on découvre un chant l aita poétique avec une ambiguïté sociale qui aux yeux des hommes catégories ses femmes comme des femmes trop libéré et qui amène comme au début du film à des abus sexuelles. C est surtout le thème de l espoir et de la souffrance pour ce personnage de touda joué par l actrice nisrin erradi admirablement dont on s attache tout au long jusqu a la fin qui est bouleversante qui montre le courage et l intégrité de cette jeune fille.