Note moyenne
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L'un des tous meilleurs films de cette année 2025, Trier revient avec un chef d'oeuvre qui n'est pas sans rappeler les meilleurs Bergman.
L'acteur principal est incroyable de présence et les deux soeurs (ses deux filles) durement secouées par leurs blessures d'enfance cherchent tant bien que mal une résiliance que la vie leur accorde qu'avec parcimonie. A l'image du tournage où fiction et réalité se mélangent subtilement, l'une enrichissant l'autre dans une tension qui nous tient en haleine du début jusqu'à la dernière image du film.
L'acteur principal est incroyable de présence et les deux soeurs (ses deux filles) durement secouées par leurs blessures d'enfance cherchent tant bien que mal une résiliance que la vie leur accorde qu'avec parcimonie. A l'image du tournage où fiction et réalité se mélangent subtilement, l'une enrichissant l'autre dans une tension qui nous tient en haleine du début jusqu'à la dernière image du film.
Une boite dans une boite, un film dans un film. La réalisation est remarquable, vraiment, mais l’histoire manque de profondeur, tout est effleuré à peine
Par sa maîtrise absolue de la mise en scène, entremêlant réalité et fiction, choisissant avec pertinence ses angles, jouant de l'atmosphère froidement chaude de ses paysages, Joachim Trier souligne les émotions des protagonistes, la dimension méta de son propos, le poids du passé. Car ce drame aborde avec un bel équilibre diverses thématiques, de la passion enivrante pour l'art cinématographique (catharsis, aveu, masque) à la transmission de douleurs familiales (entre recherche de réponses aux inconnus de la mémoire et reproduction ou rejet du schéma parental) en passant par l'effectivité du libre-arbitre dans ses choix personnels (entravés par ses craintes, ses expériences, ses rêves). En sus du regard contrasté porté sur la réalisation ou le jeu, l'intrigue observe ses personnages sans les juger, présentant des caractères nuancés, portée par de fins dialogues sur la douleur, sur l'interprétation, sur les justifications que l'on se donne, auxquels les acteurs magistraux confèrent une plus intense densité. Quant à la colère de la fille aînée, elle n'a pas besoin d'un trauma irréversible pour être crédible: les disputes incessantes des parents puis le départ du père refusant de sacrifier sa vie suffisent! Bouleversant.
Du grand cinéma.
Une façon de filmer, d’intriguer le récit.
Une grande intensité de tous les personnages.
Les scènes sont toujours surprenantes et intenses.
Le lien familial autour d’une grande maison, la vie qui passe et se délite, le lien entre le jeu dramatique de l’écran et de la scène encore puissant, les blessures de chacun, tout touche au plus profond.
La fin est plus conventionnelle.
La maison qui était comme un acteur du film dans le beau générique d’ouverture, perd son rôle et elle est remplacée par un plateau de cinéma
Une façon de filmer, d’intriguer le récit.
Une grande intensité de tous les personnages.
Les scènes sont toujours surprenantes et intenses.
Le lien familial autour d’une grande maison, la vie qui passe et se délite, le lien entre le jeu dramatique de l’écran et de la scène encore puissant, les blessures de chacun, tout touche au plus profond.
La fin est plus conventionnelle.
La maison qui était comme un acteur du film dans le beau générique d’ouverture, perd son rôle et elle est remplacée par un plateau de cinéma
Grand Prix du festival de Cannes 2025, Valeur Sentimentale avait fait Grand impression à la croisent. L'engouement était présent avant de lancer le fill. Après le visionnage, j en ressors satisfait... mais avec un goût amer.
Tout ce que ce traite le film, avait tout pour me plaire, et c'est le cas globalement. Les interprétations de chacun portent le film très haut.
Cependant, je n'ai ressenti aucune émotion... Quel dommage. Est ce la mise en scène qui fait cela ? Possible, malgré de très jolies plans.
Un bon film en soit, mais une légère déception, vu l'engouement autour
Tout ce que ce traite le film, avait tout pour me plaire, et c'est le cas globalement. Les interprétations de chacun portent le film très haut.
Cependant, je n'ai ressenti aucune émotion... Quel dommage. Est ce la mise en scène qui fait cela ? Possible, malgré de très jolies plans.
