Valeur sentimentale
Note moyenne
4,0
4051 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

358 critiques spectateurs

5
52 critiques
4
127 critiques
3
90 critiques
2
65 critiques
1
16 critiques
0
8 critiques
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
Cadreum
Cadreum

60 abonnés 780 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 décembre 2025
Qui est le film ?
Avec Sentimental Value, Joachim Trier poursuit son exploration du territoire intime. Le point départ est épuré : deux sœurs, Nora l’actrice et Agnes l’historienne, se retrouvent dans l'ombre du projet de leur père, Gustav, cinéaste vieillissant qui cherche, à travers le geste artistique, à recomposer une mémoire fissurée. Mais derrière cette économie narrative se dessine une famille contrainte de se regarder à nouveau à travers les filtres de l’art, du souvenir et de ce qu’il reste à dire.

Par quels moyens ?
Le film s’ouvre sur deux images-clefs qui dictent tout le reste : un enfant qui imagine une maison comme un personnage (la maison qui a des sensations, qui souffre, qui est vivante) ; puis une actrice qui éclate avant la première. Ces deux motifs (la maison-personnage et le théâtre-effondrement) disent d’emblée les deux obsessions du film : la vie comme lieu (l’habitation, la mémoire familiale, l’histoire) et la performance comme épreuve (incarnation, vérité, mensonge).

La dynamique familiale (Gustav/Nora/Agnes) est le terrain d’affrontement : Gustav filme, Nora joue, Agnes archive et historise. Chacun porte un rapport au passé et à la vérité différent : le père qui veut raconter, la fille qui refuse d’être racontée, la sœur qui scrute et lit pour savoir. Ici, les blessures qui ont mené à l’éloignement ne sont pas complètement énoncées : Trier refuse la reponse-clef et préfère la texture du non-verbal. Agnes conduit un contrepoint essentiel. Là où Gustav pense en images intimes (mythifier, transposer), Agnes cartographie, vérifie, met en relation. Le film place côte-à-côte l’« archive » historique et l’« archive » intime.

Le dispositif du film-dans-le-film (Gustav qui écrit un rôle pour Nora que Rachel finira par jouer/initier) ouvre toute une réflexion méta-cinématographique. Gustav écrit « pour » Nora ; mais quand Rachel, une star, occupe la place, on voit la dialectique du pouvoir culturel. Cette position cristallise le problème : comment un interprète extérieur peut-il atteindre la « vérité » d’une douleur nationale ou familiale ? Trier montre la limite de l’empathie performative : La vérité d’une scène ne tombe pas du ciel, elle exige une vie antérieure : d’où la ligne de dialogue : « You need to live to make great art. And you need great art to live. »

Du point de vue formel, Sentimental Value procède par chapitres et par des coupes à noir régulières. La fluidité photographique (Tuxen) et le montage maîtrisé (Coutté) permettent à un film « très bavard » de rester respirant. Trier favorise les gestes minces : micro-expressions, silences, glissements de regard. Les scènes puissantes (la crise avant l’ouverture, la transformation capillaire / allusion à Persona, le rire complice autour du DVD) se tiennent par économie d’effets.

Quelle lecture en tirer ?
Sentimental Value apparaît ainsi comme une fable feutrée sur l’amour, la dette et la mémoire, mais aussi sur une manière très située de les éprouver. L’art y devient à la fois héritage et alibi, espace d’émancipation autant que symptôme de préoccupations profondément bourgeoises, où l’on transforme les blessures en matière symbolique plutôt qu’en urgences vitales. Un monde où l’on souffre réellement, mais où cette souffrance passe par la parole, la création, la transmission, et révèle en creux cette façon privilégier de les éprouver.
Amaury Traver
Amaury Traver

3 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 16 décembre 2025
L'Émotion Sacrifiée sur l'Autel de la Performance

