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BabsyDriver
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3,0
Publiée le 29 janvier 2026
Après m'avoir charmé avec sa Julie en 12 chapitres, Joachim Trier est revenu avec un Valeur sentimentale qui m'a moins convaincu. Il y a dedans de très belles choses, comme la maison qui aurait dû avoir le rôle principal, mais le recours à la mise en abyme du travail de cinéaste et les citations à Bergman me semblent être des pas en arrière pour un réalisateur de cette qualité. Reste un très beau drame en intérieurs Ikea.
Contrairement à la précédente Julie, cette fois-ci la même actrice devenue Nora et le même metteur en scène m'ont convaincu et touché. Le scénario est habité par les subtiles variations entre le père réalisateur Gustav Borg (excellent Stellan Skarsgard, un grand acteur suédois) de retour et les deux filles Nora et Agnès, orphelines depuis peu vivant en Norvège. Trier est dano-norvégien, mais Bergman n'est pas loin et son introspection de l'âme humaine et de ses traumas y fait penser bigrement. De brefs écrans noirs semblent à nouveau découper les chapitres de ces allers-retours entre théâtre (spoiler: dont une scène puissante sur le combat contre le trac incontrôlable ) et les vedettes du cinéma et des séries grand public ( retour pour une nuit magique sur la plage de Deauville, quand les paillettes sont oubliées). Trier ouvre des pistes mais ne dit pas tout, et nous laisse, nous spectateurs compléter ce que le père et les filles n'ont jamais pu se dire complètement. C'est lent, presque un tout petit peu long, mais les acteurs sont là pour nous embarquer dans leur quête de réconciliation entre le spectacle et la vraie vie. Reinate Rensve est Nora, bloquée dans son célibat, la concurrence avec sa petite sœur spoiler: laquelle jeune a tourné avec Pap a, et la mère psy dont seuls quelques contours nous sont esquissés. La maison rouge en bois, recèle et révèle plusieurs générations de secrets et d'accidents de vie, et les transmet dans la douceur des lumières du nord. On ne peut pas la quitter impunément. Un beau moment pour aborder l'automne après la crudité des couleurs estivales. cinéma - aout 2025
Film plutôt décevant par rapport à Julie et Oslo. Malgré une mise en scène et une interprétation impeccables, le film touche moins et cause de l'ennui. Dommage, grosse déception en sortant.
"Valeur sentimentale" a pour thème les relations père-fille, la dépression, l’incommunicabilité dans une famille d'artiste composé d'un réalisateur, d'une comédienne et d'une mère de famille ancienne enfant-actrice. Une atmosphère agréable se dégage de se films par sa bande son, la narration notamment au début et son cadre norvégien. Les acteurs sont tous plus excellents les uns que les autres mais l'écriture manque à mon sens de finesse. Tout est plus ou moins écrit d'avance et pour la partie la plus intéressante elle est soit pas assez développé, soit trop marquée. Un équilibre n'est en tout cas pas trouvé à mon sens. (spoiler: la partie en question étant la difficulté du père et d'une de ses filles à communiquer en raison de leur tempérament respectives ainsi que de leur ressemblance psychologique, laquelle au travers de l'écriture d'un scénario donne l'impression que le père était présent à des moments de la vie de sa fille alors qu'il ne l'était pas et ne peut pas en avoir eu connaissance - l'idée est originale mais méritait à mon sens un peu mieux... )
Alors que famille et amis sont réunis dans la maison familiale après la cérémonie d'enterrement de leur mère, Nora et Agnès voient arriver Gustave, leur père avec lequel les deux sœurs entretiennent des relations bien différentes.
Joachim Trier présente un film d'une grande richesse à la fois sur la famille et la transmission, sur la réconciliation, sur la création comme mode de communication. Le film s'ouvre sur une séquence magnifique, très poétique et déjà émouvante, qui décrit la maison familiale à travers les yeux de Nora, enfant. Puis, vient une séquence de crise de panique avant l'entrée en scène de cette enfant devenue grande comédienne de théâtre.