Un bon film en soit, mais une légère déception, vu l'engouement autour
Le pitch m'avait l'air intéressant sur le papier, mais je n'ai pas adhéré pleinement à ce long-métrage signé Joachim Trier.
Le scénario est plutôt bien écrit, et il est porté par un casting impeccable. Pourtant, je me suis surpris à décrocher à plusieurs reprises. Le film ne m’a pas réellement touché, malgré les enjeux familiaux qu’il met en scène. J’aurais d’ailleurs aimé que la relation entre Gustav et ses deux filles soit traitée avec un peu plus de profondeur, d’autant plus qu’elle constitue l’axe central du récit.
Sur le plan formel, en revanche, rien à redire. La mise en scène, tout en subtilité, est soignée et témoigne d’un véritable sens de l’image. L’ambiance sonore frôle l'excellence et accompagne parfaitement l’atmosphère du film.
Une découverte assez bonne, bien qu'elle ne m'ait pas totalement embarqué.
Toutes mes critiques sont disponibles sur mon site FILMEMENT VÔTRE.
Le scénario est plutôt bien écrit, et il est porté par un casting impeccable. Pourtant, je me suis surpris à décrocher à plusieurs reprises. Le film ne m’a pas réellement touché, malgré les enjeux familiaux qu’il met en scène. J’aurais d’ailleurs aimé que la relation entre Gustav et ses deux filles soit traitée avec un peu plus de profondeur, d’autant plus qu’elle constitue l’axe central du récit.
Sur le plan formel, en revanche, rien à redire. La mise en scène, tout en subtilité, est soignée et témoigne d’un véritable sens de l’image. L’ambiance sonore frôle l'excellence et accompagne parfaitement l’atmosphère du film.
Une découverte assez bonne, bien qu'elle ne m'ait pas totalement embarqué.
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Valeur Sentimentale est sans conteste l’un des films les plus bouleversants de l’année. Joachim Trier livre une œuvre d’une justesse émotionnelle rare, portée par un casting absolument magistral. Elle Fanning, Renate Reinsve et Stellan Skarsgård sont tous habités, sans la moindre fausse note, donnant une profondeur saisissante à leurs personnages. Le film brille particulièrement dans l’exploration des relations père-fille et du lien complexe entre les deux sœurs, traités avec une sensibilité désarmante. Le montage, ponctué de coupures au noir, intensifie le récit et laisse au spectateur le temps de ressentir chaque émotion. Trier filme ses personnages avec une immense bienveillance, évitant intelligemment les clichés du drame familial. Le scénario est fin, subtil, profondément humain. Si la musique reste plus discrète et que les scènes liées au cinéma m’ont moins touché, l’impact émotionnel global demeure immense. Un film d’une grande élégance, sincère et profondément marquant.
Film très décevant. Les rapports père filles sont caricaturaux.
Le père fait une pâle imitation de Bill Murray car des amis ont dû lui dire qu’il lui ressemblait.
La fille aînée a le même regard vif que son père et on n’arrive pas à s’émouvoir tant le jeu des acteurs et la direction sont médiocres . Les deus filles sourient à l’enterrement de la mère puis pleurent le reste du film alors qu’il ne se passe rien. On connaît la fin du film dès le début si on raisonne à minima. Les critiques pro ont fait une promotion en décalage avec le contenu. Pompeux et sans talent. Réalisateur est un métier exigeant. Son film 31 août etait d’une meilleure facture selon moi.
Le père fait une pâle imitation de Bill Murray car des amis ont dû lui dire qu’il lui ressemblait.
La fille aînée a le même regard vif que son père et on n’arrive pas à s’émouvoir tant le jeu des acteurs et la direction sont médiocres . Les deus filles sourient à l’enterrement de la mère puis pleurent le reste du film alors qu’il ne se passe rien. On connaît la fin du film dès le début si on raisonne à minima. Les critiques pro ont fait une promotion en décalage avec le contenu. Pompeux et sans talent. Réalisateur est un métier exigeant. Son film 31 août etait d’une meilleure facture selon moi.
Qui est le film ?
Avec Sentimental Value, Joachim Trier poursuit son exploration du territoire intime. Le point départ est épuré : deux sœurs, Nora l’actrice et Agnes l’historienne, se retrouvent dans l'ombre du projet de leur père, Gustav, cinéaste vieillissant qui cherche, à travers le geste artistique, à recomposer une mémoire fissurée. Mais derrière cette économie narrative se dessine une famille contrainte de se regarder à nouveau à travers les filtres de l’art, du souvenir et de ce qu’il reste à dire.
