A l'aube du deuxième millénaire, DreamWorks Animation réalise son troisième long-métrage d'animation après Fourmiz et Le Prince d'Egypte, en demeurant dans le registre historique auquel appartient l'épopée de Moïse adaptée deux ans plus tôt au cinéma.
Toutefois, comme son nom l'indique, La Route d'Eldorado place son intrigue dans l'Espagne du XVIème siècle, celle de Charles Quint et de ses conquistadors, dont Hernan Cortés, qui occupe le rôle de l'un des deux méchants du film. C'est dans ce contexte que Tulio et Miguel, deux amis voleurs et tricheurs, prennent possession d'une carte menant tout droit à la légendaire cité d'or : Eldorado. Lancés à la poursuite de ce fabuleux trésor, les deux aventuriers devront affronter de nombreuses obstacles, dont un prêtre cruel et dangereux, alors que Cortés reste dans leur sillage pour tirer sa part du gâteau d'or.
En dépit de l'accueil mitigé reçu à sa sortie et d'une rentabilité insatisfaisante, avec des recettes d'environ 75 millions de dollars pour un budget de 95 millions, le semi-échec du film ne doit pas faire oublier ses qualités diverses. D'abord, le plaisir de voir des couleurs vives et lumineuses, fidèles à l'éclat de l'or recouvrant chaque architecture de la cité. Ensuite, le rythme captivant du film, qui permet au spectateur de ne s'ennuyer quasiment jamais. Enfin, le contexte historique osé et novateur, mais parfaitement réussi dans sa retranscription, qui aborde un mythe maintes fois repris tout en lui apportant un vent nouveau grâce à certains éléments du Candide de Voltaire. Attention toutefois à ne pas basculer dans le plagiat, avec certains aspects du film qui font étrangement penser à un récent succès d'un concurrent : Tarzan, produit et réalisé par Disney l'année précédente. Les cascades dans la jungle, le timbre de voix d'Elton John qui fait énormément penser à celui de Phil Collins. autant de ressemblances troublantes qui peuvent laisser croire que DreamWorks a tenté de surfer sur la vague de ce succès.
Malgré tout, ce film d'aventures reste une pépite dans les créations du studio et mérite d'être regardé, car nul ne peut rester de marbre face à la quantité d'or prête à être découverte.