Nora est un des personnages centraux de ce film foncièrement polyphonique. Le père cinéaste dont l'absence ne peut être pardonnée, Agnès, la fille raisonnable pillier essentiel de Nora, la mère psychologue et la grand-mère suicidaire disparues, Erik l'enfant d'Agnès, Rachel, l'actrice star américaine coincée dans ce drame familial, la création, la maison... sont autant de personnages qui évoluent au présent, en flash back, au théâtre et dans un film dans le film.
Tout cela mis en scène et en images avec une parfaite lisibilité. Le montage très fragmenté participe de cette lisibilité tout comme la réalisation de Trier d'une grande précision et la photographie très belle. Elles servent parfaitement la complexité et l'intimité de ce scénario. La caméra au plus près des visages, donne à entendre les dialogues ciselés, laisse place aux silences.
Les comédiens sont tous parfaits. Renate Reinsve (Nora), Inga Ibsdotter Lilleaas (Agnès) et Stellan Skarsgard (Gustave) sont particulièrement marquants.
Vraiment excellent. L’histoire est originale, le scénario n’a rien de convenu, l’image est belle. On est content de s’être déplacé au cinéma pour profiter pleinement de ce très beau film !
A Oslo, de nos jours, un père cinéaste vieillissant qui a quitté sa famille depuis 20 ans cherche à reconquérir sa fille aînée, Nora, actrice dramatique renommée, à l’occasion du tournage du dernier film qu’il voudrait réaliser. Nora refuse et c’est finalement Rachel (Elle Fanning) qui la remplace. Un film qui se revendique de Bergman, en moins fort. Les états d’âme de la fille aînée et les frasques du père sont parfois un peu convenus mais le film est soigné, bien tenu. Je retiens surtout l’intelligence du personnage de Rachel, le deuxième choix, et son interprétation brillante par Elle Fanning, déjà impressionnante dans « Un parfait inconnu ».
Les critiques étaient dithyrambiques sur ce film, donc je m'attendais à beaucoup mieux. Mais, comme souvent avec les réalisations nordiques, il y a une certaine froideur qui se dégage, malgré tout l'attachement qu'on pourrait avoir au personnage
Ce film scandinave est un film tout en nuances, mais bien charpenté: le spectateur sait toujours très bien où il en est!il soulève l'ambiguïté des choix et des sentiments, mais aussi les problèmes que ça peut poser de tourner avec un proche de sa demande réflexion, d'où des hésitations bien légitimes pouvant aller jusqu'au drame ou aux revirements....Ceci dit, ce n'est pas un film ennuyeux ou cérébral: c'est même tout le contraire, et c'est ce qui en fait un bon film mais qui reste dans des problèmes de société qui inondent trop le cinéma actuellement.
Film subtil sur les relations intrafamiliales, qui tient le spectateur plus par son intelligence que par sa tension narrative. Au-delà du télescopage entre vie familiale et création artistique -Gustav veut raconter, exposer au public, l'histoire assez lourde de la famille, dont la tentative se suicide de Nora en lui proposant de jouer, comble d'indécence, son propre rôle-- le film décrit les difficultés à exprimer ses sentiments au sein même d'une famille, et les fêlures qui en résultent. L'importance, pour chacune de ses deux filles, du regard que porte -ou ne porte pas- leur père sur elles, est sans doute universelle. Selon J. Trie, ce regard est utile pour valoriser leur vie à leurs propres yeux ; toujours selon le réalisateur, ce "regard", partagé entre Nora et Agnès, est utile à leurs propres interrelations... [C'est la découverte par Nora -rôle intercesseur d'Agnès- du scénar écrit par son père, qui leur révèle qu'il avait été un témoin attentif (mais pas assez attentionné) de sa propre vie, qui permet la chute du film.] J'ai beaucoup aimé le rôle de la maison, témoin de la vie de la famille. Elle est superbe et charmante dans les premières images du film, avec ses couleurs rouge et brune de bois peint. En comparaison, elle est presque pitoyable dans les dernières images, repeinte qu'elle est en blanc, sans doute pour la réalisation du film de Gustav. Faute de goût de J. Trie ou nuance apportée au happy-end de son film [si la lecture du scénar par Nora l'a rassérénée, la réalisation du film faisant de l'histoire de la famille une affaire publique et commerciale tue-t-elle le charme]. Beaucoup aimé aussi le rôle d'Agnès, tenu par Inga Ibsdotter Lilleaas, plein de douceur et de charme.