Par quels moyens ?
Le film s’ouvre sur deux images-clefs qui dictent tout le reste : un enfant qui imagine une maison comme un personnage (la maison qui a des sensations, qui souffre, qui est vivante) ; puis une actrice qui éclate avant la première. Ces deux motifs (la maison-personnage et le théâtre-effondrement) disent d’emblée les deux obsessions du film : la vie comme lieu (l’habitation, la mémoire familiale, l’histoire) et la performance comme épreuve (incarnation, vérité, mensonge).
La dynamique familiale (Gustav/Nora/Agnes) est le terrain d’affrontement : Gustav filme, Nora joue, Agnes archive et historise. Chacun porte un rapport au passé et à la vérité différent : le père qui veut raconter, la fille qui refuse d’être racontée, la sœur qui scrute et lit pour savoir. Ici, les blessures qui ont mené à l’éloignement ne sont pas complètement énoncées : Trier refuse la reponse-clef et préfère la texture du non-verbal. Agnes conduit un contrepoint essentiel. Là où Gustav pense en images intimes (mythifier, transposer), Agnes cartographie, vérifie, met en relation. Le film place côte-à-côte l’« archive » historique et l’« archive » intime.
Le dispositif du film-dans-le-film (Gustav qui écrit un rôle pour Nora que Rachel finira par jouer/initier) ouvre toute une réflexion méta-cinématographique. Gustav écrit « pour » Nora ; mais quand Rachel, une star, occupe la place, on voit la dialectique du pouvoir culturel. Cette position cristallise le problème : comment un interprète extérieur peut-il atteindre la « vérité » d’une douleur nationale ou familiale ? Trier montre la limite de l’empathie performative : La vérité d’une scène ne tombe pas du ciel, elle exige une vie antérieure : d’où la ligne de dialogue : « You need to live to make great art. And you need great art to live. »
Du point de vue formel, Sentimental Value procède par chapitres et par des coupes à noir régulières. La fluidité photographique (Tuxen) et le montage maîtrisé (Coutté) permettent à un film « très bavard » de rester respirant. Trier favorise les gestes minces : micro-expressions, silences, glissements de regard. Les scènes puissantes (la crise avant l’ouverture, la transformation capillaire / allusion à Persona, le rire complice autour du DVD) se tiennent par économie d’effets.
Quelle lecture en tirer ?
Sentimental Value apparaît ainsi comme une fable feutrée sur l’amour, la dette et la mémoire, mais aussi sur une manière très située de les éprouver. L’art y devient à la fois héritage et alibi, espace d’émancipation autant que symptôme de préoccupations profondément bourgeoises, où l’on transforme les blessures en matière symbolique plutôt qu’en urgences vitales. Un monde où l’on souffre réellement, mais où cette souffrance passe par la parole, la création, la transmission, et révèle en creux cette façon privilégier de les éprouver.
Avec Sentimental Value, Joachim Trier poursuit son exploration du territoire intime. Le point départ est épuré : deux sœurs, Nora l’actrice et Agnes l’historienne, se retrouvent dans l'ombre du projet de leur père, Gustav, cinéaste vieillissant qui cherche, à travers le geste artistique, à recomposer une mémoire fissurée. Mais derrière cette économie narrative se dessine une famille contrainte de se regarder à nouveau à travers les filtres de l’art, du souvenir et de ce qu’il reste à dire.
Par quels moyens ?
Le film s’ouvre sur deux images-clefs qui dictent tout le reste : un enfant qui imagine une maison comme un personnage (la maison qui a des sensations, qui souffre, qui est vivante) ; puis une actrice qui éclate avant la première. Ces deux motifs (la maison-personnage et le théâtre-effondrement) disent d’emblée les deux obsessions du film : la vie comme lieu (l’habitation, la mémoire familiale, l’histoire) et la performance comme épreuve (incarnation, vérité, mensonge).
