La Valeur sentimentale, dans le film de Joachim Trier, c'est celle accordée à la magnifique maison familiale, mais l'expression peut à coup sûr s'étendre aux relations difficiles entre un père cinéaste, plus souvent absent qu'à son tour, et ses deux filles qui ont suivi des voies professionnelles différentes. L'une joue, l'autre pas, l'une semble équilibrée, l'autre moins, mais ces deux sœurs ont beaucoup en commun, à commencer par leur enfance. Il manque une sœur pour se retrouver chez Tchekhov, mais l'atmosphère est bien dans ce registre-là, à moins de préférer parler de climat Bergmanien; ce qui n'est pas faux, non plus. Mais au-delà des influences éventuelles, ce qui séduit dans Valeur sentimentale, c'est son humanité, souvent blessée, et l'intensité douce de scènes qui se succèdent, sans que l'on sache jamais quel personnage va être privilégié dans la prochaine séquence, chacun à leur tour, isolément ou ensemble. Des portraits croisés, en somme, plus complexes qu'il n'y paraît, et un rappel des générations précédentes dont les drames ont nourri l'histoire familiale et celle de la maison qui l'a abritée. Valeur sentimentale est un ouvrage à la musicalité et à la poésie certaines, admirablement servies par l'élégance de la mise en scène de Joachim Trier et la qualité de ses interprètes, de l'illustre Stellan Skarsgård à la désormais indispensable Renate Reinsve (sa prestation est à mille lieux de celle de La Convocation), en passant par l'inconnue Inga Ibsdotter Lilleaas. Ils contribuent tous à ce que ces instants norvégiens deviennent inoubliables.
Comme d'autres ici... quel ennui... Et comme d'autres la même analyse : acteurs/actrices très bons, c'est délicat... mais c'est à peu près tout ce que j'ai trouvé de positif. Je me suis demandé plusieurs fois ce que voulait raconter le film. En fait pas grand chose. C'est quand même très creux. Une intrigue secondaire autour de la mère qui n'a absolument aucun intérêt sinon de rallonger le film déja looooong de 20 minutes supplémentaires. Et puis c'est insupportable un cinéaste qui se raconte (que ce soit une pure fiction ou pas). Encore un film autocentré sur le petit monde du cinéma, j'en peux plus ! Pas une déception car je n'en attendais rien, mais une vraie interrogation : pourquoi un grand prix à Cannes ?? ... était-ce le seul film en compétition cette année ?... Très oubliable
Au décès de leur mère, Nora et Agnès croisent la route de leur père aux obsèques, dans la maison dans laquelle elles ont grandi. Gustav est un réalisateur de cinéma. Nora est devenue actrice et commence une nouvelle pièce au théâtre. Le père propose à sa fille un rôle dans son nouveau film mais cette dernière refuse de travailler avec lui.
spoiler: "Sentimental Value" est une œuvre vraiment touchante. Le récit n'est jamais tire-larmes et j'ai senti l'émotion prendre le contrôle de manière très progressive, jusqu'à une explosion dans la dernière partie. Au début perplexe sur le personnage de Gustav, ce dernier n'est jamais cliché et prend une véritable dimension complexe grâce au jeu de Stellan Skarsgard. Les personnages sont tous bienveillants les uns avec les autres mais prennent le temps de dévoiler leurs sentiments, leur rapport au passé. La maison qui est le lieu de l'action dégage l'impression d'avoir vécu avec les protagonistes.
Je regarde les notes et les critiques et je me rend compte qu’il n’y a que moi qui me suis copieusement ennuyé. Non pas qu’on est devant le pire film de l’année : les acteurs sont fabuleux , le montage rafraîchissant et la mise en scène soignée (à part une carte postale de Deauville version vanilla sky). Après un excellent depart, Trier veut être délicat , dans la retenue , à tel point que je n’ai strictement rien ressenti face à ces 2 looongues heures qui s’achèvent exactement comme on l’avait prédit dès le début. Une énorme déception après le joli Julie en 12 chapitres.
Il y a du Bergman dans ce drame psychologique familial dans lequel la maison de famille, qui a vu se dérouler de nombreux évènements importants, est un personnage à part entière, du Bergman dans lequel une sorte d’autocritique malicieuse relative à la profession de réalisateur de cinéma serait venue s’ajouter à l’âpreté des relations entre Gustav et ses 2 filles. C’est ainsi que Joachim Trier met en scène un réalisateur qui est comme un poisson dans l’eau quand il s’agit de peindre les relations complexes qu’entretiennent les personnages de ses films mais qui se montre incapable d’avoir des relations sereines avec les gens qui l’entourent dans la vraie vie. Et quand il s’agit d’offrir des DVDs à Erik, son petit-fils de 9 ans, il choisit "Irréversible" de Gaspar Noé et "La pianiste" de Michael Haneke, un film qui, il n’en doute pas, lui apprendra des choses sur les femmes. Stellan Skarsgård, l’immense comédien qui interprète le rôle de Gustav Borg, un habitué d’un autre Trier, Lars von, Joachim Trier l’avait choisi avant même la fin de l’écriture du scénario. Renate Reinsve, l’interprète de Nora, est elle une habituée de Joachim Trier puisqu’elle faisait partie de la distribution de "Oslo, 31 août" et interprétait le rôle de "Julie dans Julie(en 12 chapitres)". La comédienne danoise Inga Ibsdotter Lilleaas, interprète du rôle d’Agnès, complète la brillante interprétation de ce trio familial. Quant à Elle Fanning, l’interprète de Rachel Kemp, on l’avait vue il y a peu dans ""Un parfait inconnu" : elle y interprète le rôle de Sylvie Russo, Suze Rotolo dans la vraie vie de Bob Dylan. On pouvait ne pas se montrer totalement convaincus par les films précédents de Joachim Trier. On ne devrait pas être loin d’une unanimité favorable avec "Valeur sentimentale" à qui a été attribué le Grand Prix lors du dernier Festival de Cannes. Comme d'habitude, la critique complète est disponible sur le site où critique et film sont séparés par le tiret du 6. Film vu au Festival de Cannes 2025.