Après un visionnage longuement attendu, motivé par des échos dithyrambiques de la presse et de mon entourage, je dois malheureusement confirmer mes a priori : je suis resté à la périphérie de Sentimental Value. Si je ne parlerais pas de déception, puisque mes attentes étaient tempérées, je confirme mon ressenti d'une œuvre qui n'a pas su me toucher, surtout venant d'un genre dramatique que j'aborde déjà avec prudence.
Une Prétention Calibrée pour la Saison des Prix
Le principal écueil de Sentimental Value réside, selon moi, dans sa prétention manifeste. Le film semble avoir été consciencieusement élaboré pour cocher toutes les cases du "cahier des charges Oscar" (huit nominations aux Golden Globes au moment d’écrire ces lignes).
Cette ambition académique se fait au détriment d'un fond véritablement impactant. C'est un cinéma qui cherche la reconnaissance plutôt que la connexion émotionnelle profonde avec le spectateur.
Le Spectre du "Performance First"
Le réalisateur Joachim Trier nous ressert son duo d'acteurs scandinaves (Renate Reinsve, Anders Danielsen Lie) avec un casting globalement talentueux, y compris Stellan Skarsgård. Si les performances d'acteurs sont indiscutablement solides, elles sont la seule chose que le film semble offrir.
Trier mise tout sur le jeu, délaissant l'histoire et la résonance.
Personnellement, je trouve Skarsgård bien plus mémorable dans ses rôles secondaires, comme dans Dune, Pirates of the Caribbean ou l'excellente série Andor. Quant au jeu de la "mise en abyme" (une actrice jouant une actrice), cela frôle l'artifice gratuit.

Mon reproche principal n'est pas la photographie, par ailleurs simple et efficace, mais un manque criant d'émotion face à un sujet qui m'est pourtant familier.
La structure narrative est malheureusement répétitive et souffre d'un rythme excessivement lent, tirant l'ensemble en longueur. De plus, l'absence quasi totale de bande originale ou de score est une faiblesse majeure. Alors qu'elle peut être un choix stylistique audacieux (comme dans No Country for Old Men), elle déséquilibre ici la narration, ne trouvant aucun contrepoint à la lenteur et à l'austérité ambiante.

Un détail non négligeable : le caractère étranger du film, oscillant entre le norvégien et l'anglais, a créé une barrière d'immersion pour moi. Lire les sous-titres, sans pouvoir pleinement percevoir les subtilités émotionnelles du langage original, m'a maintenu à distance, me laissant l'impression d'être un observateur détaché

Un Éclat Artistique Nuancé

Malgré tout, le film est visuellement et thématiquement très artistique. Il utilise l'art (la profession du père et de la fille, le monologue introductif) comme un miroir, exposant ses facettes sombres et lumineuses. C'est peut-être le seul domaine où le film a véritablement trouvé une résonance.

Je ne partage absolument pas les avis dithyrambiques qui entourent cette production. Sentimental Value privilégie la virtuosité de la performance au détriment de l'impact viscéral. Mais après tout, l'Art n'est-il pas, par nature, une source éternelle de divergence ?
Cam Pattier
Cam Pattier

21 abonnés 233 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 décembre 2025
Je voulais le voir parce qu’il a été récompensé à Cannes, et au final c’est un film assez fort.
L’histoire autour de cette famille brisée fonctionne bien, on sent tout de suite le poids des émotions et des non-dits.
Les acteurs sont très bons, chacun apporte quelque chose, et ça rend les relations vraiment crédibles.
J’ai aussi bien aimé l’ambiance du film, assez intime et parfois lourde, avec cette idée de mémoire et de ce qu’on garde ou non dans une maison.
Par moment, le rythme est un peu plus lent et j’ai été un peu moins dedans, mais ça reste maîtrisé.
Au final, c’est un film sincère, touchant, qui laisse quelque chose.
Alasky

454 abonnés 4 545 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 7 décembre 2025
Un ennui abyssal, c'est soporifique au possible et très vite oublié. 2H15 de perte de temps malgré la présence de Renate Reinsve que j'avais beaucoup aimé dans "Julie en 12 Chapitres".
Ciné-13
Ciné-13

172 abonnés 1 422 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 décembre 2025
Un magnifique film sur la sororité et l’amour paternel… SKARSGARD est exceptionnel en homme déchiré, qui se découvre peu à peu : la scène finale est un chef d’oeuvre émotionnel grâce à lui. La séquence courte de morphing passant du père aux deux filles, est admirable de sens. Il est un réalisateur génial en fin de carrière et tendu vers une seule obsession, donner le 1er rôle à sa deuxième fille pour un film dramatique autobiographique, qui sera tourné dans la maison familiale. L’épilogue est troublant, qui mélange la fiction, la réalité et le tournage. Magnifique !
FaRem