La dynamique familiale (Gustav/Nora/Agnes) est le terrain d’affrontement : Gustav filme, Nora joue, Agnes archive et historise. Chacun porte un rapport au passé et à la vérité différent : le père qui veut raconter, la fille qui refuse d’être racontée, la sœur qui scrute et lit pour savoir. Ici, les blessures qui ont mené à l’éloignement ne sont pas complètement énoncées : Trier refuse la reponse-clef et préfère la texture du non-verbal. Agnes conduit un contrepoint essentiel. Là où Gustav pense en images intimes (mythifier, transposer), Agnes cartographie, vérifie, met en relation. Le film place côte-à-côte l’« archive » historique et l’« archive » intime.
Le dispositif du film-dans-le-film (Gustav qui écrit un rôle pour Nora que Rachel finira par jouer/initier) ouvre toute une réflexion méta-cinématographique. Gustav écrit « pour » Nora ; mais quand Rachel, une star, occupe la place, on voit la dialectique du pouvoir culturel. Cette position cristallise le problème : comment un interprète extérieur peut-il atteindre la « vérité » d’une douleur nationale ou familiale ? Trier montre la limite de l’empathie performative : La vérité d’une scène ne tombe pas du ciel, elle exige une vie antérieure : d’où la ligne de dialogue : « You need to live to make great art. And you need great art to live. »
Du point de vue formel, Sentimental Value procède par chapitres et par des coupes à noir régulières. La fluidité photographique (Tuxen) et le montage maîtrisé (Coutté) permettent à un film « très bavard » de rester respirant. Trier favorise les gestes minces : micro-expressions, silences, glissements de regard. Les scènes puissantes (la crise avant l’ouverture, la transformation capillaire / allusion à Persona, le rire complice autour du DVD) se tiennent par économie d’effets.
Quelle lecture en tirer ?
Sentimental Value apparaît ainsi comme une fable feutrée sur l’amour, la dette et la mémoire, mais aussi sur une manière très située de les éprouver. L’art y devient à la fois héritage et alibi, espace d’émancipation autant que symptôme de préoccupations profondément bourgeoises, où l’on transforme les blessures en matière symbolique plutôt qu’en urgences vitales. Un monde où l’on souffre réellement, mais où cette souffrance passe par la parole, la création, la transmission, et révèle en creux cette façon privilégier de les éprouver.
L'Émotion Sacrifiée sur l'Autel de la Performance
Après un visionnage longuement attendu, motivé par des échos dithyrambiques de la presse et de mon entourage, je dois malheureusement confirmer mes a priori : je suis resté à la périphérie de Sentimental Value. Si je ne parlerais pas de déception, puisque mes attentes étaient tempérées, je confirme mon ressenti d'une œuvre qui n'a pas su me toucher, surtout venant d'un genre dramatique que j'aborde déjà avec prudence.
Une Prétention Calibrée pour la Saison des Prix
Le principal écueil de Sentimental Value réside, selon moi, dans sa prétention manifeste. Le film semble avoir été consciencieusement élaboré pour cocher toutes les cases du "cahier des charges Oscar" (huit nominations aux Golden Globes au moment d’écrire ces lignes).
Cette ambition académique se fait au détriment d'un fond véritablement impactant. C'est un cinéma qui cherche la reconnaissance plutôt que la connexion émotionnelle profonde avec le spectateur.
Le Spectre du "Performance First"
Le réalisateur Joachim Trier nous ressert son duo d'acteurs scandinaves (Renate Reinsve, Anders Danielsen Lie) avec un casting globalement talentueux, y compris Stellan Skarsgård. Si les performances d'acteurs sont indiscutablement solides, elles sont la seule chose que le film semble offrir.
Trier mise tout sur le jeu, délaissant l'histoire et la résonance.
Personnellement, je trouve Skarsgård bien plus mémorable dans ses rôles secondaires, comme dans Dune, Pirates of the Caribbean ou l'excellente série Andor. Quant au jeu de la "mise en abyme" (une actrice jouant une actrice), cela frôle l'artifice gratuit.
Mon reproche principal n'est pas la photographie, par ailleurs simple et efficace, mais un manque criant d'émotion face à un sujet qui m'est pourtant familier.
La structure narrative est malheureusement répétitive et souffre d'un rythme excessivement lent, tirant l'ensemble en longueur. De plus, l'absence quasi totale de bande originale ou de score est une faiblesse majeure. Alors qu'elle peut être un choix stylistique audacieux (comme dans No Country for Old Men), elle déséquilibre ici la narration, ne trouvant aucun contrepoint à la lenteur et à l'austérité ambiante.