J'avais beaucoup aimé Julie en 12 chapitres. La c'est une grosse déception. J'étais toujours à distance, je me suis ennuyé. Les acteurs jouent bien mais le scénario est très mince. Le prix spécial à Cannes est sans doute du au fait que le cinéma s'observe lui même, il y a peut être quelque chose qui m'a échappé, mais pour les ouvrier, les employés, les médecins... il y a certainement des films sur la famille plus touchants.
Chaque film de Joachim Trier le confirme : on en attend trop après avoir lu des éloges. Il sait, certes, créer des personnages, mais n'arrive jamais à capter des émotions. On survole des tranches de dialogues souvent creux (et dont il gagnerait beaucoup à faire des coupes) pour un niveau émotionnel proche du néant. On trouve certes de bonnes scènes (celle de renoncement au film par exemple), mais éparses... Dommage
Je ne comprends pas bien, je n'ai pas retrouvé ce que j'aimais dans le cinéma de Joachim Trier. Le film est ennuyeux du début à la fin, les acteurs ne m'ont jamais touché, ému. J"ai regardé 10 fois ma montre. Toutes les scènes de pleurs sont ratées. Le recours à des descriptions de scènes de torture (photos à l'appui) est abject, j'ai pris cela comme une façon de nous forcer la main., le film touche là le fond. Dans certaines scènes, les protagonistes se prennent la tête de façon artificielle, je n'y ai pas cru du tout. Heureusement j'avais un wifi public dans la salle.
Énorme déception. Je suis particulièrement sensible au cinéma de Joachim Trier dont j’ai aimé voire adoré les autres films, je trouve qu’il excelle pour transmettre des émotions avec des scènes simples où les dialogues et les silences sont tellement chargés de sens. J’ai rien retrouvé de tout ça dans Valeur sentimentale et à vrai dire je suis jamais complètement rentré dans le film. C’est comme s’il y avait eu une mise à distance qui m’a empêché de ressentir ne serait-ce qu’une seule émotion, j’ai dissocié 20 fois à tel point que je me surprenais à observer les gens dans la salle à certains moments. Vraiment je comprends pas la hype, c’est clairement son pire film. Glacial. Bien rangé. Oubliable.
Vu à Cannes. Parodie de film d’auteur qui coche toutes les cases en la matière, dont celle du film autocentré qui parle du cinéma et de ses acteurs. La photographie est superbe et les actrices jouent très bien par contre.
Vu en avant-première (Cannes à Toulouse), j’ai du mal à rédiger une critique sur ce film. Les acteurs et actrices sont très bons et très crédibles, le scénario reste assez convenu : mal-être, angoisses liées à son histoire et relations familiales. Je suis restée insensible aux émotions des personnages…
Grand prix ( Cannes 2025 ) largement défendu par la critique, se révèle un film psychologique qui décline le thème de la famille dysfonctionnelle et des conséquences persistantes dans la vie d'adulte pour les enfants qui en ont été victimes.
" Valeur sentimentale" (135 minutes ) peut s'inscrire pas très loin des meilleurs films de Bergman dont il s'inspire parfois ( " Sonate d'automne" ou " Persona " notamment).
Traumatismes transgenerationnels, conséquences de l'absence du père sur ses enfants, raisons inconscientes qui remontent à ce qu'il a lui même vécu. Les thèmes abordés et la maîtrise de leur développement, justifient amplement de visionner ce dernier opus du norvégien Joachim Trier.
C'est la deuxième projection du film qui m'a permis de prendre toute sa mesure. Expérience qui se mérite, pour en saisir toutes ses richesses et sa profondeur. Marque d'un film de haute gamme.
Que c’est lent, que c’est long ! 2 heures de bâillements. A part une scène au début et les 3 dernières minutes surprenantes et touchantes (enfin) du film, le reste n’est malheureusement pas très captivant. Cannes devait avoir bien peu de choses à se mettre sous la dent pour décerner son Grand prix. Quelle déception malgré des actrices sublimes.
Juste incroyable, c'est plus qu'un simple film. Les moments de silence et les fondu au noir sont tellement puissants. Le type de film qui est à placer dans une cinema-therapy, c'est grâce à ses films là qu'on entrevoit la puissance de la sensibilité que peux apporter le cinéma et l'art en général dans la justesse et la précision des propos. Ca me fait penser a une citation "C'est dans les moments où on se sent le plus seul qu'on est les plus compris" Et ce film en fait le récit a travers une interprétation actorale aussi impressionnante, le tout dans une mise en scène poétique. J'aurais bien aimé que mon père regarde ce film de son vivant... bref j'aime trop le cinéma !