10 571 abonnés 11 461 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 décembre 2025
« Un véritable artiste doit être libre et le rester. » Quand elle refuse de jouer dans le film que son père Gustav a écrit spécialement pour elle, Nora n'agit pas seulement pour garder la main sur sa carrière, mais surtout pour ne pas travailler avec son père avec qui elle entretient une relation difficile. Un projet de film qui va impacter émotionnellement toutes les personnes qu'elles soient impliquées ou non dans le processus de création. À l'image de cette maison familiale qui est plus qu'un décor, les relations sont fissurées et usées par le temps et les drames. Un lieu où le passé et le présent cohabitent au même titre que la réalité et la fiction semblent parfois ne faire qu'un. Avec des gens du milieu, Joachim Trier ne pouvait pas ne pas parler de cette industrie changeante et fragile au même titre que des relations. Gustav revient auprès de ses filles comme il est de retour dans ce business et l'accueil n'est pas toujours chaleureux. Il est question des traumatismes familiaux, d'héritage, mais aussi de l'art comme thérapie. Il n'y a donc pas l'un sans l'autre dans ce film qui est intéressant quand il montre l'envers du décor d'une production avec le travail avec les acteurs et qui est touchant lorsqu'il entre dans l'intimité de cette famille. Ce n'est pas une claque émotionnelle malgré des performances sincères et de beaux moments à l'image d'une scène particulière entre les deux sœurs, mais "Affeksjonsverdi" reste un bon film très bien incarné même si j'espérais quelque chose d'aussi beau et d'authentique que la dernière partie.
Lynebonnaud
Lynebonnaud

2 abonnés 131 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 novembre 2025
Valeur sentimentale de Joachim Trier

Une grande maison en bois pleine de fenêtres d’où pénètrent la lumière extérieure, trône fièrement au milieu de la rue. Nora et Agnès ont grandi là. L’aînée, célibataire est devenue actrice de théâtre, quand sa sœur effectue des recherches pour leur père, réalisateur de renom. Gustav ce père qui revient au décès de leur mère, après une longue absence. Il souhaite tourner son prochain film dans cette maison de famille.

Le lieu du film est aussi l’objet de son titre. Cette maison borde l’intrigue de tout ce qui a pu se passer dans la famille Borg. Elle créait deux mondes dont les boiseries de la façade dans la pure tradition suédoise permettent une porosité au sens propre comme au figuré. L’intérieur où les personnages ont pu évoluer par le passé, passé qui impacte encore aujourd’hui cruellement la vie de Nora, et l’extérieur où Agnès a pu construire sa propre vie de famille. La valeur sentimentale de cette maison tout comme ses objets sont symptomatiques chez Nora des émotions qui encore l’envahissent. Gustav Borg son père, dans son projet cinématographique souhaite qu'elle puisse tenir le premier rôle. Il a été écrit pour elle.

Si le thème peut faire penser au grand cinéaste compatriote du réalisateur, c’est en faisant fi de la fantaisie de Joachim Trier mais aussi et surtout de l’acuité et de la profondeur d’Ingmar Bergman dans son exploration des sentiments humains. Dans la construction de son film, il y a tout comme dans son précédent opus « Julie en 12 chapitres », des scènes d’une irrésistible drôlerie. Elles ne sont pas uniquement le fait de Renate Reinsve sa nouvelle muse. Bien qu’étant talentueuse, je ne peux m’empêcher de vouloir la remplacer à l’écran par Vicky Krieps, dont l’envergure émotionnelle m’apparaît plus importante. Comme pour faire écho au grand maître, elle était dans Bergman Island, au côté d’Anders Danielsen Lie. S’il endosse ici un petit rôle, il apparaît toujours, fidèle à la famille de cinéma de Trier, et imprègne la pellicule de sa forte présence. Mais c’est Stellan Skarsgård dans la peau du père des deux filles qui brille dans sa qualité d’interprétation et donne toute son aura à Valeur Sentimentale. La scène sur la plage au côté d’Elle Fanning imprègne la mémoire durablement après le clap de fin.