Un détail non négligeable : le caractère étranger du film, oscillant entre le norvégien et l'anglais, a créé une barrière d'immersion pour moi. Lire les sous-titres, sans pouvoir pleinement percevoir les subtilités émotionnelles du langage original, m'a maintenu à distance, me laissant l'impression d'être un observateur détaché
Un Éclat Artistique Nuancé
Malgré tout, le film est visuellement et thématiquement très artistique. Il utilise l'art (la profession du père et de la fille, le monologue introductif) comme un miroir, exposant ses facettes sombres et lumineuses. C'est peut-être le seul domaine où le film a véritablement trouvé une résonance.
Je ne partage absolument pas les avis dithyrambiques qui entourent cette production. Sentimental Value privilégie la virtuosité de la performance au détriment de l'impact viscéral. Mais après tout, l'Art n'est-il pas, par nature, une source éternelle de divergence ?
Après un visionnage longuement attendu, motivé par des échos dithyrambiques de la presse et de mon entourage, je dois malheureusement confirmer mes a priori : je suis resté à la périphérie de Sentimental Value. Si je ne parlerais pas de déception, puisque mes attentes étaient tempérées, je confirme mon ressenti d'une œuvre qui n'a pas su me toucher, surtout venant d'un genre dramatique que j'aborde déjà avec prudence.
Une Prétention Calibrée pour la Saison des Prix
Le principal écueil de Sentimental Value réside, selon moi, dans sa prétention manifeste. Le film semble avoir été consciencieusement élaboré pour cocher toutes les cases du "cahier des charges Oscar" (huit nominations aux Golden Globes au moment d’écrire ces lignes).
Cette ambition académique se fait au détriment d'un fond véritablement impactant. C'est un cinéma qui cherche la reconnaissance plutôt que la connexion émotionnelle profonde avec le spectateur.
Le Spectre du "Performance First"
Le réalisateur Joachim Trier nous ressert son duo d'acteurs scandinaves (Renate Reinsve, Anders Danielsen Lie) avec un casting globalement talentueux, y compris Stellan Skarsgård. Si les performances d'acteurs sont indiscutablement solides, elles sont la seule chose que le film semble offrir.
Trier mise tout sur le jeu, délaissant l'histoire et la résonance.
Personnellement, je trouve Skarsgård bien plus mémorable dans ses rôles secondaires, comme dans Dune, Pirates of the Caribbean ou l'excellente série Andor. Quant au jeu de la "mise en abyme" (une actrice jouant une actrice), cela frôle l'artifice gratuit.
Mon reproche principal n'est pas la photographie, par ailleurs simple et efficace, mais un manque criant d'émotion face à un sujet qui m'est pourtant familier.
La structure narrative est malheureusement répétitive et souffre d'un rythme excessivement lent, tirant l'ensemble en longueur. De plus, l'absence quasi totale de bande originale ou de score est une faiblesse majeure. Alors qu'elle peut être un choix stylistique audacieux (comme dans No Country for Old Men), elle déséquilibre ici la narration, ne trouvant aucun contrepoint à la lenteur et à l'austérité ambiante.
Un détail non négligeable : le caractère étranger du film, oscillant entre le norvégien et l'anglais, a créé une barrière d'immersion pour moi. Lire les sous-titres, sans pouvoir pleinement percevoir les subtilités émotionnelles du langage original, m'a maintenu à distance, me laissant l'impression d'être un observateur détaché
Un Éclat Artistique Nuancé
Malgré tout, le film est visuellement et thématiquement très artistique. Il utilise l'art (la profession du père et de la fille, le monologue introductif) comme un miroir, exposant ses facettes sombres et lumineuses. C'est peut-être le seul domaine où le film a véritablement trouvé une résonance.
Je ne partage absolument pas les avis dithyrambiques qui entourent cette production. Sentimental Value privilégie la virtuosité de la performance au détriment de l'impact viscéral. Mais après tout, l'Art n'est-il pas, par nature, une source éternelle de divergence ?
Je voulais le voir parce qu’il a été récompensé à Cannes, et au final c’est un film assez fort.