J’ai particulièrement apprécié la manière dont le film présente, dès les premières scènes, la maison familiale. Elle est presque filmée comme un personnage à part entière, témoin silencieux de la vie et des souvenirs des protagonistes.
L’intrigue reste relativement classique : celle d’un père, réalisateur de films, qui a été absent pendant l’enfance de ses filles et tente d’une certaine manière de se reconnecter à elles. Malgré ce schéma narratif assez familier, le film parvient à maintenir l’intérêt grâce à un jeu d’acteurs convaincant et sincère.
Même si l’histoire ne surprend pas toujours, j’ai passé un bon moment devant ce film, porté par son atmosphère et la sensibilité de son traitement.
Le réalisateur Joachim Trier ausculte les traumas d’une famille qui rejaillissent suite au retour du père de deux sœurs après des années d’absence. Ce mélodrame tissé en une forme déliée elliptique laisse affleurer l’émotion au sein de ce foyer. Reposant sur un schéma simple exécuté avec précision, le film repose sur la subtilité de son écriture dont l’interprétation va tirer le meilleur parti possible. Si un léger manque de rythme se fait sentir par moment, c’est un long-métrage poignant qu’offre le cinéaste.
J'étais curieuse de découvrir ce film si encensé au dernier festival de Cannes, bien que ne connaissant pas encore le cinéma de Joachim Trier. J'ai été bouleversée par la justesse et la profondeur du film qui traite de la force et de la fragilité des liens familiaux, de la transmission, du poids des traumatismes transgénérationnels. Chacun essaye à sa façon de faire face à ses traumatismes et de se construire malgré l'absence (de la mère pour l'un, du père pour les autres). Le réalisateur a de la tendresse pour tous les personnages, malgré leurs défauts (en particulier la figure du père, homme âge et avec une mentalité "de son temps", réalisateur un peu manipulateur et séducteur mais également un homme brisé par son passé et son incapacité à parler avec sa fille). Une belle façon de parler de comment la fiction peut aider à réparer ou du moins à dépasser certaines douleurs et à avancer. La scène final avec le regard entre Nora et son père est magnifique.
Magnifique drame psychologique, où une maison de famille - demeure de caractère - partage le fil conducteur de la réalisation de Joachim Trier avec une intrigue familiale complexe. Enorme contraste entre l' épure claire, majestueuse de cette maison de famille, sur laquelle de très jolis plans s' attardent à nous en offrir les superbes détails, toutes époques, toutes saisons, et sur les relations "Père-Fille" entre le père Gustav ( Stellan Skarsgard ), et ses filles : Agnès ( Inga Ibsdotter Lilleaas ) et Nora ( Renate Reinsve ). Sublime scénario mêlant théâtre, cinéma, puisque le père est réalisateur lui-même, et générant un climat tendu, irrespirable par moments, mais qui nous submerge par sa qualité visuelle et sa force sentimentale. Mise en scène au cordeau ou chaque millimètre semble avoir été ciselé. La force des regards et des dialogues sont une constante, qui ponctue un effet dramatique et sombre quasi-permanent. Quelle interprétation de Renate Reinsve, un bulldozer dans un magasin de porcelaine, "intouchable", qui réduit la séduisante Rachel Kemp ( Elle Fanning ) à un second plan. Gigantesque..... !!**