Valeur sentimentale (Norvège – 2h14) avec Renate Reinsve, Stellan Skarsgård, Inga Ibsdotter Lilleaas, Elle Fanning, Anders Danielsen Lie.
Abel
Abel

1 abonné 71 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 novembre 2025
Film profond et intéressant, bien développer malgré un thème principal assez commun et peux original avec certain personnage profond et bien écrit même si certain passage ne sont pas assez développer comme par exemple la relation amoureuse de Nora qui aurait pu être pousser plus loin.
Agréable à regarder mais ne mérite pas ses 19 minutes de standing ovation à Canne
nat lipomi
nat lipomi

2 abonnés 65 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 novembre 2025
Drame familiale ..on suit 2 soeurs profondément marquées par lzir enfance. Un père absent, un grand réalisateur qui ressurgit dans leur vie après des années d absence et faisant ressortir des souvenirs traumatisants. Intensité des dialogues père filles..on est vraiment touché par ces personnages
Benjamin Acierno
Benjamin Acierno

1 abonné 1 critique Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 novembre 2025
J'arrive à comprendre ceux qui ont adoré le film. Mais personnellement, je l'ai plutôt subi. Le film est beau, certaines scènes sont touchantes, c'est bien joué, mais je l'ai surtout trouvé lent et assez ennuyeux, sans véritable enjeu. J'ai aussi un peu de mal avec les films qui parlent de cinéma.
Mat K
Mat K

2 abonnés 36 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 novembre 2025
Le rythme est assez lent et l'histoire pourrait être, au fond, une histoire de famille comme une autre.
Et pourtant je ne me suis pas ennuyé une seconde, le jeu d'acteur est exceptionnel. Il y a ce plan extraordinaire vers la fin du film où le père et la fille échangent de longs regards et qui parvient à communiquer une belle émotion. Tout le film est à l'avenant.
Cinéphiles 44

1 666 abonnés 4 646 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 29 octobre 2025
On attendait beaucoup de "Valeur sentimentale". Joachim Trier avait placé la barre très haute avec ses précédents films. Sa sensibilité, sa manière de capter le temps qui passe et les silences entre les êtres ont marqué les esprits. Alors forcément, ce nouveau film suscitait une vraie curiosité. Tout le cinéma de Trier est là : la mémoire, la mélancolie, les petites blessures du quotidien. Mais cette fois, il peine à transformer ces fragments en véritable élan narratif. On regarde des personnages qui se parlent beaucoup sans qu’il ne se passe grand-chose, au fond.
Nina
Nina

24 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 29 octobre 2025
Le scénario est extrêmement bien écrit. Le jeu d'acteurs, d'actrices sont incroyables. Le film est très touchant et très subtil. J'ai adoré !!!
AZZZO

363 abonnés 998 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 octobre 2025
Le cinéma de Joachim Trier s'intéresse au mystère des sentiments humains. Pour ce film, il décortique la complexité du rapport père – fille dans une famille d'artistes. Père absent et incapable d'exprimer ses sentiments, fille à la recherche de l'amour paternel, des thèmes déjà vus... et pourtant ! Joachim Trier apporte un regard nouveau, tout en délicatesse et subtilité. Il est pour cela grandement aidé par les excellentes performance d'acteurs de Renate Reinsve, Elle Fanning et Stellan Skarsgard.
Seul petit reproche : une fin trop explicite alors que les spectateurs pouvaient aisément comprendre seuls la conclusion de cette histoire familiale.
Un très beau moment de cinéma.
Bernard M
Bernard M

28 abonnés 514 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 octobre 2025
Ce film scandinave est un film tout en nuances, mais bien charpenté: le spectateur sait toujours très bien où il en est!il soulève l'ambiguïté des choix et des sentiments, mais aussi les problèmes que ça peut poser de tourner avec un proche de sa demande réflexion, d'où des hésitations bien légitimes pouvant aller jusqu'au drame ou aux revirements....Ceci dit, ce n'est pas un film ennuyeux ou cérébral: c'est même tout le contraire, et c'est ce qui en fait un bon film mais qui reste dans des problèmes de société qui inondent trop le cinéma actuellement.
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse