Le réalisateur Joseph Kosinski nous propose, avec « F1 », un film indéniablement ambitieux qui ne manque pas de qualités. D’abord le film s’avère être spectaculaire, surtout évidemment avec les nombreuses scènes de courses filmées au plus près des voitures, au ras du bitume, ou alors avec la caméra embarquée derrière de volant. C’est évidemment sur cet aspect là que Kosinski était attendu : le film étant calibré pour le grand écran, il fallait que les scènes de courses soient à la fois spectaculaires et au plus près de la réalité de ce sport. La F1 passionne beaucoup de monde mais est pratiqué par très peu de gens à travers le monde, il fallait que le film puisse rendre les sensations du pilotage que personne, à part une poignée de pilotes, ne connait vraiment. Autant le dire tout net, ce pari là est réussi. Autre pari réussi, le film dure 2h35, ce qui est long, mais j’avoue ne pas m’y être ennuyé alors que je ne suis pas du tout fana de sport automobile, ce qui prouve qu’il est bien rythmé, bien monté, bien produit. Et puis, la bande son est super cool : mélange de musiques originales d’Hans Zimmer et de rock qui va bien. Au rayon des petits défauts de forme, je regrette que le film soit beaucoup trop bruyant au regard des standard habituels, ça en devient presque incommodant par moment. Et puis le choix des courses commentées par les speakers, c’était sans doute inévitable pour qu’on comprenne bien ce qui se passe, mais je trouvais parfois ces commentaires un peu envahissants. Il y a autre chose que j’ai apprécié, c’est que le film (produit par Lewis Hamilton) s’ancre dans une réalité historique et sportive bien réelle. Le scénario aurait pu inventer des concurrents imaginaires, mais il a choisi d’inclure Hayes et Joshua Pearce dans la réalité. Pearce a concouru avant face à Senna, Prost ou Schumacher, aujourd’hui il se frotte à Verstapen, Hamilton, Gasly ou encore Charles Leclerc. Mieux, Ces pilotes là sont inclus dans le film, on y voit notamment Lewis Hamilton jeter un regard noir ou Fernando Alonso venir saluer amicalement. « F1 » est resté au plus près de la réalité, les écuries sont les vraies, les autres pilotes sont les vrais, les grands prix et les circuits sont les vrais. Et puis le moins que l’on puisse dire et que le placement de produit fonctionne à 200%, j’ai rarement vu autant de marques à l’écran en même temps ! Cela nous amène au casting, et à Brad Pitt, Javier Bardem, Damson Idris ou encore Kerry Condon. Brad Pitt est très bien et il a franchement l’air de s’amuser avec ces bolides entre les mains. Tous sont à leur affaire mais j’ai trouvé que Damson Idris, au milieu de ces grandes stars reconnues, tirait très bien son épingle du jeu. Finalement, c’est surtout par le scénario que le film déçoit un peu. Le vieux sage cotre le jeune blanc-bec, ça déjà été fait mille fois.
L’individualisme qui s’efface devant l’esprit d’équipe, c’était un peu attendu. La petite histoire d’amour inutile, je m’y attendais. Le final aussi, je le voyais venir et il est arrivé comme je l’avais pressenti. Et on ne nous épargne pas non plus quelques poncifs sur les managers toxiques, le poids des sponsors et des réseaux sociaux, dans le genre « La F1 c’était quand même mieux avant » !
Scénaristiquement parlant, le film reste bien sur la piste jusqu’au drapeau à damiers.
On aurait espéré, dans un film produit par Hamilton, que le scénario dise quelques mots du manque de diversité de ce monde très fermé d’homme blancs, et encore, je ne parle pas de l’absence quasi totale des femmes, mais non, occasion manquée ! Pas un mot non plus, en 2h30, sur l’avenir d’un sport qui semble aller à contre courant de l’évolution du monde sans s’en soucier une seule seconde. Mais « F1 » permet aussi, et cela en revanche est à est à mettre à son crédit, de monter toute la partie stratégie de course (gestion des pneus, des arrêts au stand, course d’équipe) et aussi le poids énorme (trop diront certain) de la technologie.
Instructif, spectaculaire mais au scénario attendu, « F1 » est malgré tout un film grand public qui n’est pas à réserver aux fanas de formule 1.