L’histoire autour de cette famille brisée fonctionne bien, on sent tout de suite le poids des émotions et des non-dits.
Les acteurs sont très bons, chacun apporte quelque chose, et ça rend les relations vraiment crédibles.
J’ai aussi bien aimé l’ambiance du film, assez intime et parfois lourde, avec cette idée de mémoire et de ce qu’on garde ou non dans une maison.
Par moment, le rythme est un peu plus lent et j’ai été un peu moins dedans, mais ça reste maîtrisé.
Au final, c’est un film sincère, touchant, qui laisse quelque chose.
L’histoire autour de cette famille brisée fonctionne bien, on sent tout de suite le poids des émotions et des non-dits.
Les acteurs sont très bons, chacun apporte quelque chose, et ça rend les relations vraiment crédibles.
J’ai aussi bien aimé l’ambiance du film, assez intime et parfois lourde, avec cette idée de mémoire et de ce qu’on garde ou non dans une maison.
Par moment, le rythme est un peu plus lent et j’ai été un peu moins dedans, mais ça reste maîtrisé.
Au final, c’est un film sincère, touchant, qui laisse quelque chose.
Un ennui abyssal, c'est soporifique au possible et très vite oublié. 2H15 de perte de temps malgré la présence de Renate Reinsve que j'avais beaucoup aimé dans "Julie en 12 Chapitres".
Un magnifique film sur la sororité et l’amour paternel… SKARSGARD est exceptionnel en homme déchiré, qui se découvre peu à peu : la scène finale est un chef d’oeuvre émotionnel grâce à lui. La séquence courte de morphing passant du père aux deux filles, est admirable de sens. Il est un réalisateur génial en fin de carrière et tendu vers une seule obsession, donner le 1er rôle à sa deuxième fille pour un film dramatique autobiographique, qui sera tourné dans la maison familiale. L’épilogue est troublant, qui mélange la fiction, la réalité et le tournage. Magnifique !
« Un véritable artiste doit être libre et le rester. » Quand elle refuse de jouer dans le film que son père Gustav a écrit spécialement pour elle, Nora n'agit pas seulement pour garder la main sur sa carrière, mais surtout pour ne pas travailler avec son père avec qui elle entretient une relation difficile. Un projet de film qui va impacter émotionnellement toutes les personnes qu'elles soient impliquées ou non dans le processus de création. À l'image de cette maison familiale qui est plus qu'un décor, les relations sont fissurées et usées par le temps et les drames. Un lieu où le passé et le présent cohabitent au même titre que la réalité et la fiction semblent parfois ne faire qu'un. Avec des gens du milieu, Joachim Trier ne pouvait pas ne pas parler de cette industrie changeante et fragile au même titre que des relations. Gustav revient auprès de ses filles comme il est de retour dans ce business et l'accueil n'est pas toujours chaleureux. Il est question des traumatismes familiaux, d'héritage, mais aussi de l'art comme thérapie. Il n'y a donc pas l'un sans l'autre dans ce film qui est intéressant quand il montre l'envers du décor d'une production avec le travail avec les acteurs et qui est touchant lorsqu'il entre dans l'intimité de cette famille. Ce n'est pas une claque émotionnelle malgré des performances sincères et de beaux moments à l'image d'une scène particulière entre les deux sœurs, mais "Affeksjonsverdi" reste un bon film très bien incarné même si j'espérais quelque chose d'aussi beau et d'authentique que la dernière partie.
Valeur sentimentale de Joachim Trier
Une grande maison en bois pleine de fenêtres d’où pénètrent la lumière extérieure, trône fièrement au milieu de la rue. Nora et Agnès ont grandi là. L’aînée, célibataire est devenue actrice de théâtre, quand sa sœur effectue des recherches pour leur père, réalisateur de renom. Gustav ce père qui revient au décès de leur mère, après une longue absence. Il souhaite tourner son prochain film dans cette maison de famille.
Le lieu du film est aussi l’objet de son titre. Cette maison borde l’intrigue de tout ce qui a pu se passer dans la famille Borg. Elle créait deux mondes dont les boiseries de la façade dans la pure tradition suédoise permettent une porosité au sens propre comme au figuré. L’intérieur où les personnages ont pu évoluer par le passé, passé qui impacte encore aujourd’hui cruellement la vie de Nora, et l’extérieur où Agnès a pu construire sa propre vie de famille. La valeur sentimentale de cette maison tout comme ses objets sont symptomatiques chez Nora des émotions qui encore l’envahissent. Gustav Borg son père, dans son projet cinématographique souhaite qu'elle puisse tenir le premier rôle. Il a été écrit pour elle.
