J'avais bien aimé, sans plus, quand j'étais allé le voir au cinéma. Mais, étrangement, je l'ai plus apprécié en le revoyant sur Canal! A cela deux explications: d'abord, et ce n'est pas négligeable, je l'avais vu en version française au ciné, et là j'ai pu le revoir en version originale, ce qui, tout de suite, modifie le plaisir ressenti. Mais surtout, la première fois, les incohérences m'avaient un peu gêné. Or, la seconde fois, en connaissant d'avance ces incohérences, j'ai pu m'attarder sur le reste, et finalement y prendre vraiment du plaisir!
Commençons donc par le négatif: d'abord, l'énormité consistant à faire croire qu'un pilote de 60 ans puisse réussir un retour brillant en F1, après 30 ans d'absence, est absolument et totalement impossible dans la réalité. La F1 est bien trop exigeante pour cela. Ensuite, il y a toutes les autres petites incohérences: le pilotage volontairement agressif de Sonny Hayes, dans ses premières courses, ne serait pas accepté dans la vraie F1. On dirait Bob Cramer dans un album de Michel Vaillant. Même le Verstappen des premières années, à côté, était un ange, c'est dire...
Mais si on accepte ces (gros) défauts, et si on considère que ce film a été conçu pour la génération Netflix “Drive to survive”, il y a ensuite plein de bonnes choses à prendre: d'abord cette incroyable immersion dans le vrai monde des Grands Prix. On jurerait que l'équipe APX a vraiment disputé une saison avec les équipes existantes, c'est remarquablement réalisé! Y compris en ce qui concerne les caméras embarquées, encore plus impressionnantes que celles présentes dans les F1 d'aujourd'hui! Ensuite, il y a du suspense et une histoire plutôt bien construite, de très bons acteurs (sans même parler de la “gueule” de Brad Pitt). J'ai également beaucoup apprécié la mise en valeur des personnages féminins, démontrant que les femmes ont toute leur place en F1. Et au final, j'aime beaucoup également ce côté authentiquement passionné de Sonny Hayes, qui se régale de passer de la F1 à une course de Baja dans le désert. Donc oui, il y a un vrai plaisir de passionné de F1 à prendre, si l'on veut bien accepter les défauts cités...