Quand on aime le cinéma on ne peut rater la sortie du Grand Prix du dernier festival de Cannes !! Présenté comme le troisième volet d’une trilogie ouverte avec « Oslo 31 août » suivi de « Juliette en 12 chapitres » il se termine donc avec « Valeur sentimentale » ...Contrairement à des critiques plutôt élogieuses, je n’avais pas été franchement convaincu par ces deux films...leur préférant « Back Home » déjà portrait d’une famille en deuil où après la mort accidentelle de la mère, célèbre photographe, son mari et ses deux fils étaient amenés à se réunir dans la maison familiale et évoquer ensemble les fantômes du passé…Dans « Valeur sentimentale » (peut-être celle de cette belle maison norvégienne de bois rouge qui a vu passer plusieurs générations ) Joachim Trier, raconte l’histoire de deux sœurs , Nora comédienne, célibataire, et Agnès, universitaire, mariée et mère du jeune Erick...et du retour du père prodigue, Gustav, célèbre réalisateur qui vient assister aux obsèques de sa femme et qui avait fui son domicile et ses disputes de couple, pour vivre ses aventures librement... .Joachin Trier braque sa caméra sur la famille, et plus particulièrement sur les relations entre un père et ses filles. La figure du père défaillant, déjà esquissée dans son précédent film, est ici centrale... portrait d'un homme centré sur lui-même, obsédé par son art, méprisant, misogyne, qui révèle au fil du récit ses fissures, aussi profondes que celles qui font s'affaisser depuis sa construction la vieille bâtisse familiale... « Vous êtes ce qui m’est arrivé de mieux », dit le père à ses 2 filles. « Alors, pourquoi on ne t’a pas vu souvent ? », lui répond l’une d’entre elle ! Ce cours dialogue résume parfaitement « Valeur sentimentale » , certainement le plus personnel que Joachim Trier ait jamais tourné...Gustav, qui n’a pas tourné depuis des années, vient avec le projet d’un film commandé par Netflix, un film qu’il veut tourner dans la maison familiale, sur le suicide de sa mère, alors qu’il était enfant, et en proposer le rôle principal à Nora, qui le refuse...Gustav le propose alors à Rachel Kempf, une actrice américaine, rencontrée au festival de Deauville, qui renoncera, ne sentant pas le rôle, trop écrit pour Nora...Difficile de résumer et de raconter ce long métrage , semé de flash-back qui peuvent désorienter le spectateur...tout comme la ressemblance physique entre Agnès et Nora... Dans « Valeur sentimentale » Joachim Trier retrouve l’actrice en passe de devenir son égérie. Découverte brièvement dans « Oslo, 31 août », dévoilée dans le rôle-titre de « Julie en douze chapitres », la ravissante Renate Reinsve (Nora) fait, comme toujours, merveille, elle irradie, aimante la caméra, fait vibrer les scènes et nous avec. À ses côtés, dans le rôle de sa sœur Agnès, Inga Ibsdotter Lilleaas charme par la délicatesse de son jeu, et lui volerait presque la vedette, tandis que, dans la peau de leur père, Stellan Skarsgård trouve là un de ses meilleurs rôles... et que dire de la belle maison typiquement norvégienne, en bois rouge, marquée par le temps...quasi-personnage du film... Quatre ans après « Julie (en 12 chapitres) », qui avait valu à Renate Reinsve, le Prix d’interprétation féminine, « Valeur sentimentale a obtenu le grand prix...le cinéma de Joachin Trier est un peu construit pour plaire au jury des festivals...Ce sera ma conclusion !!