Si le thème peut faire penser au grand cinéaste compatriote du réalisateur, c’est en faisant fi de la fantaisie de Joachim Trier mais aussi et surtout de l’acuité et de la profondeur d’Ingmar Bergman dans son exploration des sentiments humains. Dans la construction de son film, il y a tout comme dans son précédent opus « Julie en 12 chapitres », des scènes d’une irrésistible drôlerie. Elles ne sont pas uniquement le fait de Renate Reinsve sa nouvelle muse. Bien qu’étant talentueuse, je ne peux m’empêcher de vouloir la remplacer à l’écran par Vicky Krieps, dont l’envergure émotionnelle m’apparaît plus importante. Comme pour faire écho au grand maître, elle était dans Bergman Island, au côté d’Anders Danielsen Lie. S’il endosse ici un petit rôle, il apparaît toujours, fidèle à la famille de cinéma de Trier, et imprègne la pellicule de sa forte présence. Mais c’est Stellan Skarsgård dans la peau du père des deux filles qui brille dans sa qualité d’interprétation et donne toute son aura à Valeur Sentimentale. La scène sur la plage au côté d’Elle Fanning imprègne la mémoire durablement après le clap de fin.
Valeur sentimentale (Norvège – 2h14) avec Renate Reinsve, Stellan Skarsgård, Inga Ibsdotter Lilleaas, Elle Fanning, Anders Danielsen Lie.
Une grande maison en bois pleine de fenêtres d’où pénètrent la lumière extérieure, trône fièrement au milieu de la rue. Nora et Agnès ont grandi là. L’aînée, célibataire est devenue actrice de théâtre, quand sa sœur effectue des recherches pour leur père, réalisateur de renom. Gustav ce père qui revient au décès de leur mère, après une longue absence. Il souhaite tourner son prochain film dans cette maison de famille.
Le lieu du film est aussi l’objet de son titre. Cette maison borde l’intrigue de tout ce qui a pu se passer dans la famille Borg. Elle créait deux mondes dont les boiseries de la façade dans la pure tradition suédoise permettent une porosité au sens propre comme au figuré. L’intérieur où les personnages ont pu évoluer par le passé, passé qui impacte encore aujourd’hui cruellement la vie de Nora, et l’extérieur où Agnès a pu construire sa propre vie de famille. La valeur sentimentale de cette maison tout comme ses objets sont symptomatiques chez Nora des émotions qui encore l’envahissent. Gustav Borg son père, dans son projet cinématographique souhaite qu'elle puisse tenir le premier rôle. Il a été écrit pour elle.
Si le thème peut faire penser au grand cinéaste compatriote du réalisateur, c’est en faisant fi de la fantaisie de Joachim Trier mais aussi et surtout de l’acuité et de la profondeur d’Ingmar Bergman dans son exploration des sentiments humains. Dans la construction de son film, il y a tout comme dans son précédent opus « Julie en 12 chapitres », des scènes d’une irrésistible drôlerie. Elles ne sont pas uniquement le fait de Renate Reinsve sa nouvelle muse. Bien qu’étant talentueuse, je ne peux m’empêcher de vouloir la remplacer à l’écran par Vicky Krieps, dont l’envergure émotionnelle m’apparaît plus importante. Comme pour faire écho au grand maître, elle était dans Bergman Island, au côté d’Anders Danielsen Lie. S’il endosse ici un petit rôle, il apparaît toujours, fidèle à la famille de cinéma de Trier, et imprègne la pellicule de sa forte présence. Mais c’est Stellan Skarsgård dans la peau du père des deux filles qui brille dans sa qualité d’interprétation et donne toute son aura à Valeur Sentimentale. La scène sur la plage au côté d’Elle Fanning imprègne la mémoire durablement après le clap de fin.
Valeur sentimentale (Norvège – 2h14) avec Renate Reinsve, Stellan Skarsgård, Inga Ibsdotter Lilleaas, Elle Fanning, Anders Danielsen Lie.
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